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Goblin Kingdom

Chapitre 212

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Chapitre 212

Chapitre 212

Chapitre 212/21798%~27 min de lecture5 322 mots

L'avant-garde du Roi Gobelin — Gi Gi Orudo le dompteur de bêtes ancestral, Gi Zu Ruo le lion fou et Gi Ji Arsil l'Assassin — progressait vers le sud. Ils avaient fait de leur règle de se retrouver une fois par jour.

Actuellement, ils ne bougeaient pas, mais fouillaient leurs alentours sur ordre du roi.

« Je me demande si les humains ne vont pas envoyer quelqu'un chasser aujourd'hui non plus », maugréra Gi Zu.

« T'as pas l'air content », remarqua Gi Gi en se fourrant dans la gueule la viande que sa bête apprivoisée lui tendait.

« T'as un problème avec les ordres du roi ? » Gi Jii lança un regard acéré à Gi Zu.

« Non, mais y'a pas beaucoup de villages humains par ici, donc… »

« Et les bêtes ont aussi besoin de— »

« La reconnaissance aussi, peu importe le nombre qu'on est— »

Gi Zu grogna en voyant les yeux de Gi Gi et Gi Ji briller d'excitation.

Les ordres du roi portaient sur trois rapports distincts.

Gi Gi devait rendre compte de l'état de ses bêtes ainsi que de la nourriture, Gi Zu de la situation des villages humains, et Gi Ji de la géographie des terres devant eux.

Les gobelins étaient de bons marcheurs, et ils pouvaient atteindre le territoire des croyants de Kushain en huit jours, mais le roi leur avait explicitement ordonné de ralentir le rythme et de glaner des informations.

Les territoires des cités libres n'étaient pas clairement délimités, et les soldats devaient patrouiller le long des villages construits aux frontières.

Le Royaume de Germion n'avait jamais dépassé les frontières de sa région occidentale. Cette région pouvait se targuer d'une population de plus de dix mille humains et avoir prospéré sous la gouvernance de Gowen, mais son étendue se limitait à la zone entre la capitale de l'ouest et la ville coloniale.

De même, les territoires jouxtant les frontières du Royaume de Germion étaient dirigés par de petits seigneurs féodaux des cités libres. Les gens vivant sur de telles terres pouvaient être un groupe de pionniers ayant défriché une terre, cultivé et commencé à s'y installer ; ils pouvaient être un groupe de colons envoyés d'un village voisin ; ils pouvaient aussi être les partisans d'un noble ayant perdu une lutte de pouvoir. Il y avait toutes sortes de raisons, mais en général, les gens qui vivaient aux frontières étaient habituellement des gens sans pouvoir.

Bien sûr, s'ils étaient capables de mener un groupe de pionniers, ils devaient avoir un certain degré de leadership ; ou sinon, peut-être un puissant parrain. Mais peu importe, la distance entre le peuple et le seigneur féodal en ces lieux n'était pas grande.

Même les plus gros groupes de pionniers n'avaient généralement que trois cents personnes au maximum, donc assez peu nombreux pour se voir tous les jours. Et naturellement, même si on n'aime pas la personne, si on la voit tous les jours, on finit par la connaître.

Ainsi, des sentiments se formaient naturellement entre le seigneur féodal et le peuple. Contrairement aux aristocrates des grandes villes, les aristocrates des frontières traitaient rarement leur peuple durement.

Le peuple avait aussi plus de pouvoir, car il pouvait voir la disposition du prochain seigneur féodal. Si le suivant était trop cruel, il y avait une tendance à en préférer un autre.

Après deux ou trois générations, les seigneurs féodaux vivant le long des frontières avaient enfin commencé à devenir un peu plus importants. La croissance signifiait plus de villages sous leur coupe, ainsi que de petits seigneurs voulant jeter leur dévolu sur eux, mais il y avait aussi des gens qui voudraient voir un seigneur grandissant tomber avant qu'il ne devienne un problème.

La vie le long des frontières était rude.

Les seigneurs se faisaient parfois la guerre, les voleurs pullulaient, l'agriculture ne rapportait pas assez, mais le plus problématique de tous étaient les attaques de bêtes monstrueuses.

