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I Killed the Player of the Academy

Chapitre 58

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Chapitre 58

Chapitre 58

Chapitre 58/6097%~18 min de lecture3 434 mots

Pour nous préparer au bal du comte Casseus, Marie et moi nous rendîmes dans l'un des quartiers commerçants de la ville.

Là-bas, je remarquais un nom de rue intrigant.

« Rue Marie ? »

« Ouah… ! Ce n'est rien d'important ! »

Le quartier commerçant s'appelait en réalité la rue Marie. Mais qu'était-ce que ça pouvait bien vouloir dire ?

« Tu peux m'expliquer ce que ça signifie ? »

« Bah… Quand je suis née, papa a fait construire cet endroit pour fêter ma naissance. »

« … »

Il semblait que le Duc tenait réellement à Marie.

« En tout cas, tous ces magasins ont l'air très chers. »

La rue Marie ressemblait à une avenue de la mode, flanquée d'une multitude de boutiques de vêtements et de bijouteries de grandes marques.

« Montijo ? Ghesquiere ? Et merde… »

Bien qu'il s'agisse d'un monde de fantasy, il existait des enseignes équivalentes aux plus célèbres maisons terrestres. Après trois ans passés ici, j'en étais venu à reconnaître vaguement certaines de ces marques.

« Aînée, on vient faire nos achats ici ? »

« Mmmh. Pourquoi, il y a un problème ? »

« Ah… »

Contrairement à Marie, fille héritière de l'immense exploitation de pommes de terre, j'étais un ancien employé de bureau devenu simple chevalier de grade 1. Je n'avais même pas encore reçu mon premier fonds d'aide, impossible donc que je puisse m'offrir ces articles luxueux.

« Désolé, mais… je n'ai pas assez d'argent… »

« Ouh là… ! »

Marie se couvrit la bouche, manifestement surprise par cette réponse. Celles qui suivirent le furent tout autant.

« Pourquoi voudrais-tu dépenser ton propre argent, Korin ? »

« Pardon ? »

« Évidemment que c'est moi qui t'achète tout ! »

« Euh, c'est quand même un peu… »

J'avais ma fierté d'homme et ne pouvais accepter un cadeau aussi dispendieux.

Saisit ma main avec force.

Marie venait de me saisir fermement la main en affichant un large sourire.

« Je voulais vraiment t'acheter des habits ! Est-ce que tu me laisserais te faire des cadeaux, histoire de juste aujourd'hui ? »

« … »

Son regard était d'une limpidité remarquable.

« D'accord, volontiers. Dans ce cas, puis-je te demander de m'acheter quelques vêtements ? »

« Vraiment ? »

Elle semblait ravie de mes mots. Tant qu'elle était heureuse de sa décision, tout allait pour le mieux.

« Alors je t'offrirai absolument tout ce qu'on achètera aujourd'hui ! »

Attendez, avais-je mal entendu ? Avait-elle vraiment dit *tout* et non *un seul vêtement* ?

« Allons-y en premier ! Je tenais absolument à t'offrir ton premier smoking ! »

Me tirant par la main, Marie m'engagea dans la rue. Sa remarque suivante sur la brièveté de la journée pour visiter tous les lieux me sembla toutefois quelque peu exagérée.

Enfin… On n'allait pas acheter tant de vêtements que ça, si ?

Ce que j'aurais dû savoir, c'est que « flâner » ne serait en aucun cas notre seule occupation.

****

« Un pour la journée et un pour le soir, s'il vous plaît. »

« Quel style préférez-vous ? »

« Trois boutons – en obsidienne, ce serait parfait. Des modèles sculptés selon le style du Sud. »

Boutique de couture Isabelle Eastwood.

J'ai failli m'étouffer en comprenant que plusieurs dizaines de pièces d'or constituaient simplement le prix minimum pour un seul costume.

