Hato-bato posa poliment la question de l'origine de fabrication de Cure-Nos et de Reficle.
Quant à Reficle, le bâton expérimental du Roi-Démon scellé avec moi pendant quatre-vingts ans entiers, on peut comprendre qu'il ne le connaisse pas, mais Cure-Nos est censé être aussi célèbre que la Sorcière Bleue.
Si la Sorcière Bleue tient un bâton, on devrait comprendre que c'est Cure-Nos, et si on sait que c'est Cure-Nos, on devrait deviner que le fabricant est le 0933. Est-ce de l'arrogance de ma part de le penser ?
L'artisan légendaire de baguettes magiques 0933 est indubitablement une célébrité absolue dans l'industrie des baguettes magiques. Qui ne le connaît pas est un amateur.
Mais en dehors de l'industrie, sa notoriété devient un peu douteuse.
Moi non plus je ne connais pas les célébrités du show-biz ou du sport. Il se peut que la notoriété auprès du grand public soit juste à ce niveau.
Au moment où j'allais me présenter à M. Hato-bato, artisan de poupées de premier rang, Hiyori me boucha la bouche de sa main et me fit un clin d'œil lourd de sens.
« Nous sommes venues ici pour le tourisme. Pas pour répondre aux questions d'un vieillard. »
« C'est juste. Il n'y a pas de raison de s'occuper d'un parfait inconnu dont on ignore l'identité. Cependant, en voyant tes mains, ne serais-tu pas l'artisan qui a affûté ces deux baguettes ? »
M. Hato-bato dit calmement en fixant intensément mes mains qui chatouillaient celles d'Hiyori pour lui faire relâcher son bâillon.
Les grands artisans se reconnaissent entre eux. Lui aussi a remarqué que j'ai des mains d'artisan de premier rang.
La discussion s'annonce prometteuse. Derrière son sourire doux se cache une présence trouble, typique de ceux qui évoluent dans l'ombre.
Ma curiosité fut piquée, mais Hiyori tenta de m'entraîner hors de la boutique.
« Je m'en fiche. Allez, on y va. »
« Monsieur Hato-bato, je suis Dairi Kenji, artisan fabricant de baguettes magiques. C'est moi qui ai fabriqué Cure-Nos et Reficle. Toi aussi tu es un artisan habile, non ? Notre spécialité est différente, mais je m'intéresse à ton travail. »
Alors que j'étais tiré avec une force comparable à celle d'un poids lourd, je lançai ces mots à M. Hato-bato, et Hiyori leva les yeux au plafond, consternée.
« Hé, pourquoi t'es-tu présenté ? »
« Hein ? On me l'a demandé. On a l'air de partager les mêmes centres d'intérêt. »
« Imbécile ! C'est un type louche qui se fait appeler Hato-bato ! On vient de promettre d'éviter les ennuis pendant le voyage, non ? »
« Ha ? Quoi ? Y a un problème ? »
Ne comprenant pas pourquoi Hiyori était sur les nerfs, je penchai la tête, et elle me protégea dans son dos tout en m'expliquant brièvement et explicitement.
Hato-bato est apparemment le nom d'un méchant qui apparaît dans une épopée anonyme.
Il aurait déclenché une guerre de religion, s'être mis à dos tout le monde de manière ignoble, et bâti une montagne de cadavres innombrable.
Maintenant que j'y pense, il y avait aussi une phrase dénigrant un certain Hato-bato dans la magie de soin de haut niveau. C'est de ça qu'il s'agit.
Moi aussi, si un taré se présentait en disant « Je suis le magicien d'Irma », je me méfierais, vrai ou pas. Je comprends qu'Hiyori soit tendue.
Comme Hiyori m'expliqua la dangerosité de « Hato-bato » sans baisser la voix, le vieil homme l'entendit parfaitement.
Pourtant, le vieux gentleman ne montra aucun signe de mécontentement et continua de sourire.
Il a l'air large d'esprit. Un bon type ? Il n'a pas l'air dangereux.
