Quand je suis arrivé dans ce monde, j'étais désespéré.
Un corps à peine au niveau d'un chevalier et un esprit faible – sans aucune compensation, j'ai appris à me battre pour me protéger.
La raison pour laquelle j'ai choisi la lance, c'est qu'elle était la plus facile à apprendre.
Je n'avais rien en quoi croire, sauf Park Sihu, le joueur, et ce que je savais de l'avenir…
Mais quand j'ai dû affronter tous les monstres et génies du scénario principal, j'ai eu peur.
Et alors si le protagoniste était à côté de moi ?
Et alors si je connaissais l'avenir ?
Tout cela n'avait aucun sens. Pour survivre dans l'histoire principale où sorts et épées volaient vers mon visage à chaque instant, ce que je possédais n'était pas même proche de suffisant.
Mes trois ans ont été un putain d'enfer.
Même si mon maître essayait de m'enseigner avec des paroles sages comme « Regarde la forêt, pas les arbres », les suivre n'était pas facile quand ma vie était constamment en jeu.
Les astuces que j'ai apprises pour survivre sont devenues une habitude, et cette habitude s'est ancrée avec le temps.
Les conseils philosophiques constants de mon maître sonnaient comme de pures paroles en l'air, mais j'en ai maintenant une idée approximative.
『 La force et la nature d'une capacité ne sont pas ce dont nous avons besoin pour atteindre le cœur du dao. Vos talents ne sont pas si simples. Ils sont grandement différents et— 』
Je n'avais pas un corps fort, ni une quantité énorme de mana ou d'aura.
Je n'avais aucune spécialité sans précédent.
Incompétent et faible.
Un homme sans don incapable de chercher une simple augmentation de puissance par les chiffres.
« Huu… »
La lance dans mes deux mains était chaude. Après avoir été brandie quelques fois, elle s'était chauffée par frottement et suintait des perles de sueur.
J'avais vu d'innombrables génies, et j'étais maintenant l'ennemi de puissances extraordinaires.
Pour surmonter ça sans les traits surpuissants d'un joueur, la seule option qui me restait était de devenir plus fort en tant que seul à connaître l'avenir.
– Vuuuung !
Le corps élémentaire n'était pas quelque chose que je pouvais suivre pour l'instant. Mon estoc le plus rapide était plus lent que ses mouvements, et donc ce qui était nécessaire, c'était une analyse plutôt que ma force.
Analyser.
M'analyser moi-même et analyser l'ennemi.
Ne pas trop compter sur le corps.
Mémoriser la distance et calculer la trajectoire.
Envisager toutes les méthodes possibles pour l'atteindre.
Plus que la vitesse, la raison pour laquelle les corps élémentaires étaient difficiles à toucher, c'était leur capacité à identifier les vibrations dans l'air et leurs talents de vol qui leur permettaient d'esquiver les attaques de la manière optimale.
Attaquer à droite et il esquive à gauche. Bien que cela paraisse évident, un corps élémentaire pouvait le faire 100 % du temps et était donc impossible à toucher à moins d'être largement plus rapide que lui.
C'est pourquoi être capable de détruire un corps élémentaire signifiait qu'on avait la force de le surpasser. Cependant, était-ce vraiment la seule méthode pour vaincre un corps élémentaire ?
Une lance était une arme simple.
Estoc, balayage, riposte, vrillage, lancer.
Serpent Funeste
Rafale du Tigre
Piège et Estoc
Ciel Tournoyant
Montagne S'effondrant
C'étaient les cinq voies de base de la lance. Parmi les dizaines d'attaques dérivées, je cherchais la plus appropriée.
Celle qui me permettrait d'ignorer le manque de mes stats ;
Secrets du Serpent Funeste – Marche Distordue
****
Laissant derrière elle le garçon qui était resté obstiné jusqu'au bout, Marie se dirigeait vers la cantine de l'académie avec ses collègues.
« Vous l'avez vu ? Le type qui agitait les bras en essayant de suivre le corps élémentaire ? »
« Ahh~. Tu parles de la recrue, c'est ça ? »
« Combien de temps ça t'a pris ? Moi, moins d'une heure. »
« Moi ? Je l'ai fait en 2 heures ! »
« Mensonge. Ça t'a pas pris plus de 6 heures ou un truc comme ça ? »
« Si ! »
La recrue à la salle d'entraînement était remarquable, en bien comme en mal, pour les aînés. Il est devenu un sujet de médisance pour eux sur le chemin de la cantine.
« Je suis quasi sûr que Marie l'a fait en un instant l'an dernier, non ?
