Aller au contenu principal

Farming Life in Another World

Chapitre 1019

Farming Life in Another WorldFarming Life in Another World
Chapitre 1019

Chapitre 1019

Chapitre 1019/107695%~12 min de lecture2 311 mots

Je suis Pannacotta, fille aînée de la maison comtale Silver Silk du royaume de Leywait.

Pannacotta Silver Silk.

Vous pouvez m’appeler Panna, avec familiarité.

Bref, environ dix jours s’étaient écoulés depuis mon arrivée au musée documentaire.

J’avais accepté l’aide demandée par les princes.

Je traitais les documents posés devant moi.

Traiter ne se limitait pas à signer des feuilles.

Il me fallait lire les textes, extraire les chiffres requis, repérer les nombres dissimulés et deviner ceux qui manquaient.

Il convenait aussi de ne jamais écarter la possibilité d’erreurs dans les écrits.

Tout le monde se trompe.

Certains commettent même des fautes intentionnellement.

Je devais donc lire chaque texte en partant du principe que des erreurs s’y cachaient.

Ensuite, je regroupais les données trouvées pour rédiger de nouveaux rapports.

……

Les documents décrivaient des recensements ressemblant à ceux du royaume de Leywait.

Ils indiquaient combien d’habitants résidaient approximativement dans chaque ville.

À partir de ces effectifs, il convenait de déterminer le nombre de toilettes publiques nécessaires.

En effet.

Des toilettes.

Elles se trouvaient classiquement dans les manoirs nobles ou les demeures de marchands aisés, mais leur présence chez les roturiers restait minoritaire, sans être rare pour autant.

Les foyers dépourvus de sanitaires utilisaient alors des cabinets partagés désignés sous le nom de toilettes publiques.

C’était exactement le travail que j’assurais alors : rédiger les dossiers et les propositions pour moderniser ces installations.

Je ne savais pas pourquoi les princes menaient ce projet…

……

Même améliorer les équipements existants demandait déjà une lourde coordination.

Il fallait obtenir les autorisations royales et seigneuriales, étendre les réseaux d’eau et d’égouts pour absorber les nouveaux modèles, recruter artisans et matériaux, définir les protocoles d’évacuation des déchets, gérer les délais et installer des sanitaires provisoires pendant les travaux.

Pour une ou deux localités, cela restait gérable, mais couvrir tout un royaume représentait une tâche titanesque.

S’y ajoutait la construction de nouvelles installations selon les densités démographiques.

Ce projet exigeait de trouver et d’acquérir des terrains adaptés.

Dans certains cas, il aurait fallu négocier directement avec les habitants voisins.

Il convenait également de reporter les chantiers sur les terres où la noblesse locale s’opposait aux rénovations.

Puis réorganiser la priorité des interventions.

……

Une montagne de papiers débordait de mon bureau… voir plus encore, ils débordaient vraiment.

Le sol était déjà envahi par des tas de dossiers.

Hé hé.

Cela commençait à me couper l’haleine.

Pourtant, je n’avais aucun droit à l’abandon.

Après tout, les princes m’en avaient personnellement chargé.

Je devais accepter cette épreuve quotidienne pour bâtir un avenir meilleur.

Rassurez-vous.

Je n’étais pas seule face à ce labeur.

Trois jeunes filles issues de la basse noblesse, précisément des baronnes, partageaient ma besogne. C’était d’ailleurs l’objectif initial de ma venue ici.

Stra, Terra et Roche.

Connaissant parfaitement le terrain et maîtrisant les calculs, elles représentaient un appui fiable.

Dix autres demoiselles de la noblesse s’étaient frayé un chemin jusqu’à cette salle, à l’instar de mes compagnes.

On y comptait une fille de comte, quatre filles de vicomte et cinq filles de baron.

Nous n’étions pas amies intimes, mais nos chemins s’étaient croisés lors de plusieurs thés mondains ; leurs visages me parlaient tous.

Chacune avait ses points forts et ses faiblesses, mais toutes avaient réussi à atteindre notre niveau de responsabilité.

J’aurais pu compter sur elles les yeux fermés.