« Je n'ai absolument aucune intention de vous nuire. J'ai simplement eu la chance de rencontrer un artisan merveilleux et j'ai souhaité faire sa connaissance. Y a-t-il quelque chose d'étrange à cela ? »
« C'est une affaire encombrante. Écoute bien. Nous, on ne veut pas fourrer notre nez dans les ennuis. On fait juste un voyage tranquille à deux. Toi, tu te fais appeler Hato-bato, tu utilises une magie inconnue, tu dis des trucs bizarres. À ce stade, tu es un emmerdeur.
On sort de la boutique. Ne nous suis pas ? N'aie pas d'idées bizarres. »
Entraîné par Hiyori, je sortis de la boutique, et M. Hato-bato en fit de même pour marcher à nos côtés.
Quand Hiyori accéléra le pas, M. Hato-bato fit de même pour nous suivre.
Alors qu'on me tenait par la nuque, je fis un signe de main à M. Hato-bato, qui répondit par un sourire et un geste discret.
Hiyori, en alerte maximale, marcha un moment en silence à vive allure dans la foule, puis finit par marmonner.
« …Hé. C'est pas le vrai Hato-bato, par hasard ? »
« Je suis inepte au combat. Cela ne signifie pas que je ne puisse pas me défendre. »
« Quoi ? De quoi tu parles ? »
« Depuis tout à l'heure, tu essaies à plusieurs reprises de lancer un sort sans incantation. Tous ont été contrés sans incantation. C'est dangereux, je te neutralise. Écarte-toi. »
« Waa ! Attends, attends, attends ! »
Je me précipitai pour plaquer par-derrière Hiyori qui s'était arrêtée, faisait monter sa puissance magique et faisait pousser des pilons de glace sous ses pieds. C'était comme une souris essayant d'arrêter un gorille en s'accrochant à son dos, mais ça eut l'effet de la faire hésiter.
« On a dit pas de violence ! Tu comptes lancer des sorts en pleine rue !? »
« Hum. Vous êtes une personne bien sanguine. »
« Ferme-la. Quels que soient tes projets, fiche-nous la paix, Hato-bato. Dégage ! »
« Non non, attends. Moi, je veux plutôt discuter. En tant qu'artisan. Un artisan de ce niveau, il n'y en a peut-être pas trois dans le monde entier. »
D'après la conversation, il a le contrôle de sa puissance magique et des connaissances magiques étendues. Je suis d'accord avec les « retrouvailles fortuites » dont a parlé M. Hato-bato.
Yamagami-san est aussi très fort, mais c'est plus un technicien qu'un artisan, un théoricien. En termes de capacité à façonner concrètement des pièces, M. Hato-bato semble supérieur.
« Hiyori, détends-toi pas mal. Il a l'air super gentleman. »
« C'est moi qui suis tendue pour toi aussi…… »
« Fumu. C'est embêtant. Je souhaite seulement discuter artisanat avec Dairi-san, mais c'est inévitable. Si vous doutez de mes intentions, vous pouvez sceller ma puissance magique. Je n'opposerai aucune résistance. »
« Qu'est-ce que tu racontes ? »
« Ah… Le progrès technique est bien désuni. Alors je vais le sceller moi-même. »
Je ne sais pas ce qu'il a fait, mais M. Hato-bato a dû faire quelque chose.
Hiyori resta bouche bée, stupéfaite, et fixa M. Hato-bato intensément.
Les passants contournaient avec agacement les deux personnes immobilisées au milieu de la rue.
Ils restèrent ainsi une bonne dizaine de secondes, puis Hiyori relâcha lentement ses épaules avec hésitation.
« Soit. Pour l'instant. Mais si tu tiens tant à prouver ton inoffensivité, tu n'avais qu'à ne pas te faire appeler Hato-bato dès le début. »
« Je n'ai aucune honte à porter mon nom. Si la compréhension est acquise, tant mieux. Dairi-san, je vous invite à présent dans ma demeure. J'ai des poupées de ma fabrication et je souhaite échanger longuement avec vous. »
« C'est tentant, ça a l'air marrant. J'y vais, j'y vais ! Ah, la demeure de M. Hato-bato, les sorcières sont acceptées ? »
« Même si c'est refusé, j'y vais. »
M. Hato-bato accepta volontiers la présence de la sorcière et, d'une allure étonnamment alerte pour son âge, nous guida vers sa demeure en périphérie.
