Et pour les autres, ils formaient un couple très amoureux.
Susan, qui les observait avec des yeux jaloux, se tourna vers Christine, qui se tenait à côté d'elle.
« Christine, où est ton fiancé ? »
« Là-bas. »
Un homme se tenait dans la direction que Christine indiquait.
L'homme aux cheveux courts et verts fixait intensément la fiancée du duc.
L'expression de Christine s'assombrit de jalousie.
« Christine, je te le dis en amie. Ne te sentirais-tu pas mieux si tu retirai le masque de cette femme perfide qui trompe Son Altesse le duc ? »
Susa prit doucement la main de Christine comme si elle se souciait vraiment d'elle.
Christine prit la main de Susan avec une expression touchée.
Elle avait offert une quantité considérable de bijoux à ces dames rien que pour faire partie de cette réunion. Pourtant, elles l'ignoraient souvent. Jusqu'à l'apparition de la fiancée du duc.
Maintenant, elle avait l'impression d'être sur un pied d'égalité avec elles.
« Je pense aussi. »
Pendant ce temps, Amanda, qui se tenait derrière elles, ricana en tenant une coupe de champagne.
Elle voyait clairement ce que Susan ourdissait.
Le cercle mondain de l'Ouest était divisé entre les hommes qui suivaient Susan et ceux qui la suivaient, elle.
On aurait dit que Susan allait se faire remettre à sa place cette fois-ci, alors elle allait juste regarder.
Il faut savoir avec qui on cherche des noises.
C'est pour ça que les femmes ne devraient pas tomber amoureuses.
Susan était aveuglée par l'amour et ne savait pas lire l'attitude du duc.
Tout à l'heure, le duc avait laissé sa fiancée se reposer dans un espace à l'écart des gens par considération pour sa détresse.
Surtout, d'après l'attitude du duc à la boutique de robes, elle sentait qu'il couvrirait tout ce que ferait sa fiancée.
Susan essayait d'utiliser Christine pour s'en prendre à une telle personne. Elle allait juste regarder Susan s'effondrer.
« J'espère que Christine sera heureuse. »
« Oui. Je dois trouver mon propre bonheur. Je ferai en sorte que cette femme qui a dragué mon fiancé s'excuse. »
Christine dit ça comme si elle avait été lavée du cerveau.
Susan lui sourit avec encouragement et lui tendit une coupe pleine de vin.
Christine cligna des yeux, surprise, en acceptant la coupe.
« C'est…… »
« Tu pourrais en avoir besoin. »
Susan lui sourit radieusement et serra fortement la main de Christine qui tenait la coupe.
Christine acquiesça légèrement et se dirigea droit vers la fiancée du duc, la coupe de vin à la main.
\ \ \
Après le départ du duc, Marin s'efforça de garder un sourire, ne sachant pas qui pourrait l'observer depuis quelque part.
'J'ai faim. Je veux enlever mes chaussures.'
Elle jeta un coup d'œil à la table de buffet juste à côté d'elle.
Des montagnes de chocolats colorés. Des gâteaux de diverses formes. Des canapés au fromage et aux cerises sur des crackers croustillants. Une salade à la crème fouettée sucrée et aux tomates cerises rôties sur des concombres frais. Des fruits rafraîchissants dans des coupelles de la taille d'un doigt.
Marin avala secrètement sa salive en dérobant des regards vers la nourriture. Tout ce qu'elle avait mangé depuis le matin, c'était de l'eau.
'Est-ce que je devrais juste en manger un ? Est-ce qu'on critiquerait la fiancée du duc pour avoir mangé un truc pareil ?'
La plupart des femmes nobles venues à la fête ne mangeaient rien. Au mieux, elles mouillaient leurs lèvres de vin ou de champagne.
Surtout les jeunes femmes nobles avaient honte d'ouvrir la bouche pour manger quelque chose lors d'une réception. Elles pensaient que ce serait une catastrophe si elles avaient envie d'aller aux toilettes.
Marin essaya d'ignorer la table, mais la nourriture scintilla dans ses yeux verts.
'Pense à la tête du duc. Aucune des autres dames ne mange.'
Gargouillis. Son estomac gargouillait aussi parce qu'elle ne cessait de réfléchir à manger ou pas.
Marin baissa les yeux vers son ventre avec des yeux apitoyés et prit sa décision.
'Bon. Mangeons juste un.'
Marin s'approcha de la table en rampant, cacha ses bras derrière son dos et attrapa un petit chocolat.
De retour à sa place, Marin couvrit sa bouche avec un éventail et fourra vivement le chocolat dans sa bouche.
Le riche chocolat noir aux saveurs pleines fondit instantanément. On avait dit qu'ils avaient fait venir un pâtissier réputé de la capitale pour la fête.
C'était si délicieux que ses yeux s'écarquillèrent.
