Des étincelles jaillirent lorsque l'épée de Gowen rencontra celle de Gi Go.
« KU ! »
« NU !? »
Les deux lames furent déviées, et comme s'ils avaient tous deux prévu ce résultat, ils reprirent immédiatement leurs armes et attaquèrent à nouveau.
Les deux guerriers se battaient avec acharnement, mettant leur fierté en jeu dans ce duel. Leur combat était si intense qu'ils ne laissaient aucune ouverture pour une intervention extérieure, leurs armes s'entrechoquant sans répit.
Alors qu'ils semblaient sur le point de croiser le fer, Gowen sauta en arrière, brisant en un instant cet équilibre précaire.
Mais même alors, Gi Go ne détacha pas son regard de lui. Ce réflexe lui sauva la vie.
Car au moment où Gowen recula, il lança un coup de pied vers lui, et dans l'instant où tous deux se retrouvèrent en l'air, le bras de Gowen fulgura avec la précision d'un maître artisan.
Gowen avait porté une attaque au cou de Gi Go.
Pour l'esquiver, Gi Go utilisa l'impact du coup de pied précédent de Gowen.
Normalement, on encaisse le choc. C'était d'autant plus vrai quand l'adversaire n'était autre que le vétéran aguerri, Gowen Ranid, en personne. C'était un duel où détourner les yeux ne serait-ce qu'un instant signifiait la mort, et pourtant Gi Go avait réussi à prendre cette décision cruciale : reculer en même temps que le coup de pied de Gowen.
Il en résulta que Gi Go ne subit que peu de dégâts.
Dès qu'il toucha le sol, Gi Go mobilisa tous ses muscles de classe duc et fonça à nouveau sur Gowen.
Gowen avait envoyé violemment un coup de pied et frappé de son épée malgré sa position déséquilibrée. Ce mouvement quasi surhumain avait un coût, et il ne laissait d'autre choix à Gowen que de se mettre sur la défensive. Une légère grimace apparut sur son visage.
Lorsque Gowen entra à portée, Gi Go lança l'épée courbe qu'il tenait le long de son corps.
Gowen rompit sa posture pour tourner le buste vers Gi Go, tandis que ce dernier cherchait à fendre le corps de Gowen en deux.
Au même instant, Gowen utilisa sa jambe droite comme axe et pivota.
« NU !? »
Bien que surpris, Gi Go crut y voir une erreur fatale de la part de Gowen, aussi continua-t-il son coup descendant.
Le claquement du fer résonna à nouveau tandis que des étincelles fusaient.
Un examen plus attentif aurait montré que Gowen était parvenu à parer l'attaque de Gi Go en pivotant sur lui-même et en laissant glisser la majeure partie de la force du coup sur sa lame, détournant efficacement la trajectoire de l'épée courbe.
Par cet échange, Gowen prouva qu'il possédait à la fois le courage d'affronter le danger d'exposer son dos en duel et la technique pour en tirer parti.
S'il ne s'agissait que d'escrime pure, cette superbe parade placerait probablement Gowen parmi les deux meilleurs du royaume de Germion.
« ! »
Gi Go récupéra son épée au moment où elle était déviée, puis repartit à l'assaut.
Si l'on analysait calmement le combat, on verrait que Gi Go l'emportait clairement en termes d'endurance.
La raison pour laquelle Gowen avait exécuté cette parade était d'économiser ses forces et d'éviter d'être blessé.
Tout ce que Gi Go avait à faire maintenant, c'était attaquer.
Mais même s'il le voulait, la compétence Barrière Martiale de Gowen n'était pas quelque chose qui tomberait si facilement.
Un seul faux pas, et Gi Go se retrouverait mort bien vite.
Cette possibilité pendait devant ses yeux, comme pour ne pas lui laisser l'oublier.
Dès le début, ce duel s'était déroulé comme un funambule marchant sur une corde tendue entre deux vallées, mais malgré cela, Gi Go ne recula pas, et il avança vaillamment.
« GURUuoGOOO ! »
Alors que Gi Go poussait un puissant cri de guerre, son corps fulgura.
Gi Go combla instantanément la distance qui le séparait de Gowen en portant un coup vers le corps de ce dernier.
