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I Killed the Player of the Academy

Chapitre 59

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Chapitre 59

Chapitre 59

Chapitre 59/6098%~19 min de lecture3 731 mots

Le jour de la fête, après m’être vêtu du costume livré, des chaussures de ville et de la montre, je me tenais devant le miroir.

« …C’est incroyablement confortable. »

Ce n’était pas comme si je n’avais jamais porté de costumes lors de ma dernière itération ni durant ma vie précédente. Que ce soit pour des entretiens ou lors de rencontres avec des membres de la cour royale ou des hauts fonctionnaires, je devais toujours soigner ma tenue.

Mais parce que j’étais encore chevalier, je n’avais pas assez d’argent pour investir dans un costume alors que je devais constamment mener des combats.

’Je me souviens avoir acheté un modèle basique à l’un des stands pour 70 pièces d’argent.’

Ah… Est-ce pour cela que la Deuxième Princesse m’avait remis de l’argent liquide ? Pour que je n’aie pas l’air d’un mendiant avec mes habits ?

« En même temps, ça coûtait cher pour moi à cette époque. »

En l’état actuel, le costume que je portais valait déjà une pièce d’or blanc, et la montre ajoutée aux chaussures ainsi qu’à la cravate atteignait près d’une pièce et demie au total.

Le plus surprenant était que Marie m’avait acheté bien plus que ça. Il y avait tellement de vêtements que je n’aurais probablement jamais besoin d’en racheter de ma vie, mais le problème était que je devais les rapatrier.

Comment allais-je pouvoir ramener tout ça ?

« Korin ! Tu es prêt ? »

« Oui. »

Une porte reliait la Salle Éternelle à celle de Marie. En l’ouvrant, elle fit son entrée.

« Ohh… »

C’en était à couper le souffle.

Elle portait des bas couleur ivoire et une robe aux nuances aquatiques, accompagnés de chaussures en verre transparent. L’exposition audacieuse de sa poitrine et de ses épaules traduisait probablement sa fierté sans réserves.

Marie portait même du maquillage, ce qui ne lui ressemblait pas habituellement. Sa peau, déjà blanche comme du jade pur, devenait éclatante comme une étoile dans le ciel nocturne grâce à ces touches.

« Qu’en penses-tu ? Il vient juste d’arriver ! »

Soulevant les pans de sa robe avec ses longs gants blancs immaculés, Marie fit une rotation sur elle-même.

Elle était aussi lumineuse et envoûtante qu’une fée en pleine danse.

Honnêtement, la voir me donna l’impression que tout cet effort en valait la peine. Si je n’avais pas sauvé cette fille, je ne l’aurais pas vue porter cette robe aujourd’hui, et les habitants du Sud auraient perdu leur bien-aimée princesse à jamais.

« Cela valait clairement le coup. »

« Hmm ? »

Marie inclina la tête, mais sans prêter attention à ce geste, j’avançai vers elle sans hésitation.

[Lorsqu’on se tient devant une femme séduisante, le galant devoir d’un gentleman consiste à lui offrir un baiser et à lui demander une valse, Chevalier Korin.]

Je me souvins d’avoir été remontré par quelqu’un lors de ma dernière itération, et je décidai donc de faire preuve de galanterie cette fois-ci. Tout en tenant délicatement sa main à travers son gant long, je pliai le genou et levai les yeux vers elle.

« Pourriez-vous m’accorder l’honneur de votre première danse ce soir, ma dame ? »

« E, euh… ! Euh ! Hein ? »

Ses joues rougissaient visiblement. Jusqu’à ses oreilles étaient colorées, ce qui semblait indiquer qu’elle n’avait pas l’habitude de ce genre de situations.

Comme c’est adorable.

« Je te poserai la question ce soir même, alors ça serait sympa de bien vouloir accepter pour moi. »

« Hein ? Oui ! Bien sûr ! Bien sûr que oui ! D’accord ! Je le ferai vraiment ! »

Pour une raison inconnue, les servantes chuchotaient entre elles derrière Marie.

