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I Killed the Player of the Academy

Chapitre 35

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Chapitre 35

Chapitre 35

Chapitre 35/5070%~19 min de lecture3 757 mots

« Famille Arden en émoi. L’Empereur de l’Épée Garrand maintient son silence ! » « Performances remarquables d’Alicia Arden. Que adviendra-t-il de la succession au sein de la famille principale ? » « Famille Arden en émoi. L’Empereur de l’Épée Garrand maintient son silence ! »

« Ces insolents… »

Cela faisait trois jours que la nouvelle s’était répandue concernant la défaite de John Doe, le meurtrier, par Alicia. L’un des groupes les plus influents de la faction Lunia au sein de la famille Arden, les Cinq Épées, déchira les journaux en deux après avoir lu ces absurdités insolentes et irresponsables.

« … »

« … »

Jennie l’Épéière Rapide, Sirin la Double Lame, Lena de l’Épée Ondulante, Mei de l’Épée des Ténèbres Véritables et Milia de l’Épée Illusoire.

Ils étaient les épéistes d’élite du Premier Escadron d’Épées de la célèbre famille Arden. Les dents serrées, ils attendaient avec précaution la réponse d’une seule personne.

« … »

Maîtresse d’Épée, Lunia Arden.

Elle était la candidate à la succession que suivaient la plupart des apprentis, comme eux, au sein de la famille Arden. Plongée dans ses réflexions, Lunia vidait sa tasse de thé.

Les Arden formaient une secte martiale dont les adeptes regroupés en clans croyaient à la loi du pouvoir. Tous attendaient le prochain épéiste capable de les mener de l’avant avec le charisme absolu qu’avaissait Garrand Arden.

Bien que la génération précédente de Lunia et d’Alicia ait succédé au poste de chef de famille, Garrand Arden ne les avait pas pleinement reconnus pour autant, non parce qu’ils manquaient de force.

La Tranchée du Domaine.

Un monde que la majorité des artistes martiaux ne soupçonnaient même pas, qui n’existait que dans les imaginaires d’autrui…

Garrand Arden attendait depuis longtemps une existence capable de perpétuer son épée. Il souhaitait un successeur qui puisse continuer la lignée de la grande Attaque de Domaine qu’il avait lui-même créée.

« Quelle malchance. Vraiment déplorable. Donc aucun successeur pour assurer ma relève, ni même dans cette génération, soit. »

Même si Lunia avait montré ses talents dès son plus jeune âge et reçu les regards remplis d’attentes de tous les membres du foyer en vue de devenir la prochaine héritière, Garrand fit claquer sa langue en la voyant.

Au final, même elle, considérée comme le plus grand génie de son époque, n’avait pu satisfaire Garrand.

Elle avait versé sueurs et sangs.

Les callosités épaisses couvrant ses paumes attestaient de tout ce qu’elle avait traversé durant sa vie.

Pourtant, elle n’avait toujours pas obtenu sa reconnaissance. Elle demeurait incapable de suivre la trace du plus grand épéiste dont elle rêvait de devenir l’égale.

Désormais, tout entière concentrée sur le fait de devenir l’héritière légitime de la famille Arden, elle n’y parvenait toujours pas…

« Haaak… Haaak… ! »

Sa cadette avait fini par saisir une épée pour affronter l’un des apprentis de la branche principale dans un combat amical. Bien qu’Alicia fût également une fille directe de la famille Arden, personne ne songeait sérieusement à la voir rivaliser avec Lunia.

Lunia percevait l’admiration d’Alicia ainsi que ses tentatives pour suivre ses traces, mais un génie comme elle se trouvait rare. Alicia n’était qu’une débutante à l’épée bénéficiant de quelques privilèges simplement parce qu’elle descendait directement du chef de famille.

Rien n’était moins sûr qu’une enfant comme elle vaincue un apprenti ayant véritablement embrassé la voie de l’épée. Les élèves, Lunia, leurs parents, voire Alicia elle-même, en étaient conscients.

Au sein de la famille, Alicia n’était rien d’autre qu’une fille naturelle introduite de l’extérieur par le chef familial, et elle aurait dû s’en contenter.

Mais c’est ce jour-là que tout changea.