« Hein ? Euh, oui. »
« Mec, tu peux même pas comparer ça à Marie. Elle a eu le sien en moins d'une minute. »
« J'ai déjà vu Marie en abattre 10 d'un coup dans la salle d'entraînement. »
« Un génie, c'est vraiment une autre ligue, je suppose. »
Marie Dunareff.
C'était la mage la plus forte parmi les élèves de 2e année, et l'une des rares étudiantes de Grade 1 de l'Académie. Son statut était incomparable à celui des autres étudiants.
« Mais ce garçon, Korin, il essayait vraiment fort ! »
« C'est vrai. »
Marie afficha un sourire éclatant en entendant la reconnaissance des efforts de son camarade. Elle était sur le point d'expliquer l'incroyable ténacité de Korin mais…
« C'est juste du bluff, cela dit. »
« Ouais. Il essaie juste de faire cool. »
« Probablement parce que tout le monde l'acclamait pour être chevalier depuis sa jeunesse. »
« … »
« Y'a aucune chance qu'un Grade 5 puisse ne serait-ce que toucher ça. Il posera probablement pas un coup avant sa graduation. »
« Il est Grade 5. Au mieux, il sera Grade 4 à sa graduation. »
Ils disaient tous la même chose : qu'il s'entêtait simplement à tenter l'impossible.
« Mais… c'est pas incroyable ? Il pourrait vraiment y arriver avec tout son travail acharné. »
« Marie. Tu dis ça parce que t'es un génie. C'est normal que les gens moyens puissent pas le faire. Les gens doivent savoir rester modestes et abandonner. »
« Et si tu te brises le corps à force de t'acharner comme ça ? Mieux vaut même pas essayer de faire l'impossible. »
Ils avaient l'air froids, mais Marie comprenait d'où ils venaient. Incapable de trouver des mots pour réfuter leurs arguments, elle fit la moue et pinça les lèvres.
« S'il a commencé au Grade 5, y'a quasi zéro espoir pour lui. Au lieu de se faire de faux espoirs, il devrait plutôt chercher un boulot pour après la graduation. »
C'était vraiment le cas ? Elle y réfléchit profondément en marchant derrière ses amis.
Marie était ce qu'on appelle un génie. Sa sensibilité innée au mana avait été amplifiée après son entrée à l'Académie Merkarva – elle avait passé un Test de Promotion de Grade en un seul semestre.
Dans son monde brillant et ensoleillé, il n'y avait jamais eu de désespoir ni de frustration.
Le travail acharné ? La fille en était déjà une. En tant que fille d'une famille agricole, et en tant qu'aînée de 3 fils et 4 filles, Marie n'était définitivement pas une fille paresseuse.
Elle était douée et travaillait dur. Sans se contenter du Grade 1, elle était poussée par son désir d'amélioration et ses diverses expériences à chercher la perfection.
C'est pourquoi la fille, louée comme un génie, pensait à elle-même.
« Si j'avais échoué autant que ce garçon… »
Est-ce que j'aurais pu rester assidue sans sombrer dans le désespoir ?
Même si je devais suer comme une tempête et être incapable de gérer un simple corps élémentaire, est-ce que j'arriverais encore à me relever sur mes jambes tremblantes ?
C'était un futur difficile à imaginer pour la fille qui avait toujours été distante du mot « désespoir ».
****
« Bonne nuit, Marie ! »
« Marie. On a une orientation demain, non ? À demain alors ! »
« Le jus de citron vert que tu m'as donné l'autre fois était incroyable ! »
Après le repas, Marie profita pleinement de l'atmosphère détendue du début de semestre et agita énergiquement la main pour dire au revoir. Elle devait se séparer de ses amis car son dortoir était dans les rues centrales.
Elle marchait dans les rues centrales qui regorgeaient de restaurants, boutiques et installations de divertissement quand elle pensa soudain au garçon de la salle d'entraînement.
« Je me demande s'il le fait encore. »
Le ciel était déjà en train de s'assombrir et il était presque l'heure pour les carrosses magiques d'arrêter leurs tournées en ville. Bientôt, ce serait le couvre-feu, donc il devait déjà être rentré.
Marie était inconsciemment persuadée qu'il n'y avait aucune chance que Korin ait réussi et qu'il avait déjà rangé ses affaires, parce que toucher un corps élémentaire était une tâche trop ardue pour une recrue de Grade 5.
« Il avait pas l'air du genre à abandonner, cela dit… »
C'était sur le chemin du dortoir alors… elle décida de passer voir.
