Marin fixa la bibliothèque, figée de surprise.
La bibliothèque glissa sur le côté, dévoilant une porte, et le duc Vines entra puis ressortit avec une expression indifférente.
'On dirait une pièce secrète ? Un endroit que seul le Chef de Famille devrait voir !'
Marin fit volte-face et se cacha les yeux des deux mains.
'Je vais m'acheter des yeux qui n'ont rien vu.'
« Marin ? »
Comme elle tournait le dos, elle entendit la voix du duc Vines derrière elle.
« Votre Grâce. Comment pouvez-vous me montrer un truc pareil ! »
« Tu n'as pas l'intention de me quitter, n'est-ce pas ? »
Le duc Vines répondit sur le ton de la confidence et enlassa doucement Marin par derrière.
« Quel rapport avec le fait de me montrer cet endroit ? »
La chaleur ressentie dans le dos apaisa son cœur affolé.
« J'ai déjà dit à ma fiancée les secrets de la famille, donc la Chambre du Chef de Famille n'est plus rien. »
Comme prévu. C'était bien la Chambre du Chef de Famille, comme elle s'y attendait.
« Est-ce vraiment permis de me le montrer comme ça ? »
Marin demanda avec une lueur d'espoir.
« Non. »
Il répondit fermement.
« Je le savais ! »
Marin releva la main qu'elle avait à peine baissée et se boucha les yeux de toutes ses forces.
Elle le sentit rire sans bruit derrière elle.
« De toute façon, tu vas devenir ma femme. Il n'y a rien que je ne puisse pas te montrer. »
« Même ainsi... »
« Ça veut dire que tu ne pourras plus jamais partir. »
Une voix lourde d'obsession effleura lentement son oreille. Lorsqu'un profond soupir s'y mêla, Marin se raidit d'un étrange frisson.
« Tu fais le possessif ou le séducteur ? Choisis un camp, tiens. »
Le duc Vines pouffa aux mots de Marin et fit un pas en arrière.
Ce n'est qu'alors que Marin, ayant relâché la tension de sa taille, se retourna.
« Tiens, le journal qui t'intriguait. »
Marin regarda le carnet les yeux brillants, puis lança un regard soupçonneux, une idée lui traversant l'esprit.
« Je n'ai pas le droit de le regarder non plus, hein ? »
« Ça veut dire que tu ne pourras jamais t'enfuir. »
Le duc Vines lui fourra le carnet dans la main.
« Oui, oui. »
Puisque de toute façon elle n'avait pas l'intention de partir, acceptons.
Marin prit le carnet et s'assit sur le long canapé.
« Le 20e Duc a dû être quelqu'un de vraiment intelligent. »
« Il semblerait. »
Il s'appuya contre le bureau et acquiesça comme pour approuver.
« Avez-vous écrit d'autres livres que "D'où vient le Monstre" ? »
« Il n'y a pas d'autres livres, juste ce journal. »
« Je vois. »
[Sur le chemin du retour au château ducal, j'ai découvert une belle fleur que je n'avais jamais vue.
Elle montait jusqu'à ma taille, et ses pétales diffusaient une lumière irisée, subtile.
Curieux, m'en suis approché et ai tenté de la cueillir, mais une brume floue m'en a empêché.
C'est du poison.
En un instant, tous les sons ont disparu.
J'ai frappé la fleur de toutes mes forces.
La tige de la fleur est aussi solide que l'acier.
Dangereux, si dangereux, c'est un Monstre.]
[Je ne peux contenir ma joie du retour des sons une semaine plus tard.
Jusqu'ici, il n'y a pas eu de poison au monde capable d'arrêter les secrets de la famille.
C'est un Monstre particulièrement dangereux pour notre famille.
J'ai demandé conseil à l'excentrique du Nord.
Il a envoyé un Joyau du Nord qui empêchera les plantes de pousser pendant cent ans.
J'enterrerai le Joyau du Nord dans le sol pour empêcher la Fleur Démoniaque de fleurir sur cette terre.]
Marin lut le journal avec admiration.
« Waouh, la raison pour laquelle ce Monstre n'a pas été là tout ce temps, c'est grâce au Joyau fabriqué dans le Nord. »
Elle s'était demandé pourquoi un Monstre aussi puissamment dangereux n'était pas apparu avant, alors que le duc Vines était loué comme le Mur de l'Ouest, mais tout cela tenait à la prévoyance du 20e Duc.
Une personne intelligente pensait à l'avenir.
L'excentrique du Nord devait être le Duc du Nord.
La Fleur Démoniaque d'il y a cent ans était de petite taille, et son poison se guérissait naturellement, mais la chose la plus effrayante chez la Fleur Démoniaque, c'était qu'elle évoluait.
« Marin. »
« Oui ? »
Marin décolla à peine les yeux du journal et leva les yeux vers lui.
