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I Got a New Skill Every Time I Was Exiled

Chapitre 97

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Chapitre 97

Chapitre 97

Chapitre 97/27336%~8 min de lecture1 573 mots

Aujourd'hui encore, je frappais le fer de mon marteau, de tout mon cœur. Une routine inchangée depuis le jour où je suis redevenu l'apprenti du maître Dalton, mais il y avait une différence avec le premier jour. C'était…

« Bonjour. Ed, je t'ai apporté ton déjeuner. »

Tia, qui était entrée dans la forge depuis la boutique d'une manière tout à fait naturelle, m'interpella sans la moindre hésitation. Elle tenait un panier tressé muni d'une anse ; j'arrêtai de taper sur mon épée et me retournai vers Tia.

« Ah, comme d'habitude, je suis désolé, Tia, mais merci. »

« De rien. »

Je la remerciai, et Tia répondit par un sourire. À première vue, on pourrait croire que j'étais un homme inutile entretenu par elle, mais la réalité n'était pas ça. Je devais faire en sorte que Tia soit liée à mon maître en la faisant venir souvent à la forge, sans quoi elle aurait des ennuis si elle n'arrivait pas à remplir la condition d'« intégrer l'équipe du Héros ».

Honnêtement, je n'étais même pas sûr de pouvoir remplir les conditions comme ça. Mais je ne pouvais pas laisser Tia faire le travail de forgeron, alors c'était le seul moyen que j'aie trouvé pour l'aider.

« Des sandwichs aujourd'hui, ça a l'air bon. »

« Hein ? Quand tu rentreras à l'auberge, assure-toi de dire à la tenancière ce que t'en penses. »

« Ah, c'est pour aujourd'hui ? Je lui dirai ce soir. »

Tia apportait le déjeuner de lieux différents selon les jours. Elle faisait sans doute attention au menu, car ça finit inévitablement par être toujours pareil si on commande tout le temps au même endroit.

Si on avait été en aventure, on aurait pu devoir manger la même bouffe pendant des mois, sinon des semaines, mais comme on était en ville, mieux valait varier.

« Dalton-san, si vous en voulez. »

« Ah, ben, je vais m'en mettre un alors. »

Sur la proposition de Tia, le maître sourit lui aussi et attrapa un sandwich. À première vue, son air bourru et son visage sévère laissaient croire qu'il était mécontent d'être interrompu dans son travail, mais en réalité il était de bonne humeur et souriait.

Qui savait faire la différence entre ces expressions réussirait le test du maître, et Tia y parvint sans peine. Moi, ça m'avait pris pas mal de temps, mais ça avait l'air d'être un jeu d'enfant pour l'Elfe-sama, qui excellait dans la communication…… Mou.

« Ah, hey Dalton-san. Y a un truc qui me trotte dans la tête, je peux demander ? »

Tia, qui était aussi assise sur une chaise et croquait dans son sandwich, s'adressa à mon maître. Mon maître, qui n'était pas doué pour le relationnel, ne fit pas le poids face à l'amabilité de Tia, et lui répondit avec une tête à faire pleurer un gamin… En d'autres termes, il répondit à Tia avec son visage normal.

« Hmm ? C'est quoi ? »

« Chaque fois que je viens, y a personne dans la boutique, c'est normal ? »

« La boutique ? C'est vrai que parfois, quand je me concentre sur la forge, je sais pas quand un client arrive, mais ça va. S'ils ont besoin de moi, ils reviendront. »

« Heiin… ? Non, c'est pas ça que je veux dire ! Je me demande juste s'il serait pas possible que quelqu'un vole quelques-unes de ces magnifiques épées exposées vu qu'y a même pas de gardien. »

« Ah, c'est ça que tu veux dire. »

À la question de Tia, mon maître claqua des doigts et grinça.

« Quand on vend les épées qu'on forge, on y appose une "marque authentique" à un endroit précis. Si tu voles une épée en vitrine, tu n'as évidemment pas de sceau authentique, donc tu peux ni la vendre ni même l'envoyer à l'affûtage. Si tu comptes utiliser l'épée comme jetable ou comme bijou, tu le feras peut-être, mais tu irais jusqu'à voler une épée et la sortir de la ville en évitant les regards des gardes ? Dans ce cas, ce serait bien plus simple de tuer un aventurier au hasard hors de la ville et de lui prendre son épée. Du coup, ben, conclusion : y a peu de chances que quelqu'un vole une épée. »

« Vraiment ? Et si on falsifie cette "marque authentique" ? »

« Ha ! Une marque authentique, c'est le savoir-faire de l'artisan qui la grave. Par exemple, si quelqu'un arrive à reproduire ma marque authentique à l'identique, ça veut dire que lui-même a des compétences de forgeron proches des miennes. Pourquoi un type comme ça irait s'embêter à falsifier une marque authentique ? Si tu forgues une épée sous ton propre nom, y a plein de boulot pour toi, tu sais ? »

« Ah, c'est sûr que moi je le ferais pas. »

Tia sourit amèrement aux paroles du maître. Si on a le talent pour falsifier les marques authentiques de grands noms, c'est plus rentable de forger sa propre épée que de contrefaire les marques de forgerons de seconde ou troisième zone.