Le problème, c'est qu'après en avoir mangé un, elle avait encore plus d'appétit.
'Tant pis.'
Juste au moment où elle allait se coller à la table avec l'intention de manger sérieusement, quelqu'un l'appela par derrière.
« Marin, tu es très belle aujourd'hui. »
À la remarque sarcastique de quelqu'un, Marin serra les dents pour éviter de froncer les sourcils le moins possible.
Réentendre la voix qu'elle voulait oublier lui coupa l'appétit.
Elle ne voulait plus jamais entendre cette voix.
Marin inspira profondément sans le montrer et se tourna lentement.
Cheveux courts verts. Yeux fendus longs sur le côté. Yeux bruns pleins de cupidité. Lèvres minces.
Geobium Norman.
Un regard froid, serpent, parcourut son visage.
« Toi…… »
L'expression de Marin se durcit.
Elle était stupéfaite. Comment cette personne pouvait-elle apparaître devant elle aussi effrontément ?
« Cela fait un moment, Marin. Je suis maintenant le vicomte Norman. Mon père m'a transmis le titre. »
Geobium la fixa intensément et se présenta avec fierté.
Marin serra l'éventail dans sa main très fort. Sinon, elle avait l'impression qu'elle allait lui fracasser la figure.
Il semblait que les mots du duc disant qu'elle était une battante étaient vrais.
« Non. »
Marin dit froidement d'une voix basse.
« Ce n'est pas "cela fait un moment", c'est "je devrais m'agenouiller et supplier ton pardon." »
« Ha, quoi ? »
Geobium tordit les lèvres sauvagement.
« Si tu n'as pas l'intention de t'excuser, je n'ai plus rien à te dire. »
Juste au moment où elle allait partir, Geobium lui barra le chemin.
Son corps se raidit un instant quand il fit un pas de plus.
Geobium, remarquant sa réaction, ricana avec une lueur cruelle dans les yeux.
« Tu t'en sors si bien en tant que fiancée de Son Altesse le duc. Pour une mendiote ? »
Marin le fixa avec des yeux sans émotion. Comme il disait, il y a eu un temps où elle était comme ça.
\ \ \
Dès la mort de son père dans un accident de carrosse, des dizaines d'avis de recouvrement de dettes furent envoyés à sa maison.
Après avoir échoué dans un investissement naval, il en avait fait un autre, déraisonnable, pour combler le premier.
Pour payer les dettes de son père, elle vendit tous ses biens. Et déménagea dans une cabane. Elle n'avait pas d'argent, alors elle devait faire tout ce qu'elle pouvait.
Marin se rendit à la maison du vicomte Norman pour demander du travail au vicomte Norman, qui était un ami proche de son père. Elle put voir une annexe plus splendide et plus grande en construction à côté du corps de logis principal.
Ils avaient investi dans le même navire, mais son père fit faillite, et la maison du vicomte Norman s'enrichit.
Le vicomte Norman lui proposa un poste de préceptrice pour sa plus jeune fille, Catherine, qui avait sept ans, disant qu'il veillerait sur sa situation difficile.
Marin accepta avec un cœur très reconnaissant.
Elle allait à la maison du vicomte cinq jours par semaine.
Comme elle traversait le jardin pour rentrer chez elle après le cours, Geobium l'appela.
« Lady Schwentz. »
« Bonjour, héritier Norman. »
Marin resta sur place et regarda Geobium s'approcher.
Elle l'avait croisé occasionnellement du vivant de son père, mais n'avait jamais eu de vraie conversation avec lui.
« Prends ceci. »
Geobium tendit un panier de pique-nique.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« C'est de la nourriture. Catherine a dit que tu ne mangeais pas bien ces temps-ci ? »
« …… »
Le visage de Marin rougit. Elle baissa la tête en silence.
Elle eut encore plus honte d'entendre parler de sa situation par un noble héritier du même âge.
« Tiens, prends-le. Ce n'est pas parce que ta famille est pauvre que tu dois sauter des repas. »
Geobium prit sa main et lui mit le panier dans la main.
Marin fixa béatement le panier dans sa main. Une délicieuse odeur s'en dégageait.
Elle devrait lui dire de ne pas la plaindre, qu'elle n'a pas besoin de ça.
Marin mordit fortement sa lèvre inférieure.
Elle pensa à Loanna, allongée au lit le teint pâle sans même pouvoir avaler un bol de soupe.
« ……Merci. Héritier Norman. »
Marin entrouvrit lentement les lèvres et baissa la tête.
« Pas de quoi entre nous. Et maintenant, appelle-moi par mon prénom. »
En disant cela, il lui tapa sur l'épaule comme pour l'encourager, et sa main y resta un bon moment.
Marin ne voulait pas l'appeler par son prénom, mais elle ne put refuser l'offre parce qu'elle était en position de recevoir de l'aide.
« Oui. Geobium. »