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I Killed the Player of the Academy

Chapitre 46

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Chapitre 46

Chapitre 46

Chapitre 46/6077%~23 min de lecture4 455 mots

– Kwaang ! Kwagang !

Les arbres de la forêt partaient en éclats sous les coups de massue en bouleau portés par l'ogre furieux.

La nature était dévastée. Le spectacle des détritus verts éparpillés partout rappelaient aux observateurs que les humains n'étaient pas les seuls responsables de ces ravages.

« Quel bonhomme costaud. »

Ogre à deux têtes.

Il s'agissait d'un ogre siamois. Si l'on disait que les jumeaux siamois ordinaires souffraient de systèmes immunitaires défaillants et d'un métabolisme accéléré qui raccourcissait leur espérance de vie, il arrivait étrangement que les bêtes démoniaques siamoises dépassent de loin, avec plus du double de puissance, celle de leurs homologues simples, comme si elles avaient puisé dans le sang de Godzilla.

Mais comment diable était-ce possible ? Était-il logique de devenir plus fort simplement parce qu'on gagnait une tête supplémentaire ?

« Une massue en bouleau, hein… »

« Et alors ? »

Dans un coin de la forêt, le vieux Haman se cachait au même endroit que moi, mais contrairement à ce que je faisais, il ne tenait même pas d'arme. Malgré le déplacement qu'il avait fourni, il semblait bien décidé à ne pas m'aider.

« Quand j'étais au collège, le prof avait l'habitude de me taper sur les fesses quelques coups avec un bâton similaire. »

Bien entendu, celui d'à l'époque mesurait loin d'atteindre ma hauteur.

« Oh. Je suppose que tu n'étais pas un élève modèle à ce moment-là. »

« Personnellement, je pense plutôt que j'en étais un. »

Est-ce que j'avais frappé des gamins ou fumé des clopes ou quoi ? Mis à part mes mauvaises notes, j'étais un excellent élève.

« Bon. Enfin bref… Quand est-ce que tu vas le killer, celui-là ? »

« Je vais juste attendre qu'il utilise encore un peu d'énergie. Euh… Sérieusement, il est très fort, non ? »

« … »

Le vieux Haman acquiesça silencieusement à ma décision, un sourire aux lèvres.

Quelques jours plus tôt, nous avions découvert la grotte habitée par l'ogre à deux têtes, mais je n'avais aucune intention de foncer dedans en idiot.

Le vieux Haman et les membres de l'Alliance étaient là uniquement en soutien au cas où la situation tournerait mal. Même s'ils interviendraient pour protéger ma sécurité, cela signifierait la fin immédiate de mon test d'évaluation.

J'avais d'abord commencé par explorer les environs de la grotte, ainsi que la présence d'autres bêtes démoniaques à proximité et l'écosystème général de cette forêt.

« Rapporte-nous ce que tu as découvert grâce à tes enquêtes, Korin Lork. »

« À partir des empreintes autour de la zone, j'ai repéré des traces montrant que l'ogre se déplaçait avec des loups-chiens de grande taille. Cela confirme pratiquement leur cohabitation. »

« Combien y en a-t-il, ces loups-chiens ? »

« Trois. »

« Hein ? Il n'y a pourtant que deux séries d'empreintes de quadrupèdes qui suivent l'ogre ? »

« C'est parce qu'une d'entre elles est une femelle gestante. »

En réponse, le vieux Haman afficha un léger sourire tandis que les gardiens évaluateurs de l'Alliance se mettaient à prendre des notes.

« Tu as l'air de connaître la réponse, mais donne-nous une explication. »

« En plus des empreintes, il y a aussi des traces de chair tirée au sol. Ça veut dire qu'au lieu de manger la proie sur place, ils l'ont traînée jusqu'à la grotte. »

Bien que l'ogre à deux têtes et les grands loups-chiens soient en symbiose, la chasse était principalement l'affaire des chiens. L'ogre servait surtout de dissuasion contre d'autres ennemis et devait protéger ses compagnons des autres bêtes démoniaques.

« Ni l'ogre ni les grands loups-chiens ne sont du genre à stocker de la nourriture. Ce qui signifie qu'ils nourrissent un proche incapable de se déplacer. »

« Magnifique. »

– Gratouille !

