Beyon Solberg le Vengeur.
C'était un personnage nommé apparaissant dans les dernières parties du jeu, <Légendes Héroïques d'Arhan> — un vengeur assoiffé de sang massacrant les personnages nommés du Royaume du Nord qui traversaient les brèches des murailles du nord après la guerre contre le Géant des Glaces.
Dévorant tous les élixirs qu'il pouvait, y compris les herbes luminescentes uniques au Royaume du Nord, il était un chevalier semi-Grade Unique qui poursuivait sans fin son but de vengeance.
Il y a eu un moment où j'ai dû l'affronter au sujet de l'exécution d'un prisonnier.
[Nous devons tous les tuer ! On ne peut laisser aucun de ces sauvages pervers en vie ! Korin Lork ! Comment peux-tu te tenir du côté de ces créatures barbares en tant que héros du royaume !]
Autant dans le jeu que lors de la boucle précédente, la seule impression que j'avais de lui était celle d'un berserker dont le seul but dans la vie était la vengeance.
« Alors c'était pour ça qu'il haïssait tant les Valkyries, hein… »
Compte tenu de ce que les Valkyries étaient l'une des causes principales de l'effondrement instantané des murailles du nord, je pouvais comprendre sa position dans une certaine mesure mais…
« Mais ce n'est pas que leur faute. »
Je ne connaissais que des bribes de ce qui s'était passé dans le passé pour provoquer l'effondrement des murailles en un instant, mais d'après ce que je voyais, cet homme n'était pas sans tort non plus. Une autre raison de sa frénésie constante pourrait aussi être qu'il ne pouvait pas se pardonner à lui-même.
Quoi qu'il en soit,
« J'ouvre par la présente un procès contre le Chef de Garde de Bifrost, Beyon Solberg. »
Ce niveau de négligence n'était pas quelque chose qu'on pouvait ignorer.
…..
…
Le procès discret se tint dans un petit bâtiment.
C'était purement par considération qu'on n'organisait pas un procès public devant le peuple.
« Urgh… »
Après avoir dégrisé un bon coup, le Chef de Garde Beyon était visiblement nerveux, ne cessant de jeter des coups d'œil dans ma direction.
« Chef de Garde Beyon. Reconnaissez-vous votre acte de négligence ? »
« C, c'est… »
« Je prononce la sanction pour votre acte de négligence. En attendant les décisions ultérieures du centre de commandement à la capitale, le Chef de Garde Beyon est relevé de ses fonctions et servira l'armée comme simple soldat— »
« C'est du n'importe quoi ! »
« Du n'importe quoi ? »
Ce vieux était-il encore saoul ?
« Q, qui êtes-vous même ? Si vous êtes là pour enquêter sur le climat, faites votre travail et rentrez ! Vous dépassez clairement les limites de vos fonctions ! »
« Un Juge de Paix de Grade 1 a le droit d'intervenir dans les affaires militaires en zone rurale en tant que juge. »
« C, comment quelqu'un de votre âge peut être Grade 1… »
Sans perdre plus de temps, je lui montrai l'insigne doré de Juge de Paix de Grade 1.
« J'espère que vous comprenez la gravité de cet incident, Chef de Garde Beyon. Le « jeune morveux » devant vous est un Juge de Paix de Grade 1, un baron avec territoire, un chevalier Grade Unique reconnu par l'Alliance des Gardiens, et le président de la branche de l'Alliance Centrale des Gardiens. »
« C, c'est impossible… »
Il semblait qu'il passait tellement de temps à boire en province qu'il ne savait rien de ce qui se passait à la capitale.
« Sur les registres, il est censé y avoir 3 000 soldats stationnés ici, mais quand j'ai regardé autour, il n'y en avait à peine plus de 500. L'armement reçoit aussi la maintenance minimale, les murailles étant sur le point de s'effondrer. »
À ce stade, c'était surprenant que les murailles n'aient pas encore été percées.
« Chef de Garde Beyon. Dans cette ville seule, il y a 10 000 citoyens du royaume et plus loin des centaines de milliers des nôtres. J'espère que vous comprenez à quel point votre acte de négligence aurait pu être grave et préjudiciable. »
C'était à peu près un fait établi qu'il serait révoqué de son poste. De plus, il était fort probable que le centre de commandement l'envoie en prison selon le règlement militaire.
Cependant, je voulais donner une chance à cet homme.
