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I Don’t Want to Become a Villainess, So I Aim at Becoming a Perfect Lady Together with the Prince!

Chapitre 113 : Appelle-moi Will

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Chapitre 113

Chapitre 113 : Appelle-moi Will

Chapitre 113/113100%~13 min de lecture2 438 mots

« Al ! Le prince Wilfred ! »

« Je sais. Mademoiselle Carlyle, écartez-vous, que je puisse le soigner ! »

« O... oui ! »

Chloé essuya ses larmes et laissa la place à Al.

Al murmura une incantation et tendit la main droite au-dessus du corps du prince Wilfred.

Une lumière jaune enveloppa le prince Wilfred. La plaie se referma à vue d'œil.

« C'est incroyable... »

Chloé, toujours accrochée à moi, souffla ces mots sans parvenir à se remettre du choc. J'acquiesçai.

Il ne nous restait qu'à veiller le prince Wilfred en silence.

Quand la grande plaie fut refermée et qu'il ne resta plus que de petites coupures, Al interrompit sa magie.

La lumière jaune qui l'enveloppait s'éteignit.

Nous retenions notre souffle. Lorsqu'elle eut complètement disparu, je me tournai vers Al.

Je ne comprenais pas qu'il arrête le soin alors qu'il restait des blessures.

« Al ? »

« La magie ne va pas plus loin. Le reste doit guérir tout seul. Sur une blessure aussi grave, tout refermer par la magie ne vaut rien de bon. »

« Je... vois. »

« Les êtres humains ont le pouvoir de refermer leurs propres plaies. Si tu le leur retires sans réfléchir, cette faculté finit par disparaître. Le corps apprend la paresse, et il l'apprend très vite : il faut y prendre garde. »

J'acquiesçai à son explication. Le prince Wilfred, encore bien amoché, semblait à peu près rétabli. Il se redressa lentement, sans aide.

« Aïe... ça faisait mal. Merci, mon frère. »

« Il reste des plaies. Fais-toi examiner par le médecin du palais tout à l'heure. »

« Je sais. Oh, ma veste est foutue. »

Le prince Wilfred grimaça en retirant son vêtement pour l'inspecter.

« Hmm, elle est irrécupérable. »

« Ma magie ne répare pas les habits, forcément. »

« Je sais. Je suis déjà content que tu aies refermé le principal. J'avais tellement mal que je me croyais sur le point de m'évanouir. »

Le prince Wilfred poussa un grand soupir et s'assit en tailleur à même le sol.

Chloé, qui le fixait sans réagir, revint à elle et se précipita vers lui.

« Prince Wilfred... ! Pourquoi... pourquoi m'avez-vous protégée ? »

« Hm ? Ah, tu n'as rien. C'est déjà ça. »

Le prince Wilfred la regarda et sourit, soulagé. À ces mots, les larmes montèrent aux yeux de Chloé.

« C'est déjà ça... ? Vous n'aviez pas à me protéger... Vous êtes le Second Prince, non ? Votre sécurité devrait passer avant la mienne... »

« Peut-être, mais mon corps a bougé tout seul. Je n'y pouvais rien. »

« Ne dites pas que vous n'y pouviez rien... ! »

« Haha... »

Le prince Wilfred rit doucement de se faire réprimander. Puis il la regarda, avec une expression indéfinissable.

« Je te demande pardon. Pour tout, depuis le début. »

Chloé eut un sursaut.

Elle plaqua ses deux mains sur sa bouche. Ses yeux s'agrandirent, rivés sur le prince Wilfred.

Lui ne détourna pas les yeux.

« J'avais tort. Je te demande pardon de t'avoir imposé mes idées toutes faites. Tu n'as rien fait de mal. Tout ce que tu m'as dit était juste. Je crois que, depuis le début, c'est quelqu'un d'autre que je regardais. »

« Prince Wilfred... »

Le prince Wilfred sourit à Chloé, qui tremblait.