Je sentais grimper l'évaluation que les membres de l'Alliance me faisaient.

« Maintenant, Korin Lork. Comment comptes-tu traquer le jeune ogre à deux têtes semi-Grade 1 et les grands loups-chiens de Grade 3 ? »

« Tout d'abord, je vais séparer l'ogre des chiens. »

« Comment ? »

« Parce qu'on est humains, il faut utiliser nos cerveaux. »

Pour leur malheur, j'étais un professionnel en la matière.

****

Les humains ont étendu leurs frontières, fondé des villes et tracé des autoroutes pour multiplier les constructions artificielles sur le continent, mais la majeure partie du monde restait encore occupée par ce que la nature avait forgé.

Peu importait le nombre d'arbres coupés, de forêts rasées pour en faire des fermes ou d'animaux réduits à l'extinction : les existences démoniaques restaient plantées là, imposantes, et menaçaient l'humanité.

Le souverain de cette forêt faisait partie d'elles.

Cette forêt, traversée rarement par qui que ce soit, était un véritable royaume pour l'ogre à deux têtes qui y régnait en dictateur.

– Ouaf ! Ouaf ouaf !

La proie chassée aujourd'hui par les chiens de trait était une nouvelle source de joie. Un cerf d'une telle taille suffisait amplement à rassasier à la fois le tyran et ses chiens.

Les chiens de chasse saisirent la patte arrière restante du cerf et commencèrent à le traîner derrière eux, tandis que le tyran les suivait nonchalamment dans la forêt brumeuse pour flâner. Bien qu'il ne fût pas encore un adulte, l'ogre atteignait déjà les quatre mètres de haut et devait briser les branches au passage.

Même s'il se considérait comme le maître de cette forêt, son territoire d'action n'était pas très vaste. Malgré la brume, il ne risquait absolument pas de se perdre sur le chemin du retour.

– Ouaf ! Ouaf !

Les chiens de chasse furent les premiers à percevoir le changement. Ils étaient particulièrement sensibles à toute odeur étrangère s'infiltrant dans leur repaire, surtout lorsqu'une femelle gestante se trouvait seule à l'intérieur.

Ils s'étaient montré négligents car personne n'avait osé franchir leur territoire depuis qu'ils régnaient sur la forêt.

« Grrr… ! »

L'ogre fit claquer sa gorge pour commander les chiens, qui fouillèrent aussitôt précipitamment la grotte.

Elle n'y était pas.

La femelle, qui aurait dû avoir du mal à se déplacer, ne se montrait nulle part.

– Ouaf ! Ouaf ouaf !

Entendant l'appel de son compagnon, l'autre chien fila vers la source du bruit. Là-bas, ils découvrirent des traces indiquant qu'une chose avait été traînée vers l'extérieur.

Même si cela pouvait ressembler aux empreintes laissées quand ils trainaient de la viande à l'intérieur, l'odeur était différente.

L'intrus avait traîné la femelle hors de la grotte.

– Grouuuuooo… !

– Aouuuuuuuu… !

Les chiens de hurlèrent de rage. En réalisant que leur congénère, la femelle du groupe et son petit, avaient été kidnappés, ils lâchèrent leur pure fureur bestiale.

Le hurlement courroucé du souverain de la forêt et de ses sujets fit trembler l'ensemble des bois.

– Ouaf ! Ouaf ouaf !

– Ouaf ouaf ouaf !

Aveuglés par la colère, les deux mâles pressèrent leur roi de leurs aboiements discordants. Ils devaient suivre la piste. Ils devaient sauver leur femelle.

L'ogre répondit à cette pression sans la moindre hésitation. Dans cette relation symbiotique née pour pallier les faiblesses mutuelles face aux rigueurs de la nature, chaque partie avait ses droits et ses devoirs.

L'action s'imposait. Les maîtres de la forêt avançaient avec un objectif précis.

Les chiens foncèrent en suivant l'odeur de leur femelle tandis que l'ogre les talonnait. Les deux canins traversèrent la forêt brumeuse au galop, guidés par le parfum jusqu'à eux.

– Ouaf !