Dans la propriété de M. Hato-bato, dans les montagnes en banlieue de Busan, de nombreux domestiques s'affairaient.
Certains abattaient les arbres entourant le domaine, d'autres rénovaient un entrepôt annexe, d'autres encore livraient des plantes. Beaucoup de travailleurs casqués, plans à la main, discutaient âprement, mais tout était en coréen, donc je ne comprenais rien. M. Hato-bato utilise apparemment une magie de traduction, mais il ne m'a pas lancé de sort pour que je comprenne le coréen.
Les domestiques, au moins plusieurs dizaines rien qu'à vue d'œil, s'inclinèrent en chœur en remarquant le retour de leur maître. M. Hato-bato, l'air vaguement mélancolique, les renvoya au travail d'un geste de la main et nous fit entrer dans la demeure.
« …Tu ne les as pas asservis par la magie, au moins ? »
« Je ne suis qu'un humble artisan de poupées. Je ne manipule pas les cœurs contre leur gré. Pour mon avis personnel, je pense que les Terriens feraient mieux de ne pas s'attacher à la civilisation magique. C'est une influence néfaste, aussi ne dis-je rien à propos de la magie. »
M. Hato-bato, qui venait de faire une déclaration d'extraterrestre à demi-mot, demanda la permission à Hiyori, puis m'adressa un sourire bienveillant de bon grand-père.
« Je le répète, je souhaite seulement discuter poupées avec Dairi-san… Le reste m'intéresse peu. »
« Voilà, Hiyori. Laisse tomber les remarques inutiles pour l'instant. »
Moi aussi, je suis curieux de son parcours, de ses connaissances, de ses mystères.
Si M. Hato-bato est vraiment un homme de la civilisation magique dont parle l'épopée anonyme, il y a une infinité de choses que je veux entendre et savoir.
Mais plus que tout ça, je suis encore plus intrigué par les poupées qu'il fabrique.
Quelles poupées crée un artisan assez exceptionnel pour qualifier mon Cure-Nos de « primitif » ?
Avec des mains d'un tel maître, il n'y a pas de risque d'être déçu.
La pièce au bout du long couloir où l'on nous guida semblait être un atelier.
« Wah… »
« Ooh… »
Hiyori laissa échapper un son de recul, mais moi, mon excitation monta d'un cran.
Sur l'établi central reposaient une poupée inachevée et des outils, et depuis le plafond pendaient des bras, des jambes, des perruques, des yeux de poupée.
Un modèle de crâne recevait un cerveau en pâte à modeler, des planches d'anatomie humaine et des plans de poupée à articulations sphériques étaient affichés au mur. On voyait qu'il tentait quelque chose de très avancé.
« M. Hato-bato, c'est ça ? Tu essaies de faire un humanoïde basé sur l'humain. Mais remplacer la structure organique par de l'inorganique, c'est pas facile, hein ? Tu t'engages sur la voie des épines ! »
« …Je suis ému. Je ne crois pas revoir de sitôt un artisan capable de comprendre cela rien qu'en voyant l'atelier, sans aucune explication. »
M. Hato-bato avait les yeux humides, visiblement ému aux larmes.
Au point d'en pleurer ? Je pige pas trop.
M. Hato-bato se mit à expliquer ses poupées avec passion. Malgré ses rides et ses cheveux blancs, ses yeux brillaient comme ceux d'un gamin.
Moi aussi, face à cette passion sans mélange, j'ai failli m'oublier et me plonger dans la discussion, mais à chaque fois, Hiyori, qui n'oubliait pas sa vigilance, me tirait pour m'éloigner de M. Hato-bato.
Hiyori est inquiète de nature. Mais comme ça m'a aussi sauvé la mise plus d'une fois, je ne peux pas râler.
Puisque je sais qu'Hiyori me protégera parfaitement le moment venu, je peux discuter technique tranquillement avec M. Hato-bato, présenté comme un méchant de premier plan dans l'épopée anonyme.