« Je ne te demanderai plus de me fréquenter en vue de fiançailles. En revanche, accepterais-tu d'être mon amie, de nouveau ? Je n'ai pas beaucoup d'amis, tu l'auras devinné. Cela me rendrait heureux que quelqu'un comme toi, qui me réprimande pour de vrai, veuille bien l'être. »

« ... Votre Altesse. »

« Appelle-moi Will. Si tu me considères comme un ami. »

À ces mots si doux, Chloé se mit à pleurer. Elle essuya ses larmes avec acharnement, puis parla.

« Moi... moi aussi, je te demande pardon. De t'avoir blessé avec des mots trop durs... Et merci de m'avoir protégée... Will. »

« Puis-je t'appeler Chloé, moi aussi ? »

« Oui. »

Chloé hocha la tête. Puis, le visage barré de larmes, elle le regarda.

« J'ai l'impression que... pour la première fois, nous nous parlons vraiment. »

« Oui. Grâce à toi... et à mon frère, j'ai enfin ouvert les yeux. Pardon pour tout. »

Chloé secoua la tête en entendant ces excuses.

« Ce n'est plus grave. Tu m'as vue telle que je suis. Tu seras mon ami, n'est-ce pas ? »

« Oui. »

« J'en suis heureuse. Tu es mon deuxième ami garçon. »

« Hein ? Le deuxième ? »

Les yeux de Chloé se plissèrent de bonheur sincère. À l'inverse, le visage du prince Wilfred devint glacial.

« Le deuxième ? Qui était le premier ? »

« Euh... Luke, le majordome de Lili. »

« Hmm... »

'Hein ? Pourquoi est-ce moi qu'il fusille du regard ?'

Le prince Wilfred me lança un regard noir, et il me terrifia. Mon visage se crispa malgré moi ; Al se plaça devant moi.

« Ne crains rien, Lili. Je te protège. Il fait l'enfant, ne t'en occupe pas. »

« D... d'accord... »

Je sentais une aura meurtrière qui dépassait de loin l'enfantillage, mais je savais que le prince Wilfred s'inclinait en général devant Al. Rassurée, ou presque, j'entendis Chloé lui demander :

« Je me demandais... est-ce là ton vrai visage ? »

« Hm ? Ah, oui... inutile de nier, si tu l'as compris. Mais... si cela te déplaît, je peux redevenir comme avant tout de suite. »

« Non. Ainsi tu parais plus naturel, et je te préfère quand tu ne joues pas la comédie. »

« V... vraiment... ? »

À ces mots, le prince Wilfred baissa les yeux. Ses oreilles rosirent légèrement.

« Tout cela se passe étonnamment bien, non ? »

« En effet. Ou plutôt... oui, il aurait fallu s'y prendre ainsi dès le début. C'est sa spécialité, après tout. »

« Sa spécialité ? Que veux-tu dire ? »

« Hm ? Tu n'as pas besoin de le savoir. C'est juste que... c'est mon frère. »

« Ah bon... »

Je ne comprenais rien à ce qu'il racontait. Comme je penchais la tête, Al rit.

« Enfin, si c'est sérieux de sa part, il serait grossier de s'en mêler. »

Puis il ramena la conversation à l'essentiel.

« Bon, laissons cela de côté... Le problème, maintenant, ce sont ces esprits. »

« Ah. »

J'étais si absorbée par les blessures du prince Wilfred et par leur conversation que je les avais complètement oubliés.

Je cherchai fébrilement les esprits, cause de tout ceci. Ils n'avaient pas disparu : ils flottaient dans l'air. Mieux encore, l'esprit de Chloé se faisait sermonner en règle par celui du prince Wilfred.