« Chef de Garde Beyon. C'est votre seule chance de vous défendre maintenant. »
« …Il n'y avait rien. »
Poings tremblants serrés, il répliqua.
« Nous n'avions pas de budget ! Réparer les murailles, ce n'est pas quelque chose qu'on peut faire gratuitement ! C'est déjà difficile de trouver un charpentier dans cette ville ; comment aurions-nous pu réparer les murailles, trouver de l'armement et des troupes !? »
« … »
Sur ce point, j'étais d'accord. En tant que petite ville collée aux murailles frontalières d'un pays ennemi, elle était incapable d'autosuffisance économique, et la majeure partie de son budget venait de la capitale.
Le problème, c'est que la plupart de ce budget était dépensé pour l'achat de nourriture, ne laissant qu'une somme dérisoire allouée aux gardes.
« Je peux voir qu'il y a eu des circonstances atténuantes comme l'affirme le Chef de Garde Beyon, mais l'acte de négligence commis n'en reste pas moins drastiquement apparent et impossible à ignorer. »
« Kuuhk… »
Même alors ! On ne peut pas boire en plein jour de travail, quand même !?
« La même sentence sera prononcée contre le Chef de Garde Beyon. En attendant les décisions ultérieures du centre de commandement central, le Chef de Garde Beyon sera privé de tous ses privilèges, rétrogradé au rang de simple soldat et accomplira les mêmes devoirs qu'eux jusqu'à nouvel ordre. »
« Kuuk… »
Il baissa la tête, honteux, mais j'étais très clément ici.
Je descendis après la sentence finale et fus accueilli par le sourire de Maître.
« C'était une sanction surprenamment magnanime. »
« C'est un homme capable. Je me suis juste dit qu'il serait bien de lui donner une autre chance. »
« La chaîne de commandement est aussi clairement établie grâce à ça. C'est comme si vous aviez fait d'une pierre deux coups. »
« C'est important où que vous alliez, après tout. »
C'était dingue à quel point on avait dû souffrir lors de la boucle précédente à cause de ça. Partout où on allait en tant que ceux qui connaissaient l'avenir, on savait qu'il fallait se préparer à l'inévitable, mais les gens de là-bas nous haïssaient toujours pour être des « étrangers qui essayaient d'intervenir dans tout ce qui était possible ».
« Sir Beyon. »
Je m'approchai du Chef de Garde Beyon, qui paraissait grandement abattu, et l'appelai par son nom avec le titre de « sir ». Normalement, selon le résultat du procès, il n'était plus qu'un simple soldat et il était correct de l'appeler par son nom, mais je lui gardais la face en le désignant encore comme un chevalier.
« …Votre volonté, Sir Korin. »
Il parut un peu surpris, mais baissa bientôt la tête.
« Nous avons l'intention d'en faire notre camp de base avant d'enquêter sur ce qui se trouve au-delà. Cependant, nous devons d'abord effectuer une réparation complète et une maintenance renouvelée de cette ville, et nous avons besoin de l'aide des habitants. »
« … »
Beyon avait l'air affligé, sachant que ma proposition était réalistement impossible à réaliser.
« Il ne nous reste presque plus de budget de l'année dernière. L'hiver sans fin a stoppé notre économie et… à moins d'envoyer les citoyens couper la forêt voisine, nous n'aurons même pas assez d'argent pour la nourriture… »
« Inutile de vous en soucier. Marie-sunbae ? »
« Un. »
Marie, qui observait depuis le début, s'approcha. Nous en avions déjà discuté auparavant, avant même de partir.
« Nous ferons transporter la nourriture par les Hresvelgrs et les wyvernes. Dites-moi s'il y a d'autres matériaux dont vous avez besoin. »
« Pardon ? »
« Ah ! C'est gratuit, alors ne vous inquiétez pas. Mais il nous faudrait emprunter des entrepôts temporaires pour stocker les pommes de terre. »
« Ça vous va ? » demandai-je.
« Heu… » marmonna Beyon, ne sachant quoi dire.
« Ça règle le problème de la nourriture. La prochaine priorité serait la réparation des murailles. Réunissez tous les hommes valides de la ville, et dites-leur qu'ils seront payés en nourriture et en pièces d'or. »
« D, d'accord… ! »
C'était une méthode qui avait fait ses preuves lors de la boucle précédente. Nom de l'opération : Jeter l'argent par les fenêtres jusqu'à ce que tout le monde se mette au travail.
