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Henkyou no Roukishi

Chapitre 77

Henkyou no RoukishiHenkyou no Roukishi
Chapitre 77

Chapitre 77

Chapitre 77/18043%~13 min de lecture2 411 mots

Baldo-dono.

Les confins sont d'une richesse remarquable.

Surtout la profusion des arbres.

J'en ai été complètement subjugué.

Là où il y a forêt, il y a oiseaux et bêtes, et puis noix, fruits et eau.

Les bienfaits nécessaires à la vie des hommes débordent dans la forêt.

La tradition selon laquelle les plaines centrales auraient autrefois été comblées de verdure m'est bien difficile à croire.

Certes, il y en avait davantage qu'à présent.

Mais s'il y avait eu jadis une telle étendue forestière, même si les plaines centrales ont été ravagées par la guerre des dieux contre les dieux, au fil des temps immémoriaux les arbres auraient dû renaître.

En définitive, les plaines centrales sont des lieux où les bienfaits de la forêt sont maigres.

Hein ?

Hahaha.

C'est exact, en effet.

Le fer, le cuivre, l'or, l'argent et les autres ressources minérales sont plus abondants dans les plaines centrales que dans les confins.

La pierre aussi.

Enfin, je pense pour ma part qu'il n'y a pas moins de métaux dans les confins, seulement qu'ils sont plus difficiles à découvrir.

Toujours est-il que même dans ces plaines centrales, il existe quelques endroits verdoyants.

Le plus grand d'entre eux est sans conteste le massif du Mordos.

Lorsque vous êtes venu ici, au moment de quitter le royaume de Seion, vous avez aperçu le massif du Mordos, n'est-ce pas ?

Hein ?

Ha.

C'est cela.

Le chemin qui mène au massif du Mordos est couvert de montagnes rocheuses escarpées.

Mais au-delà de ces montagnes rocheuses, on pouvait entrevoir au loin des montagnes vertes, non ?

Cette chaîne s'étend loin vers l'ouest.

Nul ne connaît sa taille exacte, mais à peu près, disons...

Elle est assez vaste pour englober tout le trajet du château de Loadvan jusqu'à la capitale de Gainéria.

Hahahaha.

L'histoire est trop grande pour que vous puissiez la croire ?

Mais c'est véritablement d'une immensité et d'une richesse qui donnent cette impression.

Et c'est le duché de Zalban qui jouissait de cette richesse.

Baldo-dono connaît bien sûr le « Roi-Loup » ?

Vous savez sans doute aussi que le pays fondé par le Roi-Loup est le duché de Zalban.

Hein ?

Vous avez entendu le nom de Zalban, mais vous ne pensiez pas que le pays du Roi-Loup était une nation réelle ?

Hahaha.

Je vois, je vois.

C'est ainsi que la chose est transmise dans les confins.

C'est bel et bien un pays réel.

Toutefois, si l'on demande si le Roi-Loup lui-même a existé, je serais bien en peine de répondre.

Un dieu démon sans nom au corps de serpent géant.

On dit que son corps immense enroulait tout le massif du Mordos.

Lorsque les humains, menacés d'extinction par la colère du dieu démon, prièrent le dieu astral, un loup géant et robuste apparut en fendant les ténèbres de la nuit.

Le dieu-loup combattit le dieu démon pendant trois ans et finit par le vaincre.

Le dieu-loup prit forme humaine, épousa une femme humaine et fonda un pays sur cette terre.

Voici l'origine de la fondation du duché de Zalban.

Par respect pour le premier Roi-Loup, les souverains successifs ne prirent pas le titre de roi mais celui de grand-duc.

Les seigneurs de Zalban débordaient de compassion et de fierté depuis des temps immémoriaux.

Ils continuaient à partager gratuitement cette richesse avec les autres pays.

Attendez un peu.

Baldo-dono.

Vous avez dit que l'histoire du pays du Roi-Loup vous semblait une légende.

