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I Don't Want to Be a Lady

Chapitre 95

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Chapitre 95

Chapitre 95

Chapitre 95/10888%~13 min de lecture2 419 mots

« — Alors, tu veux dire~ qu'on doit faire sortir les survivants du royaume de Chewin de l'autre côté du canyon ? »

« — Exactement. »

« — Merdouille… »

Non. Quel genre de canyon a bien pu surgir d'un coup sur cette plaine, si désolée qu'on aurait dit qu'un coup de vent la traverserait jusqu'au bout du continent sans faire de pause ? Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire.

Ah, est-ce que ce pourrait être le canyon ? Ce canyon à la forme particulière dont on dit qu'il se trouve juste avant d'entrer dans la zone des canyons ? Je regardai Dondon avec des yeux pleins d'agacement.

Dondon bombait le ventre et levait la tête vers moi. Elle m'adressa un regard qui disait : « Pourquoi ? Quoi ? Si tu n'en as pas envie, tire-toi. »

Je serrai les dents face à ses paroles qu'on entendait sans qu'elle les dise. *Si ça ne te plaît pas, dis simplement non. Sale naine !* Au vu de ces conditions ridicules, il était clair qu'elle n'avait aucune intention de nous aider dès le départ.

Charter, ignorant le duel de regards entre Dondon et moi, parla tout en observant le canyon à la longue-vue.

« — L'entrée du canyon est assez étroite. On ne peut pas attaquer par là. »

« — C'est ça. Ils le savent et ils tiennent bon. »

« — Y a-t-il une autre entrée ? »

« — Non. »

« — Alors, si on les laisse tranquilles, ils ne finiront pas par crever de faim ou par sortir d'eux-mêmes ? »

« — J'ai pas l'temps. »

Les yeux noirs et froids de Charter se posèrent sur Dondon. Dondon hurla face au regard de Charter. « — Regarde pas d'aussi haut ! »

Encore une fois, quelque chose n'allait pas. Ce n'était pas qu'il la dévisageait avec hostilité, mais elle n'aimait pas la façon dont il la regardait de haut. C'est un être humain qu'on ne peut pas comprendre avec le bon sens. Charterreporta son regard sur le canyon.

« — Depuis combien de jours observez-vous comme ça ici ? »

À ma question, Dondon réfléchit un moment, puis répondit.

« — Depuis des jours. »

« — Combien de temps peuvent-ils tenir ? »

« — À peu près une semaine à partir de maintenant ? »

Alors il ne reste pas grand-chose ! Mais qu'est-ce que tu as à courir après le temps comme ça ? Sale petite merde ! J'aurais dû l'attraper et la presser fort.

Malheureusement, c'était Dondon qui tenait les commandes. Je calmai ma colère du mieux que je pus et relevai les coins de ma bouche. « — Alors, on ne peut pas juste attendre une semaine ? Qu'ils crèvent de faim ou qu'ils se rendent, ce sera plié dans une semaine. »

« — Alors, on n'a qu'à attendre une semaine ? "Que vous creviez de faim ou que vous vous rendiez, ce sera plié dans une semaine." »

« — J'ai pas l'temps. »

Encore pas le temps. Je perdis même mon faux sourire face à l'irritation qui me remontait des plantes des pieds. « — Pourquoi tu n'as pas le temps alors qu'il ne faut qu'une semaine ! »

Quand je lui demandai, Dondon répondit en fronçant les sourcils entre ses petits cheveux duveteux.

« — L'empereur a dit qu'il ne m'accorderait qu'une seule semaine ! (Espèce de saloperie). »

J'eus l'impression qu'elle m'insultait en kelteman, mais ce n'était pas le sujet.

« — Une semaine ? Donc, après quatre jours, il n'en reste plus que trois ? »

« — Non. En comptant le temps pour retourner au camp de l'empereur, il doit probablement rester moins d'une journée, non ? »

« — Quoi ? Cette petite… Argh. C'est impossible ! »

Les faire sortir en une seule journée ? Même si toute l'armée s'acharnait sur le canyon, il serait impossible de les mater en un jour. Mais tu voulais que Charter et moi fassions ça toutes les deux ?

« — C'est votre boulot de rendre ça possib'. »

Je restai sans voix face à l'attitude naturelle de Dondon qui haussait les épaules.

« … »

*Est-ce que je devrais la tuer ? Ce ne serait pas plus rapide de zigouiller cette sale gosse, de prendre Paku en otage et d'aller voir l'empereur de Kelteman ?* J'y réfléchis sérieusement.

Charter, lui aussi, dévisagea Dondon avec le même regard qu'Arianne. Il n'avait jamais éprouvé la moindre émotion pour une femme autre qu'Arianne. Pourtant, quand il s'agissait de Dondon, il ressentait quelque chose de profond en lui. Une rancœur tenace.