« Je suis encore plus extraordinaire. »
Elle inclina la tête, ne comprenant pas ce que signifiait sa voix boudeuse.
« Ai-je mal entendu ? »
« Pourquoi rates-tu toujours l'essentiel ? Je suis plus capable que ce 20e Duc. »
Le duc Vines croisa les bras et dévisagea le journal d'un air mécontent.
Marin écarta les yeux et remua les lèvres. Elle était si stupéfaite qu'elle ne pouvait pas parler.
« Tu sais qu'il est mort depuis plus de cent ans, non ? »
« Et alors ? »
« Tu es jaloux de quelqu'un comme ça ? »
Il haussa un sourcil et renvoya la question.
Marin le fixa silencieusement sans répondre, puis éclata de rire.
'Il est trop mignon, j'en crève.'
On aurait menti en disant qu'elle avait tremblé de peur lors de leur première rencontre.
« Votre Grâce est le meilleur. »
Voyant ses lèvres raides se détendre légèrement, elle continua.
« La Fleur Démoniaque met du temps à pousser, non ? Je me demande si je n'aurais pas dû toutes les tuer, mais ça aurait été dangereux. »
« J'irai bientôt vérifier à quel point elles ont poussé. Ce sont des types tenaces. »
« Sans doute. Elles existent depuis cent ans. »
Marin caressa une fois le journal, puis releva le regard et le regarda avec inquiétude.
« Il faut faire attention quand vous y allez. On dirait que leurs capacités évoluent à chaque fois. »
« Ne t'inquiète pas. »
Le duc Vines s'approcha et lui serra la main fermement.
Même si elle savait à quel point il était fort, elle était angoissée chaque fois qu'elle pensait à la Fleur Démoniaque.
Ce jour où le duc Vines s'était battu seul pour elle.
Elle se souvint de ce jour d'impuissance où elle ne pouvait que lire des livres et souhaiter sa sécurité.
Elle ne pouvait oublier le spectacle de lui empoisonné, se raidissant peu à peu. À y repenser, elle ne voulait pas le laisser partir.
Mais la volonté du duc Vines était trop ferme.
« Je peux tout faire pour toi et notre enfant. »
« Je sais. Mais il n'y a aucune garantie que tu réussiras sous prétexte que tu fais des recherches, et on peut adopter un enfant... »
C'était elle qui voulait un enfant, mais la situation avait bizarrement changé.
Le duc Vines parut le sentir aussi, car il sourit, lui retira le carnet des mains et le jeta de côté.
« Ah, cette chose importante. »
« Toi, tu es plus importante. »
Le duc Vines souleva Marin et l'assit sur ses genoux, fronçant légèrement les sourcils.
« Tu n'as pas bien mangé ces temps-ci ? Pourquoi tu ne... »
« Encore, encore ! Je ne grandis plus ! »
Marin boucha la bouche du roi-démon ronchon qu'était le duc Vines avec la sienne, coupant le ronchonnement à la source.
Comme s'il l'avait visé, le coin de ses lèvres, posées sur les siennes, se releva légèrement, mais elle fut bientôt capturée par lui et ne s'en aperçut pas.
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Le sol était encore tendre après plusieurs jours de pluie, mais après longtemps, le soleil brillait haut dans un ciel bleu.
Une femme qui trairait une vache découvrit son fils et sa fille se tenant par la main et s'éclipsant en cachette.
« Ronnie ! Mini ! Où allez-vous ? »
Les deux tressaillirent comme pris sur le fait par leur mère et tournèrent la tête en grimaçant.
« Vous étiez là ? »
« Où nos garnements essayaient-ils de filer en douce ? »
Les enfants étaient restés enfermés à cause de la pluie, ils devaient avoir hâte de sortir.
« À la clairière derrière le village. »
La femme mit les mains sur les hanches et dit d'un air sévère.
« D'accord. Mais vous n'avez absolument pas le droit d'aller à la montagne. »
Ronnie, avec sa touffe de cheveux rouges, se boucha les oreilles des deux mains et hocha vigoureusement la tête.
« Aah, je sais. Combien de fois vas-tu me le dire ? »
La femme poussa un profond soupir en regardant son fils ignorer ses paroles.
La mort de Sam ne pouvait pas encore être annoncée aux jeunes enfants. Elle ne pouvait que répéter qu'il y avait de loups effrayants, alors ils ne devaient jamais grimper à la montagne.
« Je sais que tu as toujours envie d'aller à la montagne, hein ? Il y a des trucs effrayants sur la montagne... »
« J'n'irai pas ! J'irai jamais ! Mini, on y va. »
Ronnie, qui coupa la parole à sa mère, poussa sa petite sœur Mini.
« D'accord ! Maman, j'y vais avec mon frère ! »
« D'accord, Mini. Il faut bien tenir la main de ton frère. »
« D'accord ! »
Les couettes rousses de Mini rebondirent mignonnement.