Récemment, je m'étais attelé à la fusion de la beauté géométrique et de la beauté artistique.
Cela n'aidait pas tant que ça à améliorer les performances de ma canne, mais je voulais soigner l'apparence, pas seulement la performance. J'aime bien les cannes brutes, ceci dit ?
Par l'intermédiaire du professeur Hinata, je me faisais livrer des ouvrages de mathématiques et d'art, je les dévorais bien au chaud sous mon kotatsu au charbon, et chaque jour je notais les idées qui me venaient sous l'effet de l'inspiration.
Pendant l'hiver, les travaux des champs sont en pause. Grâce au kotatsu et au poêle à bois, la pièce reste chaude même sans électricité.
Au dîner, je mange à satiété du riz neuf cuit au pot. Le matin, je fais bouillir le riz de la veille avec de l'eau de source, des copeaux de poisson séché, des champignons, du daikon séché et une pincée de sel pour en faire une bouillie bien garnie.
Tout est délicieux. Le riz neuf, c'est vraiment incomparable au riz vieux ou très vieux : la cuisson, la texture, l'arôme, tout est d'un autre niveau.
Vers le printemps de cette année, mon miso et ma sauce soja maison auront fini de mûrir. Je pourrai alors cuisiner sans me soucier des stocks en utilisant généreusement ces condiments qu'on pourrait appeler l'âme des Japonais. J'ai hâte.
C'est ainsi que je menais une vie paisible et autonome dans mon atelier au fin fond des montagnes, quand un matin, au réveil, je me rendis compte qu'un champignon poussait sur ma tête.
Presque quatre ans depuis la catastrophe des gremlins. J'ai fini par m'habituer à toutes sortes d'événements incongrus, mais là, j'ai quand même flipé.
C'est pas parce que j'ai trop mangé de champignons qu'il m'en pousse un sur la tête !?
J'étais terrifié, mais le champignon sur ma tête était d'une espèce que je n'avais jamais vue. Ce n'était pas le genre de champignons comestibles que je ramasse d'habitude en montagne.
Son chapeau portait un motif tacheté violet et rouge venimeux. Les plis de son pied ressemblaient à s'y méprendre à un visage humain.
C'était flippant.
Comme ça avait l'air mauvais pour la santé, je l'arrachai illico de ma tête et me lavai les cheveux méticuleusement au shampoing pour en éliminer les racines.
Une fois le champignon arraché et la douche prise, j'eus l'impression que mon corps s'était allégé. Hum, c'était donc un champignon parasite ?
Qu'il s'agisse d'une espèce rare terrestre ou d'un monstre de type spécial, je n'en sais rien, mais en souvenir de ce qui avait poussé sur mon corps, je mis le champignon arraché à macérer dans de l'alcool pour le conserver comme spécimen.
En observant le champignon flotter dans l'alcool de son bocal, je trouvais ça plutôt flippant, mais aussi marrant. C'est pratiquement comme une dent de lait qui serait tombée et repoussée. Enfin, je pense. Je sais pas.
Deux jours après l'apparition du champignon, je me rendis chez la Sorcière Bleue avec mon spécimen et un jeu de société. J'avais demandé via un familier-œil si je pouvais passer, mais pas de réponse. On dirait qu'elle m'a bloqué. Comme je l'ai déjà fait moi-même, c'est probablement sa revanche.
Haa, elle aussi elle sait pas rester adulte. Vraiment.
Ceci dit, comme la Sorcière Bleue s'était pas mal emballée pour ce jeu de société, si je l'apporte, elle acceptera sûrement de jouer.
Et tant qu'à faire, je veux aussi lui demander au sujet du champignon. Les sorcières ont l'air de s'y connaître en champignons, comme ça. C'est peut-être un préjugé.
À mon arrivée chez la Sorcière Bleue, je fus surpris de la trouver allongée juste à l'entrée.
« Hein ? »
Qu'est-ce qu'elle fait, celle-là ? Elle dort sur le pas de la porte ? Y a ça chez les salariés à bout de nerfs des entreprises noires ? C'est trop bizarre.