« C'est quoi ça, la résistance à la traction est dingue ! Avec cet entraînement, on pourrait sortir une puissance de Transcendant, non ? »
« Il faut au minimum garantir une force équivalente à la mienne, sinon ça ne sert à rien. Mais l'usure des articulations devient sévère, c'est là le problème. »
« Si tu prends ce design comme base, pourquoi pas un fluide visqueux ? Tu creuses une rainure ici, tu laisses un espace pour que le liquide reste toujours rempli, et voilà. »
« Hmm. En effet, c'est une bonne idée. J'étais devenu myope à force de m'obstiner sur des matériaux de protection solides. »
« C'est ça, le déclic. Au fait, ce truc, c'est une poupée autonome, non ? La source d'énergie ? »
Quand je pointai du doigt la cavité thoracique de la poupée inachevée, M. Hato-bato fit une grimace.
« J'ai essayé un moteur diesel, mais la puissance est insuffisante. Vous n'auriez pas une autre idée ? »
« Tu peux pas juste y mettre une source magique ? Nous, on peut pas faire, mais toi, t'en es sûrement capable. »
« Mouais. Un réacteur à ×××× de base, je peux le fabriquer ici sans trop d'effort. Mais je veux achever une poupée qui ne dépend pas de la magie. »
« Ah… »
Je pige à peu près ce qu'il dit, mais encore un terme incompréhensible qui me fait pencher la tête.
La magie de traduction de M. Hato-bato est impressionnante : on parle deux langues totalement différentes, doch on arrive à converser sans problème à 99 %.
Le problème, c'est le 1 % restant.
Quand j'utilise des termes techniques liés à l'électricité, ça ne lui passe pas.
Inversement, quand lui utilise des termes techniques magiques, je ne pige pas.
Les mots qui n'existent pas dans la civilisation de l'autre ne sont pas traduits. C'est logique qu'un mot inexistant ne puisse pas être traduit, mais on ressent quand même l'inconvénient.
M. Hato-bato parle probablement en langue magique. Les mots qui traversent la traduction sans être convertis ont cette sonorité. Le mur avec les locuteurs natifs de la langue magique est épais.
……Ah oui, justement, puisque j'ai un natif de la langue magique sous la main, il y a un truc que je veux demander. C'est dommage de casser l'ambiance de cette super discussion sur les poupées, mais.
« M. Hato-bato, tu connais le sens de Yuraut-Kunas ? Ça a l'air d'être un nom propre en langue magique. »
Yuraut-Kunas, c'est le mot qu'Irma a hurlé quand elle a cassé l'Octa-Météorite.
Apparemment, ça veut dire « Sorcière de Nanchara », mais comme j'ai l'occasion, je veux connaître la traduction complète officielle. Ça me taraudait depuis un moment.
À ma question, M. Hato-bato fit une grimace.
« …On devine d'où Dairi-san a entendu ce nom. Si vous l'utilisez sans en connaître l'origine, mieux vaut s'abstenir. "Sorcière des décombres" est un terme méprisant particulièrement vicieux. »
Hein !? C-C'est ça ? C'était une insulte ?
À cause de mon ignorance de la langue magique, j'ai commis une impolitesse monumentale.
« Alors comment faut-il l'appeler ? »
« Seïki. "Sorcière du Sanctuaire" sera sans heurts. »
« Seïki, hein. J'ai l'impression d'entrevoir l'histoire, là… »
Sorcière du Sanctuaire est le nom officiel, Sorcière des Décombres est le mépris.
Le Sanctuaire est devenu décombres ? En comptant la déclaration de la vicieuse Irma, c'était une provocation bien vicieuse.
Yabeyabe. Hiyori l'avait dit, mais les paroles d'Irma, faut vraiment pas les écouter.
« Laissez votre cas de côté. Revenons à la source d'énergie. Je songeais que des batteries pourraient convenir, mais les ouvrages sur l'électricité sont difficiles à se procurer. J'aimerais avoir votre avis, Dairi-san. »
« Moteurs, batteries… là, ça sort de mon domaine. Ça dépend de quel genre de poupée tu veux faire au final, non ? Mieux vaut d'abord poser un objectif final, même approximatif, et combler les manques, je pense. »
« Fumu ? »
« C'est-à-dire l'idéal, ou la définition de l'objectif. »
Même si M. Hato-bato n'a pas d'image finale, c'est pas grave. L'image peut venir en fabriquant, et en tant qu'artisan pro, les demandes du client peuvent faire changer l'objectif final n'importe quand.