« …Je m’en doutais, c’est un coureur de jupons. »

« Notre Dame tombe amoureuse d’un dragueur. »

« N’est-ce pas dangereux ? On dirait qu’elle pourrait tout lui abandonner. »

Même avec les oreilles exceptionnelles d’un chevalier, il m’était difficile de saisir tous les mots de leur conversation. Elles étaient particulièrement douées pour discuter pratiquement sans ouvrir la bouche.

Parmi leurs propos, quelques mots sur l’immobilier et les auberges ressortaient… S’y intéressent-elles ? Soyons honnêtes, l’immobilier reste le meilleur moyen d’augmenter son capital. C’est imparable, après tout !

Peut-être que je devrais discuter investissement avec elles plus tard !

« Eh bien, nous y allons ? »

« E, euh oui ! Tu peux faire office d’escorte ? »

« Naturellement, ma dame. »

« N, non arrête… ! »

« Devrais-je alors t’appeler la Princesse de l’Empire des Pommes de Terre ? »

« …?? »

Une seconde, elle sembla tentée.

« Bon, arrête de me donner des noms bizarres ! Je suis ton aînée, donc tu dois m’écouter ! »

« Bien sûr, ma princesse. »

« Korin. Tu… ! »

Marie me frappa le bras en signe de protestation… et honnêtement, ça faisait pas mal. Sa force n’était pas à négliger…

En tout cas, nous montâmes dans la salle d’apparat du gigantesque monture de Marie, le Hresvelgr, et pris la direction du château du comte situé plus au sud. Cela aurait nécessité plusieurs jours en calèche, mais seulement quelques heures sur cette bête.

« Ouah. J’m’imagine quand j’en aurai une moi aussi. »

« Hmm ? Tu veux que je te l’offre ? »

« …Ne plaisante même pas avec ça, s’il te plaît. Tu me gâtes trop. »

C’était inquiétant, car elle aurait peut-être vraiment accepté de me l’offrir si je le lui demandais.

Même si elle m’avait donné, il m’aurait été impossible de l’utiliser. Les grandes bêtes, les wylverns pour ne citer qu’eux, et encore moins les Hresvelgr, nécessitaient des infrastructures d’accueil que je ne possédais pas.

La cité de Merkarva interdisait également l’entrée des animaux volants pour des raisons de sécurité, ce qui rendait l’affaire d’autant plus inutile pour moi.

« Nous descendrons en cours de route pour reprendre une calèche. »

« On ne peut pas simplement sauter d’ici ? »

Sauter directement du dos d’une monture volante, façon infiltration, faisait partie des pratiques que j’avais souvent utilisées lors de ma dernière itération.

« Non ! Ma robe et mes cheveux seront complètement foutus. »

« Une magicienne à ton niveau devrait pouvoir y remédier sans problème, non ? »

« Les autres vont être surpris ! Ce n’est pas convenable. »

« C’est vrai. »

En fin de compte, nous posâmes l’appareil sur une plaine voisine et passâmes dans une calèche de la famille Dunareff qui nous attendait déjà avant de filer vers le château.

« Ahh. Madame Marie ! Bienvenue ! »

Comme s’il l’avait attendue depuis toujours, le comte Casseus accourut aussitôt qu’il repéra l’emblème doré en fleur de pomme de terre des Dunareff.

’Juré, celui-là n’était pas comme ça auparavant…’

Était-ce vraiment le même type qui avait obstinément refusé d’ouvrir les portes du château avant que nous ne tuions le Serpent Marin ?

« Bonjour, lord Casseus ! »

« Quel plaisir de vous revoir. Ma famille, les Vlandria, vous accueillera de grand cœur lors de votre visite, mademoiselle ! »

Après ces mots, le comte Casseus nous conduisit sur le côté de la file d’attente patientant devant l’entrée du château et nous laissa simplement passer.

