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Harapeko na Joushi no I wo Tsukamu Houhou

Chapitre 59

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Chapitre 59

Chapitre 59

Chapitre 59/10059%~9 min de lecture1 667 mots

Finalement, Estelle fut chaleureusement accueillie par sa mère.

Lorsqu'elle l'avait contactée, celle-ci avait accepté sans hésiter, mais elle semblait si enthousiaste qu'on aurait dit qu'elle y mettait tout son cœur, ce qui avait laissé Wilfried et Basilius perplexes. Pourtant, une fois face à face, la mère d'Estelle avait affiché un sourire radieux, avait pris la main de sa fille et l'avait emmenée prestement dans l'arrière-boutique.

« Ah, on s'est fait avoir », jugèrent simultanément Wilfried et Basilius. Ils s'apprêtaient à enfiler leurs tenues de cuisine quand...

« Hyaa ! »

« La jeunesse, c'est bien, la peau a de l'élasticité et de l'éclat. Mais tu n'es pas un peu trop fine ? Tu manges bien ? »

« O-oui, je mange... énormément. Même plus que Wil ! »

« Ahahaha ! Si tu manges autant, mes inquiétudes étaient superflues. Si ça ne te fait pas prendre du ventre mais te donne une silhouette féminine, c'est une constitution dont on serait jalouse. »

Entendant cette conversation, Wilfried saisit le col de Basilius, qui tendait l'oreille, et l'entraîna dans une autre pièce.

Il n'était pas convenable d'écouter les conversations entre femmes, et la suite avait été légèrement osée, il avait donc jugé qu'il valait mieux ne pas entendre.

« Estelle-san doit être adorable avec ça. Grit a une beauté simple, mais Estelle-san a un charme déséquilibré, en quelque sorte. Une jeune fille qui devrait être servie qui s'habille en servante, ça, c'est bien. C'est le rêve des hommes. »

« Tu ferais mieux de te calmer. Si tu veux, je peux te rafraîchir les idées moi-même. »

« Arrête, pas de magie ! »

On devine aisément ce qu'il imagine.

L'idée que sa compagne fasse des fantasmes indécents le déplaisait, il allait lancer un sort d'eau, mais Basilius s'en aperçut aussitôt et l'en empêcha.

Face à Wilfried, un peu étroit d'esprit dès qu'il s'agissait d'Estelle et des autres, Basilius marmonna : « Ton petit frère me fait un peu peur, tu sais. »

« Allez, on se change. La préparation n'est même pas faite. »

« Oui, oui. T'as vraiment pas de charme... »

Sous l'injonction impassible de Wilfried, tous deux enfilèrent leurs vêtements de travail.

Au moment où ils finissaient de se changer, Grit, l'employée qui serait la先輩 d'Estelle cette fois-ci, arriva.

« Ah, Wilfried-san. C'est votre jour d'aide aujourd'hui ? »

« Ça fait longtemps, Grit-san. Une demande urgente est tombée hier, alors... »

« C'est ça ? Aujourd'hui, on a du monde, ça va aider. Bald-san vient aussi. »

Bald, comme Grit, est un homme chargé de l'accueil dans ce restaurant. Il n'a pas encore montré son visage aujourd'hui, mais son attitude gentleman naturelle, un peu détachée, et son sérieux au travail lui valent la grande confiance de la mère.

« En plus, il y a une aide en plus aujourd'hui. »

« Ah bon ? »

« Ah, euh, la jeune fille qui était venue quand j'aidais avant a dit qu'elle voulait aider. Maman a accepté, donc elle sera en support juste pour aujourd'hui. »

L'acceptation de sa mère venait sans doute du manque de main-d'œuvre, mais aussi de l'idée d'attirer les clients grâce à la beauté d'Estelle. Sans parti pris, Estelle est mignonne, alors rien qu'en la faisant faire le ménage en salle, on pourrait espérer une affluence.

« C'est vraiment l'âme commerçante », songea Wilfried avec une admiration résignée envers sa propre mère, mais ce n'était pas drôle pour autant.

Il avait tout de même prévenu sa mère de ne pas la forcer, et comme elle est plutôt gentille avec les filles, elle ne devrait pas l'obliger, mais elle ne peut pas non plus contrôler complètement les mouvements des clients, donc Wilfried doit rester vigilant.

« C'est une demande, mais si tu as de la marge, fais attention à Estelle. Elle apprend vite, je pense, mais elle n'a aucune expérience pour gérer les clients. »

« Ah, compris. En tant que先輩, je dois la guider... »

Apparemment ravie d'avoir une後輩 pour la première fois, même temporaire, Grit afficha un air motivé et disparut dans le vestiaire.

Et, la remplaçant, Estelle apparut timidement devant Wilfried.

Sa tenue de servante, aux tons orangés, différait de celles des servantes du château : c'était un vêtement soigné uniquement pour l'apparence.

Sans décorations superflues qui gêneraient les mouvements, on voyait pourtant un souci du détail discret : le tablier à volants, les broderies et dentelles à l'ourlet.

Il paraît qu'une amie de sa mère, styliste, en a dessiné le patron, dans l'espoir de faire la promotion des deux boutiques.

Coiffée d'un headdress, Estelle portait une queue de cheval tressée, sans doute l'œuvre de sa mère.

Cette allure plus vive qu'à l'accoutumée fit s'écarquiller les yeux à Wilfried.

« ... Dis, Estelle. Maman n'a rien fait de bizarre ? »

Qu'il pose cette question d'emblée tenait sans doute à un léger trouble.

