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Goblin Kingdom

Chapitre 293

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Chapitre 293

Chapitre 293

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Bien que ce ne soit plus qu'un souvenir, il se rappelait encore l'époque où il était venu dans ce pays. Des murailles imposantes, les maisons qu'elles enfermaient, et la route qu'il avait empruntée avec son « maître ». Les gobelins avançaient comme un courant boueux. Le vieux gobelin nageait dans ce flot, cherchant désespérément ce paysage nostalgique.

Ce paysage qu'il avait laissé lui échapper cette fois-là.

Ce paysage qu'il avait autrefois arpenté côte à côte.

Après avoir tourné au coin de nombreuses rues, le vieux gobelin parvint enfin à cet endroit qui hantait encore son esprit.

« … C'est ici. »

Il le dit inconsciemment, entre deux halètements rauques, puis il écarquilla les yeux.

Après avoir trouvé le chemin, le vieux gobelin s'apprêtait à avancer, mais un hurlement soudain retentit, le forçant à se retourner.

« Fu ha ha ha ha ha ha ha ha, hah ha ha ha ha ha ! Gobelin, gobelin, gobelin !! »

Là, au bout de son regard, se tenait la peur sous forme humaine.

Des lances jaillirent, mais elles ne purent percer le corps de l'homme. Les nouvelles recrues ne se retenaient pas, pourtant l'homme dévia aisément leurs attaques et, l'instant d'après, leur écrasa la tête. Même les attaques à trois hommes qu'on avait martelées dans le crâne des gobelins ne fonctionnèrent pas et ne furent que trois coups portés consécutivement face à cet homme.

L'homme tendit les bras tandis que les gobelins passaient de chaque côté, et, comme s'il attrapait des nourrissons, il leur broya le crâne.

Le chevalier saint, Zelkof. Également connu sous le nom de Zelkof le chevalier de la Destruction.

Les gobelins l'ignoraient, mais l'être le plus dangereux de la capitale impériale se dressait juste devant eux.

La bouche de Zelkof se déforma en un sourire d'extase. Il ressemblait à un prédateur face à sa proie. La manière dont il écartait ses deux bras était si puissante qu'elle rappelait aux gobelins l'ours à taches de feu de la Forêt des Ténèbres.

Le vieux gobelin recula inconsciemment. La raison pour laquelle il avait pu vivre si longtemps dans un monde où tous luttaient pour exister tenait simplement à sa lâcheté. Il ne combattrait jamais les forts. Il privilégiait la fuite. Bien que cette aversion pour le conflit l'ait empêché de jamais se hisser à la tête d'une horde, elle lui avait permis de vivre longtemps.

Les instincts d'un tel lâche hurlaient en lui à plein volume.

Cet ennemi n'était pas quelqu'un qu'il devait croiser.

Inconsciemment, il fit un pas en arrière. Qui pouvait le blâmer ? S'il affrontait l'ennemi devant lui, il mourrait assurément. Ce n'était pas de la lâcheté que d'éviter un avenir funeste quasi garanti.

Mais quand il fit un second pas en arrière, ce qui s'offrit à lui fut la ville qu'il avait arpentée avec son « maître ».

« … »

Sans réfléchir, il leva les yeux vers ce paysage urbain, muet. La ville faite par les humains n'était quelque chose que des gobelins comme lui ne pouvaient que contempler en levant la tête. Mais ce fut ce paysage qui réveilla ses souvenirs de son « maître ».

S'il ne faisait qu'un troisième pas, se retournait et fuyait, il survivrait sûrement.

Mais il ne put faire ce troisième pas.

Son corps tremblait, son cœur battait la chamade, sa gorge se desséchait.

Pourtant, malgré cela, il ne fit pas un pas en arrière.

L'haleine qu'il exhalait était blanche comme du feu.

« U, nu… »

Il devait s'enfuir. Au moment où il en décida ainsi, il bougea. Il se fit aussi petit que possible et tenta de passer sous les bras qui balançaient.

Mais il fit soudain un bond en arrière.

S'il avait continué, Zelkof l'aurait frappé du revers de la main. La tête du vieux gobelin aurait assurément été réduite en miettes.

« Nu, u… »

Son corpsGainé d'armure était couvert de sueurs froides.

À cet instant, par quelque ironie du sort, Zelkof se tourna soudain vers lui.

C'était la mort. Cette mort accablante le fixait droit dans les yeux.

Le gobelin avait rassemblé tout son courage pour faire un pas en avant, mais un seul regard suffit à tout briser.

Sa détermination s'effondra, ses jambes tremblèrent… Mais juste au moment où il s'apprêtait à faire ce troisième pas en arrière et à se retourner —

« Ancien, tu es sain et sauf. »

« Gi Gu-dono. »

L'un des quatre généraux, le gobelin de classe seigneur, Gi Gu Verbena de la Felduk ensanglantée, l'appela.

« On dirait que vous avez été pas mal amochés. »

À la vue des corps des jeunes gobelins, Gi Gu grinca des dents de colère. Ses subordonnés s'avancèrent des deux côtés pour couvrir le vieux gobelin.

« Grand frère ! C'est dangereux ! » dit Gu Naga (Long).

Gi Gu acquiesça. « Je sais. Mais cette fureur d'avoir vu nos frères tués ne s'apaisera pas tant qu'elle ne sera pas déchaînée sur cet ennemi. »

Bien que Gi Gu découvrît ses crocs et tremblât de colère, le sourire de Zelkof ne montrait aucun signe de fissure.

« Gobelin, gobelin, ku ha ha ha, ku ha ha ! »

Tandis que Zelkof se courbait en avant comme une bête, Gi Gu hurla.

« Il arrive ! »

L'instant d'après, Zelkof bondit. Le chevalier saint sauta si près du sol qu'on eût dit qu'il courait, puis, en approchant de Gi Gu, il lança son poing vers le gobelin. Il n'avait pas de garde. Normalement, c'était une attaque qu'on pouvait aisément balayer.

« GU, NUuuu !? »

Mais quand Gi Gu tenta de la dévier, son épée fut repoussée et tout son corps projeté en arrière. Gi Gu redressa sa posture en plein vol, mais la force anormale de l'humain lui arracha un claquement de langue.

« Quel monstre ! Es-tu vraiment humain !? »

« Ku ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ! »

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