« — Pourquoi ne pas tirer sur le canyon au canon ? L'isolement est aussi une méthode. »

Quand Charter, qui avait beaucoup de patience, réprima sa rancœur et proposa une alternative, Dondon répondit.

« — Y a pas d'canon. »

« ? »

La tête d'Arianne et celle de Charter s'inclinèrent du même côté. *Il n'y a pas de canons dans l'Empire de Kelteman ? Impossible, j'en suis sûre, ils ont utilisé des fusils et des canons lors de la dernière bataille.*

« — Comment ça, il n'y a pas de canon ? »

Interrogé par Charter, Dondon se gratta la tête en évitant son regard, sans doute embarrassée par la question. La réponse vint non pas de Dondon mais de Paku, qui se tenait à côté de lui.

« — Ha. Tu ne vois pas la tente de cette gamine ? Elle déménage ses affaires au lieu d'un canon. »

C'était sa cadette, mais Paku ne supportait pas la honte. Contrairement à Paku, dont le visage était rouge, Dondon ne changea pas d'expression, comme pour demander ce qu'il y avait de mal à ça.

« — T'es bête. T'as lâché ton arme pour du luxe. »

« — Qu'est-c'que t'as dit ? Quoi qu'tu en sais ? Oublie ça, d'ac' ? »

Dondon me demanda comme pour obtenir mon consentement.

« — Quoi ? Sale gosse… c'est ça. Qu'est-ce que les hommes en savent ? »

C'était irritant de voir l'expression dure sur le visage de Dondon, comme si elle pouvait sourire quand elle voulait et se fâcher quand elle voulait. Alors pourquoi est-ce que je gardais un faux sourire sur mon visage alors que mes yeux ne riaient pas du tout ? C'est à cause de cette sale gosse. Dondon répondit à ma blague forcée avec une expression satisfaite de tigre.

*Qu'est-ce que c't histoire ?* Même si je n'avais pas vécu longtemps, j'avais observé et appris à connaître divers types de gens sous mon père, ce vicieux homme d'affaires. Pourtant, même pour moi qui avais eu affaire à bien des êtres humains difficiles, Dondon était quelqu'un que je trouvais dur à gérer.

Je posai un regard apitoyé sur Paku. « — Tu as dû en baver. »

« — Oui. Merci d'avoir remarqué. » Paku rit amèrement.

Dondon, qui les regardait avec dédain, hurla. « — Alors qu'est-c'que vous faites ? J'ai pas dit que je vous aiderais si vous régliez ça ! »

Je fixai le canyon sans bouger. *Faut-il les faire sortir du canyon ? Mais comment faire pour les en sortir ? Dès qu'on entre par l'entrée, on se fera cribluer de flèches par les soldats en embuscade. Attends une minute ! Les faire sortir ? Elle n'a pas dit qu'il suffisait de les faire sortir ?* Mon cerveau se mit à tourner à toute vitesse. Au bout d'un moment, les coins de mes lèvres remontèrent.

« — Tout ce qu'on a à faire, c'est les faire sortir du canyon, non ? Pas besoin de tous les tuer ? »

Dondon leva les yeux vers moi et répondit à ma question. « — Moi j'ai juste besoin d'chopper le chef de la famille royale. J'aime pas l'abattage inutile. »

*Tout en aimant les luxe inutiles.* Bref, je vis de l'espoir dans les mots de Dondon. *Donc tu ne vises que la famille royale ?*

« — D'accord. Je vais essayer. D'abord, disons— »

« — Un. L'un d'vous deux doit rester avec moi. »

*Vous croyez qu'on va vous avoir ? C'est pour ça que vous ne nous laissez pas partir tous les deux ?* Même si ses paroles étaient confuses, l'intelligence de Dondon n'était pas mauvaise. Si elle nous laissait partir tous les deux, on pourrait s'enfuir. C'est pour ça qu'elle devait en garder un. Je compris aussi la position de Dondon, alors je l'acceptai en silence.

« — D'accord. Alors, pouvez-vous nous donner du temps pour parler en privé ? »

« — Non. Vous pourriez faire n'importe quoi. »

Dondon était catégorique. Je la fixai et dis : « — À cause de vous, un couple marié comme nous va être séparé, mais vous ne pouvez pas faire au moins ça ? »

Les yeux de Dondon s'écarquillèrent comme s'ils allaient sortir de leurs orbites. « — Couple marié ? Couple marié qui dort sous la même couver'ure ? »

Ça, oui, ce couple. Bien sûr, on ne dormait pas forcément sous la même couverture quand on s'est mariés.

Dondon regarda Charter et moi tour à tour, puis murmura. « — Waouh. Comment des gens aussi malchanceux peuvent-ils se marier ? On dit qu'il y a une paire de sandales de paille pour chacun. C'était vrai ? »

*Mais qu'est-ce qu'elle raconte ?* Bien que j'aie eu envie de gifler Dondon ne serait-ce qu'une fois pour soulager ma frustration — elle était trop petite pour être giflée — et si je le faisais, ma vie serait en danger immédiat. Alors je dus me retenir et endurer pour ma propre survie. *Allez, sale gosse.*

« — Bon, si vous avez un truc à dire, dites-le. Je vous donne le temps de vous dire au revoir entre mari et femme. »

« — Oui, merci… »

Je clignai de l'œil à Charter. Nous commençâmes à chuchoter seulement après nous être assez éloignés pour que les deux frères et sœurs ne puissent pas nous entendre.