Dans ce cas, ignoriez-vous aussi que la pierre de flamme verte ne se trouve que dans le massif du Mordos ?

C'est pourtant le cas.

Cette pierre précieuse ne se récolte que dans le massif du Mordos, possédé par le duché de Zalban.

L'arbre à flamme verte est un arbre bien étrange.

L'arbre lui-même n'est pas particulièrement inflammable.

On dirait plutôt qu'il est difficile à brûler.

Si l'on entaille le tronc avec une lame, une sève visqueuse s'en écoule, mais elle non plus n'est pas très inflammable.

Cette sève est brune quand on la vient de prélever, mais en séchant elle devient verte et semi-transparente.

C'est la pierre de flamme verte.

Bien sûr, vous connaissez la pierre de flamme verte.

Exposée un moment à une amorce, elle s'enflamme et continue de dégager de la chaleur pendant un temps étonnamment long.

Pour se chauffer, pour faire bouillir de l'eau, il n'y a pas de meilleur combustible.

Depuis l'Antiquité, nombreux sont les seigneurs qui ont voulu cultiver l'arbre à flamme verte dans leur propre pays.

Mais quoi qu'ils fassent, c'est impossible.

Pour une raison quelconque, l'arbre à flamme verte ne pousse que dans le massif du Mordos.

Ah, bien sûr.

La pierre noire est un excellent combustible.

Sa température d'inflammation est extrêmement élevée, et sans elle on ne pourrait pas produire d'acier.

Je comprends, je comprends.

Dans les confins, la pierre noire ne se trouve pas.

Cette capitale du lait possède à proximité quatre montagnes où l'on extrait de la pierre noire, et dans tout le pays il y a plus de cent sites d'extraction.

Mais la pierre noire, voyez-vous.

On creuse des trous pour l'extraire.

Plus on en prend, plus il faut creuser profond pour en sortir encore.

C'est passablement pénible, et le transport demande aussi beaucoup d'efforts.

La quantité utilisable a donc des limites naturelles.

Subvenir à tous les besoins en combustible avec la seule pierre noire est tout à fait impossible.

Si l'on est dans des confins verdoyants, il n'y a aucun problème.

On peut tout couvrir avec du bois et de l'herbe.

Dans les plaines centrales, ce n'est pas possible.

Dans ce pays, hormis le grand sud, la capitale royale et tout le nord manquent trop d'arbres par rapport à la population.

S'il y avait de vastes zones forestières comme dans l'empire de Goriola, ce serait une autre histoire.

Pour résoudre cette pénurie de combustible, les pays des plaines centrales importent la pierre de flamme verte du duché de Zalban depuis l'Antiquité.

Non, non.

Ils ne l'ont pas achetée.

Ils l'ont reçue gratuitement.

Les seigneurs de Zalban accordaient à chaque roi des pays une zone déterminée et leur permettaient d'extraire librement la pierre de flamme verte.

Pouvez-vous le croire ?

Ce royaume de Palzam s'était vu octroyer sept montagnes.

Des administrations y furent installées, et chaque jour d'innombrables charrettes emportaient la pierre de flamme verte.

Le transport est rude, mais l'extraction est d'une simplicité extrême, et quoi qu'on en prélève, il n'y a pas de risque d'épuisement.

Les rois de chaque pays en assurèrent la gestion exclusive et la vendirent aux villes et villages.

L'arbre à flamme verte peut bien sûr servir de bois de construction, mais l'abattage de tout arbre sauf les vieux ou les morts était strictement interdit.

En un sens, on peut dire sans trop se tromper que la stabilité du pouvoir royal dans les plaines centrales était soutenue par le duché de Zalban.

Et pourtant, après avoir reçu tant de bienfaits, quelle ingratitude.

Les pays, les hommes, sont avides.

Ils ne se contentèrent pas de ce qu'on leur donnait, voulurent davantage encore, et les nations se jetèrent à la gorge de Zalban.