« On n’arrive pas à arrêter le sang ! »

« Mais le sortilège non mortel était censé suffire ! Comment c’est possible ! »

Qu’avait-il bien pu se passer ?

Elle n’avait rien vu. En réalité, même Lunia fut aveugle devant l’événement.

Repoussée dans un coin, Alicia leva instinctivement une garde trop négligée pour être qualifiée de défense valable. C’était l’erreur classique d’une novice, mais… avant que Lunia ne réalise ce qui se passait, son adversaire gisait déjà blessé.

Il ne s’agissait pas simplement d’une question de rapidité. Cela… relevait d’une autre dimension.

Le Domaine.

Ce monde suprême des arts martiaux. Alicia venait d’y faire un pas.

Comment était-ce seulement possible ? Comment un gamin – cette gamine paresseuse…

« […] ! »

« N, non… Je… »

Lunia se retourna et remarqua qu’Alicia souriait.

L’incompréhension déformait clairement son visage, mais ses lèvres s’étiraient de manière étrange et ses yeux semblaient possédés.

Ce n’est qu’à cet instant que Lunia comprit la portée des mots de son grand-père. Le Talent – cette nature tordue que les hommes ordinaires ne pouvaient appréhender.

Le Fantôme de l’Épée.

Il s’agissait là véritablement du don d’un esprit.

« Alicia devient désormais une autre candidate à la succession de la famille Arden. »

Et voilà comment Alicia Arden devint candidate à la direction de la famille, contre l’avis général.

« Sœur ! J’ai enfin manié une vraie épée aujourd’hui ! »

Le souvenir de ses doigts caressant les cheveux de sa demi-sœur, jadis victime de l’indifférence paternelle et familiale, repoussa alors loin de son esprit.

« Capitaine. »

« … »

Le nom de Jennie la ramena brutalement à la réalité.

Lunia scruta ses subordonnées qui fixaient exclusivement cette dernière. Habituées à ne reconnaître en elle que l’unique héritière potentielle, elles vacillaient sous le choc. Une réaction parfaitement logique.

Elles devaient être perturbées, voyant brusquement la pupille gâtée de la famille dévoiler des compétences insoupçonnées.

Cette perdante qui fuyait ses propres capacités depuis l’incident menaçait désormais sa place. Pourtant, c’était exactement ce que Lunia désirait ardemment. À présent qu’Alicia occupait enfin une posture susceptible de défier son autorité ;

Si elle pouvait admirer cette lame une fois de plus… pourrait-elle elle aussi transcender le Domaine ?

Tel était l’objet principal de l’intérêt de Lunia.

« Waouh. Regarde ça. Une pièce d’argent et demie pour du kimbap. Je me demande ce qu’ils y ont mis dedans. »

« Sauce aux œufs d’oursin sur du kimbap… C’est délirant. Est-ce le capitalisme ? Est-ce là où notre monde a sombré ? »

Marie se trouvait aux côtés de Korin au restaurant gastronomique « Holy Panda ».

Les célèbres bons repas des tables de luxe qu’accordait l’instructeur Haman, gourmand, aux étudiants de son gré – généralement valables pour deux personnes – avaient motivé Korin à l’inviter ici.

« C’est grâce à toi, Korin, si je peux poser mes pieds dans un endroit pareil ! »

« De rien. Venir seul ici m’aurait rendu mal à l’aise de toute façon, donc ça nous arrange mutuellement. C’est la première fois que tu portes cette robe ? Ça te va très bien. »

« Tu, tu trouves ? Héhé. En fait, c’est une robe que mes frères et sœurs cadets m’ont donnée pour porter un jour spécial. »

« Oh~ d’accord. Tu avais dit être l’aînée parmi trois garçons et quatre filles, n’est-ce pas ? »

« Nn ! Ils sont tous adorables. »

Marie aurait pu passer la journée entière à vanter ses frères et sœurs fièrement, mais elle préféra poser une autre question avec discrétion plutôt que de radoter sur elle-même.

« Au fait, Korin, tu as beaucoup d’amis, non ? Pourquoi m’as-tu invitée ? »

Comme pour ne rien montrer d’important, Marie demanda avec un air décontracté, mais ses oreilles frissonnaient, attentives à sa réponse.