Au début, les seigneurs des frontières étaient surtout préoccupés par les bêtes monstrueuses et l'agriculture.

Les conflits entre humains étaient leur deuxième plus gros souci, et en fait, même Gowen, qui gouvernait la région occidentale, partageait ce sentiment. C'est pourquoi il n'avait pas essayé de les provoquer, et s'était plutôt concentré sur le développement de ses villages vers le nord.

Il avait alors décidé d'essayer d'exploiter la richesse de la Forêt des Ténèbres. Après quoi, devenu plus fort, il tenterait sa chance à la conquête du sud.

Gowen n'avait pas partagé son plan par des mots, il l'avait exécuté. Ses actions avaient pu tromper même le roi Ashtal, et un moment de friction était né entre eux deux, friction qui fut vite aplanie quand la menace gobeline devint trop grosse pour être ignorée.

Pendant plus de dix ans, Gowen et les cités libres se concentrèrent uniquement sur la gestion des calamités naturelles et des bêtes monstrueuses, leur permettant d'accroître leur force avec succès.

Les seigneurs féodaux de première génération étaient encore en activité grâce à leur capacité et leur popularité, ils purent donc créer de nombreux successeurs brillants.

Le Roi Gobelin ne put pas voir aussi loin, mais en déduisant de son expérience et de ses connaissances, il estima qu'un humain capable de cultiver des terres inexplorées comme ceux de la Forêt des Ténèbres ne serait sûrement pas incompétent.

En regardant la bataille précédente, il y avait Gowen Ranid, un vieil ennemi puissant, et en regardant vers le sud, il y avait le pays géant qu'étaient les cités libres. Naturellement, il considérait de telles nations voisines de sa Forêt des Ténèbres comme la fin de ses propres frontières.

Après avoir pensé jusqu'à ce point, le Roi Gobelin n'avait d'autre choix que d'agir avec prudence. Ce qu'il craignait le plus, c'était l'apparition d'un second Gowen Ranid. Il ne voulait pas d'un guerrier puissant comme ennemi, mais un dirigeant puissant était un problème encore plus grand.

Malgré cela, ce qui fit décider le Roi Gobelin de se tourner vers le sud fut l'existence des croyants de Kushain. Il entrevit une voie grâce à sa rencontre fortuite avec le patriarche, Benem Nemush.

C'était une information qu'il avait obtenue du Clan Leon Heart, ses alliés humains.

Les cités libres avaient été scindées en deux camps, le nord et le sud, et étaient dans le chaos à cause de la guerre sainte de Nemush. C'était encore un mystère de savoir comment leur conflit affecterait les frontières, mais le Roi Gobelin croyait que ce ne serait pas un problème.

Le Royaume de Germion à leur est avait plusieurs petites forteresses de leur côté de la frontière. Mais elles n'étaient en rien infaillibles si le Roi Gobelin décidait de rassembler ses forces. Cela dit, les détruire ne servirait qu'à rendre ses relations avec le Royaume de Germion irrémédiables.

Les forces gobelines s'élevaient à environ deux mille, elfes et demi-humains inclus. En ajoutant le Clan Leon Heart fraîchement arrivé, ils n'avaient pas plus de trois mille soldats.

Le Roi Gobelin ne croyait pas possible de conquérir le Royaume de Germion avec seulement trois mille soldats.

C'est pourquoi il décida de porter son regard sur les cités libres du sud à la place. Il les conquérirait et augmenterait ses alliés, puis il conquérirait le Royaume de Germion.

Après avoir pensé aussi loin, le Roi Gobelin fit face à une autre question : comment accomplirait-il cela ?

Les humains étaient peu susceptibles de se soumettre à lui s'il ne les prenait que par la force. Ce qui serait le plus préférable, c'était qu'ils viennent à lui et s'accrochent à lui.

Si tel était le cas, que devrait-il faire pour que cela arrive ?

Il y avait trois choses.

Un, il devait les débarrasser de leurs préjugés ; deux, il lui fallait un ennemi plus atroce que les gobelins ; et trois, il devait montrer sa puissance.

Le plus difficile des trois était la question des préjugés. Quant aux deux autres, il pourrait les régler plus tard. Montrer sa puissance, en particulier, était assez facile.