***

C'était en l'an 4251.

Soit vingt-et-un ans avant aujourd'hui.

Aux pays des plaines centrales parvint soudain une proclamation au nom du roi et du grand général du pays de Shinkai.

Le grand-duc de Zalban est un seigneur maléfique qui a mêlé son sang à celui de vils demi-humains.

Il faut détruire ce pays et établir la justice.

La cour de notre pays fut dans le désarroi.

Le duché de Zalban étant l'un des plus anciens pays des plaines centrales, il possède maintes légendes.

On raconte assez couramment que le fondateur était en réalité un demi-homme à l'apparence de loup, et que sa lignée vit encore dans le massif du Mordos.

On murmurait aussi que la maison ducale y mélangeait périodiquement du sang de demi-humains pour ne pas le laisser s'épaissir.

Que des humains et des demi-humains engendrent des enfants est assurément un acte sacrilège et abominable.

Pourtant, attaquer Zalban à présent sous prétexte de telles rumeurs est hautement suspect.

D'abord, la vaillance des chevaliers de Zalban est notoire, et le pays est protégé par des barrières naturelles.

Il suffit de barrer quelques cols de montagne pour le défendre aisément.

Les chemins sont étroits, une grande armée ne peut passer.

Ce n'était pas un pays qu'on pouvait prendre par la force.

Pourtant, il est vrai qu'on ne put s'empêcher de ressentir une pointe d'inquiétude face à cette proclamation.

Parce qu'à côté du roi de Shinkai figurait la signature du général de la Cupidité.

Non.

Ce n'est pas une erreur d'audition.

Le général de la Cupidité.

Son vrai nom est Rugrugoa Geskas, dit-on.

On raconte aussi qu'il n'était pas originairement de Shinkai.

Shinkai est un pays totalement mystérieux.

Il n'accepte aucun envoyé étranger.

Si un étranger pénètre dans le pays, on le tue.

Des villes fortunées en ressources sont densément rassemblées pour former la nation, et sa puissance nationale serait au-delà de l'imagination.

De ce pays, on ne connaît presque ni le nom du roi, ni quand la succession a eu lieu.

C'est la seule grande puissance des plaines centrales qui ne fait pas appel aux prêtres du temple de Mercano pour son couronnement.

Au milieu de cela, seul le nom du général de la Cupidité retentissait dans les plaines centrales.

Connaissez-vous le roi Kerdébaju ?

C'était le roi d'un pays appelé Yanga, qui n'existe plus.

Il y a environ quatre-vingts ans, le roi Kerdébaju mit la main sur une lance magnifique.

Il invita des chevaliers pour donner un banquet où il en fit l'étalage.

Pas seulement les chevaliers de son pays, mais aussi des chevaliers renommés des environs furent conviés.

On fit 실제로 manipuler la lance lors du banquet.

C'était un chevalier de la garde qui l'utilisa, et sa puissance fut décrite comme terrifiante.

Peu de temps après la fin du banquet, un messager du général Rugrugoa vint.

Il demandait de lui céder cette lance contre une juste compensation.

Se faire réclamer le trésor du roi par un général d'un autre pays, c'était être traité comme un vassal.

Qui plus est, c'était un pays avec lequel il n'y avait aucune relation diplomatique.

Pour l'honneur du roi, il ne pouvait accepter.

Deux mois plus tard, le grand général Rugrugoa en personne arriva à la tête de deux cents chevaliers.

Il fit un grand détour par le massif du Mordos, et vint en s'arrêtant ouvertement dans les villes et villages pour s'y loger et se ravitailler.

Apprenant que deux cents chevaliers déferlaient, le roi Kerdébaju fit fermer hermétiquement les portes.