« Je te l'avais dit ! Pourquoi t'affoles-tu toujours aussi vite ! Cela ne sert à rien si tu finis par blesser ta contractante ! »

« M... mais... j'ai senti l'odeur de Noel... »

« Je sais que tu l'as senti, mais tu devrais être capable de voir qu'il n'est pas là. Tu réagis de façon excessive. D'ailleurs, il a été décidé qu'un esprit des Ténèbres surveillerait Noel. Tu en étais d'accord, non ? Il te suffisait de t'en remettre à lui et de faire comme si tu n'avais rien remarqué. »

« Hmpf... je le savais, mais c'était un réflexe... Et toi, tu étais tranquille, Blanc ? »

« Je ne dirais pas que j'étais parfaitement tranquille, mais c'est mieux qu'avant. Et puis Noel porte désormais un collier : le danger est faible. Un esprit des Ténèbres de haut rang le surveille, en plus. Si tu as encore peur après tout cela, ta fierté d'esprit ne le supportera pas. Alors, qu'en dis-tu ? »

« ... Je n'ai plus peur. Je ferai mieux la prochaine fois. »

L'esprit de la Terre approuva vigoureusement la déclaration ferme de l'esprit de la Lumière. Puis elle la poussa dans le dos.

« Alors excuse-toi. Ton déchaînement a fait des blessés. Mon maître, Will, a été gravement touché en protégeant ta maîtresse ! Bon, il semble qu'il ait été sauvé grâce à ce prince hors du commun, mais tout de même ! »

« Hors du commun... Ah, celui qui a contracté avec deux esprits de haut rang... Pardon, Blanc. Je ne voulais blesser personne... »

« Un esprit de la Lumière comme toi ne voudrait jamais blesser qui que ce soit exprès. Je le sais bien, alors vas-y ! Dépêche-toi ! »

Emportée par la fermeté de l'esprit de la Terre, l'esprit de la Lumière se tourna vers nous, abattue. Elle nous regarda l'un après l'autre : moi, Al, Chloé, sa maîtresse, et le prince Wilfred, qui l'avait protégée. Son visage se crispa comme si elle allait pleurer.

« ... Je vous demande pardon. »

Je me demandais quoi répondre lorsque Al prit la parole.

« Voilà ce qu'elle dit. Que faisons-nous ? D'abord Will, qui a été blessé. »

« Hein, moi ? Cela m'est égal. Un esprit qui se déchaîne, ce n'est pas si rare, et je n'ai rien. »

Interpellé sans préavis, le prince Wilfred répondit avec désinvolture.

Al hocha la tête, puis se tourna vers moi.

« Et toi, Lili ? Ce manoir est chez toi. Le jardin a beaucoup souffert de l'attaque des esprits... »

« ... Ah, oui. »

Le sol était retourné par endroits, les fleurs avaient été balayées : un vrai désastre. Hugo perdrait la tête s'il voyait cela. Mais puisque Noel était à l'origine de toute l'affaire, j'en portais moi aussi une part de responsabilité, en tant que maîtresse.

« ... Je m'excuserai auprès de mon père et des jardiniers. Je crois qu'ils ne diront rien si j'explique que ce sont les esprits, et comme Noel en est la cause, la responsabilité m'incombe en partie. »

Dans ce pays, l'influence des esprits est si forte, par les bénédictions et la protection qu'ils accordent, que l'on tolère largement leurs facéties et leurs débordements.

Je savais que mon père ne se fâcherait pas si je disais franchement que c'étaient les esprits.

Al acquiesça, puis porta enfin les yeux sur Chloé.

« Et vous, mademoiselle Carlyle ? Tout cela vient de votre esprit contracté. Avez-vous quelque chose à dire ? »

« ... Non. »

Chloé baissa les yeux, mais sa voix resta ferme.

« Il est établi que mon esprit contracté a blessé le prince Wilfred et le prince Alan. Je n'ai même pas su l'arrêter, et c'est le prince Wilfred qui m'a protégée. J'ai honte, en tant que contractante. Je vous demande sincèrement pardon. »

« Chloé ! Hé, mon frère ! Mes blessures, je les ai cherchées. Tu ne vas pas punir Chloé, n'est-ce pas ? »

Le visage du prince Wilfred changea, et il se plaça devant Chloé. L'esprit contracté, l'esprit de la Lumière, blêmit.

