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Farming Life in Another World

Chapitre 303

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Chapitre 303

Chapitre 303

Chapitre 303/37581%~11 min de lecture2 039 mots

Je m'appelle Célestine Lodgeine.

Je suis la troisième fille de la famille Lodgeine.

Même si je me présente avec cette assurance, je ne suis qu'une fille de ferme parmi d'autres.

Et cette fille de ferme va se retrouver mêlée à un destin étrange.

Tout a commencé avec les stigmates.

À l'âge de dix ans, d'étranges marques sont apparues sur mes deux paumes.

Comme ce n'était pas un joli dessin, je les cachais, mais un membre de l'Église en visite au village les a découvertes.

Cette personne s'est beaucoup énervée et a parlé au chef du village et à mon père.

Résultat, il a été décidé que je quitterais le village pour accompagner ce membre de l'Église.

C'est regrettable, mais c'est une situation fréquente.

Puisque je pars avec quelqu'un de l'Église, c'est peut-être encore le moindre mal.

Un seul point me déçoit : la somme que l'Église a versée à mon père.

C'est peu.

Oui, bien trop peu.

À ce prix-là, on ne peut même pas acheter une chèvre.

Ma valeur se limite-t-elle à cela ?

Je pense qu'on aurait pu payer dix fois plus sans que ce soit un scandale.

C'est triste.

Du coup, j'ai fait ma révoltée.

L'âge où l'on a envie de casser des choses a peut-être aussi joué.

Comme c'aurait été du gâchis, je n'ai rien cassé, mais pendant qu'on m'emmenait, j'ai adopté une attitude franchement rebelle.

Quand on me disait de monter dans la voiture, je grimpais sur le toit.

Quand on annonçait le repas, je mangeais ma part et celle des autres.

……

Ça a été un échec.

Apparemment, on m'a prise pour une fille totalement dépourvue d'éducation, et on m'a traitée comme telle.

« Entrez dans la voiture et asseyez-vous sur le siège du fond.

Le siège, c'est la chaise.

Asseyez-vous *sur* la chaise.

S'asseoir, ça veut dire poser ses fesses.

Oui, c'est bien.

Gardez cette position sans bouger.

Surtout, n'agitez pas les jambes.

C'est compris ? »

Pour la moindre chose, c'était ce genre de ton.

Je me suis excusée plusieurs fois, mais ça n'a servi à rien.

Oui, je ne résisterai plus.

Le membre de l'Église m'a conduite dans une grande et magnifique église d'une grande ville.

C'est là que j'ai dû suivre l'entraînement pour entendre la voix de Dieu.

Pendant l'entraînement, de nombreux hauts responsables de l'Église sont venus me voir.

Je n'ai pas besoin de m'entraîner, moi ?

À chaque salutation, on m'interrompait pour toutes sortes de raisons.

Ah, encore à me changer.

C'est qui cette fois, et d'où vient-il ?

Devoir changer de tenue selon l'interlocuteur, c'est d'un pénible.

Compris, la plus belle robe de cérémonie.

L'interlocuteur a l'air incroyablement important.

Quelle corvée……

Environ deux ans après le début de l'entraînement.

En réalité, j'ai l'impression de n'avoir même pas fait la moitié de l'entraînement, mais j'ai commencé à entendre la voix de Dieu.

Au début, j'ai cru à une illusion auditive, mais il semblerait que ce soit bien la voix de Dieu.

Je l'entends, simplement.

Pas de conversation possible.

C'est comme si des dizaines de personnes parlaient en même temps.

J'en extrais les mots qui ont un sens et je les transmets.

À ce moment-là, je ne sais pas ce que j'ai dit.

C'est étrange, mais je ne m'en souviens pas, alors on n'y peut rien.

Simplement, tous les hauts responsables de l'Église ont baissé la tête devant moi.

À partir de ce jour, on m'a appelée Sainte, et dix servantes m'ont été attribuées.

Ma chambre est devenue la meilleure de toutes.

Une vie de rêve.

Seule contrainte, et de taille : je dois entendre la voix de Dieu une fois par jour.

Enfin, les gens de l'Église ont l'air d'avoir encore plus de mal que moi.

Après avoir entendu la voix, certain·es pleurent de joie, d'autres s'évanouissent de terreur… Qu'est-ce que je raconte, au juste ?

Ça m'intrigue, mais personne ne veut me le dire.

Parce que si j'acquiers des connaissances superflues, la voix de Dieu se déforme, dit-on.

Je comprends le raisonnement, mais ça me frustre.