Certaines privilégiaient peut-être une vision trop théorique dénuée de réalité terrain, mais il suffisait d’ajuster les données.

Rien de grave.

Quant aux princes Istre, Nirk et Monlen…

……

Je pensais sincèrement qu’il leur restait quelques révisions à faire.

En particulier pour les maths.

Ils n’y étaient pas incapables, mais leur vitesse de traitement manquait cruellement de rapidité.

Je leur déléguais donc des tâches… pardon, je sollicitais leur expertise sur ce qu’ils maîtrisaient.

Leur point fort résidait ailleurs.

La négociation appuyée par leur rang et leur autorité.

« La demoiselle Foca de la maison du comte Godrick ?

Suffit-il de lui demander de venir ?»

« Or, selon les registres… elle s’est présentée au musée avant toi, mais n’est jamais parvenue jusqu’à cette pièce. »

« Que comptes-tu bien faire après l’avoir amenée ? »

Lady Foca surpassait mes capacités.

Elle ne pouvait manquer de saisir la logique derrière ces épreuves.

Autrement dit, elle avait compris les intentions du test et s’était éclipsée avant de franchir ce seuil.

Elle ne devait absolument pas m’échapper.

« J… Je comprends.

Ce serait indiscret de nous déplacer tous les trois vers elle.

Puisqu’elle reconnaît mon visage, je ferai la démarche en solo. »

Le prince Istre s’était levé sur ces mots. Je chargeai donc les deux autres de missions distinctes.

« Donc, il suffit de rédiger une lettre pour inviter celles qui n’ont pas encore rejoint le musée ? »

Justement. Mais il ne faudrait surtout pas formuler la chose ainsi.

Un courrier mal tourné révélerait immédiatement notre manque de tactique.

Zéro piste écrite qui pourrait nous rendre vulnérables.

« En clair ? »

Qu’ils envoient des courriers signés non pas par eux-mêmes, mais présentés comme ceux d’un bienfaiteur anonymement renseigné.

Leur identité princière ne devait transparaître qu’avec la plus grande retenue.

« Hmpf… C’est plus délicat que prévu… »

Pas de panique.

Il suffirait simplement de soumettre leurs brouillons au dernier regard de leur écuyer respectif.

Ces valets étaient naturellement parmi les meilleurs, placés à leurs côtés.

Une fiabilité incontestable, sans discussion.

J’aurais préféré les voir batailler avec nos archives plutôt que de les surveiller en permanence…

Mais il était impossible de les détacher de leurs obligations officielles.

Le même constat s’appliquait à moi et aux suivantes attachées aux jeunes nobles.

Employées par leurs propres familles et non par notre comité, nous ne pouvions pas imposer des corvées supplémentaires sans enfreindre le protocole.

Fallait donc serrer les dents et avancer sans tricher.

Oh, et nous réclamions bien entendu du thé sans détour.

C’était précisément leur fonction première.

Au fil des heures passées à composter des fiches, un parfum délicat emplit progressivement la pièce.

L’heure du déjeuner approchait à grands pas.

He he he.

Celui qui s’occupait de nos repas n’était autre que M. Alfred, bienfaiteur de ma famille.

Accompagné des aides cuisinières du lieu.

Parmi les tables encombrées de liasses papier, une seule imposante surface restait totalement dégagée.

C’est là que les plats étaient déposés.

Tous cessèrent instantanément leur tâche pour gagner silencieusement leurs places assignées.

Au menu figuraient des morceaux de poulet frits dans l’huile, appelés Karaage.

Un prince poussa une brève exclamation ravie.

Je comprenais aisément sa réaction.

Le plat devait être extrêmement succulent.

Bien que je n’en eusse jamais goûté, je n’existaît pas le moindre doute quant à son excellence.

Après tout, chaque service précédent avait confirmé cette promesse gustative.

Si l’on veut rester exacte, cette qualité culinaire justifiait amplement que nous persévérions sans chercher à fuir.

Lorsqu’il faisait défaut, il nous arrivait presque de fondre en larmes de frustration.

Certes, les domestiques chargés de la cuisine étaient d’anciens chefs royaux capables de dresser des menus corrects…

…mais rien ne tenait face à la maîtrise personnelle de M. Alfred.