« Mademoiselle Marie ? »
« Ah, euh… J'ai perdu un truc. »
« Vraiment ? Les objets trouvés c'est par là… »
« Non non non ! C'était dans un coin donc vous l'avez probablement pas vu ! »
Tout en faisant semblant de se diriger vers la salle d'entraînement qu'elle utilisait, Marie jeta un œil furtif dans la pièce où était Korin.
– Paang !
Le son qui résonnait clairement dans le couloir fit douter Marie de ses oreilles.
« Il le fait encore ? »
Ça faisait déjà quelques heures qu'elle était partie avec ses amis… Comment faisait-il pour continuer ?
Marie marcha vers sa pièce et vit immédiatement le corps élémentaire foncer vers le garçon.
– Chiiiik !
Il lança un estoc acéré visant à percer le corps élémentaire. Voyant à quel point c'était plus rapide qu'avant, Marie en douta de ses yeux.
Vaincre un corps élémentaire était possible pour la plupart des gens tant qu'ils avaient assez de ténacité et de travail acharné. Ce qui était nécessaire, c'était un moment de concentration, et un niveau fondamental d'analyse pour le mouvement et la vitesse du corps élémentaire.
– Chshiiiit !
– Chiiiieek !
Cependant, ça ne s'appliquait qu'aux gens « moyens ». Il y avait en fait pas mal de gens en dessous de la moyenne. Même certains Grade 4 étaient en dessous de la moyenne, sans parler d'un Grade 5… Et Korin Lork qui avait initialement reçu le Grade 6 était bien en dessous de la moyenne.
– Swish !
Le corps élémentaire esquiva facilement le second estoc. Même s'il devait être fatigué, Korin porta le troisième estoc.
– Chieeekk !!!
Faute d'yeux, le corps élémentaire se fiait à l'air, aux vibrations et aux ondulations pour éviter les attaques arrivantes avec une petite marge. À cause de ça, il y avait quelque chose que le corps élémentaire ne pouvait pas dire, mais que Marie, elle, pouvait.
« Hein ? »
Marie en douta de ses yeux. Ces trois estocs – parce qu'elle avait une vision dynamique encore meilleure que la plupart des chevaliers, elle remarqua l'intention derrière eux.
« Secrets du Serpent Funeste – Marche Distordue »
Elle réalisa que les trois estocs sur le corps élémentaire n'essayaient en fait pas de le percer en premier lieu.
« Une prison de lances ? »
Les ondulations formées par ces trois estocs que le corps élémentaire avait esquivés d'une marge infime devinrent une prison qui bloquait les chemins de fuite du corps élémentaire. Les rémanences et l'air ondulant restaient même après la retraite de la lance et empêchaient le corps élémentaire de s'échapper par ces endroits.
C'était littéralement une prison de lances.
Les trois estocs qui ressemblaient à des ratés étaient en fait des attaques méticuleusement planifiées qui essayaient de pousser le corps élémentaire dans un coin.
Une prison dont le corps élémentaire ne pouvait pas s'échapper du fait d'être une existence qui reposait sur les ondulations de l'air au lieu de sa vision.
« Un quatrième estoc ? Non, c'est trop tard ! »
Trois estocs semblaient être sa limite. Il fut lent à retirer la lance, et au moment où il essaya d'estoquer à nouveau, le corps élémentaire se décala légèrement hors de la trajectoire de la lance.
Mais cette fois, ce n'était pas un estoc. La lance courba alors qu'il la balayait horizontalement.
En utilisant la force de rotation de ses épaules et de sa taille, il accéléra la lance et y ajouta un léger jeu de jambes pour créer une attaque exceptionnellement rapide.
Sans le laisser s'échapper, il tenta de lui trancher les ailes mais…
Grâce à sa vue surhumaine, Marie vit le corps élémentaire replier ses ailes juste avant d'entrer en contact avec la pointe de la lance.
« Il a replié ses ailes ! C'est pas juste ! »
La pointe de la lance trancha le vide alors que le corps élémentaire rouvrait ses ailes, apparemment avec mépris.
Il semblait lui adresser condescendamment le message : « Beau essai, mais pas tout à fait… »
Contrairement au corps élémentaire moqueur, Marie était en admiration devant l'amélioration de son cadet alors qu'elle serrait les poings. Elle voulait l'encourager. Sa perception était que les gens assidus méritaient joie et applaudissements.
Comme quand elle avait inconsciemment encouragé la tortue dans une course contre un lièvre qu'elle avait vu étant petite… Marie encouragea Korin.