Combien de jours se sont écoulés depuis que j'entends la voix de Dieu ?

Quatre mois, environ.

L'église a subi une attaque.

Moi, fille de la campagne, je suis en panique.

Les agresseurs portent des vêtements entièrement noirs.

Ils sont arrivés juste devant moi.

Leur but semblait être moi.

Mais on a réussi à les repousser.

Eux non plus n'avaient pas prévu que je passe à l'attaque.

Une fille de la campagne apprend plein de trucs pour se protéger.

Même après mon arrivée à l'Église, je m'entraîne une heure avant de dormir.

Le fruit de cet entraînement, mon crochet du gauche court, s'est enfoncé dans le flanc droit de l'agresseur.

Une trajectoire qui remonte de bas en haut, c'est ma marque de fabrique.

Et le cri de l'agresseur.

Fufufu.

Quel que soit le costaud, un coup là-bas le fait se tordre de douleur.

Faut juste viser juste.

Il a mis trois coups au même endroit pour s'effondrer.

Et j'ai relevé le menton de l'agresseur qui s'écroulait d'un uppercut du droit.

Une œuvre parfaite.

Simplement, l'agresseur a subi les dégâts mais a battu en retraite.

Il a réussi à fuir.

Dommage.

Mais j'ai fait de mon mieux.

Pose de victoire !

Mes servantes ont reculé, dégoûtées.

Non, mais c'est pas à vous de vous interposer devant moi pour me protéger ?

Vous m'avez dit dès la première rencontre que vous faisiez aussi office de gardes, non ?

Dès ce soir, on s'entraîne ensemble ?

Les attaques se sont répétées.

J'ai été enlevée deux fois, mais à chaque fois on m'a récupérée avant qu'il ne m'arrive quoi que ce soit, c'était mouvementé.

Ah, je suis même devenue une connaissance de l'un des agresseurs.

Celui que j'ai frappé en premier.

Apparemment, c'est un mercenaire, et il a de la sympathie pour moi.

Mais il m'enlève quand même, consciencieusement.

Le fait qu'il me traite correctement, ça aide.

L'Église n'est pas incompétente non plus.

Elle a appelé des renforts, engagé des aventuriers sûrs de leur force pour enquêter sur l'ennemi.

Mais elle a toujours un temps de retard.

Oui, me revoilà enlevée.

La troisième fois, déjà.

Je me demande à quel moment on viendra me sauver cette fois ?

……

Personne n'est venu.

L'Église s'est révélée incompétente.

Vraiment.

J'ai passé environ six mois à transmettre la voix de Dieu depuis l'endroit où j'avais été enlevée.

Je ne peux pas désobéir.

Si je résiste, je le paie cash.

Tant que je suis docile, on me traite correctement et on me donne à manger.

Ici, ce n'est pas tous les jours, mais une fois par semaine, et il y a moins de gros bonnets, donc c'est plus tranquille.

……

On finit par se dire qu'ils pourraient encore tarder un peu pour venir me chercher.

Ce sont les gens de l'Église qui sont venus me sauver, mais c'était une autre faction.

Et à ce moment-là, j'ai appris que la faction qui m'avait enlevée appartenait *aussi* à l'Église.

……

Comment dire.

C'est compliqué.

Bon, peu importe. Toutes les factions me visent, c'est clair.

Très bien.

Allons là où l'accueil est le meilleur.

« Il parait que se crever les yeux permet d'entendre mieux la voix de Dieu, d'après une légende. »

Ah, non.

Cette faction-là, non merci.

Je passe mon tour.

Au secours !

Après des enlèvements répétés pendant des années.

J'ai été promenée dans plein d'endroits.

C'était dur.

Oui, passer d'une faction cool à une faction stricte, c'est painful.

Surtout quand la bouffe est dégueulasse, j'ai sérieusement envisagé de m'évader par mes propres moyens.

Tous les jours, trois repas de bouillie… en plus, c'est à peine de l'eau colorée.

Et pendant ce temps, les gros bonnets festoyaient, alors j'ai prié pour qu'un châtiment divin les frappe.

Finalement, c'est un groupe armé rattaché au siège de l'Église Corinne qui m'a sécurisée.

Un groupe réputé pour sa dangerosité.

Je pensais qu'on m'amènerait au siège de l'Église, mais on m'a larguée dans un village.

On m'a dit de me cacher là pour un moment.

Comme je suis une ancienne fille de village, on a eu cette attention, mais vu tout ce que j'ai vécu.

Une vie villageoise sans stimulation, la moi d'aujourd'hui pourrait s'en satisfaire…

Combien de fois me suis-je changée ?