Ils échangèrent un regard au milieu de leur course. L'odeur de leur femelle devenait de plus en plus forte avec le temps, tout comme l'empreinte odorante, de plus en plus profonde, de l'intrus qui venait de la leur soustraire.

Comme prévu,

rien dans cette forêt ne parvenait à les ralentir.

Cette forêt était le lieu de leur naissance et ils connaissaient cet endroit sur le bout des pattes. Forts de leurs quatre membres robustes, les bêtes démoniaques bondissaient par-dessus les racines d'arbres épaisses en envoyant voler la terre.

Bientôt, l'insensé intrus recevrait le châtiment qu'il méritait pour avoir défié le maître de la forêt.

– Ouaf…

« … !! »

« … !! »

Au terme de leur course, ils tombèrent sur leur congénère hurlant de détresse par terre.

« Ouaf ! »

« Kiï… Iiiï… »

La femelle gémit en restant terrassée. Ne pouvant plus se contenir, l'un des deux mâles s'engouffra en avant. Il était le père du petit qui grandissait dans son ventre.

« Ouaf ! Ouaf ouaf ! »

Tandis qu'il frottait son museau sur le corps de sa compagne pour vérifier qu'elle était indemne, le chien s'apprêtait à l'aider à se relever…

– Clic !

Au moment exact où elle bougea, un clic résonna dans toute la forêt alors qu'une corde de lianes se tendait brusquement.

En même temps… Une bûche, qui paraissait abandonnée dans la forêt, se mit soudain à voler en l'air.

« Ouaf ? »

La bûche fusilla vers le ciel, entraînant la chute des autres rondins reliés à celle-ci. Le mâle soutenait toujours la femelle et n'eut pas le temps de réagir…

– Bam !

Son visage fut pulvérisé par l'un des troncs volant dans les airs.

« Ouaf ! Ouaf ouaf ! »

Le mâle survivant esquiva tant bien que mal les rondins projetés. Il examinait les alentours avec une extrême prudence lorsque ses oreilles captèrent un signal funeste.

– Chiiiiiik !

Quelque chose tombait du ciel. Le chien roula immédiatement sur l'avant tandis que de pointus pieux de bois venaient s'enfoncer là où il se tenait.

« Ouaf ! Ouaf ouaf ! »

L'idée que l'un de ces pieux aurait pu le transpercer au niveau du crâne et de la colonne vertébrale dressa les poils de son dos. Pourtant, d'autres suivaient.

Une floppée de pieux installés sur les branches se mirent à tomber en cascade.

– Pfouf ! Pfouf !

Abandonnant ses congénères toujours sous la pluie de pieux, le chien survivant lança une nouvelle course, mais cette fois-ci pour sa survie plutôt que pour la poursuite.

« Grrrhh… ! »

Malgré un démarrage dans une posture défavorable, le chien atteignit néanmoins les soixante-dix kilomètres à l'heure. Après avoir filé à une allure supérieure à celle des pieux tombants, le chien se retourna pour vérifier qu'il n'était pas blessé.

…Les pieux n'étaient plus nombreux à tomber.

Le chien se détendit un peu.

Et parce qu'il s'était détendu… Il était trop tard lorsqu'il remarqua enfin quelque chose scintiller sous lui.

[ᚲ] – Kenaz

ᚲ ᚲ ᚲ ᚲ ᚲ ᚲ ᚲ ᚲ ᚲ ᚲ ᚲ ᚲ ᚲ ᚲ ᚲ ᚲ ᚲ

Mais même s'il les avait repérés, il est douteux que cela ait changé quoi que ce soit. Les runes de feu couvrant le sol étaient trop vastes et denses pour tenter de s'en échapper à soixante-dix kilomètres à l'heure.

– Houaruk !

Le sort du chien fut scellé au moment où il fut englouti par les flammes dévorant le sol.

– Bong ! Bong ! Bong !

Lorsque le souverain de la forêt et les propriétaires des chiens arrivèrent sur les lieux, les bêtes étaient déjà mortes.

Le couple avait été transpercé par les pieux de bois, tandis que le dernier était calciné par les flammes dévorantes qui consumaient encore les arbres à proximité.

« KOUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII… !! »

Les deux têtes partageaient la même émotion tandis qu'elles rugissaient ensemble.

Le rugissement du tyran résonna de manière assourdissante.