Du coup, personne ne falsifie de marque authentique, et il n'y a pas de… ce qui voudrait dire que personne ne vole une épée qu'on peut pas échanger contre de l'argent.

« Mais ça arrive quand même qu'on en vole, non ? D'après ce que j'ai entendu, y en a au moins une par an. »

« OH, Vraiment !? C'est pas bien ! »

C'était ce que j'avais appris au premier tour, pas ce que j'entendais maintenant, mais c'était avant que j'arrive dans ce monde, donc ça devrait être pareil ici. Les yeux de Tia s'écarquillèrent de surprise à mes mots, mais le maître en rigola comme s'il savait d'où je sortais.

« Heh, même si 10 pièces sont volées, les voleurs de huit d'entre elles se font choper facile. Les deux autres à peu près finissent par pas être attrapés, mais si c'est une tous les cinq ans, c'est bien mieux que d'embaucher un gardien de boutique chiant. C'est tout. »

« Wow, c'est audacieux ou plutôt approprié… »

« Hahaha, c'est bien mon maître. »

C'était plus simple de laisser passer les vols occasionnels que de s'en faire et prendre des contre-mesures. Que vous trouviez ça une réponse brillante et rentable ou juste un acte au hasard, ça dépend de chacun, mais comme cette boutique était tenue par le maître seul, personne ne dirait rien tant qu'il était content de la situation.

Consciente de ça, Tia ne fit qu'une tête exaspérée, mais avec cette expression, elle porta son regard vers moi.

« Je suis pas en désaccord avec la façon de penser de Dalton-san, mais Ed, ne le copie pas, d'accord ? »

« Non, je le ferai pas ! J'ai pas l'intention d'ouvrir une boutique en premier lieu ! »

« Hein, tu t'entraînes pas parce que tu veux ton propre magasin ? »

« Ah, non. Je veux juste forger la meilleure épée pour moi et mes potes, donc j'ai pas l'intention de prendre un nombre indéterminé de clients… C'est pas bien ? »

« Ça veut pas dire que tu peux pas. Fais juste gaffe à rester toujours objectif. Tant que tu bosses pour toi, tu peux en faire autant que tu veux, mais y aura personne pour râler quand tu feras des compromis. Trouver la bonne réponse tout seul, c'est dur. Fixe une "norme" qui vaut pour tout le monde, pas juste un ressenti. Trace une ligne nette à l'étape avant de finir le travail, et ne t'en écarte pas. Le seul moyen de tracer cette ligne, c'est de décider toi-même, en encaissant de la douleur jusqu'à ne pas en mourir. »

« Merci, maître. J'apprends beaucoup. »

« Tch ! Dis pas ça avec une tête d'élève modèle ! »

Je baissai la tête sérieusement, et il fronça les sourcils et se détourna. Il croqua dans son sandwich et reprit le travail sans un mot. C'était le genre d'attitude que mon maître adoptait souvent quand il était gêné.

(Fufufu, le maître d'Ed est vraiment mignon, hein ?)

[Toi, dis jamais ça !? Ça va rendre mon maître vraiment grincheux !]

[Je le dis pas. C'est pour ça que je te le dis comme ça, non ?]

En effleurant ma main doucement, Tia sourit en coin en communiquant par [Missing Talk]. Si ça avait été une conversation normale, même en chuchotant, j'aurais eu droit à une salve de poings sur la tête.

Pas la peine de réveiller le chat qui dort. Je voulais pas continuer le sujet dangereux et me faire mal, alors moi aussi je croquai dans mon sandwich et finis mon repas pour changer d'air.

« Bon ben, je vais reprendre le boulot moi aussi. Le déjeuner était délicieux, Tia. »

« Merci, mais c'est pas moi qui l'ai fait. »

« Hahaha. À plus tard. »

« D'accord. À plus tard. »

Après le déjeuner, Tia quitta la forge. Après ça, je me replongeai dans la forge, et le soir, Tia vint me chercher et on rentra se coucher. … Après environ une semaine de tels jours, un matin.

« Ah, on dirait que quelqu'un m'a volé mon épée. »

« Quoi !? »

Je poussai un cri bête, ce matin-là, aux paroles de mon maître, qui avait inhabituellement une mine amère du fond du cœur.

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