« Mon Dieu. C’est bien madame Marie. »

« Donc les rumeurs disant qu’un invité venait de Dunareff étaient bien réelles. »

« Vous devez connaître le succès, lord Vlandria. »

Ces derniers jours, j’avais compris que dire que le prestige familial des Dunareff était absolu au Sud ne constituait aucune exagération.

Sans parler de l’étendue folle de leurs terres agricoles, qui s’étendait sur deux millions d’hectares, ils étaient de véritables barons exerçant un contrôle quasi-total sur vingt-cinq cités ainsi que sur le marché commercial du continent.

L’archipel où se situait le quartier général du comte Casseus n’était pas sous la coupe du Royaume d’El Rath, mais ils avaient désespérément besoin de la coopération des Dunareff pour établir des échanges commerciaux avec le continent.

Ainsi, le fait que la fille aînée des Dunareff ait accepté l’invitation au banquet du comte envoyait le signal vert que la famille Vlandria pouvait espérer naviguer en eaux tranquilles.

’À ce titre, je suppose que la présence de Marie à ce banquet leur avantage bien plus que la mise à mort d’un Serpent Marin.’

Un Serpent Marin pouvait se résoudre par un accord financier avec l’Alliance des Gardiens, mais déplacer la princesse de l’Empire des Pommes de Terre ne s’achetait pas.

« Ouah… »

« Qu’y a-t-il, Korin ? »

« Je pensais simplement à quel point tu es formidable, Marie. »

« V, vraiment ? Euhm ! Exact. Ton aînée est une personne incroyable, d’accord ! »

En réponse, je lui enfonce doucement le bout du nez vers le bas.

« Q, qu’est-ce que tu fais ? »

« Il fallait bien, tu étais un peu trop snob. Ton nez allait presque toucher le plafond à ce moment-là. »

« N, n’est-ce pas normal d’en avoir autant, après tout ? »

« Bon, je comprends. Tu es finalement la princesse de l’Empire des Pommes de Terre. »

« …Ce nom a du charme, mais tu te moques un peu de moi, alors je sais pas si je dois rire ou pleurer. »

Ah, bon sang. À quel point cette fille adorait-elle les pommes de terre exactement ?

Dès notre entrée dans le château, alors que nous descendions de calèche, Marie haussa les sourcils.

« Korin. Tu as pris ton arme ? Où est-elle ? »

« Oui, bien sûr. Tenez. Et toi, Marie ? »

Ma lance était enveloppée dans un morceau de tissu, mais je ne voyais aucune arme du côté de Marie.

« Je l’ai laissée dans la calèche, par précaution. »

« Mais est-ce autorisé de transporter des armes ainsi ? »

« Les gens trouvent même ça stylé que les gardes du corps restent armés en permanence. De plus, on ne sait jamais quand on devra affronter des monstres, donc c’est prudent de les garder. »

« Je vois~ »

Néanmoins, entrer dans la salle du banquet avec une arme ne devait pas être recommandé.

« Entrent désormais madame Marie de la duché de Dunareff ! Et le noble chevalier Korin Lork ! »

Les portes s’ouvrirent sur le tonitruant annonce d’un serviteur, nous laissant pénétrer dans la grande salle du banquet magnifiquement décorée.

Les lustres étaient faits de cristaux et parsemés de pierres phosphorescentes. Chaque fenêtre était constituée de vitraux, tandis que les murs étaient tendus de tapisseries arborant les armoiries des Vlandria et des éléments décoratifs typiques de l’archipel méridional.

« Houh… »

« Qu’y a-t-il, Korin ? »

« Rien du tout. »

Tout paraissait exceptionnellement différent de ma dernière itération. Tous les objets étaient neufs et plus luxueux que ce dont je me souvenais. Avaient-ils entièrement refait les lieux à cause de la visite de Marie ?

