Une rangée de robes colorées suspendues côte à côte semblait former les drapeaux du festival.
Rouge, vert, pourpre, crème, bleu ciel, rose et jaune, de délicates broderies et des joyaux incrustés sur toutes sortes de tissus de haute qualité : organdi, dentelle, erode, mousseline, et bien d'autres encore.
(T/N : je jure… ce roman m'apprend de nouveaux noms, de nouveaux mots et de nouveaux comportements LMAO)
C'était un paysage éblouissant et chatoyant.
« Lequel préférez-vous, madame ? »
« Eh bien, Ronja, qu'en penses-tu ? »
« Je n'ose pas choisir la plus belle. »
Si j'étais surprise, Ronja et Lucille, elles, étaient en extase devant toutes.
Quand je vis les ornements brillants dans l'écrin décoré de roses rouge vif et de rudbeckias jaune vif, j'ai failli en saliver.
En fait, j'étais un peu comme elles aussi. Je veux dire, qui ne serait pas émerveillée par ça ?
« On dirait que le duc aime beaucoup sa femme. »
Notre cupide Lucille exprima son sentiment sans pouvoir détacher les yeux des diamants aux cinq couleurs qui les remplissaient.
Mon dieu, que c'est cher ! Mais je devais admettre que j'étais un peu touchée.
Je ne savais pas que ce connard m'enverrait de si luxueux cadeaux.
La saison du tournoi de gladiateurs commençait enfin, et le jour où Cesare arriverait au port d'Elmos avec la fierté de la Romagne était tout proche.
C'était une réalité qu'on ne pouvait s'empêcher de trouver morose, mais je me sentais plus pleine d'espoir qu'avant.
Allons, du courage. Ne faisons pas d'erreurs et assurons. Il ne reste que quelques jours à tenir.
Avec une telle détermination, je fis un pas, portant sur la tête un chaplet aux diamants multicolores qui brillaient comme des étoiles.
(T/N : pas le chapelet de prière évidemment, mais un diadème/couronne.)
Même si je ne voulais pas de ces cadeaux, je devais dire merci.
« Vous allez vous faire mal si vous courez comme ça ! »
Comme je descendais l'escalier en colimaçon, j'ai failli trébucher quand une voix sévère résonna soudain.
Mon beau-père et un majordome se tenaient côte à côte près du couloir.
Je m'arrêtai net.
« Oh, excusez-moi si j'ai manqué de respect… »
« Quel beau chaplet. Qui êtes-vous si pressée de le lui montrer ? »
Est-ce qu'il est sarcastique encore ? Pourquoi le père ressemble-t-il autant à son fils ?
Le majordomel me regarda, hésitante.
« Je suis sûr que le duc est dans son bureau à présent. Le chaplet de diamants vous va à ravir. »
« Ah, vraiment ? Il me va vraiment bien ? »
Quand il sourit largement en faisant briller ses yeux, le majordome expérimenté et mon beau-père échangèrent un regard un moment et toussèrent en même temps.
Pourquoi ? Quoi ?
« Les diamants de la maison autrichienne Robesque sont réputés pour leurs couleurs éclatantes. Je me demande s'il existe quelqu'un d'autre qui puisse les porter aussi bien que madame. N'est-ce pas, monsieur ? »
« Depuis quand m'intéresse-je aux bijoux ? Bref, dépêchez-vous et allez-y. Ne courez pas. »
Qui m'a arrêtée en chemin ?
Bref, ce trouble bipolaire doit venir des gènes paternels de la famille.
Dire que ça me va, même si ce ne sont que des paroles en l'air, quelque chose ne tournait pas rond.
「…… c'est de la compétence de la garde urbaine, et nous n'avons rien à voir là-bas. »
« Dites-lui de revérifier quand il aura le temps. »
« Ils veulent encore que vous soyez absent. Quelque chose à propos d'un rêve…. »
« Pourquoi ce royaume est-il si plein de croyants superstitieux ? »
« Mais demander leur faveur est-il aussi simple que le travail d'une nourrice ? Sérieusement. »
« Alors, le reste de la délégation sera partagé par les membres de la Table Ronde…. »
Pourquoi ont-ils oublié de dire qu'il y avait des invités ?
Arrivée devant le bureau de mon mari aussi doucement que possible, je m'arrêtai devant la scène qui semblait gênante.
C'était une atmosphère plutôt sérieuse, et j'eus l'impression qu'il valait mieux revenir plus tard.
« C'est une suite de la Romagne quand même.… Ruby ? »
Je tournai soudain la tête et croisa le regard d'Izek, qui se leva aussitôt du bureau.
Du coup, tout le monde dans le bureau se tourna vers moi d'un coup. Je ne savais pas quoi faire.
« Désolée de vous déranger. Je croyais que vous étiez seul.. »
« Tu tombes à pic. J'en avais marre de l'écouter. C'est un joli accessoire. Tu es venue le lui montrer ? »
Ce fut une salutation que Ivan, assis sur le bord du bureau dans une position plutôt fatiguée, adressa en se levant.
Étonnamment, Izek grogna dès que j'essayai de me tourner naturellement vers eux, cachant ma gêne face à sa salutation taquine qui n'avait rien d'inhabituel.
« C'est l'heure de manger. Allez manger, vous, les connards. »
« Ce salaud- »
Grâce à Sir Galar, qui était assis en écrasant le nouveau canapé jaune mignon, nous avons tous pu éviter de nous salir les oreilles.
Sir Ivan partit la bouche bloquée par la large poigne de Sir Galar.
Après cela, le fougueux Sir Camu s'inclina légèrement vers moi et les suivit.
Ensuite, un paladin avec un bandeau sur son visage souriant et un paladin avec un masque sur… Tous étaient les quelques élites que j'avais vus à ce moment-là, en y repensant.