« Tu peux le faire ! »
Le corps élémentaire battit des ailes des milliers de fois en une fraction de seconde et tenta de s'enfuir, ce qui signifiait qu'il allait bientôt sortir de la portée de Korin.
« Ah… »
Un soupir quitta sa bouche. Elle ne voyait pas d'avenir où il pourrait toucher le corps élémentaire après qu'il ait repris son vol.
C'était trop tard. La lance qui était balayée pour la énième fois était encore trop lente.
Korin utilisait visiblement tout son arsenal. Il avait utilisé chaque once de puissance restante dans son corps pour emprisonner le corps élémentaire.
Il avait dû être sûr que son balayage horizontal scellerait l'affaire. Ses sentiments nés de cette confiance se retournant contre lui à cause d'un échec n'étaient pas quelque chose qu'elle, en tant que génie infaillible, pouvait imaginer.
Était-elle censée le consoler ? Peut-être qu'elle aurait dû apporter des patates ?
Allons lui dire que c'était bien ; qu'il était génial. Louons son travail acharné, et encourageons-le que ça marchera la prochaine fois.
C'était exactement à ce moment-là.
– ??!
En un instant, la lance rebondit vers le haut à une vitesse incroyable.
Le bond explosif de la lance était comme une sauterelle qui saute – c'était un tour causé par son pied frappant le manche de la lance.
Ça voyagea légèrement plus vite que le corps élémentaire qui était juste sur le point de prendre de la vitesse.
– Slam !
Le corps se brisa alors que ses fragments pleuvaient, et Marie vit alors un esprit du vent hébété fixer vacamment son corps brisé.
« … »
Elle resta sans voix et après un moment, un large sourire apparut sur ses lèvres.
« C'est génial. Il l'a vraiment fait. »
Comme ce qu'elle avait fait le jour où elle avait vu la tortue battre le lièvre, Marie regarda la tortue assidue avec un sourire radieux.
L'un des sens communs dans son esprit s'était fissuré.
Des mots comme fort et remarquable… étaient trop banals pour lui convenir. Une impression honnête qui pouvait s'exprimer en un mot quitta sa bouche.
« Incroyable. »
Le garçon n'aurait pas besoin de consolation ni de considération. Sans un mot, Marie fit demi-tour et se dirigea vers son dortoir.
****
« Marche Distordue, Rafale du Tigre, Ciel Tournoyant. »
Je ramassai les fragments brisés du corps élémentaire. Selon le contrat, l'esprit à l'intérieur de cet œuf était déjà retourné au Royaume des Esprits vide.
« Je m'attendais pas à réussir une compétence que je pouvais même pas utiliser dans l'itération précédente… »
Même si ce n'était pas le vrai Vide, j'ai entrevu le « Domaine ».
« Est-ce que je peux l'atteindre cette fois ? Le cœur du dao ? »
La lance que mon maître m'avait accordée dans l'itération précédente – même si je n'avais pas pu la maîtriser complètement à l'époque, c'est peut-être possible cette fois.
« Je pourrais y aller direct mais… ce serait trop suspect. »
En fait, la seule raison pour laquelle j'ai pu la rencontrer, c'était grâce à l'introduction de Park Sihu. Pour l'instant, je n'avais rien sur moi qui pourrait attirer l'attention de mon maître.
En y repensant, je me souvenais qu'elle donnait une évaluation plutôt sévère de Park Sihu.
『 Ce type, il est nul. Il a zéro tripes. Mon regret, c'est d'avoir été trop tard pour te prendre sous mon aile. »
Son jugement sur les gens était précis grâce à toutes les années qu'elle avait vécues mais… c'était quelque chose auquel je n'avais pas fait attention à l'époque.
C'est sûrement pour ça qu'il faut toujours écouter ses aînés.
– Crac… !
Je me dirigeais vers l'accueil pour rendre la lance, mais le manche se disloqua soudain et tomba par terre.
Putain de lance d'entraînement à la durabilité de merde. Je n'avais utilisé qu'un tout petit peu d'aura de peur que mon corps ne le supporte pas et pourtant la lance a fini par casser.
« Je suppose que ce dont j'ai avant tout besoin pour me battre correctement, c'est un bon physique. »
Il n'y avait qu'une seule chose sur laquelle je pouvais compter pour augmenter ma force physique sans compter sur les élixirs de Park.
Précepte. La clause selon laquelle je ne disregardrerai pas le malheur des bons.
En me dirigeant vers le dortoir, je regardai la Grande Bibliothèque de Merkarva qui restait lumineuse à travers l'obscurité de la nuit.