« — C'est moi qui irai. »

« — Non, c'est moi. »

« — C'est dangereux. Donc c'est à moi d'y aller. »

Je levai les yeux vers Charter. « — Maintenant n'est pas le moment de décider ce qui est bien et ce qui est mal. Il faut choisir la route la plus probable. C'est pour ça que je pense que c'est moi qui dois y aller cette fois. »

« — Pourquoi ? »

« — Parce que je parle mieux. Et je suis une femme frêle, non ? Avec un peu de chance, ils n'abattront pas une femme qui s'approche seule sans demander pourquoi. »

Les yeux de Charter s'assombrirent. Tout comme l'avait dit Arianne, les femmes avaient plus de chances de survivre que les hommes si elles sautaient au milieu du camp ennemi. Cependant, seule la probabilité de survivre augmentait. On ne savait pas ce qui arriverait.

« — Non, c'est quelque chose que tu ne peux pas faire toute seule au départ. Tu fais ça pour t'amuser. »

« — Mais si je réussis, on pourra voir l'empereur. »

« — C'est impossible », dit Charter.

Je levai les yeux vers Charter et dis : « — Tu abandonnes vite. »

« — Je saisis la situation vite. »

J'attrapai Charter par le col et le tirai vers moi.

« — Oh. Je crois qu'ils vont s'embrasser. » Dondon les regardait les yeux brillants d'excitation.

Contrairement à l'attente de Dondon, je regardai Charter avec des yeux féroces et grognai. « — J'abandonne pas. Y a plein de fric que j'ai pas encore dépensé. Je creverai pas avant d'avoir gratté ta mine de diamants jusqu'au fond. »

Charter fut saisi parce qu'il sentit qu'elle le pensait vraiment. *Vraiment. Même dans cette situation…* Elle sait qu'elle n'est pas en position de dire du mal de Dondon ? Ça ajoutait une vérité de plus sur elle qu'il ne devait jamais dire.

« — De toute façon je vais mourir, alors je mise ma chance sur plus de possibilités. » Je déteste les jeux de hasard, mais je n'ai pas le choix de compter sur la chance cette fois. Et si ma prédiction est bonne, ils accepteront sûrement mon offre.

Je desserrai mon emprise sur le col de Charter et caressai sa joue. « — T'inquiète. T'as oublié qui je suis ? Je suis la baronne Devit. Et la fille du comte Bornes. Je suis probablement la personne la plus connue de ce continent après le comte Bornes ? »

*Si c'est vrai que l'espérance de vie augmente à mesure qu'on reçoit des insultes, alors je dois être celle qui vivra le plus longtemps.* Bien sûr, j'étais la personne la plus insultée de l'Empire d'Harpion en ce moment. La plupart de l'Empire d'Harpion me maudissait d'avoir obtenu le titre sans en avoir l'étoffe. C'était moi qui espérais la vertu (?) que j'avais accumulée au fil des ans et qui montrai tout mon potentiel.

« — J'ai une idée. Toi— »

Au bout d'un moment, une personne à cheval s'approcha de l'entrée du canyon. Je laissais mes cheveux d'argent flotter pour que l'embuscade dans le canyon me voie bien. Ils n'abattraient personne qui s'approche seul et sans armes sans vérifier. Malgré tout, je devais avoir l'air le plus inoffensif possible, au cas où.

( — Halte ! Si vous approchez davantage, je tire ! )

Comme prévu, la garde apparut au-dessus du canyon et hurla.

« — Je viens de l'Empire d'Harpion. Je suis venue voir le responsable. »

« — Harpion ? N'approchez pas plus et attendez ! »

Quelques minutes plus tard, des paroles d'espoir vinrent de la garde.

« — Vous êtes autorisée à entrer ! »

Je plissai les yeux face au soleil qui tombait juste à temps sur le canyon.

« — Hue ! » Donnant un coup de talon, je lançai le cheval sur le côté dans le canyon.

« — Elle entre sans problème. »

Malgré les mots de Paku, Charter ne baissa pas sa main qui tenait la longue-vue, comme s'il ne pouvait pas être rassuré. Jusqu'à ce qu'Arianne disparaisse de la vue comme ça, il avait le visage pâle, qu'il respire correctement ou non.

Arianne…

Paku était nerveux lui aussi. Il passa la main dans ses cheveux innocents avec un visage inhabituellement anxieux.

« — Qui sur terre a le rhum le plus cher ? » Seule Dondon marmonna d'une voix décontractée.

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