Alors que je faisais attention de ne pas marcher sur elle pour enlever mes chaussures, je remarquai qu'elle tenait une lettre à la main.
« Qu'est-ce que tu fous, toi. C'est quoi cette lettre ? »
C'est quoi ce bordel. Elle lui arrive quoi, pour de vrai ?
Parce que, la Sorcière Bleue, elle a pas un champignon sur la tête, elle aussi ? Quoi ? C'est la mode ?
Intrigué par curiosité, je ramassai la lettre.
L'expéditeur était « le Mage de la Prémonition ».
Houla. Une communication de service du concile des sorcières, ou un truc du genre ?
Le contenu m'intriguait, mais lire la lettre d'autrui sans gêne, c'est pas terrible.
J'allais la lui rendre, quand je me rendis compte que ce n'était pas la lettre de quelqu'un d'autre.
Par hasard, mon regard était tombé sur l'adresse : « À qui se tiendra devant le porche de la Sorcière Bleue le 8 février 2028 à 9h33 ».
Je fixai l'adresse comme pour la percer, puis regardai l'horloge à colonne du porche.
Les aiguilles indiquaient 9h33.
« Hein… »
C'est quoi ça. Flippant…
J'avais entendu dire que le Mage de la Prémonition voyait l'avenir, mais il peut faire *ça* ?
C'est flippant, mes infos persos sont à poil.
Non, mon nom n'a pas l'air d'être connu, donc c'est pas *tout* qui est vu ?
Je regardai involontairement autour de moi. Est-ce que mes actions à l'instant même sont aussi observées par le Mage de la Prémonition ? Même si c'est le cas, je peux rien y faire, mais c'est désagréable.
Je fixai l'adresse un moment, réfléchis, puis appelai la Sorcière Bleue roulée par terre à mes pieds.
« Dis, c'est pour moi, ça ? J'peux la lire ? »
Mais pas de réponse.
Trop de silence. Je m'inquiétai soudain et approchai ma main de sa bouche, mais elle respirait faiblement.
Ah, elle vit. Tant mieux.
Mais quel dormeur, on dirait une morte. J'ai jamais vu son visage endormi, je savais pas.
La laisser dormir sur le sol froid du porche, c'est pas top, alors je la traînai sur le moelleux paillasson du couloir.
Je retirai mon manteau d'hiver et le lui mis sur le dos, puis j'ouvris la lettre et commençai à lire.
« Enchanté. Je suis ce qu'on appelle le Mage de la Prémonition, membre du Conclave des Sorcières de Tokyo.
J'écris cette lettre parce que j'ai vu le futur où tu la lis ici et maintenant.
Le temps presse. J'irai droit au but.
Je veux que tu ailles *immédiatement* chez la Sorcière des Fleurs pour obtenir le remède spécifique contre cette pire des épidémies.
J'aimerais que tu lises la suite en route vers elle, mais hélas, tu n'accepteras pas une demande si subite sans explications.
Commençons donc par un rappel de la situation. Tu connais peut-être déjà certaines infos, mais je veux m'assurer qu'il n'y a pas d'erreur en expliquant logiquement.
Actuellement, centrée sur Tokyo, une maladie bizarre qui fait pousser des champignons sur la tête fait rage.
Ce champignon pompe la force vitale et la force magique de son hôte pour croître, mais les symptômes ont trois stades.
D'abord la période d'incubation. L'infecté ne s'aperçoit de rien, il est en pleine forme. Même dans cet état, il est hautement contagieux et propage l'infection autour de lui.
Ensuite le stade pré-symptomatique. Le pompage de la force vitale et magique commence, et une lassitude s'abat sur la victime.
Puis au stade symptomatique, grâce aux nutriments pompés, un champignon pousse sur la tête.
Ce stade symptomatique se divise en deux selon les conditions.
Le type bénin et le type fulminant.
Le type bénin est vraiment bénin : même avec un champignon sur la tête, ça se limite à une fièvre légère.
