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I Became a Sick Nobleman

Chapitre 103

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Chapitre 103

Chapitre 103

Chapitre 103/15965%~14 min de lecture2 738 mots

‘Folie…’

Devant l’image des trois princes réunis côte à côte pour lui faire ses adieux, Ruel était parcouru d’une énergie nerveuse, mais il rit tout de même.

Que pouvait-il faire ? Ils étaient de sang royal.

« J’ai l’honneur, bien plus que tout autre chose, d’avoir tous les princes parmi vous pour me raccompagner. »

Le Premier Prince qui avait capté son regard, le Deuxième venu maintenir le Premier sous contrôle et protéger le Troisième, et enfin ce Troisième Prince censé veiller à ses adieux.

Parmi eux, deux membres de la Cendre Rouge.

Face à ces traîtres qui lui tenaient un couteau sous la gorge, il crut vraiment voir remonter au gosier ce qu’il avait mangé ce matin.

Ce fut Banios qui s’approcha en premier.

Il prit la parole sur un ton mécontent.

« Frères, que nous voulez-vous avec le seigneur Setiria ? »

« Au banquet, j’ai manqué de respect envers le seigneur Setiria. Vous avez pardonné ma maladresse avec bienveillance, mais je suis ici car je ne saurais tolérer que vous repartiez avec une si mauvaise impression. »

Huan inventa une excuse en évoquant sa dernière faute.

« Tu ne vas quand même pas chercher d’excuses, seigneur Setiria ? Je trouvais que ça ne serait pas plus mal de se rapprocher. », lâcha Adoris avec un aplomb sans faille.

À vrai dire, Huan semblait revigoré.

‘Un vrai connard.’

Il ne supportait plus de croiser son regard.

Tousse, tousse, tousse !

Ruel se retint normalement grâce à une quinte de toux tombée à point nommé, puis cracha net.

Et si ses entrailles et sa poitrine lui faisaient juste trop mal ?

On évite ainsi de regarder des visages qu’on préfère ignorer.

« Ça va ? On dirait qu’on vous retient trop longtemps. »

Banios se fit du souci et simula un soutien compatissant.

« Il fait froid, alors entrez vite dans le carrosse. »

« Je ne peux pas… Tousse ! »

C’était la première fois qu’il trouvait utile cette quinte de toux.

Poussé par la volonté implicite de Banios, Ruel se dirigea vers l’ouverture du carrosse.

Il leur donna l’image flagrante d’un homme contraint de monter à l’intérieur.

« Je m’en excuse. Vous venez spécialement pour mes adieux, mais je ne peux vous saluer dignement. »

« Non, je retiens malgré moi ceux qui ne vont pas bien depuis bien trop longtemps. »

lâcha Adoris avec un sourire affable.

« Je n’avais pas prévenu que je viendrais vous raccompagner, donc je serai le deuxième invité surprise. »

admit Huan en laissant passer l’implicite.

Le visage tremblant, il peinait à maintenir son sourire, aussi Ruel décida-t-il de gagner l’intérieur du carrosse au plus vite.

« Merci. Il risque de faire froid, dépêchez-vous. Je file ensuite. »

Après s’être incliné, il pénétra dans le véhicule aidé de Cassion.

« Ah. »

L’air y paraissait plus frais.

Comme celui utilisé jusqu’ici était réservé à la famille royale, ils avaient repris le carrosse initial.

Après avoir voyagé dans un immense véhicule aménagé avec un lit, il trouvait désormais le sien exigu.

‘C’est trop étroit, ça explose presque de justesse.’

Dès que Ruel monta à bord, les esprits qui s’y pressaient s’éparpillèrent de part et d’autre.

Leo marqua aussi un temps d’arrêt en basculant la tête.

–Le carrosse s’est rétréci. Ce corps devrait avoir un matelas moelleux.

« Une fois arrivé à Setiria, je demanderai à mon oncle de modifier le véhicule. »

« Un carrosse équipé d’un lit ? »

« Te souviens-tu de ta première rencontre avec mon oncle ? Il a transformé l’espace par magie. Pourquoi un carrosse ne pourrait-il pas subir le même sort ? Nous devrions l’agrandir et y installer plus de confort. »

Il venait d’apprendre que Banios savait où dénicher les lits utilisés au palais royal.

Ayant dû recevoir de fortes sommes, il ne serait pas inutile d’investir dans un bon lit pratique pour des usages réguliers.

« Puisque nous y sommes, changeons aussi le sommier. »

Soudain, face aux éclats de rire de Cassion, Ruel fronça les sourcils.