On retrouvait là la force attendue du prétendu maître de la forêt, mais l'ogre n'eut même pas le temps de se laisser submerger par sa peine. L'un des dispositifs sur lequel il marcha par accident déclencha un nouveau piège.

Des rondins commencèrent à fuser vers lui, mais l'ogre à deux têtes put les repérer suffisamment tôt grâce à sa vision panoramique.

– Vvooong !

Sans même bouger les pieds, le titan à deux têtes banda la massue tenue dans sa main droite.

– Kwaang !

Les troncs volèrent en éclats sous l'impact de la massue en bouleau. Il restait encore quelques pièges inactifs, mais aucun ne pourrait représenter une menace face à la vision panoramique de l'ogre bicéphale et à sa force monstrueuse.

Cependant, ce que le tyran ignorait, c'est que cela ne constituait que le début de la traque.

****

En tant que souverain de la forêt, l'ogre bicéphale était également un prédateur inné.

La première tête possédait une excellente vision tandis que la seconde disposait d'un odorat fin. Grâce à leur coopération, les deux têtes tentèrent de venger les chiens et, en réalité, la poursuite de la proie s'avéra assez simple.

En fait, il y avait tellement de pistes que c'en était ridicule. L'ennemi parvenait à peine à dissimuler son odeur ou ses empreintes, et c'était vraiment dommage que les chiens aient été vaincus par quelqu'un de cette trempe.

Bien sûr, le trajet n'en était pas moins difficile, car diverses sortes de pièges tentaient de freiner l'avancée de l'ogre.

Mais même si l'ogre bicéphale n'était pas un adulte complet, il s'agissait d'une bête démoniaque semi-Grade 1. Les pièges qui à peine réussi à venir à bout de quelques chiens furent aisément balayés par la gigantesque massue en bouleau dont il faisait usage.

Quelques pieux pointus touchèrent droit sur son corps, mais ils ne purent infliger que de minuscules blessures après avoir heurté son épaisse peau.

Toutefois, contrairement à ce qu'il espérait, l'ogre ne parvint pas à retrouver la proie durant la première journée.

Il y avait certes de nombreuses traces et il les suivait avec obstination, mais pour une raison obscure, l'ogre ne trouvait jamais sa proie. On eût dit qu'elles étaient si proches et si lointaines en même temps.

Bien que cela le frustre, l'ogre décida de se reposer pour la nuit, mais ce fut précisément cette nuit-là que quelque chose l'attaqua.

[ᚺ] – Hagalaz

Il n'aurait pas pu réagir à temps si l'une des deux têtes n'avait pas veillé en permanence. Une grêle s'abattit du ciel, réveillant également la tête endormie de l'ogre bicéphale.

La grêle en elle-même n'était pas très intense. Quelques cailloux étaient tombés du ciel sur le corps de l'ogre et les dégâts étaient infimes.

Il restait vrai que son sommeil avait été perturbé. Furieux, l'ogre broya tous les arbres alentour pour exprimer sa colère.

Des incidents similaires se répétèrent par la suite. Chaque fois qu'il s'apprêtait à dormir, une grêle tombait du ciel. Si l'ogre décidait de l'ignorer en pensant que ce serait pareil, les pierres qui chutaient se mettaient alors à enflammer l'air autour d'elles, calcinant la terre environnante.

L'ogre rasa la forêt avoisinante lors d'une poursuite nocturne, mais la proie continua de laisser des pistes vagues sans se dévoiler.

Après que le scénario se répéta pendant trois jours,

l'ogre réalisa qu'il était lui-même la proie traquée.

Couvert de dizaines de plaies causées par la magie runique et des pièges naturels, l'ogre n'avait même plus pu fermer l'œil durant les derniers jours, s'épuisant physiquement et psychologiquement.

Pour riposter, malgré ses brûlures et ses éraflures innombrables qui le faisaient boiter, il ne lui restait plus qu'à écraser tout ce qui passait sous ses yeux.

Le rôle du chasseur et de la proie s'était inversé. Finalement, en prenant conscience d'être devenu la proie, l'ogre ressentit le chagrin et la fureur.

« Bonjour. »

Après-midi du troisième jour, le chasseur se révéla enfin.