« Hhuu… En fait, par le passé, il y avait quelqu’un qui m’amenait souvent ici. »

« N, nan ? Vraiment ? »

« Qui c’est ? » Cette question, qu’elle dut presque lâcher, lui brûlait les lèvres avant qu’elle ne la ravale.

« J’ai décidé qu’il ne devait exister aucune ambiguïté. Je n’aurais jamais dû inviter cette personne sortir juste parce que je voulais acheter un cadeau chic… »

« Nn ? »

Il était venu ici avec une autre fille auparavant ?

« Bref, c’est un sujet dont je préfère ne pas parler. »

Marie ignorait précisément ce qu’il s’était passé, mais apparemment, les choses s’étaient mal terminées avec cette femme ! Elle semblait même ne l’avoir jamais réellement intéressé !

« E, eh bien~. Et moi alors ? »

« C’est un honneur pour moi d’accompagner la senior Marie, naturellement. Ou préférerais-tu que je te donne simplement les bons pour que tu viennes avec ton amie ? »

« N, non ! C’est un peu gênant de venir dans des endroits chic comme celui-ci avec une amie du même sexe, non ? »

« Exactement. C’est ce que je dis. Venir dans un lieu pareil en groupe mixte, ou entièrement féminin, ferait fuir l’ambiance. »

« Nn nn ! Oui, bien sûr. »

« Es-tu déjà venue dans un endroit comme celui-ci avec un garçon ? »

« N, nanoooo ?! C’est ma première fois ! Korin, c’est clairement avec toi que ça commence ! »

« C’est surprenant. Pourtant, tu as tout d’une future séductrice. »

« V, vraiment ? Je ne pense pas que ce soit… si flagrant. »

« Tu es jolie, sympathique et douée. Sérieusement, tout le monde est encore trop jeune pour véritablement apprécier la beauté. Peut-être que les garçons de ton âge se contentent de taquiner les filles qui leur plaisent, histoire de jouer… »

« … »

Incapable de répliquer à ces paroles, Marie baissa profondément la tête et serra nerveusement les pans fins de sa robe.

Bien que Korin parlât simplement en homme adulte ayant traversé d’innombrables tourments, regrettant que les jeunes hommes gaspillent leur jeunesse, Marie entendit tout autre chose.

« Au fait, senior. »

« Nn ? Nnn ? »

« Je sais que tu consomes régulièrement tes poches de sang, mais vas-tu vraiment bien, sérieusement ? »

Korin la regarda droit dans les yeux, le visage empreint d’une inquiétude sincère. Sensant la franchise du garçon, Marie ne parvint à masquer son bonheur ; son cœur battit d’allégresse.

« Ça va », répondit-elle. « L’impulsion se contrôle en absorbant régulièrement le sang humain. Ne t’en fais pas, Korin. »

« Mais l’envie n’est pas le seul problème. Pour les vampires, aspirer du sang ne sert pas uniquement à se nourrir, n’est-ce pas ? »

« … Je le sais. »

Marie avait appris les caractéristiques et les puissantes aptitudes des vampires auprès des professeurs du département magique, y compris la vice-principale Josephine.

Aspirer du sang ne constituait pas une simple prise alimentaire pour eux. Recevoir le sang frais d’un humain représentait en soi un processus crucial et mythique, ce dernier contenant un élément mystérieux infiniment supérieur au sang stocké dans les poches médicales.

« Et pour ton familier ? »

« … »

« Il ne se remet pas depuis ce jour, n’est-ce pas ? Le sang étant sa source d’énergie principale, et tu n’en as pas eu jusqu’à présent. »

« … Je n’en ai pas besoin. »

« Senior. »

« Korin, je t’assure que je n’en ai pas besoin. Ça va. »

Sentant le ton pressant, Marie répondit avec une légère tremblote dans la voix.

Marie rejetait cette nouvelle force acquise. Elle n’avait jamais souhaité devenir l’une d’eux ; cela n’était arrivé que par pur hasard.

Elle restait « Marie ». La fille aînée des Dunareff, une famille de paysans. Aînée de sept enfants, elle n’était pas « Marie la Vampyre ».