« Pourquoi ? »

« C’est pas comique ? Vous n’avez acheté ce lit et ce carrosse qu’avec l’argent donné par Son Altesse. Faut-il dire que Ruel-nim agit comme un enfant recevant son premier argent de poche ? C’est très ambigu. »

« Tu ne comprendrais pas, tu n’as jamais posé tes fesses sur ce matelas. Si tu avais testé, tu aurais exigé le meilleur ! »

–C’est vrai ! C’était si doux ! Ce corps avait l’impression d’être dans les nuages !

ajouta Leo en remuant la queue.

« Tu vois ça ?! »

« Comptez-vous dépenser votre argent ailleurs ? »

« Je n’en ai aucun. »

Certes.

Cassion se caressa le menton.

Il réalisa s’être trompé, trop influencé par la maturité de Ruel qui ne correspondait pas à son âge.

Ruel n’était pas encore majeur et avait vécu enfermé dans ce manoir pendant cinq ans.

‘On dirait qu’il n’a aucune notion de la dépense… Non, ce n’est pas ça.’

Combien avait coûté l’équipement nécessaire pour équiper les deux ordres de chevaliers de Setiria ?

À certaines périodes, le déficit du budget avait été couvert par des fonds personnels.

Vous donnez tant aux autres, mais que pensez-vous de vous-même ?

‘Va falloir que je te l’explique, moi ?’

« Vous ne partez pas ? Comptez-vous rester ici toute la nuit ? »

« Désolé. »

Cassion frappa contre la paroi du véhicule.

Seul ce signal permit au carrosse d’avancer.

« Ne perd pas de temps en réflexions vaines et observe attentivement tes alentours dès notre sortie de la capitale. »

« Oui, je comprends. »

« Bien sûr, l’assassin ne sera pas dans le carrosse cette fois, non ? »

« Non, maître. »

Ruel lui adressa un regard sévère.

« As-tu oublié le serment de mana que j’ai prononcé ? »

« Ton comportement actuel laisse planer le doute sur son efficacité. »

« La loyauté diffère d’un individu à l’autre, n’est-ce pas ? »

Cassion émit un faible rire.

« Mais Ruel-nim, après réflexion je n’ai trouvé aucune réponse, alors je demande : existe-t-il une raison valable pour refuser le faste ? »

« … »

Ruel fronça les sourcils au lieu de répondre.

Cela signifiait clairement que le sujet proposé par Cassion relevait du non-sens à ses yeux.

« Même en connaissant la situation financière de Setiria, tu poses encore la question ? À peine remis, et tu attends que je dilapide notre trésor pour du luxe ? »

« C’est exactement ce que ferait un noble standard. Ces êtres qui étrangleront les vivres de leurs sujets pour ne penser qu’à leur propre sécurité. »

« Ils sont fous. C’est une erreur énorme, née de leur incompréhension : ce qu’ils savourent n’existe que grâce à leurs sujets. »

Cassion hésita à demander « Ne faites-vous pas partie des nobles, vous aussi ? », mais voyant Ruel agir si différemment de ces aristocrates, les mots moururent dans sa gorge.

« Certainement. »

Répondit-il brièvement, passant ensuite le snack d’un geste désinvolte aux mains de Ruel, qui le saisit sans un mot.

Crac.

Comme d’habitude, le bruit de la viande hachée mastiquée résonnait.

Crac.

Accompagné par celui du renard, à côté, broyant à son tour.

« Horen. »

À ces mots de Drianna, Horen serra fermement les rênes avant de répondre.

« Oui ? »

« Je rage. Est-ce bien naturel ? »

Les yeux de Drianna gonflés semblaient trahir des pleurs durant toute la nuit.

« Je suis furieuse, comment oseraient-ils toucher mon maître. »

« Je veux dire Ruel-nim. »

« …Quoi ? »

« Il essaie de tout porter seul. Ça me bouleverse trop. J’ai fait tout ce voyage parce que je voulais être utile, apporter mon soutien. »

« C’est normal… mais c’est sûrement dû à son éducation. Honnêtement, j’étais heureuse hier qu’il reconnaisse mon aide. »

« Espèce de gars cool. »

Horen se contenta de rire.

Drianna lui décocha un regard noir.

« Si tu trahis Ruel-nim, je te calcinerai jusqu’à ce qu’il n’en reste aucune cendre. »

« C’est ce que j’allais dire. »

« Et toi aussi, Aris ! Tu seras particulièrement mis en pièces ! »

Drianna hurla vers l’arrière afin qu’Aris entende.