Il lui suffirait de la guerre.

De plus, il ne ferait pas la guerre aux petits seigneurs féodaux, mais à l'ennemi qui est plus atroce que les gobelins.

Un tel ennemi faisait actuellement sentir sa présence dans la partie nord des cités libres. Le Roi Gobelin en avait pitié, mais malheureusement, il avait besoin d'eux comme marchepied. Le Roi Gobelin croyait qu'il serait possible de montrer sa puissance en leur faisant la guerre.

Quant au dernier problème restant, la question des préjugés. C'était bien le plus difficile. Mais à moins de le résoudre, il n'était pas probable que les petits seigneurs viennent compter sur eux.

S'il n'y a pas de moyen de régler un problème d'un seul coup, il n'a qu'à le prendre lentement.

Ne pas tuer d'humains inutilement, aller jusqu'à les raccompagner sur leur territoire, ne pas leur imposer d'impôts déraisonnables, ne pas les faire souffrir… Tout était pour résoudre ce dernier problème.

Et ceux à qui cette tâche importante fut confiée furent le Clan Leon Heart, qui acceptait même des demi-humains et des elfes dans ses rangs.

S'ils n'avaient pas été là, le Roi Gobelin aurait travaillé aux côtés de l'elfe Felbi pour réaliser ses plans, mais maintenant qu'ils étaient venus, ce serait dommage de gâcher de si bons pions.

Des humains refuseraient-ils une main tendue dans le besoin ? La réponse est non. Peu importe leurs intentions, quand une main tendue est offerte dans une crise, les humains la saisiront sûrement.

Le long bras du Roi Gobelin s'étira vers les frontières des petits seigneurs féodaux.

Le Clan du Roi Rouge avait un magicien. Son nom était Grave Neil, un vieux magicien qui s'était fait un nom comme enchanteur.

Il était né deuxième fils d'une famille de forgerons, et ce ne fut qu'à quatorze ans que son talent fut reconnu. Depuis, il l'avait perfectionné de tout son cœur, et après plus de quarante ans, il était enfin devenu un magicien accompli.

L'enchantement qu'il utilisait pouvait imprégner toutes sortes d'éléments dans les armures et les armes. Par exemple, il pouvait enchanter une lance avec l'élément foudre, et elle posséderait le pouvoir de paralyser ceux qu'elle tranche. Il pouvait aussi enchanter une épée avec le feu, et les ennemis blessés par celle-ci souffriraient de brûlures.

Il pouvait aussi enchanter les armures.

Une armure enchantée avec l'élément vent deviendrait légère comme une plume, et des bottes enchantées avec l'élément fer seraient extrêmement dures.

« Hé, Saldin ! L'armée avance trop vite ! T'as aucun respect pour tes aînés ! ? »

« Qu'est-ce que tu racontes, papi ? T viens pas de me dire de pas te traiter comme un vieux ! ? »

« Tu sais pas faire des concessions ! ? »

« Tu sais pas arrêter de sortir des sophismes, papi ! ? »

Bien que sa personnalité laissât à désirer, c'était un aventurier expérimenté avec un vaste réseau de relations et les compétences pour être nommé parmi les meilleurs du Clan du Roi Rouge.

« Allez, vous deux, arrêtez de vous battre. On va négocier avec des gens maintenant. Si on arrive de mauvaise humeur, ils nous regarderont de haut », dit Carlion.

Le musclé Saldin le coupa. « Y a même un intérêt à négocier ? Comment s'appelle ce clan déjà ? Hirondelle Volante ? Je sais qu'ils sont célèbres, mais… »

« Soupir, c'est exactement pour ça qu'avoir une escouade de rien que des têtes brûlées, c'est chiant ! »

« Qu'est-ce que t'as dit ? »

Saldin dévisagea le vieux magicien.

« Tu le regretteras si tu sous-estimes le Clan Hirondelle Volante. Comme leur nom l'indique, ils vont par le monde librement comme des hirondelles. On peut pas juste foncer dans leur QG comme on a fait pour le Clan Elks. En plus, ils ont aussi beaucoup d'aventuriers célèbres dans leurs rangs, connus dans le monde entier », dit Grave avant de rappeler à Carlion que c'était le dernier clan qu'ils devaient se faire comme ennemi.