Même ce symptôme guérit si on enlève le champignon, et la maladie est guérie rien qu'avec ça.
D'après ce que j'ai vu de ton dos, tu n'avais pas de champignon sur la tête.
Donc tu n'es pas infecté, ou alors tu as développé le type bénin, t'es débarrassé du champignon et tu es guéri. Rassure-toi.
Le problème, c'est le type fulminant.
Ceux qui ont connu ne serait-ce qu'une fois un évanouissement par carence magique après l'infection passent obligatoirement du type bénin au type fulminant.
Au stade symptomatique du type fulminant, le pompage de la force magique et vitale devient violent.
L'usage de la magie devient impossible, et si on enlève le champignon poussé, l'état empire au lieu de s'améliorer, et le champignon repousse immédiatement.
Avec la consommation drastique de force magique et vitale, apparaissent troubles de la conscience, perte des cinq sens, et enfin l'état comateux. Une fois là, même les perfusions ne marchent plus. La consommation continue, tous les nutriments sont aspirés et la mort survient.
Ainsi, les malades du type fulminant meurent en 2 à 5 jours. Le taux de mortalité est, hélas, de 100 % »
Là, je levai les yeux de la lettre et regardai en bas la Sorcière Bleue, immobile sur le paillasson.
Je retirai avec appréhension le masque qu'elle porte en permanence, et le visage d'une belle jeune fille au teint terreux apparut.
Haa !?
Teint pourri ! C'est le type fulminant, ça ! Mortalité 100 % !
C'est pas le moment de lire la lettre planté dans l'entrée, merde !
Le remède spécifique est chez la Sorcière des Fleurs !?
Idiot, j'y vais tout de suite !
« Hé, tiens le coup ! J't'emmène chez la Sorcière des Fleurs maintenant ! »
Je tapotai les joues de la Sorcière Bleue en lui parlant, puis je courus chercher la charrette à bras dans le hangar derrière la maison.
Je la portai délicatement, utilisant la force acquise aux travaux des champs, et la couchai sur la couverture étalée dans la charrette.
Puis j'attachai solidement le vélo et la charrette avec une courte corde, consultai la carte de Tokyo pour vérifier l'itinéraire vers Taitō-ku et Arakawa-ku, où la Sorcière des Fleurs a sa base.
C'est sûrement le mieux que je puisse faire. Fonce à fond. Je dois atteindre la Sorcière des Fleurs avant que la Sorcière Bleue ne meure, et lui faire avaler le remède.
Je fourrai la carte dans ma poche, enfourchai la selle.
Et je commençai à pédaler lourdement tout en lisant la suite de la lettre du Mage de la Prémonition.
Si à la fin de cette lettre y'a écrit « Caméra cachée réussie », j'vais te casser la figure.
« Le seul moyen de soigner la mycose fulminante est le remède spécifique que possède la Sorcière des Fleurs.
Mais hélas, elle ne le donnera à personne d'autre qu'à toi. Toi seul peux l'obtenir. Je veux que tu négocies avec la Sorcière des Fleurs et que tu l'obtiennes coûte que coûte.
Le contenu de la négociation n'est ni douloureux ni difficile pour toi.
La Sorcière des Fleurs sait à peu près tout ce qui va se passer. La négociation se passera bien.
En discutant avec elle, tu auras l'impression qu'elle prédit l'avenir, mais c'est un peu différent.
Je te prie de ne pas trop en parler, mais j'ai autrefois conclu un marché avec la Sorcière des Fleurs.
À cause de ce marché, j'utilise la moitié de ma force magique pour lui permettre de prédire l'avenir. C'est pour ça qu'elle connaît l'avenir.
Je n'ai pas réussi à comprendre le sens des visions de mon futur, mais la Sorcière des Fleurs, elle, a compris en m'écoutant. Elle a besoin de toi, et toi tu as besoin d'elle. Si tu cherches le remède pour la Sorcière Bleue.
Hélas, c'est tout ce que je peux te transmettre.