Sa première impression se résumait à un seul mot : mignonne. Mais pour tenir sa promesse à Estelle, il lui fallait un peu de temps pour retrouver son calme.

Bien qu'il ait vu cette tenue maintes fois dans sa maison natale, la voir portée par sa compagne lui fit réaliser une toute autre adorabilité.

« B-bizarre ? Pas particulièrement... »

« Ce... te toucher le corps ou ce genre de chose. »

Il s'inquiétait aussi de savoir si la conversation équivoque d'à l'instant ne l'avait pas mise de mauvaise humeur, mais Estelle ne semblait pas s'en soucier.

« Ah, j'ai l'habitude qu'on me touche, moi. Quand j'étais au manoir, les servantes m'aidaient à m'habiller. »

« ... C'est vrai. »

En y repensant bien, maintenant qu'on sait qu'elle est la fille adoptive de Diethelm, on réalise à nouveau qu'elle était une jeune fille de bonne famille.

Elle a l'habitude qu'on l'aide à s'habiller et qu'on s'occupe d'elle. Même quand Wilfried s'en occupait, elle semblait s'en excuser, mais l'acte en lui-même ne la dérangeait pas.

Simplement, elle déteste qu'un homme la touche sans permission, mais être touchée par une personne du même sexe pour s'habiller ne lui pose pas de problème. C'est logique, en somme.

Quoi qu'il en soit, tant qu'elle n'est pas contrariée, c'est bien. Soulagé, Wilfried remarqua qu'Estelle le regardait en coulisse, comme si elle avait quelque chose à dire.

« Wil. »

« Oui ? »

« Est-ce que... ça me va ? »

Pinçant légèrement sa jupe, Estelle lui demanda timidement en lui montrant sa tenue, les joues légèrement roses.

C'est Wilfried qui avait avalé les mots qu'il devait dire en premier. Il posa son regard sur Estelle et sourit.

« Oui, ça te va très bien. »

« Mignonne ? »

« Mignonne. J'en suis ébloui. »

Cette fois, il tint sa promesse, mais il n'en ressentit pas moins une gêne.

En la complimentant sincèrement, plus éclatante que d'habitude grâce à sa coiffure, Estelle fonça sur lui.

Elle était légère, l'impact fut quasi nul. Mais sa mère était avec Grit au vestiaire, Basilius en cuisine, donc personne n'était là. Pourtant, à ce stade où leur relation est encore secrète, se faire sauter au cou le déconcerta un peu.

Il jeta un coup d'œil autour de lui, soulagé de ne voir personne, car si sa mère les voyait, elle les taquinerait c'est certain... Mais Estelle le serrait plus fort que d'habitude.

En la regardant, il la vit lever les yeux vers lui, toute honteuse.

Honteuse, disons plutôt que ses muscles faciaux étaient détendus à l'extrême, affichant un sourire fondu qui criait son bonheur à plein régime, et son regard était rempli d'affection.

Faisant onduler sa queue de cheval haute, Estelle collée à lui était, pour le dire modestement, adorable.

« ... Ehehe. »

Apparemment très heureuse d'être complimentée, Estelle aux joues couleur rose se frotta la joue contre sa poitrine.

Son sourire niais ne la quittait pas, et à chaque fois qu'elle relevait la tête et que leurs regards se croisaient, elle enterrait honteusement son front contre son torse.

Il dut concentrer ses nerfs pour réprimer l'envie, qui surgissait malgré le lieu et le moment, de la serrer dans ses bras et de la chérir, tant la réaction de sa compagne était mignonne à en être douloureuse.

« Estelle. »

« H-hai ? »

Sa voix devint involontairement sérieuse, et Estelle le regarda, perplexe, les yeux levés.

Vers Estelle qui gardait encore une trace de gêne sur les joues, Wilfried posa doucement sa paume sur sa joue et releva lentement son menton.

« Cette expression, vous ne devez la montrer à personne d'autre. »

« C'est réservé à Wil seulement ! »

« C'est bien. »

Il ne l'embrassa pas, mais posa simplement son front contre le sien.

Il sourit amèrement en se surprenant à ressentir une possessivité qu'il n'aurait jamais imaginée autrefois, et remarqua qu'Estelle riait, un peu chatouillée, pourtant comme amusée.

« Fufu. »

« ... Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Rien. »

Elle dit que ce n'est rien, mais il y a probablement quelque chose. Comme elle n'a pas l'air de vouloir le dire, il laisse couler.

Il fit mine de ne pas remarquer la démangeaison qu'il ressentait sous le regard d'Estelle.

Il la détacha doucement, et pour finir, caressa tendrement ses cheveux, juste assez pour ne pas défaire sa coiffure.

C'était à la fois un encouragement pour la demi-journée de bataille qui l'attendait, et une recharge d'énergie pour Estelle qui réclamait du contact.

Il n'aurait pas pu la toucher en cachette pendant la pause, sans quoi il aurait semblé s'épuiser en cours de route, mais Estelle aussi doit faire de son mieux aujourd'hui. Il promit intérieurement de lui préparer un bon repas copieux.

« Alors, maman et Grit vont te faire la formation. Suis leurs instructions et ça ira. Si tu as un souci, appelle quelqu'un. »

« Oui. »

« ... Interdiction absolue de forcer, hein ? »

« C'est bon, je peux le faire ! »

Devant le sourire déterminé d'Estelle, Wilfried détendit ses traits et se dirigea vers la cuisine pour entamer son propre travail.

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