« Mon Dieu. Est-ce donc madame Marie ? »

« Elle vient d’être promue magicienne de rang demi-Unique, n’est-ce pas ? »

« Demi-Unique ? Est-ce qu’elle ne revient pas pratiquement au Maître de l’Épée Lunia Arden ? »

« Effectivement. La famille Dunareff doit être en joie. »

« Mon fils intègre l’Académie de Merkarva l’année prochaine… Faudrait peut-être tenter de les rapprocher ? »

« Ne sera-ce pas difficile ? J’ai entendu dire que le stock de propositions matrimoniales prenait toute une aile du château. »

« Plus important : qui est ce jeune homme élégant à ses côtés ? »

Rien qu’à sa présence, Marie engendra une vague d’émerveillement dans la salle.

De retour à l’Académie de Merkarva, comme tout le monde y était étudiant, son influence y était nettement moindre, mais on sentait que son poids sur son propre territoire restait inégalé.

Les invités importants s'étant rapidement regroupés, l'hôte, le comte Casseus, prit la parole depuis l’estrade.

« Je suis le comte Casseus Vlandria. Merci à tous d’avoir répondu présent à la fête organisée par notre famille aujourd’hui, et plus particulièrement, recevez nos chaleureuses salutations, madame Marie Dunareff, pour l’honneur que vous nous faites par votre venue. »

Comme prévu, le comte Casseus commença par citer Marie. Il exhibait sans gêne à quel point il était proche des Dunareff.

Maintenant placée sous les feux de l’actualité, Marie adressa un hochement de tête accompagné d’un léger sourire jusqu’à ce que les regards retournent vers l’hôte. Bientôt, la soirée débuta officiellement lorsque la musique de l’orchestre résonna dans toute la salle.

« Madame Marie. Je suis la comtesse de la région de Rotenan—- »

« Votre robe est somptueuse aujourd’hui. Je dirige une petite entreprise à Sebastian—- »

Nobles ou personnalités influentes de la région, tous accoururent vers Marie pour nouer la conversation. Elle engagea le discours avec aisance auprès de chacun, affichant un large sourire, et satisfit chaque visiteur.

Comme attendu d’un capybara humanoïde, elle s’avérait très avenante et excellente en société.

[La salle du banquet est l’endroit où les langues dansent comme des épées, Chevalier Korin. Vous devez faire extrêmement attention à vos propos en toutes circonstances.]

Selon les dires de la Deuxième Princesse lors de ma dernière itération, la salle du banquet constituait le champ de bataille de combattants capables de retourner leur opinion à tout instant, mais cela ne semblait pas correspondre à Marie.

Soyons honnêtes, c’était logique : le palais royal abritait des factions et des luttes politiques, tandis que la famille Dunareff détenait une position et une fortune absolues au Sud.

'Je suppose que Marie sera intouchable au Sud, en tout cas.'

Après tout, contrairement à la capitale, personne au Sud ne disposait des moyens de lui tenir tête sur un pied d’égalité.

Je m’approchai délicatement de Marie, en plein échange, et lui murmurai à l’oreille.

« Marie. Nous devrions aller au bureau dans un moment. »

« Hmm… ! »

Marie et moi avions déjà préparé nos armes. Une fois la réception bien lancée, nous irions voir le comte pour récupérer nos armes confiées aux serviteurs avant de gagner le bureau.

Alors que l’orchestre commençait à changer de thème musical, un jeune homme à l’allure impeccable arriva près de Marie accompagné du comte Casseus.

« Madame Marie. »

C’était un jeune homme vêtu de l’habit blanc immaculé et orné d’un chevalier. Si ma mémoire était bonne, il s’agissait de son fils.

« Lord Casseus. »

« J’espère que vous profitez bien de la fête. Voici mon fils. »

« Bonjour, le jeune lord Vlandria. »

« Je m’appelle Levent Vlandria. Enchanté de vous rencontrer, mademoiselle. »

Après s’être incliné, Levent releva la tête, le dos encore voûté, et fixa Marie avec des yeux étincelants.

« Haha. Je ne dis pas ça parce que c’est mon fils, mais il possède des compétences exceptionnelles en tant que chevalier. Il vient d’être promu demi-Grade 1. »

Hoh~. Demi-Grade 1, hein… Il devait tourner sur la vingtaine, ce qui signifiait qu’il était probablement considéré comme un prodige par ses pairs.