« Inquietez-vous pas, on n'y va pas pour chercher la merde », dit Carlion.

« …J'espère bien. »

« Bah, t'es un pessimiste incroyable, hein, papi », ricana Saldin à l'adresse de Grave.

À cela, le vieux magicien saisit son bâton et se mit à courir après Saldin dans tous les sens. Malheureusement pour le vieux magicien, Saldin était un guerrier chargé de la ligne de front tandis qu'il était un vieux magicien chargé de l'arrière-garde. Il ne fallut pas longtemps avant que la différence d'endurance ne se fasse sentir.

« Qu'est-ce qu'il y a, papi ? T'as pété la hanche ou quoi ? »

« Petit… GAH ! ? »

Grave poursuivit désespérément Saldin malgré son souffle saccagé, mais peu importe à quel point il courait, il n'arrivait pas à l'attraper.

L'endroit où ils se dirigeaient était au sud du Royaume d'Elrain, la ville moyenne de Sapnir. Elle était située à mi-chemin de l'une des nations fondatrices des Cités Libres, la nation marchande, Pena.

« Ça fait longtemps, Lord Wyatt ! » dit Grave.

Le grand homme sourit et s'inclina. « Désolé d'avoir pas pu écrire. Tu as l'air en forme, vieux maître. »

Après que l'Hercule, Wyatt, eut quitté le Saint Royaume de Shushunu, il alla aux Cités Libres. Une raison était la demande de clan, l'autre était son intérêt personnel pour le Clan du Roi Rouge.

« Le chef de clan (Arcs) te salue aussi. »

« Pour un pauvre vieux comme moi ? Y a pas besoin, vraiment… »

Wyatt les mena dans une compagnie commerciale, ce qui les fit tous lever les sourcils.

« Lord Wyatt, c'est… »

« C'est à un ami d'enfance. Inquietez-vous pas, c'est un endroit fiable. »

De tels endroits étaient généralement utilisés par des marchands influents.

« Comme on s'y attend de Lord Wyatt », sourit Grave en coinçant, et Wyatt lui rendit son sourire.

L'influence du Clan Hirondelle Volante n'avait pas seulement atteint la guilde des aventuriers, mais aussi celle des marchands. Cela venait d'être évident, et tout le monde du Clan du Roi Rouge ne put s'empêcher d'être confus. Bien sûr, aucun ne le laissa paraître sur son visage.

Ni Wyatt ni les gens du Clan du Roi Rouge ne perdirent leur temps et ils commencèrent immédiatement à parler. Après tout, le temps était une denrée précieuse pour chacun d'eux.

« Un traité de non-agression ? » Wyatt pencha la tête en entendant des mots inconnus.

« Oui. Notre Roi Rouge souhaite former une alliance avec les Hirondelles Volantes et leurs associés. C'est la première étape pour réaliser cet objectif », parla Carlion poliment. Il était seul responsable des négociations du Clan du Roi Rouge.

« Hmm… » Wyatt devint pensif.

Carlion continua. « Nous sommes nouveaux dans le sud et voudrions éviter le conflit avec les influentes Hirondelles Volantes. »

À première vue, ses mots pouvaient sembler humbles, mais compte tenu de ce qui était arrivé au Clan Elks, ils pouvaient aussi être pris comme une menace.

« Très bien. Je le proposerai personnellement à notre chef de clan », répondit Wyatt.

Les gens liés au Clan du Roi Rouge furent tous choqués. Qui aurait cru que les pourparlers iraient si bien ?

« Mais j'ai une condition », ajouta Wyatt.

« …Laquelle ? »

« Faut pas être si nerveux. Je pense juste qu'il serait préférable qu'on partage aussi des ressources humaines en plus de nos échanges culturels. Vous acceptez ces termes ? »

Quand Wyatt proposa cela, Grave et Saldin se tournèrent vers Carlion.

Carlion hocha la tête avec son éternel visage souriant. « Mais bien sûr, si anything, avoir de tels termes avec les célèbres Hirondelles Volantes est notre honneur. »

« Je vois, mais vous n'obtiendrez rien à me flatter nous. »

Wyatt rit franchement et Carlion lui sourit en retour.