« Je... je ne voulais pas causer d'ennuis à Chloé... »

« ... On croirait que je suis le méchant. Le rôle est déplaisant. »

Sous les regards inquiets de tous, Al soupira.

« Je demandais seulement l'avis de chacun. Will, le blessé, dit que cela lui est égal ; reste donc le jardin du manoir de Lili. Voilà : je prendrai les réparations à ma charge. »

« Importuner Votre Altesse... »

Chloé pâlit.

« C'est mon esprit qui a fait cela. Je... ! »

« Alors c'est moi qui paierai ! Prends sur mon argent, mon frère ! »

Le prince Wilfred avait crié avant que Chloé puisse finir. Al le fixa longuement.

« Toi ? Pourquoi ? Tu es la victime. »

« J'ai choisi de la protéger, et je ne crois pas que Chloé puisse assumer seule des réparations de cette ampleur. Et puis... Chloé et moi venons de devenir amis. N'est-ce pas le devoir d'un ami que d'aider ? »

« Will... »

Chloé le regarda, les yeux embués. Le prince Wilfred lui adressa un hochement de tête ferme.

« Ce n'est rien. La somme n'est pas grand-chose pour moi, et considère cela comme des excuses pour ce qui s'est passé. »

« Des excuses... Mon attitude n'était pas meilleure. »

« C'est parce que j'ai fait tant de choses détestables. »

« ... Comme tout à l'heure, tout se termine bien, on dirait. »

Al approuva sans réserve ma remarque sans relief.

« Exactement. Il n'était pas nécessaire d'en faire tout un théâtre. »

« Oui. Les voilà bien intimes... Chloé est mon amie, pourtant... »

J'avais l'impression de perdre ma meilleure amie, ou plutôt ma seule amie, et je boudais franchement ; Al sourit et me tapota doucement la tête.

« Ce n'est rien. Mieux vaut les voir en bons termes qu'en conflit. Nous n'aurons plus à nous inquiéter de ces deux-là. »

« C'est vrai, mais cela me laisse un sentiment compliqué... »

C'était la stricte vérité.

Le prince Wilfred et Chloé, désormais très proches, bavardaient joyeusement. Leurs esprits, qui se connaissaient peut-être déjà, semblaient soulagés que l'affaire fût réglée.

Chloé et le prince Wilfred renvoyèrent leurs esprits dans leur monde, puis vinrent vers nous.

Chloé s'inclina devant moi, l'air grave.

« Pardonne-moi, Lili. D'avoir saccagé le jardin de ton manoir. »

« C'était inévitable. Ne t'en soucie pas. Le prince Wilfred prend les réparations à sa charge, et puisque l'occasion se présente, je demanderai à Hugo de le rendre plus magnifique encore qu'avant. »

« Hein ? Moi... ? »

Le prince Wilfred, qui avait visiblement surpris notre conversation, grimaça. Il ne refusa pas pour autant. Chloé, elle, parut plus confuse encore.

« C'est mon esprit contracté... j'ai chargé Will d'un poids... je devrais moi aussi... »

« Pour être franche, je ne crois pas que ce soit une somme que tu puisses payer seule. Le mieux est donc d'accepter la générosité du prince Wilfred. »

« C'est cela. Ce n'est rien pour moi, ne t'en fais pas. »

Le prince Wilfred appuya mes paroles.

Les couleurs revinrent enfin au visage de Chloé.

« Will... merci. »

« ... Ce n'est rien. »

« ... »

Je fixai le prince Wilfred, qui souriait d'un air gêné.

Sans aucun doute, l'image que Chloé se faisait du prince Wilfred s'était considérablement améliorée au fil de ces événements. Partie d'un point négatif, cette image ne remontait-elle pas un peu trop vite ?

« ... Al. Je trouve le prince Wilfred bien plus dangereux maintenant que lorsqu'il parlait de jeux. »

Al rit, excédé, devant ma remarque sincère.

« C'est bien pour cela que je t'ai dit qu'il était mon frère, non ? »

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