« Hmm~. Pourquoi faut-il tout compliquer comme ça juste pour te tuer ? Dépêchons-nous et achevons-en. »

Après l'avoir harcelée maintes reprises, le chasseur fit face à l'ogre en le provoquant.

« Kouiiiiiiiiiiih… ! »

L'ogre poussa un cri tandis que Korin baissait à son tour le centre de gravité.

Tel des sprinteurs attendant le coup de pistolet, les deux adversaires s'observèrent en silence.

Une seconde,

l'ogre bondit.

Korin fit de même.

Se jetant sur le massif ogre tel un souffle violent, l'homme à la lance utilisa son élan pour se propulser au sol.

Son corps s'éleva dans les airs. Ayant perçu l'énorme erreur commise par le chasseur à la dernière seconde, les lèvres de l'ogre se cintrèrent en un rictus.

Dès l'atterrissage, l'ogre comptait asséner un coup fatal avec sa massue en bouleau de deux mètres sur le petit humain. Bien que ce fût son intention, l'ogre ne put le mettre à exécution.

「Montagne Brisante : Arts Secrètes」

「Frappe Unique, Assaut Tonitruant」

En plein vol, le lancier prépara son geste pour projeter sa lance.

C'était là le but et l'usage originel de la lance. Il s'agissait de la frappe la plus puissante capable d'être portée par un être humain avec une lance.

– Gwaaaaaannngg !!

La lance fonça sur l'ogre à travers les airs. Lorsque celui-ci leva instinctivement sa massue, les deux armes entrèrent en collision et… Une fissure apparut sur la massue qui, pourtant, avait habituellement brisé sans faille tout ce qu'elle avait touché durant les trois derniers jours.

– Kwang !

La moitié supérieure de la massue en bouleau avait totalement disparu. De surcroît, l'épaule droite de l'ogre s'envola dans un tourbillon incompréhensible.

« Kouwaahh ?! »

Replantant les pieds au sol après ce lancer de javelot abominable, le lancier se rua en avant sans perdre sa vitesse. Même si l'ogre vociférait de douleur, ses deux têtes percevaient encore le monde.

Il étendit les bras vers Korin qui filait en avant, mais il était trop tard – l'humain se trouvait déjà devant sa poitrine.

「Les 8 Trigrammes, Origine Mixte」

– Kajik !

La frappe à la paume toucha directement la poitrine de l'ogre. Une compression d'énergie interne fut propagée du dantian de Korin vers le corps du monstre. Comme attendu de l'une des trois frappes les plus redoutables des 8 Trigrammes, l'énergie émise depuis la paume de Korin retourna violemment les entrailles de l'ogre.

– Kong !

Bientôt, l'ogre bicéphale retomba à genoux. En raison de l'explosion interne, la bête démoniaque saignait abondamment par ses deux gueules.

« Qu'est-ce que… Pourquoi me suis-je embêté à remplir mon Noyau Aural… ? Je n'ai même pas eu le temps de m'en servir. »

Voilà qui marquait visiblement la limite d'une bête démoniaque semi-Grade 1 incapable d'atteindre le Grade 1.

Ayant passé les derniers jours à concentrer tout son aura dans son Noyau Aural en vue d'un combat décisif, Korin arborait un air désabusé face à l'issue finalement médiocre du combat.

****

Dans le laboratoire souterrain de l'Académie Merkarva, des centaines de sujets d'expérience étaient alignés. C'était la principale raison pour laquelle les professeurs du département de Magie avaient refusé les offres de la Tour pour rester à l'Académie.

Mademoiselle Dorée, Professeure Deina, qui travaillait à l'Académie depuis quinze ans, appliqua une couche de maquillage plus épaisse et un parfum plus puissant que d'habitude. Cela signifiait qu'elle développait désormais des problèmes cutanés et une mauvaise odeur dus aux recherches répétées tard dans la nuit.

« Professeure Deina. »

« Ah ! Étudiante Marie. Te voilà ! »

Marie, qui l'avait aidée ponctuellement lors des expériences depuis quelques jours, lui présenta le même visage tranquille que d'ordinaire.