Son épée jaillissait en estoc avec une puissance suffisante pour transpercer l'armure de Gowen de part en part, mais l'épée de Gowen partit d'en bas, faisant jaillir de nouvelles étincelles.
Gi Go avait déjà anticipé cette situation. Distance longue et distance courte existaient même dans un duel à l'épée.
Plus on était habile, plus grande était sa compréhension de la profondeur de la portée des armes.
Ce combat périlleux fit comprendre cela à Gi Go.
Il comprit qu'il ne pouvait pas gagner un combat à distance contre cet homme. Même avec la protection du dieu de l'épée, même avec ses capacités physiques accrues qu'aucun humain ne pouvait égaler, même avec son zèle indéfectible pour l'épée, il ne parviendrait pas à vaincre l'épée de cet homme.
Avec d'incompréhensibles sentiments pesant sur son cœur — peut-être de la jalousie ou de l'envie —, Gi Go brava le danger et força Gowen dans un combat au corps à corps.
Alors que Gi Go chargeait de tout son corps, Gowen le contourna et porta un coup d'épée.
Gowen avait utilisé sa concentration et sa perception exceptionnelles pour lire le mouvement de Gi Go. Il répondit à l'estoc de Gi Go par une contre-attaque et frappa Gi Go à l'arrière de la tête.
« GU ! »
Gi Go récupéra son épée in extremis et la fit tourner vers Gowen.
Les deux lames s'entrechoquèrent à nouveau, et les deux épéistes prirent de la distance.
Gowen reprit son souffle.
« Il est vraiment fort », marmonna Gi Go, puis il fronça légèrement les sourcils. Il sentit une fine ligne de chaleur sur sa joue. Il réalisa qu'il avait été entaillé.
En tant que bénéficiaire de la protection du dieu de l'épée, Gi Go était indubitablement un maître épéiste parmi les gobelins.
L'endurance qu'il possédait en tant que classe duc surpassait celle de n'importe quel humain, et elle s'accompagnait d'une force lui permettant d'écraser aisément n'importe quelle tête humaine. Il pouvait aussi bondir comme aucun humain ne pourrait jamais en rêver.
Le fait que Gowen puisse se battre au niveau de Gi Go, voire au-dessus, ne tenait qu'à l'épée qu'il avait polie toutes ces années.
Gowen ne bénéficiait ni de la protection du dieu de l'épée, ni de celle des autres dieux.
C'était un domaine qu'il avait atteint par ses seuls efforts.
C'était le résultat d'un homme qui avait poussé la force d'un humain normal à ses limites.
C'était le chevalier connu sous le nom de Gowen Ranid.
Son souffle était faible.
Il avait déjà échangé plus de trente coups décisifs avec l'ennemi devant lui, chacun n'étant possible que grâce à son entraînement.
Gowen vérifia l'état de son corps.
Il était bien au-delà de l'apogée du corps humain. Dans la vingtaine ou la trentaine, il aurait pu bouger sans manquer d'air, mais ce n'était plus le cas à son âge actuel.
Comme la gondo d'une porte qui n'aurait pas été entretenue depuis maintes lunes, ses articulations grinçaient tandis que les années siphonnaient sa force.
Pour couronner le tout, la blessure infligée par ce roi gobelin l'affaiblissait encore davantage.
Bien que bandée, sa vie s'écoulait indéniablement.
Sa seule grâce était qu'il ne ressentait pas la douleur grâce à son extrême concentration. Gowen le croyait lui-même, non sans dérision.
Quoi qu'il en soit, Gowen n'oserait pas se vanter de pouvoir battre facilement le gobelin devant lui, même s'il avait retrouvé son corps de jeunesse.
Il avait déjà conclu plus tôt que le simple fait d'avoir plus d'endurance ne lui permettrait pas de vaincre cet épéiste.
Les humains vieillissent avec le temps.
Il n'y avait pas à y aller contre. C'était à la fois la bénédiction de Jurana, le dieu du temps, et une maudite malédiction.
Avec l'âge venaient la faiblesse, la perte, et pourtant aussi, davantage de gens à protéger.
