« Bien sûr que non. C'est juste que j'ai un peu de retard à cause de quelque chose. La Princesse est venue avec qui ? »
« Je suis là avec ma nourrice. Ma mère ne vient pas souvent dans ce genre d'endroits. »
Je vois. C'était compréhensible. Les frères et sœur Omerta étaient les descendants du roi, pas de la reine esclave.
En tout cas, le roi semblait se soucier de son neveu, le destructeur de personnalité, étant donné que la petite princesse était présente. À côté d'Ari se tenait une autre fille d'à peu près le même qu'elle.
Elle était mignonne comme une poupée, avec de beaux cheveux blonds et des yeux émeraude étincelants.
La fille prit la parole la première, juste au moment où j'allais dire : « L'époux de Milady est un Paladin. »
« Oui, petit. »
« Mon frère est Paladin, lui aussi. »
« Ah, je vois. Tu penses que je le connais ? »
« Peut-être. Mon frère est plutôt célèbre, aussi. Son visage est beau, mais sa bouche est très sale. Ma mère a dit qu'il avait probablement avalé de l'eau de gouttière. »
Attendez, pourquoi avais-je l'impression de savoir qui c'était ? Maintenant que j'y réfléchissais, la couleur de ses cheveux et de ses yeux me disait quelque chose. Et sa façon de parler…
« On peut boire ça, nous aussi ? »
« Oh, non, non. À la place, vous pouvez choisir le jus ici. »
« Ton mari me portait sur ses épaules, avant. »
Vraiment ? Izek ? Vraiment ? Pas possible.
D'ailleurs, s'il était si gentil, pourquoi Ari avait-elle si peur de lui ?
La fille me tira la langue mignonnement face à mon regard plein de doute.
« Mon frère l'y a forcé, mais quand même. »
C'est ça. Impossible qu'un homme aussi froid ait un côté si attentionné.
« Mais, ma Dame, Ari a dit que vous lui avez permis de toucher vos cheveux. C'était sérieux ? »
« J'étais sérieuse ! Mais pas maintenant. On ne peut pas le faire ici. »
« Pourquoi pas maintenant ? »
« Les gens regardent, Leah. »
« Je veux le toucher maintenant. »
Contrairement à Ari, qui était assez timide, la sœur de Sir Ivan était une fille hardie et effrontée. Était-ce le pouvoir du sang ou celui de l'environnement dans lequel elle avait grandi ? Peu importe, elles étaient toutes les deux vraiment mignonnes. J'espérais qu'elles grandiraient sans être blessées.
« Je m'en fiche si tu touches mes cheveux maintenant. Qu'est-ce que ça peut faire si les autres le voient ? »
« C'est vrai, pourquoi les autres ne pourraient-ils pas le voir ? »
Alors que je m'asseyais sur les marches derrière moi avec un sourire, Leah s'approcha de moi et tendit la main comme si elle avait attendu ça.
Ari hésita, puis commença elle aussi à caresser mes cheveux. Leurs doigts glissèrent dans les mèches, les tortillant et les enroulant.
« Qu'est-ce que vous faites ? »
Tu as un don pour gâcher une bonne ambiance.
J'essayai de me relever, mais les deux filles étaient collées à mes épaules, alors je restai là, à sourire béatement.
« Où as-tu erré ? »
« Je n'errais pas. Je suis le personnage principal de ce banquet. »
Quelle réponse ? Tu te vanes ? Ou tu dis que tu peux aller n'importe où parce que tu es le personnage principal ? Quel monsieur-je-sais-tout.
Mon beau mari se tenait droit un instant et me regarda de haut, mais détourna vite les yeux vers les deux filles.
Ne les fixe pas comme ça. C'est pour ça qu'elles ont peur de toi !
Je sentis la pauvre Ari frissonner.
C'est bon, je comprends ce que tu ressens.
« Oh, vous jouiez ici, vous aussi. Leah, tu as bien dit bonjour ? »
« Je t'ai un peu maudite. »
« Quoi ? »
Sir Ivan, qui avait suivi Izek, avait déjà retrouvé son air sérieux et agréable.
Mais qu'est-ce qu'elle voulait dire ?
« Ahaha, la Princesse et la Jeune Dame jouaient avec moi. »
« C'est exact. »
« Oui. »
Les gars, ne prenez pas ça si au sérieux.
Je fus à nouveau jugée par mon mari pour être au même niveau qu'une princesse de six ans. Comme j'essayais lentement de me lever, Izek tendit soudain la main.
Voulait-il m'aider à me relever ? J'étais sûre qu'il se sentait généreux parce que c'était son anniversaire. Dès que je saisis sa main, mon corps se redressa vivement.
« Tu peux le refaire une fois de plus ? »
(T/N : Je ne sais pas pourquoi elle a dit ça, ça n'a pas de sens.)
« …… »
« Je suis désolée, je ne t'embêterai plus. »
Alors s'il te plaît, laisse-moi tranquille. Il me fixa à nouveau intensément, ses yeux brillant d'une tristesse aussi grande que possible. Pourquoi me regardait-il encore comme ça ?
À un moment, j'ai cru que le plus dur était de suivre le rythme de Cesare, mais j'avais tort. Comprendre l'esprit tordu de mon mari était le plus difficile !
Attendez. Était-ce à cause de ça ?
« Oh, je vais te donner ton cadeau d'anniversaire. »
Alors que je fouillais dans la pochette de soie que je tenais, il cligna des yeux comme s'il l'avait attendu. Ce snob…
Honnêtement, après avoir vu la pile de cadeaux brillants entassés d'un côté de la salle, je n'avais pas envie de sortir les miens, mais je n'avais pas le choix. Que pouvais-je bien faire de ma situation ?