« Je vois… ! Félicitations ! »

« Toujours en retrait face à vous, madame Marie. »

lâcha Levent dans un mouvement d’humilité. Puis, le comte Casseus s’exécuta après un petit toussotement.

« Haha. Très bien, je vais saluer les autres invités. Les jeunes doivent discuter entre eux, alors qu’un vieux comme moi vous laisse en paix. »

Sur invitation implicite du comte Casseus, Marie engagea la conversation avec le jeune lord Levent.

« Vous êtes élève à l’Académie de Merkarva, n’est-ce pas ? Moi aussi j’en viens. Comment va toujours l’instructeur Haman ? »

« Tu étais mon aînée, en fait ! Oui, il continue de lancer son « Vous les gars ! » et reste très strict dans ses leçons. »

« Haha. Il semble inchangé. Si je puis me permettre, est-ce que je peux te tutoyer, junior ? »

« Bien sûr. Aîné. »

« Alors je serai plus décontracté à partir de maintenant. »

Levent resserra naturellement les distances. Il changea ensuite de sujet pour tenter des approches discrètes à son égard.

« Les vacances viennent juste de commencer, non ? Si tu es d’accord, voudrais-tu visiter la mine de sel que nous possédons ? Le paysage intérieur avec tout le sel gemme est aussi magnifique que toi, jeune Marie. »

« Ah, nous avons aussi quelques mines de sel. Une vingtaine, si mes souvenirs sont bons. »

« Hum ? Ah… J, je vois. Alors pourquoi ne viendrais-tu pas sur la plage que nous avons achetée récemment ? Elle est réputée pour sa teinte émeraude… »

« Waouh~ ! Ma mère m’a dit qu’elle avait vendu un petit coin de nos terres. Donc c’est votre famille qui a acquis ça. Je comprends ! »

« O, oui… Tu parles de celui en cours d’aménagement pour un complexe touristique… ? »

« C’est bien celui-là ! Elle m’a mentionné qu’elle me confierait certaines tâches puisque les travaux ralentissent ces temps-ci. Je suis directeur de l’entreprise de construction, tu vois ! »

« …Je vois. Ah, est-ce que tu aimes regarder les corps naturalisés de démons ? Dans notre manoir, nous en conservons certains que j’ai mis hors d’état de nuire—- »

« J’adore ! Mon père m’a même fait construire des musées. Connaisses-tu les musées de taxidermie Dunareff dans toutes les cités ? Tous les démons exposés sont ceux que j’ai vaincus ! Ah, désolé Aîné. J’ai raté tes dernières paroles. »

« N, non. Ce n’est rien… »

Arrête, Marie ! Le PV de Levent vient de tomber à zéro !!

Qu’est-ce que c’était que ça ? Tentait-elle de le ridiculiser exprès ? Pourtant, rien sur le visage de Marie ne laissait transpirer la moindre mauvaise intention.

À ce rythme, il essayait d’apprendre à nager à un poisson. Impossible de vanter sa richesse face à Marie tant l’écart financier était écrasant, et impossible de briller physiquement puisqu’elle était magicienne de rang demi-Unique.

Malheureusement, il était fort possible que nul sur ce continent n’ait quoi que ce soit à étaler devant elle.

Mais Levent ne baissa pas les bras et poursuivit sa conversation.

Pas loin se trouvaient nombre de hyènes en quête de Marie. Ils la fixaient ouvertement avec des yeux affamés sans oser s’approcher, et Levent savait qu’il occupait une position nettement plus favorable que les autres.

——

Lentement, le rythme de la musique s’acceléra. Les convives commencèrent à chercher leurs partenaires tandis que l’heure de la danse approchait.

« Madame Marie. Même si je ne suis pas parfait… »

articula Levent en tendant lentement la main. Son intention était limpide. Marie, qui ne lui facilitait pas la tâche, comprit immédiatement et tourna les yeux vers moi.