Il avait poli son médiocre art de l'épée jusqu'à la perfection, éliminant tous les mouvements superflus. Même s'il n'avait qu'une seule technique pour se rapprocher de ses adversaires, même si l'acuité de sa technique d'épée était... Non ! C'était plus que cela. Sa façon de respirer, sa façon de marcher, tout était quelque chose que Gowen avait soigneusement entraîné au fil des ans.
Sa position de seigneur féodal, son fief, sa renommée.
Tout cela était — à cet instant précis — en train de s'effondrer.
Et c'était bien approprié, face à la mort dont Gowen ne pouvait fuir, le chevalier saint retrouvait sa simple condition de chevalier.
Gowen releva lentement l'épée qu'il tenait en position basse depuis le début, et la porta en garde moyenne.
Il n'était plus le seigneur féodal qui excellait dans la défense. À cet instant, il était l'expert martial Gowen Ranid, et pour la première fois, il allait combattre offensivement.
Ses forces s'épuisaient, il regarda faiblement la personne se tenant devant lui. Un grand gobelin tenant une épée courbe le long de son corps.
Normalement, il n'aurait pas pu discerner d'ouverture chez ce gobelin. Mais juste un peu, une ouverture de la taille d'une aiguille pouvait être perçue dans cette pression intimidante émanant du gobelin.
Soudain, un estoc.
La jambe droite de Gowen s'avança comme pour recoudre un trou dans l'air. Il n'y avait presque aucune résistance dans la puissance venant de ses jambes. Elle passa en douceur de ses genoux à ses hanches, puis à son dos, et finalement à ses bras, tandis que la force de tout son corps affluait dans sa poussée.
En cet instant, Gowen sembla disparaître du champ de vision de Gi Go.
Il n'y avait presque aucun mouvement préparatoire quand Gowen se lança. C'était si précis et si naturel...
Bien sûr, l'estoc qui en résultait n'en était que plus terrifiant.
Toute trace de la douleur qui tourmentait le vieux chevalier disparut de son visage alors qu'il tirait cette unique attaque et visait la vie de Gi Go.
Mais il restait encore un fil relié à la vie de Gi Go, un fil né du regard que le gobelin plantait dans les yeux du vieux chevalier.
Le visage de Gowen était dépourvu d'émotion lorsqu'il porta cette unique attaque, mais dans ses yeux brûlait la volonté de se battre.
Dès que Gi Go vit ces flammes, le dieu de l'épée en lui lança un cri d'alarme. Et sans même prendre le temps de réfléchir à quel point ce serait un mouvement maladroit, Gi Go se laissa intentionnellement tomber pour esquiver. Immédiatement après, un trait de chaleur parcourut l'arrière de son cou.
Gi Go fit tourner son épée courbe avant même de ressentir la douleur.
Malheureusement, cependant, Gowen n'en avait pas fini. En fait, il semblait ne fait que commencer, car il récupéra son épée et abattit rapidement celle de Gi Go, puis il porta à nouveau un estoc au centre du corps de Gi Go.
Gi Go sauta en arrière, mais les estocs de Gowen ne s'arrêtaient pas.
Quand une attaque se terminait, Gowen se rapprochait. Chaque fois que Gi Go était en l'air, Gowen faisait un pas.
La perception terrifiante de Gowen lui permettait de saisir parfaitement où Gi Go allait se diriger. Il était si précis qu'il semblait presque prescient.
Gi Go dévia l'estoc de Gowen, mais ce dernier le ramena sur la même trajectoire.
Le sang gicla tandis qu'il entaillait le bras de Gi Go.
◇◆◆
Rashka et Gi Zu Ruo grommelaient depuis un coin de la pièce en regardant Gi Go Amatsuki affronter Gowen.
Gi Zu grommelait parce que Gi Go avait du mal, tandis que Rashka grommelait parce qu'il ne pouvait pas se battre.
« Merdre, je voulais me battre ! »
Rashka ne daigna pas cacher son mécontentement.
« ...C'est vraiment un humain ? » laissa échapper Gi Zu en voyant à quel point Gowen différait des humains qu'ils avaient affrontés jusqu'alors.
La pleine puissance de Gowen, enfin libérée face à la mort, représentait une menace trop grande pour les gobelins.
« Seigneur Gi Go risque de nous en vouloir pour ça, mais je pense qu'on devrait intervenir... »
Quand Rashka entendit Gi Zu dire quelque chose d'aussi lâche, il ricana.
