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Farming Life in Another World

Chapitre 225

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Chapitre 225

Chapitre 225

Chapitre 225/37560%~13 min de lecture2 411 mots

Je m'appelle Marisa.

Je tiens un petit restaurant dans la ville de Shashart.

Mon mari est aventurier.

Parfois il reste longtemps à la maison, parfois il part au hasard pour un travail qui dure des mois.

Il rapporte un revenu correct, mais on en est à discuter pour qu'il se calme un peu.

Enfin, ça finit généralement en dispute et tout retombe dans l'oubli.

Laisse tomber mon mari, l'important c'est mon fils et ma fille.

Mon fils Mark a quinze ans cette année, ma fille San en a treize.

Ils m'aident au magasin, mais ils tiennent chacun leur tour un stand sur la grande avenue.

C'est leur apprentissage.

À la base, les envoyer travailler quelque part serait mieux, mais tous les deux ont dit vouloir m'aider à la boutique.

Ça me fait plaisir, mais en pensant à leur bonheur, je me dis qu'il ne faut pas les enchaîner au magasin, alors on a eu une grosse dispute.

« Alors on deviendra aventuriers. »

C'est ce qu'ils m'ont dit, et j'ai cédé… mais à ce moment-là, j'ai posé comme condition l'apprentissage sur un stand.

Ils ont l'air d'avoir réfléchi à plein de choses tous les deux, et je me dis que c'était peut-être pas une si mauvaise condition que ça.

Mais ces derniers jours, leur mine est mauvaise.

Quand je leur demande, ils me racontent qu'un nouveau magasin a ouvert et que le flux de clients a changé.

Des idiots.

Dans ce cas, il suffit de changer de place.

L'avantage d'un stand, c'est qu'on peut le déplacer.

Devant ma proposition, mon fils et ma fille ont poussé un gros soupir.

Quoi, ils répondent aux conseils de leur mère par des soupirs.

Apparemment, pour tenir un stand en ville, il faut demander un emplacement à la guilde commerciale.

Lors de la demande, on paie une redevance à la guilde et on obtient le droit d'installer son stand pour une période déterminée.

Donc si on veut bouger, il faut refaire une demande à la guilde.

En d'autres termes, il faut repayer la redevance.

Mon fils et ma fille me l'ont expliqué avec une mine contrariée.

Je vois.

Un stand, ça a ses complications.

Je les ai laissés faire cet apprentissage sur les conseils de la femme du magasin d'à côté, donc je ne savais pas.

Je me suis creusé la tête pour voir si je pouvais les aider.

Mais rien de bon ne me vient.

Si j'avais de bonnes idées, j'aurais déjà agrandi le magasin.

Haa.

Ça fait soupirer.

D'habitude, je demande à mon fils ou ma fille d'aller faire les courses, mais aujourd'hui j'y vais moi-même.

Je voulais voir l'état du stand.

……

J'en avais entendu parler, mais c'est vraiment un grand magasin.

C'est à cause de cette boutique que le flux de gens a changé, et que mon fils et ma fille galèrent.

Apparemment, ils vendent un truc appelé curry, mais ça ne peut être qu'une bouffe sans intérêt.

Ils marchent juste par curiosité… sauf que c'est vachement populaire.

Si ne serait-ce qu'un centième de ces clients venait chez nous… non, au stand de mon fils et ma fille, ça nous aiderait.

Mais ça sent drôlement bon.

…… Je pensais manger à la maison midi, mais allez, faisons une petite reconnaissance de l'ennemi.

Je m'appelle Mark.

Quand j'étais gamin, la bouffe des stands, c'était soit des trucs grillés, soit des soupes toutes pareilles.

Mais ces dernières années.

La nourriture des stands à Shashart a évolué.

Pas que les stands, les restos normaux aussi.

Je sais pas pourquoi.

Les anciens des stands disent que c'est la compagnie Goroun qui est derrière, mais vrai ou pas ?

Enfin, peu importe.

L'important, c'est que ma sœur et moi, on a essayé de surfer sur la vague en montant un stand de bouffe.

On vend de la viande de mouton grillée sur l'os.

C'est un plat qui existe depuis longtemps, mais on a bidouillé l'assaisonnement avec une certaine herbe.

Grâce à ça, la réputation est bonne.

Au point que d'autres stands viennent nous espionner.

Le chiffre d'affaires dépasse les prévisions, j'en avais même un peu la grosse tête.

J'ai commencé à rêver qu'en continuant comme ça, on finirait par avoir un vrai resto.

Ce rêve s'est brisé net avec les longues pluies.

Le point faible du stand, c'est la météo.

Surtout la pluie, qui fait chuter la fréquentation.

Les jours de grosse pluie, mieux vaut pas ouvrir.

Haa.

Le monde est pas tendre.

Cette ville de Shashart, l'hiver est doux, mais la pluviométrie est son point faible.

Mais la météo, on n'y peut rien.

C'est le domaine des dieux.

Je n'ai qu'à faire de mon mieux pour ce que je peux.

Le monde est cruel.

Le flux de gens a changé du jour au lendemain.