Au moment même où nos regards se croisèrent, un jeune homme s’interposa pour barrer ma vue.

« Madame Marie ! Je suis Garlie de Rondenium ! Je suis l’un de vos fidèles admirateurs ! Accepteriez-vous de m’accorder votre première danse ! »

« Hoh~. »

Il sirotait sa boisson tout en la fixant du coin de l’œil, alors je ne m’attendais pas à ce qu’il ose intervenir ainsi. En voyant son visage… il dépassait à peine la vingtaine.

« Madame Marie ! À moi aussi ! »

« Accordez-moi votre première danse ! »

« Non ! Madame Marie… ! »

Dès que Garlie ouvrit la bouche, les autres jeunes hommes foncèrent sur elle comme des hyènes affamées. Marie ne sut comment gérer cette subite invasion et resta interdite une seconde.

« Ah, euh… Du coup… »

C’était appréciable qu’ils aient du culot, mais manifestement, il manquait cruellement de politesse.

Le choix le moins pire pour Marie aurait été de danser en premier avec Levent, le fils de l’hôte, mais… les règles élémentaires d’un banquet voulaient qu’on offre la première valse à son propre partenaire.

– Clac clac.

« Marie. »

« Korin ? »

Son visage s’illumina dès qu’elle me vit approcher. Elle me lança ensuite un regard insistant, me suppliant muettement de sortir de là.

« Vous êtes… »

« Je suis Korin Lork. »

« Le jeune lord Lork, je présume ? Vous êtes le partenaire de madame Marie… »

En comprenant que j’étais bien son partenaire, tous les jeunes hommes, Levent inclus, mirent immédiatement la garde.

« Appelle-moi Sir ou Knight Lork. Je ne suis pas noble, tu vois. »

« …Tu n’es pas noble ? »

Encore une fois, les titres de noblesse dans ce monde s’apparentaient davantage à de simples distinctions honorifiques.

L’État et les forces militaires y étaient déjà centralisés, et la noblesse n’était qu’un intitulé. Ils ne possédaient ni le droit de percevoir des impôts ni celui de maintenir des armées privées.

Sans un véritable pouvoir militaire ou fiscal pour les appuyer, les titres perdaient de leur force face à autrefois.

Et pourtant, ils conservaient une valeur symbolique, car ils attestent du rang social d’un individu. Prenons l’exemple de Marie : bien qu’elle se moque éperdument des titres qu’elle héritera, sa famille accumule encore quantité de nominations afin de légitimer son statut.

Autrement dit, posséder un titre de noblesse signifiait que l’on jouissait soit d’un rang social relativement élevé, soit d’une importante fortune.

« Hah… »

Les jeunes se mirent aussitôt à me prendre de haut. Ici, ils venaux tous de familles nobles, alors un simple chevalier ne les impressionnait guère.

« Je suis Levent Vlandria, un chevalier de demi-Grade 1. Sir Lork. Vous semblez faire partie des pairs de madame Marie, est-ce exact ? »

Regarde-le insister sur « demi-Grade 1 ». C’était touchant.

« Je suis son cadet. »

« Hah~ Je vois. Madame Marie vous a sûrement amené ici pour servir de guide et vous faire visiter, je suppose. »

« Disons que c’est partiellement vrai. »

Après tout, le prétexte était que je venais observer le Château-Duc.

« Si tu es le cadet de madame Marie, cela signifie que tu es aussi le miens. Junior Korin. Si tu n’y vois pas d’inconvénient, j’aimerais réserver la première danse avec elle. Peux-tu bien vouloir céder ta place ? »

Si je devais traduire librement, cela donnerait ceci : « Je suis chevalier demi-Grade 1 et ton aîné. Dégage si tu connais tes limites. »

Traduire les propos de l’élite restait toujours intimidant. Il restait surprenant de constater combien les princesses avaient à subir ce genre de situations à chaque occasion.

Mais bien sûr, il n’y avait qu’une seule réponse possible de mon côté.

« Non. Je ne veux pas. »

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