Devant la porte, le général de la Cupidité présenta un coffre à bijoux et proposa : « Je vous donne ce coffre plein de joyaux, prêtez-moi simplement la susdite lance et son chevalier pour un an. »

Si la lance et le chevalier étaient pris sans qu'on obtienne les joyaux, le nom du roi Kerdébaju serait terni à jamais.

Une fois la lance prêtée, elle ne reviendrait jamais.

D'ailleurs, répondre sérieusement à une proposition aussi insultante portait déjà atteinte à l'autorité royale.

Le roi Kerdébaju aurait lui-même hurlé : « C'est à coups de hache qu'on doit accueillir cette proposition, pas avec des bijoux. »

Si soudain soit l'événement, le château contenait chevaliers et soldats, flèches et vivres.

En un jour ou deux, les chevaliers des environs accourraient.

Le général de la Cupidité n'avait qu'à battre en retraite immédiatement, sinon il mourrait.

Le roi Kerdébaju n'avait aucune inquiétude.

Le général de la Cupidité dit : « Montrez-moi le visage du chevalier qui a si bien manié cette lance. »

Le chevalier de la garde qui se tenait près du roi Kerdébaju se nomma.

Alors le général de la Cupidité ordonna à ses hommes de ne pas tuer cet homme, brandit sa grande épée et fracassa la porte du château.

Non, non.

Votre incrédulité est légitime.

Une chose pareille est impossible en réalité.

C'est seulement ainsi que cela parut.

Ou bien quelqu'un a colporté ce mensonge exprès.

D'ailleurs, quand j'en ai parlé avec le seigneur Zai feld, il a dit que si c'était une porte faite de troncs liés, et si les ferrures ou les lanières de cuir étaient rouillées ou pourries, on pourrait peut-être la faire voler en éclats en la tranchant habilement.

Bref, le général de la Cupidité et ses hommes pénétrèrent dans le château.

Les chevaliers et soldats du château furent abattus en un instant, la lance fut saisie, le chevalier qui la maniait fut capturé.

Les trésors du château furent emportés en masse.

Le général de la Cupidité saisit la tête du roi Kerdébaju par les cheveux, la leva et dit : « Comme promis, je laisse les joyaux, mais la lance, je ne la rends pas », lança la tête au sol, y jeta le coffre, et repartit.

Voici ce qui est encore plus étrange.

Il a pris le château royal.

S'il le vendait, il en tirerait une fortune immense.

Et il a tué le roi et les chevaliers.

S'il les avait gardés en vie, il aurait pu en obtenir des rançons de milliards.

Une telle méthode ne laisse que rancune et déshonneur.

De plus, payer le prix de la lance au roi qu'il vient de tuer.

Finalement, après cela, les pays voisins attaquèrent et le royaume de Yanga périt.

Ce sont les survivants du château royal qui ont transmis cette histoire.

Le général de la Cupidité commit des exactions dans les villes et villages, tant à l'aller qu'au retour.

Il envahit les manoirs des seigneurs locaux et exigea brutalement qu'on l'héberge.

S'il voyait des armes ou des meubles qui lui plaisaient, il se les appropriait de force.

Il ne daignait pas regarder les belles femmes, ne convoitant que les objets.

Il manifesta en revanche un grand intérêt pour le bon vin et la bonne chère.

Il y a plusieurs récits de ce genre.

Selon la rumeur, le général de la Cupidité, dans son propre pays aussi, qu'il s'agisse des biens d'autres chevaliers ou du roi, devait absolument s'emparer de tout ce qu'il désirait.

D'un autre côté, on dit qu'il ne lésinait pas sur l'argent et récompensait généreusement les mérites de ses subordonnés.

Sans qu'on sache qui le premier, on se mit à appeler ce chevalier étrange « général de la Cupidité ».

Et c'est le nom de ce général de la Cupidité qui figurait dans la proclamation appelant à l'invasion du duché de Zalban.

Quelque chose allait se produire.

On ne pouvait s'empêcher de ressentir cette angoisse.

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