J'entrai dans le bureau légèrement et fermai la porte.
Mon mari, qui me fixait, esquissa un sourire et releva les commissures de ses lèvres.
« Pourquoi es-tu si excitée ? »
« C'est à cause de toi. À cause des cadeaux que tu m'as envoyés. »
« Je suis content que ça te plaise. »
« Tous sont si beaux que je ne peux pas décider quoi mettre en premier. Je ne sais même pas comment te remercier. »
« Si tu les portes bien, ce sera ma récompense. »
Vraiment ? Je souris et tapotai le chaplet sur ma tête.
« Il me va bien ? J'ai l'impression d'être une princesse avec ça. »
Izek s'approcha les bras croisés et m'enlaça en saisissant ma taille.
Puis, il me souleva plus haut que ses yeux, me fit tournoyer dans les airs et me posa sur le bureau.
« Tu es une vraie princesse, c'est pour ça que le lézard obèse t'a enlevée. »
Quel genre de logique était-ce ? Je crus que le bout de mon nez picotait, mais puis un baiser descendit.
Sur mon nez, mes paupières, mes joues et mes lèvres.
Gérer quelque chose de plus doux qu'un rêve.
« Iz. »
« Quoi ? Princesse sans cœur. »
« Pourquoi suis-je sans cœur ? »
« Tellement froide que tu me brises le cœur. »
« Je n'ai rien fait. »
Comme je protestais que c'était injuste, il me pinça la joue et l'étira au maximum.
Non, mais tu as déjà vu quelqu'un qui garde rancune comme ça ?
« Tu vas bientôt revoir ta famille, tu vas être très heureuse de les voir. »
« C'est vrai… tu vas les rencontrer au port d'Elmos ? »
« C'est mon beau-frère, mais bien sûr que j'irai moi-même. Pourquoi ? Tu veux venir toi aussi ? Tu veux le rencontrer le plus vite possible ? »
Bien sûr, ce n'était jamais ça. Juste, c'était un peu étrange que je sois laissée derrière et qu'Izek parte accueillir le corps dirigé par Cesare.
Parce que dans l'original, c'était l'inverse.
En plus, c'était surprenant qu'Izek se porte volontaire pour l'accueil.
Qu'est-ce qu'il pensait ? Juste qu'il voulait montrer de la courtoisie à mon frère ?
« Je le ramènerai sain et sauf, alors ne t'inquiète pas et attends ici. Vous pourrez vous saluer dans la salle de banquet. D'ici ton arrivée, nous y serons. »
Ce n'était pas ça qui m'inquiétait, mais j'acquiesçai calmement.
C'était un peu décevant de rater la première rencontre de ces deux-là.
Dans l'original, ils se rencontraient à peine et se traitaient comme s'ils regardaient des vaches ou des poules.….
« Iz, tu sais. »
En caressant lentement mon dos, il releva légèrement les sourcils et me regarda droit dans les yeux.
Chaque fois que je croisais ces yeux qui changeaient de couleur, me demandant pourquoi, les soucis et la nostalgie, et toutes ces émotions que je ne pouvais pas connaître, mon cœur devenait étrangement froid.
« … Non, c'est rien. Je vais m'apprêter et t'attendre. »
Comme j'aimerais que tout au monde soit tel qu'il apparaît.
En fait, je voulais tout lui dire.
Je ne suis pas la princesse que les autres croient, j'ai peur de toi, j'ai peur que tu changes, et je veux que tu restes avec moi au lieu de participer au tournoi.
Mais ce n'était pas possible.
Ne me laissons pas influencer.
Je devais jouer ma propre partie pendant qu'il se battait au tournoi de gladiateurs.
Avec une telle détermination, je passai mon bras autour de son cou et l'embrassai dans le cou.
Il n'a même pas fallu un seul battement de cil pour que la main qui caressait mon dos relève l'ourlet de ma robe.
***
« Madame, gardez les yeux fermés. Donnez-moi la brosse. Où avez-vous mis l'huile de henné ? »
« Vous avez fini de chauffer les fers ? »
« Dépêchez-vous et bougez ! »
Ouf, les préparatifs du dernier jour étaient incomparablement mouvementés.
Le premier jour du festival, j'ai failli être submergée par les préparatifs mais aujourd'hui c'était juste horrible.
« Et l'alun et la poudre de kohl ? »
« Apportez-moi plus de poudre de perle. »
« Madame, laissez vos mains tranquilles comme ça. C'est fini ? »
« Attention de ne pas vous salir les mains ! »
Il y avait beaucoup de bruit.
Je ne pensais pas que la Romagne mettait tant d'efforts dans la décoration.
En effet, ce n'était pas facile d'agir en duchesse d'Omerta.
Le temps passa dans une atmosphère affairée et chaotique.
Ce ne fut que lorsque le soleil se leva au milieu du ciel que je me retrouvai enfin devant le miroir, reprenant mon souffle.
« Qu'en pensez-vous, madame ? »
Que dire à ces yeux brillants de fierté et de satisfaction ?
Je clignai une fois des yeux, pensant que ça en valait la peine.
Peut-être grâce au maquillage soigné, j'avais l'air bien plus vivante et fraîche que d'habitude.
Mes lèvres et mes ongles étaient brillants, une robe rose décorée de fourrure et de bijoux autour de la poitrine, des chaussures, un ruban, et des diamants colorés pendaient à mon cou, et des bijoux à mes oreilles scintillaient comme des chandeliers.
Mes cheveux étaient comme un châle doré surmonté d'une couronne colorée faite de rubis et de minuscules gemmes semblables à des saphirs.
(T/N : corona est une couronne.)