Après que Carlion et les deux autres eurent quitté la compagnie commerciale, ils parlèrent des conditions de Wyatt en marchant.

« C'était une bonne idée, conseiller génie ? »

« On n'a pas le choix que de l'accepter. Du moins, c'est ce que je crois. »

La partie la plus importante de cet échange était de former de bonnes relations avec le Clan Hirondelles Volantes. C'était un plan pour essayer de changer l'image du Roi Rouge en formant de bonnes relations avec d'autres clans puissants. C'était une étape nécessaire maintenant qu'ils avaient plusieurs clans sous leur bannière.

Après tout, personne ne voudrait vraiment approcher un clan de mauvaise réputation qui faisait ce qui lui plaisait.

« La guerre avec le Clan Elks nous a permis de montrer notre force. Avec les relations de Lord Grave et les capacités guerrières de Lord Saldin, tant que notre chef de clan arrive à gagner en popularité, le Clan du Roi Rouge prospérera sûrement. »

« Alors pourquoi avoir dû choisir les Hirondelles Volantes ? » demanda Saldin mécontent.

« Parce que je crois qu'il vaudrait mieux éviter les frictions avec les autres pendant qu'on essaie de déployer nos ailes. La puissance est quelque chose qu'on ne doit utiliser que quand c'est nécessaire. Tu n'es pas d'accord ? »

« Bah, ouais, mais… »

« En plus, c'est aussi une bonne occasion de voir les affaires internes des Hirondelles Volantes. »

« …Si on y arrive, en tout cas », ajouta Grave alors que lui et Saldin penchaient tous deux la tête, perplexes.

« Papi, à quel point cet oncle Wyatt peut être utile ? »

« Bah, sa personnalité, c'est ce qu'on appellerait « ferme ». En tant que guerrier, il est vraiment bon qu'en défense, mais il pourrait probablement arrêter Lord Shunrai. »

« Cet oncle en apparence bon enfant ? »

Saldin n'en croyait pas ses oreilles en imaginant cet épéiste aux cheveux noirs du Clan du Roi Rouge.

« Il est plutôt calme maintenant, mais il était un démon sur le champ de bataille. Il semait le chaos avec Congo, une hallebarde en acier bleu-argent, dans sa main droite, et Fudou, un bouclier en acier magique, dans sa main gauche. Tu t'aurais pissé dessus si t'avais été là », dit Grave en repensant au passé. « Ah, mais dernièrement, j'entends qu'il a déjà scellé ces deux armes et a recentré son focus sur le fait de devenir une meilleure personne. Il a dû sacrément se calmer avec les années. »

« …Espérons que c'est vrai. »

Ce jour-là, le Clan Hirondelles Volantes et le Clan du Roi Rouge formèrent un traité de non-agression et promirent de partager les profits de l'est et du sud. Ils promirent aussi de partager des ressources humaines et d'envoyer des étudiants en échange par groupes de trois.

Avec cet accord, le Clan du Roi Rouge s'ancra fermement dans la région sud et le Clan Hirondelles Volantes put éviter une confrontation totale avec un clan en pleine ascension. Quant à savoir lequel de ces deux clans de taille moyenne prit le dessus dans ce traité, ce restait un mystère.

Belthazar la Lance Tout-Puissante et les autres chasseurs de primes quittèrent la forteresse et se dirigèrent vers le nord.

« Si les gobelins dirigent les humains, on en profitera. »

Chacun de ces chasseurs de primes avait la conscience coupable ; il allait donc de soi que la personne les menant serait quelqu'un comme Belthazar dont la compétence était le vrai truc.

« On est vraiment tranquilles avec un oncle comme lui à la tête ? »

Cela dit, il y avait encore des gens qui n'étaient pas contents de son leadership. Surtout, les jeunes et talentueux mauvais perdants.

Celui qui avait dit cette dernière phrase était un jeune épéiste.

« Si t'as un problème avec moi, dégage et bats-toi tout seul. Ça te fera du bien de te rappeler qu'on n'est pas camarades », trancha Belthazar.

Le jeune épéiste se leva, tira son épée et la pointa sur Belthazar.