« Veillez bien à mettre son cou en valeur ! Car Korin possède une nuque et des clavicules magnifiques ! »

« Mon Dieu, comme attendu de Lady Marie. Vous avez un œil remarquable pour ce genre de détails. »

« C'est exact ! De plus, Korin a des muscles et des épaules larges, donc une coupe aux épastructures structurées lui siedrait parfaitement. »

« Nous veillerons également à ce que son pantalon soit d'une telle perfection qu'il puisse même squatter ou s'accroupir sans restriction. »

« Ne pensez-vous pas que le motif risque d'être un peu trop sobre ? Je crois qu'ajouter un damier oiseau ou une diagonale chevron apporterait du caractère au complet. »

« Dans ce cas, nous intégrerons un dessin discret qui semble uni de loin, mais laisse deviner la diagonale chevron à proximité. Si vous associez à cela ce mouchoir et cette cravate… »

Bon sang. De quoi parlaient-ils exactement ? Était-ce vraiment la même Marie qui faisait bouillir des pommes de terre chaque matin pour ses camarades ?

« Comme prévu d'Isabelle Eastwood ! Je peux vous laisser faire. »

« C'est un honneur, Lady Marie. Nous ferons livrer les habits au manoir avant la fête. »

Soumis aux soins attentifs du personnel, je sortis de la boutique en manipulant avec une extrême prudence le coffret de mouchoirs offert en souvenir. Même s'il ne s'agissait que d'un simple souvenir, j'eus la choc d'apprendre que cela coûtait trois pièces d'or, ce qui expliquait pourquoi je faisais preuve de tant de délicatesse.

« On… on n'en met pas beaucoup, du coup ? »

« Mmh ? On a autant dépensé ? »

« Attends. En y repensant, je crois bien qu'on ne les a même pas payés… »

« Ils enverront la note au manoir, alors ne t'inquiète pas ! »

« Ça ne pose aucun problème ? »

« Korin. »

Marie prononça soudain mon nom, le visage grave.

« Oui, Aînée ? »

« Mon nom est toute la garantie dont ils ont besoin. »

« Haa… ! »

Elle était aveuglante. Qui n'aurait pas rêvé de devenir quelqu'un comme elle, capable de lâcher des phrases pareilles !

« Ha~. » marmonnai-je après un soupir. « Tu ne me prends pas trop en grippe, là ? »

« Ah, tu t'en es rendu compte ! »

« Bien sûr, surtout quand tu souris bêtement en attendant ma réaction depuis le début. »

« Héhé. Parce que c'est toujours toi qui te moques de moi ! À quel moment aurais-je pu me venger si ce n'est maintenant ? »

« Eh bien. Si c'est ainsi que tu te venges… alors je n'y verrai pas d'inconvénient. »

Un lingot d'or blanc suffisa pour payer un unique costume. J'y étais un peu préparé après avoir vu elle déboursir des dizaines de pièces d'or pour un collier et des bottes, mais… cela restait tout de même stupéfiant.

Au passage, nous avions également acheté un nombre ridicule de vêtements décontractés de grandes marques avant de passer au costume sur mesure. Ceux-ci ne coûtaient que 3 ou 4 pièces d'or pièce, ce qui me gênait moins que ce costume-là, un petit bonus en somme.

……Le fait que je pensais inconsciemment qu'ils coûtaient « seulement » 3 ou 4 pièces d'or après avoir acheté une flopée de chemises valant des milliers de dollars était la preuve effroyable de l'inflation mentale induite par les achats du jour.

« Bref, on a fini, non ? »

« Que veux-tu dire, Korin ? »

« …Il reste autre chose ? »

« Il te faut aussi acheter une montre ! Les hommes doivent porter des montres dignes de ce nom avant de se lancer dans quoi que ce soit d'important ! »

« Elle va se casser en plein combat… »

« T'inquiète ! On peut prendre des pièces de rechange ! »

Après un passage chez un horloger, Marie lança la phrase suivante.

« Veuillez nous en sortir un exemplaire de chacun, de celui-ci jusqu'à celui-là ! »

Waw~. Je croyais avoir amassé une belle somme durant ma dernière itération après trois années de travail acharné, mais ce fut seulement en voyant Marie utiliser un chèque en blanc que je compris enfin la réalité.

Qu'il s'agisse d'un héros de guerre ou non, il était impossible pour un individu d'atteindre le niveau financier d'une véritable famille noble fortunée.

………

……

Notre dernier arrêt fut un atelier.

« Qu'est-ce que c'est que cet endroit, Aînée ? »

« Mmh, tu vois ! J'ai préparé quelque chose pour toi, Korin ! »

« Mon Dieu~ ! Tiens donc, Lady Marie ! Te voilà enfin. »

« Bonjour, Mademoiselle Sariere. »

Une artisan maîtrisant parfaitement son art, la peau brune caractéristique des habitants des archipels du Sud, accueillit Marie comme si elle l'avait attendue patiemment.