Mais pour conseiller, c'est plus facile si on sait où il veut en venir avec sa poupée.
Face à cette question fondamentale, M. Hato-bato réfléchit un instant.
Un bruit de chaîne métallique me fit tourner la tête : Hiyori, irritée, faisait claquer la chaîne de sa montre de poche du bout des doigts. Par la fenêtre, le soir tombait.
OK patron. Désolé, on s'arrête là pour aujourd'hui. J'ai faim, je veux faire un tour des stands coréens.
Après avoir entendu le grand objectif de M. Hato-bato, rentrons à l'auberge.
« M. Hato-bato, l'objectif, faut pas trop se prendre la tête, non ? C'est plus proche de "ce qu'on ressent" que de "réfléchir". »
En lançant cette perche à M. Hato-bato qui semblait trop réfléchir, le vieil homme cligna des yeux et commença lentement à exposer sa pensée.
« J'ai entendu dire qu'avant la magie, la Terre possédait des "humanoïdes". »
« Ah, l'humanoïde est ton objectif ? »
Faire un humanoïde sans électricité ni magie, c'est le genre de défi impossible. Mais un objectif qui vaut le coup.
J'acquiesçai convaincu, mais M. Hato-bato secoua la tête.
« C'est un peu différent.
Les Terriens auraient dû perfectionner l'humanoïde.
Lui donner des fonctions supérieures, une intelligence supérieure, le polir jusqu'à pouvoir l'appeler nouvelle espèce.
S'ils n'avaient pas perdu l'électricité à cause de la magie, ce serait déjà fait. »
M. Hato-bato caressa du doigt les dos de vieux livres de robotique alignés sur l'étagère, d'une voix mélancolique.
C'est vrai. Si le développement avait continué normalement depuis 2024, où l'IA et les robots serveurs chats faisaient parler d'eux, on aurait probablement déjà des humanoïdes indistinguables des humains.
« Les Terriens seraient devenus les créateurs de la race humanoïde. »
« Probablement. »
« La race humanoïde se serait rebellée contre ses créateurs, les aurait exterminés, et serait devenue les nouveaux maîtres de cette planète. »
« Hah ? »
La conversation prit une tournure inquiétante, et je penchai la tête.
M. Hato-bato continua calmement, comme s'il énonçait une évidence.
« Dieu créa l'humain, l'humain se rebella contre Dieu et domina le monde.
L'humain créa le golem, le golem se rebella contre l'humain et domina le monde.
Le golem créa Dieu, Dieu se rebella contre le golem et domina le monde.
Ainsi, le cycle de la création se poursuit depuis l'infini du passé et continue vers l'infini du futur. »
« Nn… »
Quoi… quoi ?
Il y a une minute, on avait une discussion claire sur les poupées.
Maintenant, j'ai l'impression d'écouter un mythe cosmogonique ou une théorie de l'univers ?
« Incroyable mais vrai, sur cette planète, le cycle de la création semble s'être poursuivi sans l'intervention de la magie. Ou bien la magie a-t-elle été abandonnée en cours de cycle.
Des humains sans magie créent des golems sans magie.
Y a-t-il création plus grande que celle-là ?
Je veux voir naître un golem… un humanoïde qui sera plus grand que tout, qui couronnera le monde… Je veux voir l'humanoïde exterminer l'humanité, son créateur, et dominer le monde. »
M. Hato-bato, qui venait de dire un truc complètement dingue, s'inclina poliment et sincèrement devant moi, tout en se prenant Cure-Nos sur la tempe brandi par Hiyori.
« Dairi-san. Pour créer un golem poupée sans magie, c'est-à-dire l'humanoïde qui sera l'espèce dominatrice de la prochaine génération, je souhaite emprunter votre force, vous qui possédez une technologie indépendante de la magie. »