« Je vois pas pourquoi je devrais t'obéir non plus », dit-il d'une voix provocante.

« … »

Alors que Belthazar se levait et sortait sa courte lance, les autres chasseurs de primes les encourageaient.

« Quel oncle pénible… »

Un instant, on crut que le jeune épéiste allait juste soupirer, mais l'instant d'après, il fonça soudainement trancher le cou de Belthazar.

« — Crève ! »

Le visage de l'épéiste se tordit en celui d'un démon alors qu'il abattait sa lame sèchement. La netteté de sa lame témoignait de son génie brut.

Mais Belthazar s'arrêta net et esquiva son attaque aisément. Au même moment, il utilisa le bout de sa lance pour frapper l'épéiste au menton et l'envoyer valser.

« GU, FU ! ? »

Qu'il se soit mordu la langue ou qu'il se soit coupé la bouche, du sang jaillit soudainement de la bouche de l'épéiste.

L'attaque de Belthazar ne s'arrêta pas là. Après avoir frappé le menton de l'épéiste, il fit tournoyer sa lance de sport et frappa le tibia de l'épéiste.

L'épéiste hurla et se tordit, mais Belthazar envoya un autre coup vers ses bras.

L'épéiste le dévisagea avec haine, mais Belthazar受ke ce regard haineux froidement en donnant un coup de pied au jeune épéiste pour l'éloigner.

Ce dernier coup de pied atterrit pile au plexus solaire de l'épéiste, le faisant vomir son dernier repas.

Tandis que l'épéiste se tordait au sol, Belthazar s'approcha tranquillement de lui et lui donna un coup de pied au visage.

Même les chasseurs de primes qui les encourageaient finirent par se taire en voyant l'habileté et la cruauté de Belthazar.

Mais même alors qu'ils se taisaient, le son des coups ne cessait jamais.

L'épéiste eut le nez cassé et l'intérieur de la bouche tailladé avant de ne plus pouvoir bouger du tout. Ce n'est qu'alors que Belthazar le laissa tranquille.

« Y en a d'autres qui ont des problèmes ? »

Cela conclut les présentations, et Belthazar devint le chef de ce groupe de chasseurs de primes.

Après cela, ils partirent pour la capitale de l'ouest.

Pale Symphoria alla avec le guerrier gnome, Berk Alsen, au petit pays de Fenis depuis les petites nations.

Pale se sentait désolée d'avoir entraîné la novice aventurière Shurei et la suivante de la déesse de la guérison (Zenobia), Rue, dans ses problèmes, mais elles insistèrent pour venir, et à la fin, il fut décidé que ce serait plus sûr pour elles d'être à côté d'un allié fort comme Berk que de rester seules maintenant qu'elles étaient pourchassées.

« On a formé un contrat, non ! ? »

« J'ai dit jusqu'à ce qu'on sauve mes frères— »

« Mais à ce rythme, Mlle Pale va retomber en danger ! »

« C'est vrai, mais… »

Étonnamment, après que Pale les eut quittées toutes les deux, elles coururent immédiatement à la guilde des aventuriers et cherchèrent quelqu'un qui pourrait faire office de garde. Mais elles avaient trop peu d'argent sur elles, et personne n'était prêt à accepter leur demande. Surtout, puisque leur ennemi était la Dague de Webrus.

C'est alors qu'apparut Berk, frais sorti du désert du sud avec à peine une idée de comment la société humaine fonctionnait. Il fut charmé par l'idée de sauver ses frères, donc il accepta le contrat.

Après avoir sauvé Pale, il fut décidé que Berk parlerait d'abord à son chef de clan. Pale obtempéra docilement, la fatigue de la dernière bataille lui ayant fait réaliser à quel point c'était fou de défier un clan entier toute seule.

« …Ah, un conseil. »

L'endroit où ils arrivèrent était le petit pays de Fenis, un pays réputé pour protéger les elfes. Pour une raison quelconque, Berk devint nerveux dès qu'ils y mirent le pied.

Il s'adressa à ses trois compagnons de voyage. « …Le chef de clan est extrêmement strict et a tendance à recourir à la violence facilement. Le chef de clan, c'est ce qu'on appelle ton voyou stéréotypé. J'expliquerai tout, donc vous, écoutez juste tranquillement. »

À cette explication, Pale et les autres se regardèrent.