« Wow… Regardez comme sa peau est douce. C'est ça, la jeunesse… ? »

La peau de la Professeure Deina n'était pas si mauvaise en soi. En réalité, elle paraissait plus jeune que la moyenne de son âge grâce à sa condition de mage, mais elle ne souhaitait évidemment pas se tenir à côté d'une personne dotée d'une peau véritablement juvénile.

Voyez comme elle était blanche et hydratée, avec une douceur telle qu'on aurait pu y enfoncer un doigt comme dans du mochi !

Marie affichait l'apparence juvénile d'une fille de son âge, mais la raison pour laquelle la Professeure Deina ne pouvait s'empêcher de remettre en question la justice de ce monde résidait dans le fait que Marie travaillait elle aussi jusque tard dans la nuit, exactement comme elle.

« Étudiante Marie… Vous m'avez beaucoup aidée ces derniers jours, n'est-ce pas ? »

« Hmm~. Je suppose ? »

La Professeure Deina savait pertinemment que, même si Marie s'était portée volontaire, demander à un étudiant de travailler trois nuits d'affilée relevait de la malversation pédagogique.

Mais, chose surprenante, Marie affichait une endurance incroyable en produisant davantage que la Professeure Deina elle-même.

Il aurait été normal qu'elle développe des cernes sous les yeux, et pourtant elle restait aussi vive que d'habitude.

« Serait-ce parce qu'elle est un vampire ? »

Depuis son récent transformation en vampire, Marie était devenue le sujet brûlant du département de Magie. Combien de professeurs s'étaient mêlés à l'affaire juste pour prouver qu'elle restait sûre et suffisamment rationnelle ?

Les vampires classiques arboraient un teint pâle et étaient affaiblis par la lumière du soleil, mais Marie s'était révélée équivaloir à un vampire de rang Ancien âgé d'au moins cent ans.

Chez les vampires, l'Ancien se situait juste en dessous du rang Seigneur, et pourtant les Vampires Ancestraux étaient déjà classés au Niveau Unique… En d'autres termes, les Ancestraux possédaient déjà une force immense, alors combien de puissance pouvaient bien atteindre les légendaires Seigneurs Vampires ?

Cette interrogation réveilla son esprit curieux en savante, mais ce n'était pas le sujet primordial du moment.

« Étudiante Marie. Quel est l'état des bêtes démoniaques qui seront utilisées pour l'expérience sur le « Roi de la Montagne de Fer » ? »

« Ah oui. Elles ont toutes été isolées. »

« Nous pourrons mener une expérience plus détaillée grâce à votre aide, Élève Marie. Le sanglier démoniaque de la péninsule de Dingle et un vampire de Niveau Unique… Cela ouvrira la voie à une énorme progression de l'industrie magique ! »

« Haha… »

Marie offrit un sourire gêné, une vue rarissime. En le voyant, Deina comprit immédiatement qu'elle venait de commettre une imprudence.

« Ah, ce n'est pas ce que je voulais dire. Bien sûr, le fait que vous soyez devenue un vampire est une immense malchance. Toutes mes excuses. Je n'aurais pas dû mentionner ça. »

« Non, ce n'est pas grave. »

« Vous êtes sûre ? »

« Ça doit peu importar à qui que ce soit que je sois un vampire ou non. »

« Hmm ? »

« Oh ! J'ai oublié de nourrir les bêtes démoniaques ! Désolée. Je suis un peu dispersée aujourd'hui ! »

« Hmm… Vous n'êtes pas obligée de faire autant d'efforts, tout de même. »

« Ça va ! Et c'est plus sûr que je m'en occupe personnellement ! »

« Mmm… »

La Professeure Deina ne put contester ces mots.

C'était avant-hier seulement qu'un membre du personnel avait sérieusement été blessé en nourissant les bêtes démoniaques. Elle avait dû régler des frais médicaux ainsi qu'une indemnisation pour les troubles physiques et psychologiques engendrés.

Les budgets étaient déjà fortement réduits par l'achat de démons de Grade 1 comme le Tyran de Fer et le Dragon Fondu. Que se passerait-il en cas de nouvelle victime ?

Sans parler des protestations du comité budgétaire, leurs recherches pourraient aussi être contraintes de s'arrêter pour des raisons de sécurité.

« E-est-ce que vous pourriez vous en charger, alors ? »

« Avec plaisir~ »

Profitant de leur problème budgétaire comme prétexte, Marie organisa une visite aux bêtes démoniaques en apportant de la nourriture.