C’est pourquoi absorber du sang humain frais équivalait à écrouler les fondements mêmes de son existence. Cela ressemblait à admettre sa condition de vampyre.

« Tu vois, senior ? Tu n’as jamais changé jusqu’ici. »

« Hein ? »

« Que tu envisages la mage prodige ou la senior de deuxième année sans cervelle. »

« Sans cervelle ? ! C’est ça, l’image que tu te faisais de moi depuis le début ? ! »

« Écoute-moi juste un instant. Que tu sois l’aînée des sept enfants des Dunareff ou une vampyre, tout cela te compose. Il n’y a aucune raison de nier une partie de toi-même. »

« Ah… »

Impossible de méconnaître la chaleur dissimulée derrière ces paroles.

Chaque mot était sincère. Korin ne nourrissait aucune parcelle de peur envers elle. Il restait détaché, comme si le côté maudit consistant à boire du sang humain et la capacité de tuer des gens par centaines ne représentaient aucun enjeu.

« Je reçois toujours de l’aide à chaque fois. »

Ses phrases ne manquèrent jamais de créer une ondulation sur le lac intérieur de son âme.

Elle s’était déjà endettée énormément. La dette qu’elle lui vouait était telle qu’il aurait pu légalement confisquer son avenir entier, elle, Marie Dunareff.

Naturellement, il ne considérerait probablement même pas cela comme un obstacle majeur. Souhaitant son bonheur, il n’avait jamais réclamé le moindre retour sur investissement.

Il était formidable.

Tant le jour où il s’imposait sans jamais faiblir que celui où il refusait d’abandonner face à elle.

Peu importait l’enjeu, le garçon nommé Korin Lork n’hésitait jamais dans ses actes. En observant toutes les motivations derrière ses agissements, elle discernait même une couche solide de conviction.

C’est pourquoi il ne lui demandait absolument rien.

Malgré la valeur colossale du sang des vampyres et l’importance des faveurs réciproques, tout cela demeurait indifférent à Korin Lork. Il n’acceptait la bienveillance qu’on voulait bien lui offrir.

C’était dommage.

Je souhaite tant accomplir pour toi ; n’as-tu vraiment rien à me demander ?

Comme tu m’aides, je veux te prêter assistance.

Je voudrais soulager ton fardeau, ne serait que d’un poids infime, et t’empêcher de tout porter seule comme tu le fais systématiquement.

Aucune devise au monde ne pourrait évaluer les gestes qu’une jeune femme amoureuse est prête à accomplir.

Alors que le repas touchait à sa fin.

« Senior. Je sais que c’est bizarre de formuler une requête pareille alors que nous sommes venus déguster, mais… »

« E, euh ? »

Une demande ? Vraiment ?

Marie eut l’impression de voler haut dans le ciel lorsqu’elle le regarda, le visage illuminé d’une espoir immense.

Dès lors, la Banque Marie n’imposait plus de plafond au crédit consenti au client Korin.

Le taux d’intérêt était de zéro pour cent et, en réalité, il n’aurait même pas eu à rembourser l’établissement. La propriétaire ouvrirait probablement son coffre-fort volontiers, le visage rayonnant.

« En fait… »

« Oui ? »

Elle avala sa salive. Même une cliente hypnotisée par un hôte masculin dans un night-club n’aurait jamais été aussi désinvolte.

« Pourrais-tu me prêter un peu d’argent, s’il te plaît ? »

– Environ cent pièces d’or ?

Le lendemain, un nouveau dojo au style Arden, baptisé « Dōjō Alicia », vit le jour, financé à cent pour cent par la Banque Marie.

Il était extrêmement logique que Lunia Arden et les Cinq Épées décident de lancer le Défi de l’Épée.

Mei, surnommée la Lourde Épée des Ténèbres Véritables parmi les Cinq, avançait dans les rues, son grand sabre caractéristique de deux mètres de long dissimulé dans son dos.

Elle cherchait un lieu adapté au Défi de l’Épée. Bien qu’elle répugnât à former un groupe dédié à écraser un seul individu, c’était une procédure inhérente aux affaires familiales.

