'Donc si je donne, je récupère tout en pièces avec 10 % d'intérêts, et ensuite je pourrai tout rééchanger contre des shillings ?'
N'était-ce pas une sorte de compte à terme sûr et sans plafond, avec un joli taux de 10 % ?
Le cœur battant, j'ai humblement accepté la mission.
Oh, tu n'as pas de conscience, mais tu es quand même un bon petit systèmerde (fenêtre de système).
'Mais quand même, est-ce que c'est vraiment comme ça ?'
Le système n'avait absolument aucune conscience. Ça, je peux l'affirmer.
En comparaison, cependant, toutes les missions qu'il me présentait visaient étrangement la « moralité ».
Interdiction de jurer. Interdiction de la violence.
Fais monter ta réputation.
Fais un don au temple.
Est-ce que tout cela aurait un rapport, par hasard, avec l'objectif final que le système a mentionné plus tôt ?
Les questions surgissaient, les réponses se dérobaient.
J'ai déjà ratissé la bibliothèque, mais je n'ai rien pu en tirer.
En pliant le journal du matin une fois, puis deux, j'ai senti mes sourcils se froncer.
'Bon, je découvrirai ça plus tard.'
Concentrons-nous simplement sur la mission que j'ai sous la main.
* * *
« Mademoiselle, seriez-vous préoccupée par quelque chose, ces temps-ci ? »
Tout en me brossant les cheveux, Jane a posé la question avec précaution.
Jane est devenue récemment ma nouvelle femme de chambre attitrée. Mary aussi.
« Préoccupée ? »
« Oui. Vous fixez le vide depuis tout à l'heure. »
« Haha, c'est peut-être parce que je suis encore convalescente ? »
J'ai souri d'un air gêné et j'ai répondu vaguement.
'Honnêtement, il y a bien quelque chose qui me préoccupe en ce moment.'
Je réfléchis à la façon dont je devrais réunir l'argent des dons.
Pour être exacte, à où et comment je vais donner.
Je pourrais tout donner en espèces, mais…
'Plutôt que ça, je crois qu'il y a une méthode plus révolutionnaire de s'y prendre.'
Si je cherche une façon particulière de faire, c'est parce que cette mission est une bonne occasion pour moi de me remplir les poches.
Après l'incident avec Charlotte, j'ai compris l'importance d'avoir mon propre argent.
Quand j'y pense, l'argent que je dépensais jusqu'ici n'était pas le mien.
Techniquement, c'était l'argent du duc, en totalité.
Et cela voulait dire que si le duc décidait de me couper les vivres, je pourrais me faire jeter dehors à tout moment avec pour seul bien les vêtements que je porte.
Cette fois-ci, je l'ai réalisé personnellement à travers mes trois mois de rente suspendue.
'La meilleure voie à suivre, c'est de gagner les faveurs du duc et de vivre en demoiselle du duché née avec une cuillère en or, pendant des centaines et des milliers d'années, mais…'
À ce stade, Roella et le duc étaient déjà profondément brouillés.
Ce n'est pas comme s'il y avait zéro chance que notre relation se répare, mais si je n'y arrivais pas ? Après tout, je ne suis pas exactement dans la situation la plus stable qui soit.
Ou alors, une fois que j'aurai été démasquée comme fausse sainte, et s'il me mariait à un homme dont je ne veux pas, comme si on me vendait ?
'Je ne crois pas que le duc soit un homme aussi horrible, mais…'
Malgré tout, il n'y a pas de mal à se préparer au pire.
'Mmh. Je suis préoccupée, c'est un fait.'
Je suis profondément préoccupée.
Donc, il faut que je mette la main sur de l'argent qui soit entièrement à moi. Et sur des biens personnels dont je puisse disposer sans que personne y trouve à redire.
'En cas d'imprévu, la seule chose qui puisse me protéger, c'est l'argent.'
Même si les gens me trahissaient les uns après les autres, l'argent, lui, ne me ferait jamais défaut.
C'est une dure vérité à laquelle j'ai ouvert les yeux du temps où je me traînais encore dans la boue, dans ma vie précédente.
Je pensais à tout cela quand la « Mission Donation » a surgi devant moi.
C'était une occasion en or.
C'était une chance de me remplir les poches.
'Je vais pouvoir donner mes biens actuels dès maintenant. Cependant…'
Mes fonds sont limités pendant trois mois, parce que Roella s'est fait escroquer et que la rente a été suspendue.
Bien sûr, je peux toujours réunir de l'argent en vendant des objets précieux.
'Ça ne suffira pas pour les dons, cela dit.'
J'ai envisagé de donner une fois les trois mois de suspension levés, mais si la période de la mission était déjà terminée d'ici là ?
Je passerais bêtement à côté de cette occasion en or.
Donc, tout de suite, il va falloir que je rassemble tous les biens que j'ai sous la main et que je trouve un moyen d'y arriver d'une façon ou d'une autre.
Hier et aujourd'hui, mon cerveau n'a fait que tourner et retourner là-dessus.
« Mademoiselle ? »
« Ah, oui. »
J'étais encore en pleine rumination, mais j'ai été tirée de ma rêverie quand Jane m'a appelée.
« Est-ce que ça va ? Vous n'avez pas l'air en forme. »
« Ah, oui. Ça va. C'est juste que je n'ai pas bien dormi cette nuit. »
Tandis que je me trouvais cette excuse avec un sourire gêné, l'expression de Jane a vacillé, allez savoir pourquoi.
Hmm ? Pourquoi elle devenait toute sentimentale, là ?
« Mademoiselle… »
Elle avait bizarrement l'air d'être sur le point de pleurer.
Comme je clignais des yeux d'un air intrigué en la regardant, elle a joint les mains très fort et s'est écriée.
« S'il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour Mademoiselle, dites-le et je ferai tout pour vous aider. Alors ne supportez plus tout toute seule, je vous en prie ! »
« Mer… ci ? »
J'ai répondu machinalement sans avoir le temps d'y réfléchir, et là-dessus, Jane a souri. Elle avait l'air contente.
Qu'est-ce qui se passe.
'Ne supportez plus tout toute seule… hein ?'
J'ai senti une inquiétude sournoise me remonter le long du dos, mais juste à ce moment-là, quelqu'un nous a interpellées depuis l'autre côté de la porte.
Puis une bonne nouvelle est arrivée.
« Mademoiselle, une visiteuse est arrivée. »
Une visiteuse ? Pour moi ?
Qui que ce soit, j'ai répondu en toute hâte. Tout ce à quoi je pensais, c'est que je préférerais ne pas rester seule avec Jane à cet instant.
« Dites à la visiteuse d'entrer ! »