« Eh bien, ce n'est rien, mais j'ai veillé toute la nuit pour le faire. J'espère qu'il te plaira. Joyeux anniversaire. Je suis si contente que tu sois né. »
Qu'il l'aime ou non, je souris largement en lui tendant son cadeau avec enthousiasme.
Izek posa le regard sur ma main. Pour être exacte, il jeta un coup d'œil au mouchoir brodé de tournesols et à la lettre pliée avec soin.
Mon cœur battit la chamade d'anxiété.
Ne le déchire pas, ne le déchire pas, non, tu peux le déchirer, mets juste fin à cette guerre silencieuse.
Pourquoi était-ce si soudainement silencieux ? Il ne fallut pas longtemps avant qu'il relève lentement les yeux à nouveau et croise mon regard. Pour une raison quelconque, son visage affichait des émotions mêlées, comme celles que j'avais vues dehors.
Pourquoi avait-il l'air si épuisé ? Ne me dites pas que recevoir un cadeau comme celui-là était trop pour lui.
Gloups, j'avalai ma salive.
Les coins de ma bouche, qui souriaient, commencèrent à tressaillir, mais j'ajoutai : « Ce n'est rien. »
« Je ne, jamais, plus, je ne mettrai plus les pieds dans le plat. »
« Alors s'il te plaît, ne me déteste pas. »
Pourquoi ne dis-tu rien en retour ou ne le prends-tu pas ?
Fais-le pour moi, s'il te plaît. Mon bras me fait mal.
Finalement, il bougea enfin la main.
Le mouchoir que j'avais essayé de broder et la lettre que j'avais écrite gisaient faiblement dans sa poigne de fer !
« C'est… »
« C'est, c'est une lettre d'excuses sincère que j'ai écrite. »
« Est-ce qu'il te plaît ? »
J'allais dire que c'était une lettre sincère, mais je me suis dit que je préférais crever.
Alors j'ai dit que c'était une lettre d'excuses.
Heureusement, ce n'était pas complètement faux, puisque les mots que j'avais écrits étaient assez ambigus, et il ne finit pas par la déchirer en morceaux.
Ah, mais pourquoi la serres-tu si fort ? La lettre va se froisser.
« Écoute. »
« Quoi ? »
« Je l'aime. »
« Vraiment ? »
« Oui, vraiment. »
L'homme qui cracha ça sur un ton assez serein saisit ma main qui retombait lentement.
Ses yeux couleur sang prirent mes doigts gonflés.
« …… si bête. »
Évidemment, c'était trivial, mais pourquoi cela sonnait-il si douloureux ?
Le vent du Nord — Cirque —
Dès que l'anniversaire d'Izek fut terminé, le ciel d'Elendale devint rapidement gris.
Un climat morne, propre au Nord, avait commencé, rendant difficile d'apercevoir ne serait-ce qu'une poignée de soleil avant l'arrivée de l'été prochain.
Je comprenais pourquoi il y avait tant de gens tordus ici, avec un environnement si sombre et inquiétant, il était dur de ne pas le devenir.
Ils étaient enclins à la dépression, la peur inconnue de quand et où un monstre assoiffé de sang surgirait pesant sur eux.
Même le plus innocent risquait de devenir un pessimiste féroce et sensible en moins d'un mois.
Dans cette situation, une personne dont l'existence avait été oubliée fit son retour.
Le duc d'Omerta, le père d'Izek et d'Ellenia, était enfin revenu à Elendale.
« Je m'excuse pour la salutation tardive. »
Je m'imaginais vaguement que leur père aurait été un homme d'âge mûr à l'allure acérée, qui aurait conservé la beauté de sa jeunesse, aussi beau que le meilleur chevalier du Nord. Mais ma prédiction vola en éclats cette fois encore.
C'était évident que c'était la défunte duchesse qui avait transmis une telle beauté à ses enfants.
Ses yeux rouges ressemblaient à ceux de ses enfants.
Cependant, la combinaison de ses yeux tombants, de ses rares cheveux noirs hirsutes, de son menton anguleux et de sa physique gigantesque de troll le faisait ressembler davantage à un chef de bandits sauvages qu'au chef des chevaliers de la Britannia.
« J'ai craint que mon fils ne vous ait pas traitée correctement. »
« Vous êtes trop bon. »
Le Duc inclina la tête sur le côté en répondant par un sourire.
Ellenia, qui était assise en silence, intervint soudain : « Vous avez raté l'anniversaire de Frère, Père. »
« Ce n'est pas grave. Ce garnement aurait préféré que je n'y sois pas de toute façon. »
« Sa Majesté a également exprimé ses regrets. Vous n'étiez pas là pour le banquet de mariage non plus. »
« Rien d'inhabituel. Plus important encore, Jeune Dame, êtes-vous allée au temple ? »
Ellenia mordit sa lèvre inférieure. Je posai délicatement la tasse de thé que je tenais.
La question de savoir si j'étais allée au temple n'était pas une question de savoir si j'avais fait une démarche politique pour rendre visite aux prêtres ici en tant qu'épouse d'Izek.
La tradition du Nord de visiter les temples ensemble signifiait que les nobles fraîchement mariés passaient leur nuit de noces et devenaient un vrai couple.
C'était inattendu que son père me demande cela. Pour être honnête, je n'aurais jamais cru entendre une question pareille. Rudbeckia de l'original n'avait jamais passé la nuit avec Izek, car personne ne les avait forcés à accomplir leur devoir.
Si quelqu'un l'avait fait, cela aurait été désastreux pour les deux camps.