« Tu parles exactement comme ces humains faibles », dit-il.
« Quoi !? » Gi Zu s'enflamma.
« Essaie, et Gi Go te coupera la tête au moment où tu interviendras. »
Gi Zu n'apprécia pas la remarque de Rashka, mais n'ayant pas de mots pour la réfuter, il ne put que regarder le duel en silence.
Le corps de Gi Go était déjà teint de la couleur de son propre sang, mais ses mouvements rudes s'accompagnaient d'une chaleur qui semblait faire évaporer le sang sur sa peau.
Si Gi Zu connaissait le mot « héroïque », il décrirait sûrement ce spectacle comme tel.
Gi Go avait déjà bravé plusieurs fois le danger dans ce duel, mais malgré cela, il continuait de sourire. C'était le sourire de quelqu'un complètement envoûté par l'épée, un sourire né d'une ferveur plus proche de la folie que de l'intérêt.
Gi Go était un gobelin dont la seule poursuite était de plus hauts sommets sur la voie de l'épée, tandis que Gowen était un humain qui avait pratiqué son épée un nombre stupéfiant de fois. Les deux se battaient comme s'ils ne pouvaient attendre d'être le premier à mourir.
Deux guerriers, deux races différentes, mais ils poursuivaient une seule chose... L'apogée de l'épée, le sommet ! Un royaume que nul n'a jamais vu ni touché.
Gowen lisait l'avenir avec sa perception inhumaine pour maximiser son avantage, tandis que Gi Go, comprenant que les gobelins ne mouraient pas pour une simple égratignure, se préparait et avançait.
L'ennemi pouvait trancher sa chair, mais en échange, il trancherait son os. Gi Go croisa le fer avec Gowen avec cette résolution.
« Ils n'ont toujours pas fini ? »
Pendant que les deux épéistes se battaient, Gi Za Zakuend entra dans la pièce. C'était la personne chargée de mener les druides à la poursuite des humains.
« J'ai du mal à croire que tu puisses dire ça après avoir vu l'intensité de leur duel », dit Rashka en ricanant, mais Gi Za n'en fut pas le moins du monde affecté.
Gi Za répondit d'un visage vide d'émotions. « Pourquoi ne l'aidez-vous pas à le tuer ? Nous pourrions éviter des pertes inutiles si nous pouvions juste pendre sa tête aux portes. Puis-je vous rappeler que nos forces ne sont pas si relâchées. »
« ...Intervenir ne ferait qu'exposer Seigneur Gi Go à un risque inutile », dit Gi Zu en maîtrisant ses émotions.
Gi Za ricana. « Alors laissez-moi déchiqueter cet homme avec mon vent. »
Gi Za sortit son bâton, mais dès qu'il le fit, Gi Go sentit ce qu'il s'apprêtait à faire, et il hurla avec une fureur semblable à un feu déchaîné.
« Ce duel est à moi ! Essaie de t'interposer ! Je te couperai en deux ! Laisse-moi cet homme, je vais gagner, c'est certain ! »
« Mais cela prendra trop de temps. Nous avons peut-être déjà occupé les terres autour du château, mais il y a encore des gens qui résistent. Si nous pouvions juste avoir la tête de cet homme et la pendre, nous pourrions leur ôter le peu de moral qui leur reste. » Gi Za parla froidement, sans aucune émotion.
En contraste, les mains de Gi Go tremblaient de colère alors qu'il brandissait son épée courbe. « ...Ne te mets pas en travers de mon chemin. »
Gi Go fit tourner son épée courbe et prit de la distance avec Gowen.
L'air même se déchira quand Gi Go swingua son épée. De cela, il était clair comme le jour que Gi Go s'était résolu.
Maintenant réveillé de l'ivresse de l'épée, Gi Go s'avança pour conclure le duel une bonne fois pour toutes.
◇◆◆
Soudain, l'ennemi devant lui parut plus grand qu'auparavant. Voyant cela, Gowen plissa les yeux.
« Tu comptes en finir, je vois. »
Gowen se tint sur ses gardes, son bras de fer en avant.