La raison est connue.

Au coin au nord, là où il y avait un dépôt de matériaux, ils ont commencé à construire.

Je sais pas ce qu'ils bâtissent, mais tous les charpentiers de la ville ont été embauchés.

Des ouvriers aussi.

Du coup, le flux de gens ne reviendra pas à la normale de sitôt.

Faut envisager de bouger le stand.

Par chance, la date de renouvellement approche.

Et si on lâchait l'emplacement actuel pour en prendre un près de l'ancien dépôt ?

Vu la taille du truc.

Les travaux vont durer un moment.

Si les charpentiers et ouvriers s'y rassemblent…

C'était à la base un carrefour passager, donc la redevance est élevée, mais on la récupérera vite.

Ma sœur a été d'accord.

Bon, c'est décidé.

Comme prévu, on a vendu aux charpentiers et ouvriers.

Le chiffre de ces derniers jours est plus du double de l'ancien emplacement.

Si ça continue…

Les travaux ont fini.

Non mais allo.

Si vite ?

Je pensais que ça durerait un an.

En plus, c'est quoi ce bâtiment ?

Un bâtiment sans murs ?

Ils ont économisé sur les murs pour aller vite ?

On dirait juste un énorme toit.

Je pensais ça, et ils ont commencé à y vendre de la bouffe.

Du curry.

Déjà connu, apparemment, car c'était la folie dès le premier jour.

Les gens sont aspirés par ce grand bâtiment.

Ils passent devant mon stand sans s'arrêter…

Non, c'est juste la nouveauté.

Ça va aller.

Ils se lasseront vite.

Ils vont se lasser, c'est sûr…

Alors faut pas paniquer.

Je ne paniquerai pas.

Je m'appelle San.

Je tiens un stand avec mon grand frère, je suis une adorable fille.

Et le visage de cette adorable moi est tout nuageux.

Une seule raison.

Les ventes du stand ont chuté.

Et drastiquement.

Le déménagement a été fatal.

Échec total.

On a bougé pour cibler les clients du chantier, et le chantier s'est fini net pour devenir un resto aussi bon, qui pouvait le prévoir ?

Ah… mais quand j'ai fait la demande de déplacement à la guilde commerciale, on m'a gentiment conseillé de pas le faire.

Ils savaient ce qui allait se passer.

J'aurais dû les écouter honnêtement.

Réflexion.

Réflexion finie, place aux contre-mesures.

Qu'est-ce que je fais ?

Bouger tout de suite vers un autre emplacement serait la bonne réponse, mais le problème c'est la redevance.

J'ai pas encore assez gagné pour payer la prochaine.

Il reste deux mois et demi avant le renouvellement…

Y a du temps… mais si les ventes restent comme ça, la prochaine redevance sera dure aussi.

… C'est impossible.

Mon frère veut encore persévérer, mais peut-être que laisser tomber le stand pour bosser quelque part serait la bonne solution ?

Par exemple, juste en face…

L'uniforme des employés, il est mignon.

Si je bossais là-bas, je pourrais le porter ?

Y a des gamines qu'avec un tablier, donc faut peut-être faire ses preuves d'abord ?

Quelques jours plus jour.

Gros événement.

Un grand scandale éclate dans le resto d'en face.

Ah, c'est pas ça le gros événement.

Le gros événement, c'est après.

Figure-toi que ce resto a décidé de distribuer du curry gratos aujourd'hui seulement.

Faut que je cours faire la queue.

Ça m'intriguait depuis un moment.

Ça sent toujours bon, et les clients ont l'air de se régaler.

Le stand ?

La boutique ?

De toute façon y a pas de clients qui viennent.

Fermeture temporaire.

Où je dois attendre ?

C'est bon.

Et c'est foutu.

Vraiment foutu, ce truc.

Au fond de moi, je pensais que notre stand tenait la route, mais non.

Face à ça, on n'a aucune chance.

Maman aussi, avant elle nous inquiétait pour mon frère et moi, elle disait ci ça ça, mais depuis qu'elle a mangé le curry d'ici, elle a rien dit, elle nous regarde juste avec un sourire gentil.

Ce n'était pas un sourire gentil.

C'était un sourire de pitié.

Je regarde mon frère à côté qui mange.

Ouais, il déprime.

Maman… ah, elle est repartie faire la queue pour un deuxième.

Depuis quand.

Mais bon, vraiment, qu'est-ce qu'on fait.

Je mange mon deuxième bol en réfléchissant.

Y a rien à faire.

Actuellement, les ventes du stand ne sont pas à zéro.

Après avoir mangé le curry, y a des clients qui achètent chez nous en se disant « encore un petit creux ».

Je me demandais pourquoi, mais en mangeant, j'ai compris.

La portion de curry est correcte, mais on a encore envie d'en manger un peu.

Ce plat à cinq pièces de cuivre moyennes, c'est pas cher, mais deux bols, ça commence à coûter.

Du coup, ils viennent au stand.

Il faut viser ça, tenir jusqu'au bout de la période pour gagner la prochaine redevance.

Si ça marche pas, on met le stand en pause.