« Ça va vraiment aller ? »

Ce fut Pale qui demanda cela.

Malheureusement, ses inquiétudes ne reçurent qu'une réponse incertaine de « peut-être ».

En passant par la rue principale, puis les ruelles, ils se retrouvèrent devant un bar délabré. Après que Berk eut confirmé que c'était le bon endroit, ils entrèrent.

« …Restaurant Paradise. »

Ce nom suspect laissa Rue avec l'air d'être sur le point de pleurer alors qu'elle jetait un regard pitoyable à Shurei.

« Qu'est-ce qu'on fait, Shurei ? »

« O-On n'a pas le choix, faut y aller ! »

Lorsqu'ils entrèrent dans l'auberge, ils virent une femme aux cheveux noirs en tenue révélatrice, endormie, les pieds posés effrontément sur la table.

Alors que Berk s'approchait d'elle, le jeune Shurei resta à la fixer, ébahi.

Mais bien sûr, une telle réaction était tout à fait normale considérant que Shurei était un jeune garçon en pleine santé en présence d'une femme presque nue qui était bénie à la fois par la beauté et les atouts.

Elle portait une paire de sandales en cuir connues sous le nom de Ganika, une jupe avec une fente assez longue pour montrer ses cuisses, et un bout de tissu juste assez pour couvrir ses seins abondants. Ses vêtements étaient si révélateurs qu'on se demandait si elle n'avait pas simplement oublié de s'habiller.

Si cette tunique révélatrice était vraiment ses vrais vêtements, alors elle faisait un travail horrible pour couvrir sa peau couleur miel.

« …Shurei. »

Alors que Shurei se sentait transpercé par des regards, il sortit de son moment d'abrutissement, et tourna immédiatement la conversation vers Pale.

« C'est cette femme le chef de clan ? »

Pendant ce temps, Berk secouait les épaules de la femme. Comme la femme baveuse ouvrait les yeux, elle vit le visage de Berk. Au moment d'après, elle fronça les sourcils et se redressa.

Du point de vue de Shurei, le chef de clan était une femme d'une beauté saisissante. La façon dont elle avait l'air en croisant les bras et en écoutant Berk était exactement celle d'une héroïne brave.

Mais dès que leur conversation se termina, la femme chef de clan se leva, attrapa Berk par le torse et lui mit un coup de tête.

« GUO ! ? »

Berk cria de douleur en se recroquevillant.

« Espèce d'idiot ! Pourquoi t'as ramené un boulot qui paie pas ! ! »

Sa voix en colère résonna dans tout le bar, et immédiatement après, elle se tourna vers Pale et les autres. Un instant, ils crurent que leur cœur allait s'arrêter.

Ses yeux relevés étaient acérés comme ceux d'un prédateur épient sa proie. Ils étaient beaux, en effet, mais cela ne servait qu'à les rendre encore plus terrifiants.

« Idiot ! Tu comprends pas à quel point notre situation financière est désastreuse ! ? C'est PRÉCISÉMENT parce qu'on n'a pas de thune qu'on a fini à Fenis ! »

« M-Mais c'est parce que toi… »

« Qu'est-ce que t'as dit ! ? Tu me donnes la faute ! ? »

Alors que la femme continuait sans fin, la voix de Berk devint progressivement plus faible. Au bout d'un moment, la femme, qui avait déversé des insultes du début à la fin, détourna ses yeux prédateurs acérés de Berk vers les trois invités.

À ce stade, Pale et les autres étaient déjà pétrifiés à l'entrée de l'auberge.

« Iik ! ? » Rue cria involontairement.

Malheureusement, il n'y avait plus de fuite possible, car la femme chef de clan leur montrait du doigt de venir.

Les trois s'approchèrent de la femme chef de clan avec beaucoup de peur. En réponse, la maîtresse de la peur s'assit sur sa chaise, et posa effrontément sa jambe droite sur la table.

« Alors, combien vous avez apporté ? » dit la femme chef de clan en soupirant et en hurlant furieusement aux employés d'apporter plus d'alcool.