« Laissez là les belles paroles et préparez-vous. »

Horen dégaina son épée.

L’ennemi approchait.

Comment pouvaient-ils oser.

« Écoutez, je l’ai dit : je ne baisserai jamais ma garde face aux ennemis de Ruel-nim. Et cela, sincèrement. »

Drianna, la Magicienne de la Colère.

Ses paumes brûlaient déjà. Jambe tendue, bien en selle, elle joignit les deux mains.

« Qu’aucune feuille ne demeure intacte. »

De ses doigts jaillit une gigantesque épée de feu, longue de trois hommes alignés.

Signe que l’ennemi était là et que la première offensive commençait.

« Abattez tout d’estoc et de taille ! »

Suivant le mouvement de Drianna, l’épée de flammes effectua un large arc vers la droite.

Vuuush !

Les troncs et la nuque de l’ennemi caché furent tranchés net dans un sifflement de vent.

Crépitement !

Là où la lame avait passé, des flammes violentes fusèrent vers le ciel.

C’était l’incantation d’un autre sort dont elle venait de se servir.

Le carrosse stoppa net et tous les chevaliers mirent pied à terre.

« Une nouvelle fois ! »

Drianna marqua une pause, abassa légèrement la pointe de son épée de feu et swingua vers la gauche.

Tchaaak !

« Quelle masse. »

Horen sortit la langue devant la répétition brutale de ses assauts.

En jetant un œil à sa droite, il constata que tout était figé.

La glace était assez glissante, parfaite pour faire déraper un traîneau.

Bang !

Horen esquissa un rictus en voyant un éclair venir fracasser la surface gelée.

‘Tiens, c’est vrai. Ils ont eu le même maître, c’est ça ? Ou peut-être pas. Tyson-nim est vraiment doux, non ?’

Horen détacha ses éperons, fit descendre son cheval et projeta son arme en l’air simultanément.

Clan !

« Pardon, ça sent un peu fort. »

Parmi les attaquants figuraient aussi des utilisateurs d’aura.

Baisser sa garde uniquement parce qu’une aura perce les sorts n’était pas judicieux.

« Protégez le Seigneur et formez le carré ! »

Le pouvoir de feu des chevaliers mages était puissant, mais leur temps de réaction lent et l’incantation longue.

Sur ordre de Horen, les chevaliers et mages s’entrelacèrent pour former un carré défensif autour du carrosse.

Impossible d’oublier une leçon apprise.

Elle résultait de centaines de milliers de combats communs avec les mages.

« L’entraînement porte décidément bien ses fruits. »

Cassion observa la scène et esquisma un léger sourire.

Quand les sorts des chevaliers mages étaient prêts, les combattants reculaient, et inversement. Pressés d’enchaîner, ils avançaient pendant l’incantation, permettant de gérer la situation sans accroc.

« Parce que ce sont mes chevaliers. »

répondit Ruel sur un ton naturel.

« Je sens aussi un ressentiment personnel. Avez-vous informé les deux lieutenants de la Cendre Rouge ? »

« Oui. »

« Vous avez entretenu une flamme muette. »

« Un léger remords. Je ne pensais pas que ça prendrait une telle ampleur. »

–Si on se consume, on aura gros à gérer. Ce corps coupera le feu.

Ruel fixa Leo, parlant sérieusement, puis les esprits chuchotant, et effleura la tête du renard.

Leo s’allongea rapidement, dévoilant son ventre.

–Tapote ce ventre, pas ma tête.

Ruel resta bouche bée devant l’audace de Leo, qu’il prenait maintenant pour acquise.

Lorsque Ruel cessa sa marche pour le fixer un instant, Leo agita doucement la queue, les yeux brillants.

‘…Je l’ai élevé, je vais en assumer les conséquences.’

Ruel inhala du Souffle d’une main tout en massant le ventre de Leo de l’autre.

« Ça durera combien de temps ? »

« Le niveau ennemi a grimpé, mais les Chevaliers restent largement supérieurs. Ça va finir vite. »

Ruel hésita un instant.

‘Ça ne peut pas se terminer aussi vite.’

Pourquoi laisser voir à l’ennemi la vraie force des Chevaliers ?

Ils devaient la masquer.

« Relie le communicateur à Drianna. »

« Entendu. »

Cassion sortit son dispositif de transmission, y insuffla son aura, et le visage de Drianna apparut aussitôt.

Tyson et Drianna font toujours pareil, pourquoi les mages préfèrent-ils afficher leur visage sur leurs communicateurs ?