On fait des jobs à la journée ou n'importe quoi pour gagner la redevance.

Ça te va ?

Mon frère.

Quel que soit le nombre de verres d'eau que tu bois, tu n'infligeras aucun dégât à ce resto.

Ils en distribuent gratos d'habitude.

La distribution gratuite de curry était un gros événement, mais le VRAI gros événement, c'est après.

Les tenanciers des stands et restos des alentours sont venus en groupe se plaindre à ce resto.

Les plaintes… bon, disons qu'écouter ça met mal à l'aise.

« À cause de ce resto, nos ventes ont chuté.

Vous allez faire quoi ? »

Ils feront rien.

Le commerce, c'est la loi du plus fort.

Parce qu'ils vendent trop, ils devraient faire quoi ?

Arrêter de vendre ?

En plus, qui peut prouver que l'ouverture de ce resto a causé la baisse de leurs ventes ?

Avec cet argument, la guilde commerciale ne les soutiendra pas.

Je me demandais comment le resto allait les éconduire… et un big boss de la compagnie Goroun est sorti.

J'ai été si surprise que je suis tombée de ma chaise.

C'est Marlone, le prochain président.

Il m'a relevée.

Il a l'air bien.

Les plaignants… ont l'air de le connaître.

Ils se sont tus.

Normal.

La compagnie Goroun, c'est un géant qui peut faire plier la guilde commerciale.

Si on s'y oppose, on ne peut plus faire de commerce dans tout le territoire du royaume démon.

Marlone a guidé les plaignants vers une table proche.

Je pensais qu'il les achèterait avec du curry, mais il a commencé une négociation.

……

………… J'ai tendu l'oreille.

Pas de « c'est pas poli ». Si ils négocient où on peut les entendre, c'est leur faute.

En fait, c'est sûrement prévu qu'on entende.

Ils essaient même pas de cacher.

Au contraire, on dirait qu'ils veulent qu'on entende.

Le discours de Marlone était complexe, mais le fond était simple.

« Ce resto a un vaste espace, pourquoi n'y ouvriez-vous pas votre boutique ? »

L'espace, c'est trois mètres sur trois par boutique.

Deux règles.

Un, le racolage uniquement devant sa boutique.

Deux, incendie ou intoxication alimentaire = expulsion immédiate.

La redevance : dix grandes pièces de cuivre par mois.

Si utilisation du feu, cinq grandes pièces de cuivre en plus.

L'emplacement change par tirage au sort tous les six mois environ.

Cependant, les boutiques qui créent de l'encombrement autour… popularité, files d'attente, ce genre.

Ces boutiques-là, on leur demandera de bouger à un emplacement désigné.

Dix grandes pièces de cuivre par mois ?

Avec le feu, quinze pièces, donc pour notre stand ce serait quinze ?

C'est pas cher.

Je regarde mon frère.

Il vérifie fébrilement le contenu du sac où il met les ventes.

Mais y a sûrement rien.

Il vient de payer la viande, et avec les ventes récentes…

Faut que j'emprunte à maman ?

……

Maman mange du poulet frit payant en grognant.

Depuis quand ?

Garde-m'en un, non, deux pour moi !

Ah, mais est-ce que les stands extérieurs qui rentrent dans le resto voient leurs ventes monter ?

En regroupant les restos, ça attire les gens qui viennent pour manger ?

… C'est vrai.

Tables et chaises sont fournies en commun.

L'eau est gratos ?

Y a un toit donc on est à l'abri de la pluie ?

À l'avenir, y aura aussi autre chose que des restos.

Ça peut le faire.

« Ah, oui, oui.

La redevance est de dix grandes pièces de cuivre par mois, mais cette fois, vu qu'on vous a causé du tort, le gérant de ce resto a dit qu'il prenait la première mois gratos.

Alors, pour commencer, pourquoi ne pas essayer un mois… »

« Je le fais !

Je vous en prie ! »

Devant le « premier mois gratuit », j'ai crié avant que Marlone n'ait fini.

Je sais que c'est impoli, mais cette chance, je la laisse pas filer.

Les gens qui écoutaient lèvent la main les uns après les autres.

Marlone me regarde et me fait un sourire en coin.

« Bon, alors commençons par discuter avec cette demoiselle. »

Pas été engueulée, ouf.

Peu de temps après, les stands qui étaient dehors ont déménagé à l'intérieur.

Même en utilisant du feu dedans, la fumée s'évacue par le haut.

C'est dingue.

Et les ventes… elles ont monté.

Au début c'était bof, mais le gérant qu'on appelle « chef de village » nous a montré l'exemple.

Il a trempé notre viande de mouton dans le curry.

Choc.

Et ça nous a sauvés.

« De la viande de mouton délicieuse même trempée dans le curry.

Si vous voulez, on peut détacher la viande de l'os. »

Coexistence avec le curry.

Et…

« Si vous vous lassez du curry, que diriez-vous d'un autre goût ? »

J'ai déjà gagné mes quinze grandes pièces de cuivre.

J'ai décidé illico de persévérer ici le mois prochain.

Mon frère a l'air du même avis.

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