Tu as sûrement encore des questions. Moi aussi, j'ai plein de choses à te dire, à te demander.
Mais plus d'info serait contre-productif, paraît-il.
Toi, fais juste face à la Sorcière des Fleurs tel que tu es.
Apparemment, c'est ce qui tire le meilleur futur. Pour tout le monde.
Si tu obtiens le remède, utilise-le d'abord sur la Sorcière Bleue, puis apporte le reste au bureau de l'arrondissement de Bunkyō. Si je vis encore, je gèrerai la suite. Même si je suis mort, mes subordonnés et les survivants du Conclave s'en chargeront.
Bonne chance.
Le Mage de la Prémonition »
La lettre était sérieuse du début à la fin, loin d'une blague.
En route vers Taitō-ku, le fief de la Sorcière des Fleurs, je fus témoin de la réalité de cette pandémie, bien loin de toute caméra cachée.
Mon inquiétude — « et si quelqu'un m'adressait la parole en chemin ? » — s'avéra, « hélas », infondée.
Les humains que je croisais sur la route principale étaient presque tous effondrés.
S'ils étaient juste effondrés, c'était encore le meilleur cas : la moitié avait des champignons sur la tête. Certains avaient grossi au point de dépasser la taille de la tête de leur hôte, et de leurs plis hideux en visage humain s'échappaient de faibles cris, comme des ongles griffant un tableau noir. Le fait que ces cris soient plus forts que les appels à l'aide des vivants était l'enfer.
Qu'on me parle, c'est l'une des choses que je déteste le plus.
Mais se faire appeler par des champignons parasites aux sourires tordus (on *voit* qu'ils rient, ces trucs !) avec des cris incompréhensibles et monstrueux, c'était des dizaines de fois pire.
Dans le centre-ville, une odeur de brûlé piquait le nez.
Des maisons brûlaient.
Des gens couverts de combinaisons en plastique rapiécées (des combinaisons chimiques, peut-être ?) mettaient le feu aux maisons.
Parmi le groupe en plastique, certains se battaient ou hurlaient contre des types armés qui avaient l'air costauds. Je n'avais aucune intention d'écouter, mais ils braillaient le visage rouge, donc j'entendis malgré moi les arguments des deux camps.
Apparemment, le groupe en plastique se fait appeler « Équipe de Purification » : ils brûlent les maisons avec les cadavres parasités pour empêcher la propagation. Peut-être le font-ils par bienveillance ou sens du devoir, mais vu la lettre du Mage de la Prémonition, leurs actions n'ont pas de sens. Au contraire, vu le risque d'extension d'incendie, c'est nuisible.
Le groupe armé, c'est la Garde. Leur travail principal, c'est le combat contre les monstres, mais ils sont réquisitionnés pour gérer l'Équipe de Purification et ils pètent un câble. Comme les monstres apparaissent normalement même pendant la pandémie, ils sont furax d'avoir du boulot en plus, et certains envoient leur magie pour tabasser l'Équipe de Purification, qui est de fait un groupe de pyromanes.
Tokyo était divisé en zones mortes silencieuses et zones de feu et de bagarres. Aucun endroit normal.
Au milieu de ça, moi avec ma capuche rabattue, tirant ma charrette à vélo, j'aurais dû être louche, mais comme il y avait plein de gens encore plus louches, je passais inaperçu relativement.
L'Équipe de Purification avec leurs combinaisons en plastique rapiécées couvrait tout leur corps et ressortait à mort, mais il y avait aussi des types avec des cannettes vides de nettoyant anti-moisissure pendues tout le long du corps qui riaient comme des fous, un type qui traînait un panier plus grand que lui en ramassant des champignons sur des cadavres avec des yeux morts, un type qui crachait partout en faisant un discours en langue étrangère, des groupes priant devant des croix en bois de récupération, etc.
Passer au milieu de ces gens visiblement dingues faisait peur, mais la Sorcière Bleue qui meurt derrière moi me poussait en avant. Je baissai les yeux pour ne croiser le regard de personne et pédalai vers l'avant.