Depuis que le chef actuel, Jade Arden, avait pris ses fonctions, la famille Rudia – celle de Mei – était restée loyale envers la dynastie Arden. Grâce à sa protection, le clan Rudia contrôlait les dojos spécialisés dans le style Grand Sabre de l’art martial Arden.

De nombreuses familles enviaient leur fortune, mais leur statut demeurait solide puisqu’elles géraient l’un des secteurs les plus stratégiques de la secte Arden.

Jusqu’alors indestructible… cette stabilité vacillait désormais face à l’ascension fulgurante d’Alicia Arden.

Que deviendrait l’ordre établi si la fille naturelle de Jade Arden, Alicia Arden, devenait soudainement le nouveau chef de clan ?

L’immense réseau de familles appelé « Arden » sombrerait dans le chaos. Le rang des épéistes et des lignées soutenant Lunia volerait en éclats, plongeant la secte dans la pagaille.

Autrement dit, il ne s’agissait plus seulement des qualités martiales d’Alicia, mais d’une multitude d’enjeux économiques et politiques.

« Tu aurais dû rester discrète, Mademoiselle. »

Mei ne nourrissait aucune pensée particulière pour Alicia. Elle la jugeait comme une fillette capricieuse préférant grignoter des pâtisseries à l’extérieur plutôt que de méditer sur la Voie de l’Épée.

Si elle avait persisté à se terrer dans un coin tout en reconnaissant humblement ce constat, on l’aurait quelque peu respectée pour son statut de jeune mademoiselle.

Mais désormais qu’elle s’était immiscée dans une affaire compromettant les profits de leur maison, les Cinq Épées étaient déterminées. Aucunes ne souhaitaient voir Alicia Arden accéder à la chefferie familiale.

Il fallait réduire Alicia Arden à néant.

Lunia n’avait même pas besoin d’intervenir. Les Cinq Épées suffiraient à broyer définitivement Alicia Arden.

Quelques représailles fatigantes de l’Académie Merkarva étaient possibles, mais l’Alliance Arden demeurait solide. Ils n’oseraient probablement pas provoquer la famille Arden pour une unique étudiante.

En réalité, les Arden, bien que présentés comme une secte martiale, ressemblaient davantage à un cartel criminel disposant d’un pouvoir disproportionné pour une simple organisation.

« … Sorts. »

Lança Mei en fixant l’ombre où elle sentait respirer quelqu’un. Tout en préparant à dégainer le sabre caché dans son dos au moment venu.

– Clac clac.

Une silhouette humaine émergea des ténèbres. Visiblement, l’individu n’avait aucune volonté de camoufler sa présence.

« Tu es… »

Mei identifia instantanément son interlocutrice.

La jeune fille portait une tenue de religieuse ornée de chaînes. C’était l’étudiante hors norme issue de la Nouvelle Foi, celle qui avait cumulé les points parfaits à l’examen pratique malgré avoir omis de s’y présenter.

« Étudiante Hua Ran, hein. Il se fait tard… Pourquoi quittes-tu le campus ? »

« … »

Sans un mot, Hua Ran fouilla dans la poche de sa robe de nonne et en tira brusquement un poignard.

– Swish !

Après avoir dégainé en vitesse son grand sabre, Mei le braqua sur son adversaire. Mais Hua Ran sortit un petit papier de sa poche et bondit vers elle sans prêter la moindre attention à la lame.

« Arrête ! Je te tranche si tu viens plus près ! »

Hua Ran continua d’avancer, ignorant fermement ces avertissements. En réponse, Mei abattit son grand sabre et frappa son crâne avec le plat de la lame.

– Boum !

L’attaque n’était pas tranchante, mais l’impact était indéniablement puissant ; la majorité des chevaliers moyens auraient perdu conscience immédiatement.

« Hein ? »

Pourtant, Hua Ran ne bougea pas d’un millimètre. Encaçant une frappe aussi lourde de plein fouet, elle afficha moins de réaction qu’une personne piquée par un moustique.

« … Avance. »

Hua Ran recroquilla ses doigts avec une impassibilité totale et tapota latéralement le flanc de l’arme lourde avec un bruit sec.

– Cric-crac !