« Êtes-vous ici pour récupérer votre commande ? »

« Oui ! »

En réponse, la dame du nom de Sariere partit un instant et revint portant une grande boîte qu'elle ouvrit aussitôt.

À l'intérieur se trouvait un morceau de métal qui ressemblait à de l'acier ordinaire. Mais je savais comment ce minerai évoluerait une fois entré dans le Domaine.

« …La Pierre Incassable ? »

« Mmh ! C'est le même minerai que celui utilisé pour l'Épée Tueuse de Démons de Junior Alicia ! »

« Comment as-tu… ? »

C'était une ressource que l'Académie elle-même ne possédait pas. J'avais reçu de l'Argent Raffiné à la place, mais celui-ci ne se prêtait pas à un usage aussi parfait que la Pierre Incassable et finirait tôt ou tard par se fissurer après trop d'immersions dans le Domaine.

Or, la Pierre Incassable était différente. Elle ne cassait jamais. C'était un cristal magique d'un rang Unique qui gagnait même en puissance au fil des entrées dans le Domaine.

« Comment as-tu réussi à t'en procurer ? Elles sont introuvables sur le marché, non ? »

« Mmh ? Je ne pense pas que ce fut si difficile à trouver, pourtant. »

« Ah… Je comprends. »

« Si on enveloppe ta lance avec cela, tu pourras l'utiliser sans souci à l'intérieur de l'endroit que tu appelles le « Domaine », d'accord ? »

« Oui, mais… »

Cette pierre unique valait à elle seule infiniment plus que toutes les autres réunies. La Pierre Incassable n'était pas classée rang Unique sans raison ; elle avait servi à forger l'épée de Garrand Arden, l'Empereur de l'Épée, avant qu'il ne la transmette à Alicia. Impossible à acquérir puisqu'il était quasi impossible d'en voir exposée à la vente.

« Korin. Voici mon dernier cadeau pour toi ! »

Et pourtant, Marie me tendit le trésor, un grand sourire aux lèvres.

****

Ce soir-là, j'étais invité à dîner en famille chez les Dunareff.

« Veuillez me suivre, Monsieur Korin. »

« K, hum… »

Fidèle aux consignes du majordome attaché à ma personne, j'arrivai dans la salle à manger. Les explications qu'il prodigua sur l'histoire du manoir Dunareff et les œuvres d'art ornant les corridors étaient tout simplement fascinantes.

Les majordomes se montrèrent excessivement courtois envers moi, tandis que les demoiselles de compagnie me portaient clairement une certaine animosité, sans que j'en comprenne la raison. Pour les premiers, c'était probablement dû à la bonne opinion que leur supérieur, M. Paul, se faisait de moi, mais quant aux secondes, je m'interrogeais sincèrement sur la source de leur hostilité.

En pénétrant dans la salle à manger, je constatai que trois personnes occupaient déjà leurs sièges, dont Marie. Il était inutile de préciser qu'il s'agissait de ses parents.

« Ah, bonjour. Enchanté. »

« Mon Dieu~. Quel homme charmant. »

Une femme d'âge mûr, copie conforme de Marie, prit les devants. Cette dame élégante, qui ressemblait à une version maturée de sa fille, m'accueillit avec un sourire chaleureux.

« Hmph ! Tu trouves ça beau ? »

De l'autre côté, assis à la place d'honneur, trônait un homme d'âge mûr aux cheveux aux reflets aquatiques. Marie avait visiblement hérité cette couleur capillaire de son père.

De ce que j'en avais entendu, c'était un mage de très haut vol. Je le voyais prendre place dans la posture caractéristique de son ordre, vêtu d'une robe impeccable.

« C'est un honneur de faire votre connaissance, Duc Dunareff. »

Bien que j'aie cette allure, j'avais croisé nombre de nobles et de dignitaires de la cour lors de ma précédente itération. Le Duc Dunareff afficha une légère surprise devant ma politesse de bon aloi.

« Asseyez-vous. »

« Merci. »

« Korin ! Viens par ici ! Ici ! »

Marie m'invita à rejoindre la chaise à ses côtés en tapotant sur le dossier. Je pris place entre elle et le Duc.

Des veinules apparurent immédiatement sur le visage du Duc.