Drianna éteignit la lumière dans sa main, tapota précipitamment quelque chose ; l’écran s’obscurcit et seule sa voix resta audible.

- Ruel-nim, c’est Drianna. M’appelez-vous pour accélérer la fin des opérations ? Je règle ça dès que possible.

- « Non, c’est l’inverse. Agis comme si tout ce que tu viens de faire représentait ton apogée, la limite absolue de tes capacités. Pareil pour Horen. »

- « …Hm, compris. »

Lâche une voix crispée.

Mais elle répondit presque aussitôt, ayant perçu sa véritable intention.

- « La raison de cet ordre est-elle de limiter la puissance ennemie en dissimulant la nôtre ? »

- « Oui. »

- « Compris. Je transmettrai l’ordre de Ruel-nim et contrôlerons nos forces. »

Ruel coupa le lien en premier.

Cassion sourit faiblement.

« Ruel-nim, attendez-vous à ce que l’ennemi évalue la puissance des Chevaliers sous couvert de ce raid ? »

« Je pense oui. Il veut mesurer la progression des Chevaliers en comparant cet événement à l’incident précédent au portillon. »

Contrairement à ce qu’on attend, si les Chevaliers se révèlent plus forts, l’adversaire enverra davantage de troupes.

Sans savoir pourquoi précisément, l’ennemi ne pouvait avancer en toute confiance.

Il en jugeait ainsi grâce aux manœuvres en douce visant à riposter indirectement avec l’aide de nobles et de barons.

« Toussotte, tousse. »

Ruel toussa avant de prendre la parole.

« Lors de la dernière fois avec les Chevaliers Royaux, à cause des vagues, je n’ai eu d’un choix que de montrer mon jeu. Vous oubliez déjà le résultat ? »

« Impossible à oublier. Une idée absurde a vu le jour : celle d’un homme au sang noir. »

« Tant que les motifs les empêchant de se présenter et de lever le rideau ne seront pas réglés, notre politique actuelle privilégiera le rapport rendement-effort au minimum. Il faut répondre en abaissant volontairement le seuil d’engagement. »

Un sourire passa sur les lèvres de Ruel.

C’était à eux de déterminer la naissance ou non de l’homme au sang noir.

Jettant un coup d’œil à la fenêtre, il vit ses Chevaliers bouger avec plus de lenteur, comme accablés.

L’ordre avait apparemment bien été transmis.

« …Maintenant, il nous faut trouver le roi. » (Cassion)

Il ignorait s’il avait croisé l’existence inconnue que la femme sans nom disait être le roi. Le problème résidait dans l’absence totale d’indice.

Il ne restait plus une once de puissance héritée du héros.

« J’ai rencontré le roi lors du banquet. Je l’ai déjà identifié. » (Ruel)

Tandis que Ruel griffonnait légèrement son abdomen, Leo agitait à nouveau sa queue, le visage las.

« C’est donc le roi dont vous parliez ? Il n’y a aucune piste, c’est ça ? » (Cassion)

« Ça donnera des boutons. Au moins, je n’ai d’autre choix que d’attendre qu’une figure telle que la femme sans nom fasse le déplacement. »

Ruel ferma les yeux un instant, foudroyé par une montée soudaine de douleur.

« Je te donne un médicament. »

« Non, c’est supportable. »

Il parvenait à l’endiguer.

« Bref, pour l’instant, le retour à Setiria doit primér. »

Ruel rouvrit les paupières.

« Ensuite, il faudra affronter les chefs de famille et les neutraliser un par un. »

« Qui comptez-vous rencontrer en premier ? »

« Rie Kuhn. »

« Corrence Lumina ne passe pas en premier ? »

« C’était prévu, mais avant de conviander pour une prochaine fois, elle réclame de voir Jour Tourmenté. Puisqu’elle tient à le voir, je dois satisfaire sa demande. »

Cassion laissa échapper un profond soupir.

Il allait devoir faire reproduire un autre exemplaire du magnifique Jour Tourmenté.

« N’est-il pas possible que Rie Kuhn appartienne elle aussi à la Cendre Rouge ? Trouve que c’est une décision précipitée. »

« Certes, elle soutient le Deuxième Prince, mais selon moi, elle n’est pas de la Cendre Rouge. Elle ne le porte que par compréhension mutuelle. »

Ruel esquissa un sourire malicieux.

« De retour, il me faudra préparer les choses pour accueillir les invités. »

Il était temps que Jour Tourmenté accomplit de nouveau des prouesses.

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