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Hush Now, Saintess !

Chapitre 9

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Chapitre 9

Chapitre 9

Chapitre 9/2143%~6 min de lecture1 030 mots

Adossée à la porte fermée, j'ai souri jusqu'aux oreilles.

« Elles ont dû me voir sangloter pendant que Charlotte s'en allait. »

Et elles ont dû avoir une vue bien dégagée sur mon visage ravagé, puisque je ne m'étais même pas encore lavée. Et à part ça, une vue bien dégagée sur l'énorme bague à la main de Charlotte.

Aveuglée par les bijoux, Charlotte, de son côté, n'aura pas remarqué la présence des autres femmes de chambre dans son excitation.

Dès que j'ai entendu des gens bouger dans le couloir, je n'ai pu que me dire que ça valait le coup d'avoir poussé Charlotte dehors avec un timing aussi impeccable.

'Bon, maintenant, l'étape suivante.'

J'ai jeté un œil à ma montre et j'ai réalisé qu'il était presque l'heure du déjeuner.

Puisque j'ai dit à Charlotte de partir plus tôt aujourd'hui, il va falloir que j'ordonne à quelqu'un d'autre de m'apporter à manger.

Cependant, au lieu de tirer le cordon près du lit pour appeler une autre femme de chambre, j'ai lentement balayé les alentours du regard.

La chambre était dans un désordre absolu. J'ai attrapé un coin de la couverture et je l'ai secouée.

Flap !

La poussière s'est soulevée, puis est peu à peu retombée.

'Voilà, ça a l'air suffisamment crasseux, ici.'

Après avoir inspecté les lieux avec satisfaction, j'ai empoigné mon estomac qui gargouillait et j'ai quitté la chambre.

Avec une allure aussi minable, l'endroit où je me suis dirigée, c'était le bâtiment de la bibliothèque, séparé du manoir principal.

C'était dans le but exprès de me montrer au plus grand nombre de gens possible.

Pour rejoindre la bibliothèque, il fallait traverser le jardin de l'est, où passaient beaucoup de domestiques.

'Attirons un peu l'attention et allons lire quelques livres.'

C'est dans cet esprit que j'ai choisi la bibliothèque comme destination.

Et effectivement, je sentais de nombreux regards se poser sur moi tandis que je traînais les pieds vers la bibliothèque. Je suis arrivée là-bas assez contente de moi.

'Bon, étudions un peu.'

Puisque j'ai décidé de vivre pour de bon en tant que Roella, je vais avoir besoin de découvrir à quoi ressemble ce monde.

En plus de ça, il faut que j'essaie de chercher des informations sur ces fenêtres d'état qui surgissent soudainement devant moi.

'Savoir, c'est pouvoir ; savoir, c'est s'enrichir.'

J'ai noué grossièrement mes cheveux raides et je me suis mise à chercher au hasard des livres à lire.

* * *

Quelques jours plus tard —

Une certaine rumeur commença à se répandre dans la résidence ducale.

« Charlotte a mis la main sur le point faible de la demoiselle du duché, et elle s'en sert pour la menacer. »

Au début, il y eut beaucoup de gens qui n'arrivèrent pas à y croire.

Cette terrible demoiselle du duché, menacée par une femme de chambre ?

Cependant, malgré leurs réticences, bon nombre de gens furent témoins de la scène du prétendu crime au bout de quelques jours.

« La chambre de Mademoiselle était un vrai capharnaüm et Charlotte n'a même pas pris la peine de ranger. »

« C'est pareil pour ses vêtements et son allure générale. On dirait que Mademoiselle fait tout toute seule, et malgré ça, elle avait l'air visiblement négligée. »

« Ouais, elle me fait un peu de peine. »

« Je sais que Mademoiselle n'a donné aucun ordre non plus, du coup, ce n'est pas facile pour les domestiques de la servir. »

« C'est vrai, ça aussi. Elle pourrait s'imaginer qu'on la méprise ou je ne sais quoi, et on se ferait passer un savon. »

Les femmes de chambre hochèrent la tête à l'unisson.

Vu le caractère de la demoiselle du duché, c'est une possibilité tout à fait plausible.

Malgré tout, indépendamment de cela, il n'en restait pas moins vrai qu'elles avaient de la peine pour elle.

C'est une noble épineuse à servir, mais elles se sentaient toutes mal de la voir si abattue.

« En plus, on dirait qu'elle ne vit plus qu'à la bibliothèque ces temps-ci. Est-ce que les gens ne se servent pas des livres pour fuir la réalité quand ils traversent une période difficile… »

« Comme on pouvait s'y attendre, les rumeurs doivent être vraies. »

Quelqu'un secoua la tête et marmonna cela.

« De quoi parlez-vous ? »

Et quelqu'un, derrière elles, posa soudain la question.

Les femmes de chambre se figèrent et relevèrent la tête avec raideur. C'était une voix familière.

Le propriétaire de cette voix était un bel homme d'âge mûr.

« M-Monsieur le majordome. »

Le majordome en chef, Graham, s'adressa à toutes celles qui baissaient la tête, un sourire aux lèvres.

« Cette rumeur m'intéresse, je serais curieux de l'entendre. »

* * *

« Une étrange rumeur circule dans le manoir ces temps-ci, Votre Grâce. »

En entendant Graham dire cela, le duc interrompit le mouvement de sa main qui écrivait, puis releva la tête pour regarder le majordome en chef.

« Une rumeur ? »

« Oui, monsieur, il s'agit de Mademoiselle, qui serait menacée par une femme de chambre. Il semblerait que cette servante fasse chanter Mademoiselle. »

Mais en réponse, le duc se contenta de hausser un sourcil avec un ricanement.

« Cette enfant se ferait faire chanter ? »

Même un chien qui passait par là en aurait aboyé de rire.

La voix qui avait murmuré cela était pourtant vaguement sincère.

'Comme prévu, Votre Grâce n'y croit pas.'

Graham soupira et secoua la tête.

Il pensait déjà que le duc jugerait la chose impossible.

Il était même bien plus probable qu'il pense que la demoiselle du duché était elle-même celle qui faisait chanter les autres. Après tout, elle n'était pas du genre à se laisser piétiner.

Et pourtant.

« Il y a quelques jours, Mademoiselle s'est évanouie après s'être cogné la tête contre un pilier. Cela s'est produit alors qu'elle courait dans le couloir, encore en chemise de nuit. »

« Quel rapport entre la rumeur et ses crises de folie ? »

« On raconte aussi qu'elle semble être en état de choc après avoir été menacée, monsieur. Et plus encore, elle est soudain devenue silencieuse par la suite. »

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