« Yuan ! »
« O-Oui ! »
Gowen s'adressa à Yuan sans se retourner vers lui. Ce jeune soldat avait essayé de sécuriser une route dans l'espoir de l'aider à s'enfuir.
« Mène les soldats, protège les gens ! C'est la voie des chevaliers ! »
« M-Mon seigneur Gowen !? »
« Pars ! »
Gi Go et Gowen s'élancèrent en même temps. Voyant la large carrure de Gi Go brandissant son épée courbe le long de son corps, Gowen se résolut à sacrifier un bras.
Le sang qu'il avait perdu tout au long de ce duel approchait déjà de niveaux fatals. S'il y avait eu l'un de ces rares soigneurs dans les parages, les choses auraient pu être différentes, mais avec la capitale de l'ouest déjà à son dernier souffle, de telles commodités ne pouvaient être que rêvées.
À cause de cela, Gowen ne pouvait pas fuir la mort.
Que faire alors ? Se demanda-t-il.
C'était évident. Un gobelin abattu, c'est un gobelin de moins. Ses prédécesseurs s'étaient battus avec le même état d'esprit, et c'est grâce à cela que l'humanité avait pu frayer un chemin pour ceux qui restaient.
Ainsi Gowen se résolut. Il abattrait ce gobelin, puis il en abattrait un autre... Et ensuite, il mourrait.
Gowen comprit après s'être battu si longtemps contre ce gobelin qu'il possédait une puissance et une épée différentes des autres.
Une épée ordinaire ne pouvait pas trancher les muscles épais d'un gobelin. Encore moins quand il s'agissait d'un gobelin tel que celui-ci qui possédait une épée au-dessus de ses pairs.
C'est pourquoi Gowen décida de recevoir la lame de son ennemi avec son bras de fer, puis, à bout portant, il lâcherait un coup mortel impossible à esquiver.
Sachant que le gobelin s'apprêtait à mettre fin au combat, Gowen chercha à l'achever lui aussi... par sa victoire.
Leur choc ne dura qu'un instant.
Gi Go fit tourner son épée depuis le bas.
Au moment où son bras droit fut emporté, Gowen sut qu'il avait gagné, mais...
Quelque chose d'inattendu se produisit.
Le pas de Gi Go était plus profond que prévu, et tandis que Gi Go taillait vers le haut depuis le bas, il entraînait avec lui des fragments du sol. Cette infime déviation brisa la posture de Gowen.
« GURUuuGOOOAAAAA ! »
Si le dernier coup de Gowen était un estoc mortel certain, alors le dernier coup de Gi Go était un coup mortel certain.
Gi Go emporta le bras de fer de Gowen en soulevant des fragments de pierre dans un nuage de poussière.
« NUu, UuoOOOAAAA ! »
À cet instant, Gowen, d'ordinaire si calme, poussa soudain un cri de guerre passionné.
Il tenta de force de redresser sa posture et de lancer cet estoc mortel. Essayât Gi Go de se cacher derrière un écran de fumée, il n'y avait aucun moyen pour Gowen de manquer sa cible avec sa précision inégalée.
Sa cible était la gorge de Gi Go.
L'épée courbe de Gi Go montait à une vitesse trop rapide pour être suivie, mais c'est à cet instant que Gi Go fit un pas de plus et sortit sa main gauche.
Gowen avait vu de ses propres yeux le moment où Gi Go lui trancha le bras droit, alors il crut avoir gagné, mais quand son estoc finit par porter, il atteignit le bras gauche de Gi Go. À cela, sa dernière attaque ne put atteindre la vie de Gi Go.
Au moment où il crut avoir échoué, une lumière argentée traversa ses yeux.
Le silence l'accueillit.
Alors qu'un son résonnait, Gowen sut qu'il était tombé à genoux.
Devant lui se tenait son ennemi haïssable, un épéiste d'un talent comparable au sien, le guerrier fort qui l'avait surmonté.
Gowen espéra que ceux qui le suivraient seraient capables de surpasser cet instant.
« Adieu, fils d'homme fier et fort. »
L'épée courbe de Gi Go fit briller une lumière argentée.
Ce fut à cet instant que la vie du seigneur féodal de l'ouest, l'un des sept chevaliers saints du royaume de Germion, Gowen Ranid, prit fin.