C'était plus facile avec Marie-sunbae autour.
****
La ville frontalière du nord, Bifrost, n'était pas dans un état idéal. Beaucoup d'installations étaient sur le point de s'effondrer, et la dernière fois que les murailles du nord avaient été réparées remontait à 14 ans.
Certaines briques étaient écrasées et il y avait tant de trous dans le mur qu'on ne savait même pas par où commencer.
« Merci pour l'aide, Marie-sunbae. »
« Ça ne prendra pas longtemps, ne t'inquiète pas~. »
Marie utilisa son mana amplifié pour tirer des bombes d'eau sur le mur. Ce n'était pas pour le détruire ; c'était pour le tremper.
Les bombes d'eau explosèrent avant le contact et arrosèrent les murailles, ce qui gela presque instantanément en glace.
« Puisqu'il fait si froid, ça devrait tenir comme ça jusqu'à la fin de l'hiver. »
« Ça devrait aller pour l'instant. »
La glace solide était plus résistante que certaines briques. Notre plan était de répéter ce processus plusieurs fois en couches, le plus largement possible, pour que les murailles tiennent tout l'hiver.
« Apparemment le chauffage ne marche pas bien en ville. Tu peux emmener quelques mages du Culte Rouge pour voir ? »
« Bien sûr ! Chunsik ! »
« Oui, oui ! Maître ! Permettez à cet humble serviteur de s'en occuper, Maître ! »
Heureusement, nous avions des centaines de mages sous la main. Il y avait cependant un problème de main-d'œuvre.
« Korin. On peut utiliser les citoyens de la ville, mais il fait trop froid pour qu'ils bougent correctement. Ils n'ont pas de bois de chauffage non plus à cause de l'hiver plus long. »
Nous avions pu renforcer les murailles à nouveau et organiser nourriture et matériaux. Le prochain problème à régler était le froid.
« Combien de temps ça prendrait si on faisait venir des manteaux épais de la capitale ? »
« Même sur les Hresvelgrs, ça prendrait une semaine au minimum. »
« C'est trop long. Il nous faudrait des mesures temporaires d'ici là. »
« Ouais. »
Il restait encore du temps avant que les « Valkyries » et les barbares n'attaquent les murailles du nord, suivis par la horde de monstres.
« Laisse-moi m'en occuper. »
Je me rendis au point le plus haut de la ville. De là, je pouvais voir les citoyens couper les arbres voisins et les transporter pour réparer les murailles.
Ils étaient motivés par la nourriture et les pièces d'or, mais il y avait encore des limites à ce qu'un humain pouvait faire. L'hiver devenait encore plus froid avec le temps, et ils grelottaient comme des fous, au point que je craignais qu'ils ne meurent de gelures.
Ce n'est que lorsqu'on est soutenu par le luxe et l'abondance que la neige est un spectacle à apprécier. Dans un pays aussi pauvre que celui-ci, le froid et la neige étaient comme une malédiction horrible.
« Je vais prêter main-forte. »
Je rassemblai l'énergie divine de Claiomh Solais dans les airs au-dessus de la ville.
– Hein ? C'est quoi ça ?
– De la pluie ?
L'aura du Soleil fit fondre la neige immédiatement et la transforma en pluie. La pluie tomba, mouilla le sol… avant de regeler en glace. Bien qu'il y ait moins de neige, cela allait inévitablement créer une route de glace dès que je retirais l'aura du Soleil.
« C'est pas mal mais… »
Je concentrai plus de mana pour le faire flotter dans le ciel. Bientôt, Claiomh Solais révéla son ambiance rouge et se manifesta comme un petit soleil.
– C, c'est le Soleil… ?
– Mon Dieu…
Les citoyens étaient stupéfaits par la simple vue. La boule de feu manifestée dégageait une chaleur si intense qu'ils la sentaient sur leur peau… et les gouttes de pluie s'évaporaient avant de toucher le sol.
« S, Sir Korin… ! Qu'est-ce qui se passe !? »
Sir Beyon, qui me cherchait pour poser une question, était si choqué que ses yeux allaient sortir de leurs orbites.
« Je le maintiens là-haut pour l'instant. En attendant, trouvez des moyens de garder tout le monde au chaud. »
« H, haah… »
Il continua de fixer le Soleil d'un regard vide et avala sa salive sans même répondre à ce que je disais. Il en semblait aller de même pour les citoyens de la ville.