« E-Euh… »

Shurei et Rue se regardèrent. Pour elles, on avait l'impression qu'on leur disait de donner leur argent.

« Je suppose que vous êtes prêtes à accepter notre demande ? » demanda Pale en baissant sa capuche.

« Hein ? Bah, dans ce cas— »

« — Chef de clan ! »

Comme pour empêcher le chef de clan de parler, les portes de la boutique s'ouvrirent soudainement, et dix hommes d'apparence vulgaire entrèrent l'un après l'autre.

Claquant de la langue, le chef de clan fronça les sourcils en les regardant.

« Vous voyez pas que je cause avec quelqu'un, connards ! ? Vos mères vous ont pas appris à la fermer quand les gens parlent ! ? »

« …Hé, c'est qui la cible ? »

La personne qui avait l'air d'être le chef des dix hommes vulgaires ignora la femme chef de clan et posa cette question. Quand il vit Pale, il tira son épée.

« …Berk, apporte-moi mon épée. »

Le visage de la femme chef de clan se tordit en un sourire. Ses pupilles étaient grandes ouvertes de colère et son sourire était tout aussi mauvais.

Berk frotta l'endroit où il s'était pris le coup de tête en tendant une épée bizarre, à la fois fine et courbée.

La femme chef de clan prit son épée sans se tourner vers Berk, puis en expirant, elle prit sa position.

La femme chef de clan joua avec l'épée dans ses mains en souriant comme un prédateur qui épie sa proie. En même temps, elle lécha ses lèvres vicieusement.

« Femme, si tu te fourres sur notre chemin, on te fera pas de cadeau. »

Malheureusement, cet avertissement ne servit qu'à attiser sa colère.

« Viens, sous-fifre. Je vais te couper en morceaux. »

En réponse à l'avertissement de l'assassin, un ricaneur grave qui semblait dresser les longs cheveux noirs sur la tête.

« …Tuez-la ! »

Immédiatement, les assassins bondirent sur la femme chef de clan. Ces assassins étaient différents de ceux que Shurei et Rue avaient affrontés. C'étaient de vrais assassins, sans le moindre gaspillage dans leurs mouvements.

La femme chef de clan comprima son corps et le lança dans les assassins, puis l'instant d'après, trois éclairs jaillirent en une seule respiration, l'épée courbée sortant de son fourreau, et soudain, les assassins qui l'avaient attaquée furent tous taillés en pièces.

Voyant cela, les assassins ne purent s'empêcher d'être choqués, mais la femme chef de clan ne marqua même pas une pause alors qu'elle fit un pas en avant et attaqua trois fois de plus. Chaque fois que sa lame éclatait, le nombre d'assassins diminuait.

« Ha. »

Son beau visage souriant se tordit encore plus, alors que le sang giclait partout selon la trajectoire de chaque tranchée. Sur le sol, sur les murs… Tout était teint de sang.

C'était un style d'épée inconnu, mais ses cheveux noirs ondulaient à chaque coup porté, le sang giclant dans l'air à chaque éclair. C'était presque comme si elle dansait, et ce fait ne servait qu'à accentuer sa beauté.

Tandis que Shurei était captivé par son escrime, avant que quiconque ne s'en rende compte, il ne restait plus qu'un seul assassin.

« Qui êtes-vous ! ? »

« Hein ? T'as cherché la bagarre sans savoir qui était ton ennemi ? Déchet. »

Essuyant le sang de son épée courbée, elle la rengaina une fois de plus. En reprenant sa position, elle sourit cruellement.

« Viens, c'est l'heure de mourir. Sache que celle qui t'a tué est Vine de la Lune Brûlante Éclatante. Transmets mes salutations à la déesse des Enfers (Altesia) ! »

« Tu es la lame folle de— »

Sans lui laisser le temps de finir, l'épée de Vine le trancha du ventre à la poitrine. En un instant, la vie de l'assassin fut coupée.

« Hmph, petite friture », cracha Vine en rengainant son épée et en revenant prestement vers Pale et les autres.

« Bon, alors, où on en était ? »

La façon dont Vine avait l'air en léchant le sang de ses ennemis sur ses joues était vraiment celle d'un démon rieur.

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