****
Le lendemain matin, les recrues avaient en fait du temps libre.
Le premier jour était conçu pour briser l'esprit des nouveaux étudiants et laisser une forte impression de cet endroit, alors que le deuxième jour servait à guider les étudiants à travers les systèmes de l'académie et les installations à proximité par les professeurs et les étudiants aînés.
« Saluuut ~ Junior ! »
Marie était énergique aujourd'hui aussi et accueillit les recrues, moi y compris, sans montrer le moindre signe d'épuisement.
Pour une raison, j'avais l'impression qu'elle n'était pas là lors de l'orientation des recrues la fois dernière, mais ça pouvait être juste dû à ma mauvaise mémoire. Ça faisait déjà 3 ans, et c'était naturel qu'elle ait beaucoup de temps libre en tant qu'étudiante aînée performante avec plein de crédits libres.
Ce n'était pas étrange que l'une des meilleures élèves de 2e année, Marie, aide les nouveaux venus.
Après une courte orientation le matin, l'après-midi était du temps libre total. Les recrues formèrent des groupes et eurent le temps de faire connaissance.
Certains cherchèrent courageusement des gens avec qui déjeuner, tandis que certains se lièrent d'amitié avec des gens du même Grade par sentiment de parenté.
Jaeger, un Chevalier de Grade 3, se regroupa avec des gens similaires à lui comme prévu tandis que le Mage de Grade 5, Lark… fut laissé de côté comme je le pensais.
« … »
Incapable de socialiser avec les autres, il se dirigeait vers la cantine tout seul. En fait, c'était pareil pour la plupart des autres élèves de Grade 5.
Le mépris et le dédain pour les étudiants sous-performants qui avaient été assignés au Grade 5 lors du premier test de classement étaient déjà répandus parmi les recrues.
« Lark… Lark Buhgman. »
Je connaissais son complexe d'infériorité.
Voyant Park Sihu qui avait commencé comme Grade 5 comme lui grandir à une vitesse exponentielle, il avait été englouti par son complexe d'infériorité et avait même fait des choses qu'il n'aurait pas dû faire.
En le poursuivant, je jetai mon bras sur ses épaules affaissées.
« Salut l'ami. »
« Hein ? »
Lark fut surpris par mon approche soudaine et roula des yeux dans tous les sens.
« Tu as un peu de temps ? »
« Hein ? Huh ? Non… je vais au dortoir… »
« Ta spécialité, c'est « Mémoriser » non ? »
« … ?! »
Il devint méfiant envers moi dans la panique. Il n'y avait rien à gagner pour moi à attiser sa méfiance.
« J'ai entendu le professeur Ronan se parler à lui-même. Ce grimoire – j'ai entendu que tu y avais stocké plein de sorts. »
« … Ah. »
Je sentis sa vigilance baisser un peu, mais il devint vite abattu.
« Mémoriser » était une spécialité qu'on voyait assez couramment dans le Département Magie.
C'était un système auxiliaire qui sauvegardait les diagrammes d'un sort pour passer les procédures compliquées et permettre un enchantement rapide des sorts. Pour faire simple, c'était une antisèche.
C'était une spécialité qu'on pouvait acheter dans le jeu dans une boutique de Grade 3.
Lark avait sauvegardé toutes sortes de sorts dans son grimoire. Je le savais parce que j'avais vu la liste densément écrite des sorts dans son grimoire dans la salle des trophées de Park Sihu.
C'était un travailleur acharné – un intello besogneux.
« On dirait que tu as pas pu l'utiliser correctement lors du test de classement. »
Mais sauvegarder toutes sortes de sorts et les utiliser, c'était un tout autre problème. En tant que mage sous-standard avec un bas Rang de Mana, c'était dur de faire arriver quelque chose d'incroyable peu importe à quel point tu étais compétent en théorie.
« … Qu'est-ce que tu veux ? »
On voyait que Lark le savait aussi, et il grogna férocement en réponse mais il n'était qu'un chiot face à une bête.
Je lui susurrai à l'oreille d'une voix douce pour que personne d'autre n'entende.
« Mec. On mange un bout ensemble ? Et on en profite pour parler de « Grimoire » pendant qu'on y est. »
« … !! »
Le mot « Grimoire » le fit écarquiller les yeux de choc.
« Ce hyung va te faire manger un truc bon. Mais en échange… »
Laisse un esprit te posséder pour moi.
Et aidons un esprit démoniaque de Grade Unique à aller au paradis pendant qu'on y est.