Si c'est une épreuve de Dieu, elle est cruelle.

J'ai, moi aussi, de la pudeur.

Et pardon pour mon impertinence.

Je suis entre vos mains.

Bienvenue.

Oui, si c'est permis, je vais aller dans ma chambre… ah, c'est tard, mais merci de me donner une chambre.

Le riz, il est super bon.

J'ai mis un temps fou à m'habituer au village.

Je vous ai causé des ennuis.

Désolée.

Et c'est ce slime couleur vin qui m'a aidée.

Il m'apportait parfois de l'alcool.

Merci.

Le souvenir d'avoir été grondée ensemble par la servante oni est inoubliable.

Pardon pour le vol.

Dans ce village, on ne me traite pas spécialement.

On me traite comme une fille parmi d'autres.

Du coup, moi aussi, au lieu de faire la Sainte, j'ai travaillé comme une simple villageoise.

Les récoltes m'ont rappelé des souvenirs.

Les cultures de ce village sont toutes magnifiques, je suis jalouse.

Mais est-ce vraiment bon que je ne travaille pas en tant que Sainte ?

Dans ce village, j'entends la voix *vraiment* bien, cependant ?

Oui, clairement.

On dirait qu'Elle est juste à côté de moi.

Hé ?

Qu'est-ce qu'il y a, le chaton ?

Fufu.

Au début, j'avais peur, mais maintenant, ça va.

Pourquoi est-ce que je me suis évanouie en voyant ce chat, déjà ?

Ah, ne vous excusez pas.

Ce n'est pas la faute du chaton.

Je vais vous faire un câlin.

Hmm, c'est quoi, cette sensation bizarre.

On dirait que je tiens Dieu dans mes bras…

Ça doit être mon imagination.

Allons ensemble saluer le Dieu Créateur.

C'est ma routine quotidienne.

Cette statue est impressionnante, hein.

Apparemment, c'est le chef du village qui l'a faite lui-même, mais on s'incline naturellement.

Vous ne pourriez pas me confier la gestion de cette statue ?

Ça fait un an et un peu que je suis au village.

J'ai officiellement déménagé ici.

Il semble que les gros bonzes du siège de l'Église Corinne aient cherché un endroit pour moi, mais rien n'a abouti.

Ils se sont excusés, mais c'est pas nécessaire.

Je vais vivre dans ce village.

Par contre, mon lieu de travail est ailleurs.

Mon travail, c'est à l'église du Cinquième Village, de l'autre côté du tunnel souterrain.

C'est mystérieux de sortir sur une colline après avoir traversé un tunnel, mais je m'en fiche.

À force de vivre au village, je me suis habituée aux choses mystérieuses.

Je suis devenue la responsable de cette église.

C'est bien, ça ?

Je suis la seule, donc c'est logique, mais…

Non, je ferai de mon mieux.

Mais être seule…

Désolée.

En fait, honteusement, je ne m'y connais pas du tout en rites religieux.

Je suis une Sainte, mais je n'étais qu'un accessoire rituel.

Je n'avais qu'à rester plantée là sans bouger.

Informés de la situation, les gros bonzes du siège de l'Église Corinne m'ont envoyé plusieurs prêtres.

C'est une aide inestimable.

Oui, je compte sur vous pour plein de choses.

Hein ?

Moi aussi, je dois étudier ?

……

Compris, je ferai de mon mieux.

Mais à partir de demain.

Aujourd'hui, je dois aider aux récoltes au village.

C'est vrai.

Pour la fête des moissons du Cinquième Village, je vais consulter Yoko-san.

Je trouve qu'un truc flashy serait bien, mais vous, qu'en pensez-vous ?

……

Désolée.

J'ai mal formulé la question.

Pour le repas de la fête des moissons, vous préférez que ce soit bon ou frugal ?

C'est ça.

Alors, je consulterai dans ce sens.

Je m'appelle Célestine Lodgeine.

Je suis une Sainte capable d'entendre la voix de Dieu… mais je m'en fiche un peu, maintenant.

« Je peux faire un champ derrière l'église ?

Vraiment ?

C'est moi qui choisis ce que je cultive ?

Yatta ! »

Le rêve de gosse d'avoir mon propre champ s'est réalisé.

Fufu.

Je ne pardonnerai pas à quiconque saccagera mon champ.

Je demanderai à Dieu de le maudire.

Et il se prendra mon terrible crochet du gauche court.

Avec le chef du village du Grand Arbre, je peux m'enflammer sur les travaux des champs.

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