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Hush Now, Saintess !

Chapitre 28

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Chapitre 28

Chapitre 28

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Une fois la fontaine construite, je pourrais me servir de ces dons et les faire compter comme les miens, d'une manière ou d'une autre. Même si c'est indirect, techniquement, ils resteraient bien à moi, non ?

« Et s'il me suffit de coller mon nom sur la fontaine pour proclamer que j'en suis la donatrice principale, puis de laisser la gestion au temple, je n'aurai absolument plus rien à faire. »

Par bonheur, aucune fenêtre de notification n'apparut nulle part pour contrarier mon idée.

Une fois cette conclusion tirée, j'en avais parlé à Victor juste après le cours, afin que le plan puisse être mis en œuvre au plus vite.

Il m'avait écoutée attentivement, l'expression clairement pleine d'intérêt.

« Voilà une idée réellement merveilleuse. »

... Et il m'avait même complimentée, en plus.

J'avais ensuite demandé la faveur du consentement écrit du grand prêtre, et heureusement, Victor y avait réagi favorablement.

Il a peut-être déjà transmis ma requête au grand prêtre, à l'heure qu'il est.

'Bon, ce qu'il me reste à faire maintenant, c'est...'

* * *

Ailleurs, dans une ruelle sombre.

Bien qu'il fît encore jour, pas un seul rayon de lumière n'atteignait cette longue ruelle sinueuse.

Elle se trouvait dans les bas-fonds de la grande capitale de l'empire.

Après tout, derrière la lumière, il y a toujours l'ombre.

Tous ceux qui vivaient là, dans cette ruelle sombre, avaient l'air affreusement glacés, mais ils s'obstinaient à rester sous leurs tentes délabrées dans l'espoir d'écouler leur marchandise.

On trouvait ici toutes sortes de biens.

Des armes, qui avaient l'air franchement dangereuses, jusqu'aux plantes, dont l'origine restait mystérieusement floue.

Il y avait même des pierres précieuses, dont il aurait été bien difficile de dire si elles étaient vraies ou fausses.

Malgré tout, tous ces articles avaient un point en commun.

Aucun n'était distribué légalement.

Bastion, tel était son nom.

C'était la ruelle dangereuse où toutes les illégalités possibles prospéraient.

De ce fait, les clients qui venaient dans un endroit comme celui-ci apportaient d'ordinaire beaucoup d'argent.

Les articles illégaux coûtent en général une fortune.

Quand deux hommes entrèrent dans la ruelle, les marchands les fixèrent, les yeux écarquillés.

Ces deux hommes étaient couverts de la tête aux pieds de manteaux épais, mais l'air d'élégance qui les entourait ne trompait personne.

Le plus grand des deux surtout.

À travers le manteau, on devinait ses longues jambes et ses larges épaules.

Ainsi que son dos ferme, sa démarche assurée.

Une chose sautait aux yeux de quiconque en avait deux : ce client était riche.

« Ohhh, vous là-bas, les deux grands frères ! On a de la marchandise incroyable pour vous aujourd'hui ! Vous venez voir ? »

« Non, n'allez pas là-bas, c'est mieux ici. On a de fantastiques herbes vénéneuses par ici, pourquoi ne pas y jeter un œil ? »

« Ehh, vous n'avez aucun besoin de ces herbes ! Venez ici, venez. On a plein de bijoux rares, très difficiles à trouver ! »

« Tss, ce petit voyou. Tu embrouilles mes clients exprès ? »

« Elle est bonne, celle-là. Et t'es qui, toi, pour dire que ce sont tes clients ?! C'est au premier qui les attrape ! »

Comme les sollicitations des marchands ne pouvaient plus se poursuivre de tous les côtés à la fois, les querelles finirent par éclater.

Ils se bousculaient pour revendiquer les clients. C'était une chose qui arrivait souvent dans ce quartier.

Si les clients avaient été des gens ordinaires, ils se seraient aussitôt recroquevillés. Mais les deux hommes n'accordèrent pas même un regard à ces marchands, comme s'ils ne s'intéressaient à rien.

Ils poursuivirent leur chemin.

Occupés à se disputer entre eux, les marchands comprirent trop tard que leurs clients potentiels étaient en train de leur filer entre les doigts. Alors ils s'accrochèrent en hâte.

« Ohé, hé ! Comment vous pouvez repartir comme ça ? Vous pouvez pas jeter un œil avant de partir, hein ?! »

Quand l'un des marchands se mit soudain à crier sur un ton menaçant, le grand homme s'arrêta net.

L'autre homme cessa aussi de marcher.

« Voulez-vous que je m'en occupe, monsieur ? »

Quand la question lui fut murmurée, le grand homme, Hildeon Cairos, haussa un sourcil.

Il n'y a pas plus d'un an encore, Hildeon roulait toujours sur les champs de bataille.

Il y avait longtemps déjà que l'empire avait déclaré la guerre aux païens, et Hildeon lui-même était entré dans cette guerre.

Beaucoup s'inquiétaient de voir le prince héritier en première ligne, mais ils avaient vite compris que leurs inquiétudes étaient inutiles.

Il était l'homme le plus fort de tout l'empire.

Et le membre de la famille impériale le plus béni depuis le premier empereur.

Malgré le chaos du champ de bataille, personne n'osait affronter Hildeon.

Il revint même de la guerre avec un surnom bien particulier.

Le Porteur de malheur.

On le lui avait donné parce que pas un seul ennemi ayant osé s'approcher de lui n'avait survécu.

La guerre s'était éternisée, ravageant les deux camps. Et pourtant, elle s'était achevée en un rien de temps grâce à sa seule participation.

Le vainqueur, bien entendu, fut l'empire.

Qu'un tel homme se trouve donc dans ce repaire de criminels...

« Laisse. Ce n'est pas la peine de s'en occuper. »

Pas la moindre trace de peur ne se laissait deviner dans son attitude.

Tandis que ses yeux verts balayaient les alentours, ils brillaient d'un mépris qu'il ne cherchait pas à cacher.

'De la moisissure qui ronge l'Empire.'

Élevé comme prince héritier depuis sa naissance, son amour pour l'empire était sans égal. Aussi nourrissait-il un profond mépris pour ce genre de gens.

Il était travaillé par l'envie d'arrêter à l'instant même tous les crimes qui se commettaient ici.

Mais il y avait une autre raison à sa venue en ces lieux.

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