– Coin ! Coin !

– Coin coin !!

Jusque dans le couloir, en remontant depuis l'une des pièces à l'angle du deuxième sous-sol du bâtiment du laboratoire, résonnaient les grognements discordants de porcs. Il s'agissait de bêtes démoniaques de Grade 4, des Sangliers à Crocs, qui hurlaient à cause du supplice de vivre dans un enclos réduit.

Leur population avait explosé lors de leur récente saison de reproduction, et la Professeure Deina termina par en acheter une multitude par cupidité.

Bien que leur prix unitaire ait baissé, l'acquisition de centaines de démons de Grade 4 d'un seul coup pourrait faire questionner le sens financier des mages, mais Marie n'y trouvait rien d'anormal.

– Coin coin !?

– Coinkk ?

– Oi…

– O…

– Kiï.

Les hurlements soudains des bêtes, amplifiés par l'écho des pas, commencèrent rapidement à diminuer.

Clonc clonc.

Lorsque les magnifiques bottes blanches de Marie foulèrent le sol dallé, leur réaction devint d'autant plus flagrante.

– Cong !

Sa petite main se posa sur la porte des clôtures en fer contenant plusieurs centaines de sangliers à crocs, mais seul un silence de plomb lui répondit.

……

……

……

Bien que les Sangliers à Crocs fussent des bêtes extrêmement sauvages, ils s'inquiétèrent en sentant l'approche de Marie. Certains piaulaient même en enfouissant leur tête dans les fesses de leurs voisins pour se cacher.

– Cong !

Le personnel ordinaire aurait jeté la nourriture depuis l'extérieur de la clôture, mais Marie ouvrit les battants et entra dans l'enclos comme une folle.

Ces Sangliers à Crocs, qui menaçaient habituellement tout le personnel lançant de la nourriture par-dessus les portes en se jetant dessus, restèrent silencieux et immobiles comme si le monde s'était arrêté.

« C'est l'heure de se nourrir. »

Submergés par l'aura démoniaque émanant de sa voix, de son regard et de son parfum, les Sangliers à Crocs frissonnèrent violemment mais se rangèrent néanmoins en file devant elle.

Marie offrit à ces monstres tremblants un morceau de poulet accompagné de petits galets. Ces cailloux mêlés à la viande ne faisaient pas partie du repas qu'elle avait reçu du personnel.

– Crunch crunch !

Ce fut lorsque le Sanglier à Crocs, pressé d'avaler sa pitance, mordit accidentellement sur un galet.

– Craaaac !

– Kiï ?!

Tel un démon, Marie intervint en un instant pour saisir la canine de la bête. Tout en maintenant cette dent plusieurs fois plus grande que ses mains, elle souleva l'animal de ses propres forces colossales.

Le Sanglier à Crocs se débattit dans les airs, mais sans pouvoir s'échapper de son étreinte, avec son corps qui ne pesait que quatre cents kilogrammes.

– Craaaac ! Craaaaak !

Son emprise surnaturelle commençait à fendre les acérées crocs de la bête démoniaque.

« C'est bizarre. »

Les yeux dorés de la fille à la chevelure bleu clair commencèrent à se teinter de rouge. Guidés par leur instinct, les bêtes sentirent l'aura démoniaque du monstre caché sous l'apparence d'une innocente adolescente.

– Grouk…

– Kiï…

Aucun d'entre eux n'avait été attrapé et pourtant, tous les Sangliers à Crocs restèrent figés. Celui que tenait Marie était dans un état pire encore, et pissait dessus.

« Ne vous l'ai-je pas dit ? »

Un liquide jauni ruisselait le long de ses pattes arrière tremblantes. Malgré la flaque nauséabonde, la fille issue d'une famille de cultivateurs, habituée à l'odeur des déjections, ne daigna même pas y porter attention.

« Ne mordez pas la pierre. Avalez-la. »

Ses yeux désormais maculés d'un rouge rubis oppressèrent les bêtes.

Bientôt, les centaines de Sangliers à Crocs commencèrent à avaler fébrilement tous les rochers et galets à leur portée comme s'il s'agissait d'un concours.

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