Honnêtement, je croyais que la Sorcière Bleue était une créature invincible, la plus forte. Je n'imaginais pas qu'elle puisse être blessée ou malade.
Mais apparemment, même la Sorcière Bleue peut être en train de mourir.
La Sorcière Bleue est mon seul ami.
Si elle meurt, je n'aurai plus jamais d'ami.
Je n'ai jamais trouvé la solitude pénible.
Ça le sera probablement jamais, éternellement.
Mais à deux, il y a des choses qui font plaisir.
Donc la Sorcière Bleue est mon unique et irremplaçable… attends ?
Et le professeur Hinata ?
C'est vrai. Cette fille-hermine doit être en phase grave, elle aussi ! Un prof de linguistique magique qui fait des expériences à fond, impossible qu'il n'ait jamais fait d'évanouissement par carence magique.
Yabai. Le prof n'est pas un ami, mais qu'il meure, j'aime pas. Après avoir donné le remède à la Sorcière Bleue, je dois filer à l'Université de Magie. D'abord sauver la Sorcière Bleue et le professeur Hinata.
Et accessoirement le Mage de la Prémonition aussi. Il m'a conseillé. Et le professeur Handa aussi ? Le prof Handa, c'est mon bon riv… mon faire-valoir. Qu'il vive.
Et je veux pas voir la Sorcière de l'Enfer mourir en faisant pousser des champignons en voyage, ni la Sorcière Dragon… bon, la Sorcière Dragon, peu m'importe.
En y repensant, j'ai fait pas mal de connaissances.
Ce sont presque tous des inconnus, mais leur mort me ferait mal. Je veux pas les voir, mais qu'ils vivent en bonne santé hors de ma vue.
Pour ça, il me faut le remède de la Sorcière des Fleurs. Sans le médicament de la sorcière, je sauverai ni le professeur Hinata, ni la Sorcière Bleue.
Je partis d'Ōme et après environ cinq heures à pédaler jusqu'à en avoir les jambes en coton, j'atteignis Taitō-ku en râlant.
La Sorcière des Fleurs contrôle une zone qui s'étend de Taitō-ku à Arakawa-ku. La frontière de son territoire était facile à repérer : des épaves de voitures couvertes de lierre étaient empilées le long de la ligne de démarcation.
Le seul passage, c'était une porte aménagée dans l'interstice des épaves. Mais il n'y avait pas de garde à la porte.
Je comprenais pas bien, mais c'est commode.
Je passai la porte et entrai dans le territoire de la Sorcière des Fleurs, puis je restai là à me demander quoi faire.
J'étais arrivé au cœur de son domaine, mais je ne savais pas où la sorcière se trouve dans ce quartier.
Elle est quelque part, c'est sûr. Mais où ?
Y a pas un panneau ? Genre « Maison de la Sorcière des Fleurs » comme pour un site touristique.
J'ai pas envie d'arrêter un passant pour lui demander « C'est où, la maison de la Sorcière des Fleurs ? ».
Alors que je cherchais un panneau en jetant un œil inquiet autour de moi, une grosse racine d'arbre jaillit soudain du sol.
Pas que j'ai eu peur, mais je faillis basculer en arrière sur mon vélo, et la racine fit un geste comme pour m'appeler, puis pointa plusieurs fois la direction de la route principale.
« E-eto, c'est pour la Sorcière des Fleurs ? »
Je demandai prudemment, mais la racine ne répondit rien et se rétracta dans le sol pour disparaître.
…… C'est *ça*, hein ? Ce qui était écrit dans la lettre du Mage de la Prémonition.
La Sorcière des Fleurs sait à peu près ce qui va se passer, donc tout roule, disait-elle.
Je suivis docilement la direction indiquée par la racine.
Vers le centre de son territoire, où siège la Sorcière des Fleurs.
Je ne sais pas ce qui m'attend, mais comme dit la lettre, je vais y aller comme je suis.
Ça devrait régler l'affaire.
Surement.