« Khem, khem… ! »

« Chéri ? Quelque chose ne va pas ? »

« Khéhém… ! Mari ? Pourquoi tu ne t'assois pas près de papa comme d'habitude ? »

« Non, ça va ! Aujourd'hui, je veux absolument te présenter Korin, papa ! »

« L-, te présenter… ! ? »

« Oh mon Dieu oh mon Dieu~ »

Ses paroles prêtaient clairement à malentendu, provoquant deux réactions diamétralement opposées. Le Duc me fusilla du regard tel un voleur qui se serait emparé de sa place.

« C'est de ma faute ? » demandai-je d'un regard, auquel il répondit par un « Certainement » muet.

Même si cette situation était plutôt injuste, je comprenais parfaitement sa méfiance paternelle. Si j'avais eu une fille comme Marie, j'aurais agi exactement de la même manière.

« Encore une fois, c'est un plaisir de faire votre connaissance. Je m'appelle Korin Lork. »

« Je suis Marde Dunareff. »

« Et moi, c'est Elencia Dunareff. Donc tu es le gendre de… euh, je veux dire, l'élève Korin, n'est-ce pas ? Enchantée. »

J'eus l'impression d'entendre quelque chose d'étrange. Je m'égaraits… non ?

« Ainsi, reprit le Duc. On m'a dit que tu étais d'un an cadet de Marie. »

« C'est exact, monsieur. »

« Et j'ai entendu dire que c'était un chevalier d'excellents talents. Au point de parvenir au grade 1 en seulement un semestre. »

« Ce n'est encore bien loin du compte. »

Ce que j'avais remarqué après avoir dialogué avec de nombreuses personnes, c'était qu'il valait mieux dissimuler sa fierté et son ego. La plupart considéraient qu'il était impoli de se vanter ouvertement de ses propres qualités.

À ma réponse modeste, ce fut Marie, assise à mes côtés, qui se mit à me louanger sans compter.

« Korin est super incroyable ! Il a même combattu à armes égales avec la Maîtresse d'Épée Lunia ! »

« Contre Lunia Arden ? »

« Mmh ! C'était pendant l'examen mi-trimestre. Il était génial ! »

« Hmm… »

Le Duc Marde lui-même sembla surpris en apprenant que j'avais livré un combat si acharné contre la Maîtresse d'Épée Lunia Arden. Son nom portait une autorité considérable, même dans un lieu aussi éloigné du centre du continent.

« Pour information, j'ai obtenu le grade 1 de mage il y a vingt ans. »

« …Vraiment, monsieur ? »

« J'ai été vingt fois plus rapide que toi. »

« Je vois… Félicitations. »

« Hem. »

Félicitations pour l'avoir fait avant même ma naissance.

« Dis-donc, tes parents, ils font quel métier ? »

Il était étrange qu'il pose soudainement cette question sur ma famille, mais je lui répondis en fouillant dans les souvenirs de Korin Lork.

« Mes parents tiennent un restaurant. »

« Hmm~. As-tu des frères ou des sœurs ? »

« J'ai une petite sœur. »

« Je vois. Une famille toute normale. »

« Tout à fait normale, oui. »

C'était le type de famille banale qu'on rencontrait aussi bien sur Terre qu'ici.

« Maintenant, écoute-moi bien. Monsieur Korin Lork. Cette question est la plus importante de toutes. » Le Duc Marde me fixa avec un air serein et solennel en prononçant ces mots.

Il était le souverain du Sud – l'empereur de l'Empire des Pommes de Terre, dirigeant l'immense secteur agricole des Dunareff. J'avais pu entrevoir une infime partie de leur fortune aujourd'hui.

Quelle question cet homme, capable de bouleverser toute la région sud d'un seul mot, allait-il bien pouvoir me poser ?

S'il s'agissait encore d'un jeu, ce serait le tournant décisif d'une quête de scénario majeure.

« Es-tu vierge ? »

「 ………Pardon ? 」

« Allez chéri ! Pourquoi poserais-tu une question pareille ? »

La Duchesse Élencia lui donna une tape sur l'épaule, et le Duc tenta de se justifier en jetant des coups d'œil furtifs vers elle.

« Bien sûr que le futur gendre de la famille Dunareff doit être un pur et saint vierge… ! »

« Papa?! »

Ah… Il se fait donc des idées sur notre relation, au final ?