Franchement.

Et pas question de les imiter.

Ses épices secrètes et ses condiments importés jouaient un rôle clé.

Outre leur saveur unique, sa technique de manipulation les sublimait différemment.

Les aides restaient, quant à elles, dans une phase purement expérimentale.

D’autant que ces ingrédients coûtaient probablement une fortune, ralentissant mécaniquement les essais.

Lui, en revanche, les employait sans hésitation ni économie.

Les denrées qu’il sélectionnait présentaient aussi une différence radicale avec celles disponibles dans le royaume de Leywait.

On disait qu’elles étaient plus généreuses… plus riches.

Même les volailles ordinaires semblaient fades en comparaison de celles cuisinées par M. Alfred.

Des rumeurs disaient que la viande provenait du village natal de son père, mais personne ne connaissait la source exacte.

Vaudrait-il mieux abandonner la traque des princes pour captiver plutôt M. Alfred ?

Le dilemme méritait une réflexion sérieuse.

Ah, comme c’était bon.

Venant d’y penser, on s’était assuré d’une portion supplémentaire pour le prince Istre parti récupérer lady Foca…

Selon les rapports, il était entré discrètement dans les cuisines avant de quitter l’établissement pour repartir avec un large récipient plein.

Jamais imprudent.

Une fiabilité exemplaire.

L’après-midi suivit.

Le prince Istre rentra enfin.

« Il semblerait que lady Foca ait regagné ses terres. »

……

« J’ai dépêché la poursuite. Le troisième régiment de cavalerie l’accompagnera. Elle viendra malgré tout. »

Son sens de la décision demeurait impressionnant.

Toutefois, la tâche s’annonçait rude.

« Tu penses cela ? »

Lady Foca anticiperait probablement une embuscade.

Elle éviterait certainement l’itinéraire direct vers son domaine.

« Je vois. Dans ce cas, le régiment devrait simplement tender une embuscade près de ses terres pour l’intercepter facilement. »

Même cette option paraissait improbable.

Elle n’aurait eu qu’à patienter hors des limites du domaine jusqu’au retrait des poursuivants.

Or, une unité de cavalerie royale attire toujours l’attention.

« Maugrée. Déployer le troisième régiment dès maintenant était-il prématuré ? »

Non… On ne pouvait affirmer catégoriquement le contraire.

Nous pourrions utiliser la cavalerie comme leurre pendant que d’autres équipes s’approcheraient discrètement.

Dépêchez les cartes. Toutes les routes accessibles depuis la capitale royale jusqu’au comté de Godrick.

Inutile de considérer les secteurs situés au-delà de ce territoire.

Malgré tout, lady Foca restait une jeune fille non mariée. Ses déplacements obéissaient strictement aux codes sociaux.

Elle n’aurait vraisemblablement pas osé s’aventurer bien au-delà des frontières familiales.

Seules des pauses intermédiaires auraient été tolérées.

Si lady Foca ne menait pas une vie frivole, une fuite en hiding dans un hameau reculé demeurait irréaliste.

Les risques de conflits locaux auraient été trop importants pour elle.

Elle chercherait refuge dans une cité moyenne disposant d’auberges fiables.

Par conséquent, plusieurs zones présentaient des indices sérieux…

« Sept bourgs potentiels… L’éventail géographique se montre vaste. »

Effectivement.

Aucune métropole importante ne possède un seul hôtel.

Qui plus est, si elle craignait une surveillance rapprochée, elle refuserait d’utiliser son patronyme dans les registres.

Une investigation publique lancée sous l’égide princiale aurait systématiquement provoqué un tollé.

Idéalement, elle tomberait sous la mainmise du premier poste avancé. Sans quoi, les possibilités de décrochage augmenteraient.

« Sollicitons le soutien de l’Église Corin. Ça ira. Monsieur Fouche acceptera notre requête. »

Avec l’accord de monsieur Fouche, grand prêtre de ladite Église, nous pourrions multiplier les moyens de recherche.

L’idéal consisterait à balayer plusieurs villes simultanément… Attendez.

« Que se passe-t-il ? »

……

Le prince Istre s’est rendu au manoir du comte Godrick, n’est-ce pas ?