****
Le groupe de recherche que Korin avait amené était occupé à aider à la réparation de la ville depuis leur arrivée. Ils pensaient passer les portes tout de suite et étaient donc perplexes face à l'ordre soudain de réparer les murailles, mais restèrent néanmoins obéissants.
C'était naturel.
Cela faisait déjà 3 jours qu'ils étaient là, et voir le Soleil dans le ciel qui flottait là depuis les remplissait d'admiration pour celui qui se cachait derrière ce phénomène défiant les cieux.
« Vite ! Dépêchez-vous ! Nous allons traiter rapidement les arbres que nous avons coupés pour réparer les murailles ! »
Les gardes et les soldats stationnés en ville, qui souffraient constamment du budget insuffisant, prospéraient maintenant qu'ils avaient à la fois main-d'œuvre et nourriture.
C'était la première réparation depuis plus d'une décennie, et ils étaient pleinement conscients que c'était peut-être leur seule chance.
– Kung !
C'est alors qu'un humain tomba du ciel avec un arbre gigantesque sur l'épaule.
« Huahk… ! »
Tout le monde se retourna en même temps, mais se remit vite à l'ouvrage, comme s'ils y étaient habitués.
« S, Sœur Hua Ran ! S, s'il vous plaît. Je vous en prie, ne sautez pas comme ça ! »
« …C'est plus vite. »
Pour être juste, elle n'avait pas tort.
Les arbres de la forêt voisine étaient de haute qualité et parfaits pour réparer pièges et murailles, mais le plus gros problème était leur poids.
Les transporter de la forêt à la ville n'était pas une mince affaire, et pourtant cette petite sœur était capable de couper d'énormes arbres à la main, de les porter sur son épaule et de sauter des dizaines de mètres d'un coup.
Elle était bien plus efficace que des centaines d'hommes y travaillant, mais les gardes ne pouvaient s'empêcher d'être effrayés chaque fois qu'elle atterrissait près d'eux avec une énorme bûche sur l'épaule.
« Au fait, Sœur Hua Ran, il y a eu une demande d'assistance du groupe d'installation des pièges. Apparemment le sol est gelé si dur qu'ils ne peuvent pas creuser profondément. Serait-il possible de leur prêter main-forte ? »
Normalement, il serait impensable de demander à un chevalier Grade Unique de faire quelque chose d'aussi trivial, mais Hua Ran n'était pas du genre autoritaire à s'en soucier, alors elle acquiesça.
[Ils travaillent tous si dur. On échange ?]
« …Ça va. »
Hua refusa l'offre de Ran, car ce niveau de travail manuel n'était rien de plus qu'une promenade pour quelqu'un comme elle, qui possédait le Corps Vajra Inébranlable.
[Faisons un bento dans un moment et allons voir où oppa est. Il travaille le plus dur, après tout.]
« …Il aimera, genre le malatang ? »
[Il aimera tout ce que tu feras, Hua.]
Hua ne put cacher la rougeur sur ses joues.
[Mettrons un peu de viande d'oiseau dedans.]
« Il n'y a… que des lapins ici. »
[Non. Regarde le ciel. Il y a un oiseau qui vole là-haut.]
Hua se tourna vers le ciel comme le suggérait sa sœur. Grâce à l'augmentation subite de température due au Soleil, il semblait que les oiseaux des environs se rassemblaient aussi à proximité pour se réfugier.
« J'en attrape un. »
Tout comme quand elle portait la bûche, Hua s'élança du sol. Écrasant le sol sous elle, Hua sauta droit dans le ciel. Le sol sous elle zoomait en arrière jusqu'à ressembler à une toile blanche, mais ses yeux restaient fixés sur ce gros oiseau.
– Coin !?
Avant même qu'il ne puisse réagir, l'oiseau fut attrapé au cou par la fille en habits de nonne, qui apparut soudainement de nulle part. Il battit des ailes mais ne put éviter le destin de tomber vers le sol avec Hua.
« Attrapé. »
Juste au moment où elle allait briser le cou de l'oiseau qui se débattait, Hua et Ran élargirent les yeux de choc.
Deux pattes fines comme des baguettes ; un long bec ; des ailes couvertes de plumes blanches sauf aux extrémités qui étaient noires.
C'était le seul type d'oiseau que Hua et Ran connaissaient, à part les poulets et les aigles.
« …Une cigogne ? »
[…Une cigogne ?]
C'était leur porte-bébé tant attendu.