« Bref, Monsieur Korin Lork ! Marie tient tout de moi ; elle est très intelligente et possède un cœur immense. »

« Je vois. »

Par contre, je ne pense pas qu'elle tienne de ton caractère… ?

« Je n'ai aucune intention de me vanter ou autre, mais Marie maîtrise la magie depuis l'âge de sept ans. C'est une vraie enfant prodige. »

Tu ne crois pas que c'est de la vantardise à ce stade ?

« Elle est la prunelle de mes yeux et ma précieuse fille, élevée avec tout ce que je possédais… ! »

« Ah… Je vois. Eh bien… »

Le Duc Marde me fusilla du regard avec une intensité presque sanglante. Je sentais sa défiance transparaitre dans ses yeux.

« Jamais je ne te donnerai ma fille ! »

« Papa?! »

« Chéri?! »

Comme prévu, il se mit soudiment à baragouiner sans queue ni tête. Il était aussi implacable qu'un bulldozer.

« Mari a dit qu'elle épouserait papa quand elle sera grande ! Je ne te la confierai pas… ! »

« Papaaaaaaaa!!! »

Marie cria en fixant le Duc Marde avec une expression indignée.

« Mais qu'est-ce que tu racontes ! À un inconnu que tu viens de rencontrer !!! »

Le visage rouge de colère, Marie le poussa et lui administra une tape sur l'épaule. Bien qu'il fût le double de sa taille, c'était Marie qui le dominait.

« Ark… ! Ah ! Arghk… ! At, attends ! Mari, tu me fais mal ! Pourquoi es-tu si forte… ! Tu tiens tous tes traits désagréables de ta mère… ! »

« Arrête s'il te plaît, papa ! »

Il faisait pitié d'être traîné de la sorte par Marie. À y réfléchir, il n'y avait probablement âme qui vive dans cette famille capable de résister à la puissance de Marie.

Une fois que Marie eut expulsé le Duc Marde de la salle à manger, seule la Duchesse Élencia et moi étions restés.

« Excuse le dérangement, Monsieur Korin. »

« Haha, je suis jaloux de l'atmosphère libre qui règne ici. »

« Un peu trop libre à mon goût, je devrais ajouter. »

La duchesse arbora un sourire amical en me regardant d'un air gracieux avant de se lever brusquement de sa chaise.

« Madame? »

Puis, elle s'inclina profondément.

« Je vous remercie infiniment d'avoir aidé Marie. »

« …Je vous en prie, ne vous abaissiez pas ainsi. Cela me met mal à l'aise. »

« Vraiment ? »

« Et je ne l'ai fait que parce que j'en avais envie. »

« … »

« De plus, et surtout… l'Aînée Marie mérite d'être plus heureuse. »

Les bonnes gens méritaient une fin heureuse. En fait, c'était la chose la plus naturelle au monde.

« Huhu… »

En réponse, la Duchesse rendit un sourire frais et lumineux qui rappelait celui de Marie, avant de se couvrir la bouche.

« Je craignais qu'elle ne soit totalement subjuguée en lisant ses lettres, mais… Ah, je t'accueille avec plaisir, Monsieur Korin. Contrairement à mon mari, je ne suis pas du genre à enfermer ma fille. »

« …Je vois ? »

À propos de quoi ? Et qu'est-ce que ces lettres de Marie ont bien pu faire ?

– Aaaah ! Non, tu ne vas pas faire ça, Mari ! Ton papa n'autorisera pas un truc pareil ! – Arrête s'il te plaît ! – N, tu peux te tenir la main ! Mais tu ne feras rien de plus ! – N, n, arrête de raconter des bêtises comme ça ! Je te déteste, papa ! Espèce d'idiot ! – Ha, aaaahk… ! Marieee… !

Ah. À ce stade, c'était carrément une maladie.

Tous les pères devenaient-ils comme ça après avoir eu une fille ?

Bientôt, le Duc Marde fit son retour, présentant ses excuses et exprimant sa gratitude, mais il persista malgré tout jusqu'au bout.

« Vous pouvez vous tenir la main, c'est tout… ! Quant à ta virginité ! Fais bien attention à la préserver jusqu'à la fin de tes jours… !! »

– Tape !

Le meilleur remède contre le mari hors de lui demeurait la claque sur le dos administrée par son épouse.

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