Qui l’a accueilli précisément ?

« Le majordome prit d’abord contact, mais le comte étant présent, il assuma l’entretien lui-même. »

Le comte résidait bel et bien sur place ?

« C’est ainsi, et alors ? »

C’était étrange. Très étrange.

« En quoi ? »

Le comte Godrick accordait une importance capitale à lady Foca.

« On le sait effectivement. Les rumeurs le confirment. »

Mais il veillait également à tenir ses charges administratives avec diligence.

« J’en ai entendu parler aussi. Il multiplie les propositions utiles et mobilise sans relâche les fonctionnaires civils. »

Absolument.

De fait, le noble séjournait habituellement au château royal.

Surtout durant les heures diurnes.

Or, à cette heure précise, comment expliquer sa présence dans le palais familial en l’absence même de lademoiselle ?

« ………! »

Lady Foca n’avait jamais quitté le manoir !

« M’a-t-on menti sciemment ?! »

Conclusion s’imposait.

La demoiselle n’avait initié sa migration qu’après le départ du visiteur princier.

Cette chronologie annulait toute accusation directe d’escroquerie envers les souverains.

« Attends une seconde, ça ne tient pas debout ! »

Il s’agissait uniquement d’un léger décalage temporel dans les mouvements.

Restant dans les limites tolérables par décence.

« Grrr… »

Néanmoins, son rayon de déplacement restait limité.

« Tu as raison. Si elle avance, elle ne doit guère s’éloigner de ces contrées proches. La zone se réduit drôlement. »

Détrompez-vous. Elle fuirait en direction opposée au district familial.

Cachée dans une carriole portant un attelage volontairement dépouillé de tout blasonnement.

« Blaguez-vous ? »

Moi-même adopterais la même tactique.

En invoquant allègrement un simple égarement routier.

« Crois-tu vraiment que cela fonctionnera ? »

N’importe quelle justification trouverait preneur à force de diplomatie.

Par chance, les signaux diffusés au régiment confirmaient notre conviction qu’elle rejoindrait directement la propriété paternelle.

Du coup, lady Foca n’aurait aucune raison de précipiter ses étapes pour éviter les soupçons.

La conclusion s’imposait alors : elle attendait quelque part dans cette ville précise.

Toutes les pistes convergeaient désormais vers un unique point stratégique.

Il restait assez de temps pour agir.

Prince Istre, rassemblez l’entièreté de vos ressources mobiles et interceptez-la sans tarder.

« Hein ? Je participe aussi à l’opération ? »

Votre statut officialisera certaines étapes cruciales de l’arrestation administrative.

« Non, s’éloigner de ce quartier compromettrait gravement mon accès aux repas… »

……

Je posai alors mon regard sur monsieur Alfred.

Il acquiesça aussitôt de la tête et promit formellement de préparer un nouveau festin sitôt le retour triomphal du duo.

« Entendu. Laissez-moi mener cette expédition à bien ! »

Deux jours passèrent.

Le prince Istre rentra définitivement avec lady Foca sous haute sécurité.

Victoire assurée !

Si je dois admettre un revers, c’est le glaiveau brûlant que lady Foca lança à mon adresse.

Peu importe les regards assassins : il n’existe jamais assez de talents fiables à nos côtés.

Allons-y. Veuillez vous installer à ce fauteuil et prendre place à ce bureau.

Ne vous inquiétez pas. L’organisation vous sera rapidement familière.

Travaillons ensemble dans une parfaite harmonie.

Haha, taisiez-vous sur nos méthodes peu conventionnelles.

Quelques semaines s’écoulèrent ensuite.

Bien que les lettres envoyées par les princes ne rapportassent aucun résultat immédiat, lady Foca, conquise par les merveilles culinaires de M. Alfred, recommanda elle-même plusieurs jeunes demoiselles nobles.

Quelle alliée précieuse.

À titre anecdotique, le prince Istre réclama spécifiquement un mets à base de nouilles nommé Ramen.

Il se révéla véritablement exquis.

Swipez pour naviguer

Commentaires

0/2000

Aucun commentaire pour l'instant. Sois le premier à en laisser un.