L’impact, d’une puissance inimaginable, fit basculer le grand sabre jusqu’à s’enfoncer dans la terre. Voyant son arme bloquée au sol, Mei resta médusée.

« Je… me fais repousser ? »

Comment peut-on repousser la Lourde Épée du clan Rudia, et ce par une simple étudiante ?

Hua Ran ne lui laissa pas le temps d’intégrer la situation.

« Tiens. »

« Qu’est-ce que… c’est ? »

« Une lettre de défi. »

« Comment ? »

« Apparemment, je suis l’Instructrice du style Couteau à Fruits du Dōjō Alicia. Ou un truc dans le genre. »

À ces mots, Mei fixa le poignard tenu par Hua Ran et finit par l’examiner convenablement.

Il s’agissait d’un couteau à fruits – une lame émoussée servant habituellement à découper les pommes.

Utilisait-elle un objet pareil comme arme tranchante pour relever un défi ?

« Connasse. Tu te fous littéralement de nous !! »

Releva l’arme plantée dans le sol, Mei lança une passe dévastatrice vers elle. Face à la lame décrivant une trajectoire distante d’un seul centimètre de son cou, Hua Ran répondit avec ennui.

« Il a promis de m’offrir des sushis si je te vainc. »

Tandis que…

– Clang !

« Kkh… ! »

Sirin la Double Lame contempla ses armes projetées au loin avant de fixer l’assaillante d’un regard noir.

Un épéiste avait brusquement lancé un défi au nom d’un dojo, mais selon les informations de Sirin, l’interlocutrice appartenait à aucune institution martiale.

De base, il s’agissait d’une mage.

« Que pensais-tu faire, Marie Dunareff ! »

« Euh… Relever le défi du Peloton d’Épées ? Demander des conseils en tant que junior ? Quelque chose dans ce goût-là, apparemment. »

« Jamais ! Tu es mage, pas épéiste ! »

En réponse aux doléances acerbes de Sirin, la jeune mage décrocha enfin précipitamment l’imitation de sabre à sa taille. Adoptant une stance manifestement novice, elle s’exprima ainsi :

« Je suis l’Instructrice du style Gandalf au Dōjō Alicia… ainsi qu’une aînée. »

« Tu, tu es complètement tarée ?! »

« … »

Marie ne répondit pas. La jeune fille baissa le bord de son chapeau comme embarrassée tout en brandissant son bâton vers elle. En vérité, bien qu’elle prétendait incarner l’enseignante d’un art martial épéiste, elle ignorait totalement l’existence du style Gandalf.

❰Lance de Sang❱

« Instructrice Korin Lork, spécialiste du style Hallebarde du Dōjō Alicia ! Je sollicite humblement les conseils de l’estimée Instructrice Lena, maîtresse de l’Épée Ondulante ! »

« Tu tiens même pas une hallebarde ! »

« Ah, en fait, mon arme principale est actuellement en panne et en cours de réparation. Enfin, techniquement, tu attaches juste une lame au bout d’une lance et ça devient une hallebarde et une faux, d’accord ? »

« Qu’est-ce que tu racontes ! Et quelle motivation te pousse à agir ainsi ? »

Korin esquissa un sourire narquois, la Lance d’Argent posée sur ses épaules, et riposta à son exclamation.

« Figure-toi que nos nouveaux dojos doivent impérativement gagner en visibilité pour développer leurs activités, n’est-ce pas ? Nous explorons actuellement un modèle commercial ultra agressif basé sur le défi inter-styles. »

Nouveau Dōjō Alicia.

Instructrice Hua Ran, spécialiste du style Couteau à Fruits,

Instructeur Korin Lork, maître du style Hallebarde,

Instructrice Marie Dunareff, experte du style Gandalf,

Instructrice Dorron Warsky, chargée du style Épée Volante à durée limitée,

Et Directrice Suprême du tout récent Dōjō Alicia, Alicia Arden.

Peloton d’Épées n°1 du style Arden ; les Cinq Épées ;

Mis en déroute.

« Informations exclusives ! Naissance d’un nouveau dojo au style Arden ! Le Peloton n°1 de l’Alliance Arden mis en déroute!! » « Les vidéos transmises par une source anonyme semblent d’une fiabilité exemplaire et… etc… »

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