Finalement, le seul événement notable à la plage fut cette rencontre hors-ligne imprévue avec le chef du Glacier du Nord. Kou et ses amis continuèrent à jouer jusqu'au déclin du soleil. Ensuite, ils se rendirent à la salle de cérémonie d'Island City, où des tables chargées de victuaelles les attendaient pour une réunion de célébration.
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« C'est quoi, le côté « décontracté »… vous m'avez piégée… »
Kou agrippa le bas de sa robe, sentant le tissu doux, et lança un regard embué de larmes à sa mère, Amari.
On ne sait trop comment, Kou s'était retrouvée dans une robe de soirée qu'Amari lui avait préparée. Elle se tenait maintenant aux côtés de sa mère, s'efforçant d'arborer un sourire poli.
Ils assistaient à une célébration pour les employés de NTEC qui avaient contribué à la construction du complexe. D'ordinaire, ce genre de rassemblement est décontracté, mais vu le cadre, tout le monde s'était mis sur son trente-et-un pour coller à l'atmosphère élégante.
Les hôtes, Amari comprise, portaient les tenues les plus remarquées, puisqu'il leur incombait d'accueillir les invités. Cela incluait Kou, en tant que fille d'Amari et jeune visage de la famille NTEC. Pour beaucoup de convives, c'était aussi la première fois qu'ils rencontraient la fille d'Amari, ce qui suscitait un intérêt supplémentaire.
En d'autres termes, l'événement servait d'introduction discrète de Kou au réseau de l'entreprise.
Au moment où Kou s'en rendit compte, il était trop tard. Si l'événement restait décontracté et qu'aucun discours n'était attendu d'elle, elle devait pourtant rester aux côtés de sa mère et offrir des sourires polis tandis que les invités venaient les saluer. Force est d'admettre que l'affirmation de Kou, « vous m'avez piégée », n'était pas volée.
Plus tôt dans l'après-midi, après avoir fini à la plage et pris une douche, Kou avait ressenti un vague pressentiment quand Amari l'avait conduite en silence vers un salon de beauté dans le bâtiment principal.
Là, on lui coiffa soigneusement les cheveux en deux petites tresses qui passaient derrière ses oreilles et se rejoignaient à l'arrière de sa tête, formant une coiffure mi-attachée mi-lâchée souvent appelée « coiffure de princesse ».
On revêtit ensuite Kou d'une élégante robe de soirée à deux couches : une superposition de voile blanc orné de dentelle délicate et une sous-couche bleue qui s'assombrissait vers l'ourlet. C'était manifestement une robe coûteuse mais charmante.
Elle avait nerveusement laissé Sora la voir ainsi. À sa demande, elle fit une petite pirouette, ce qui le laissa si bouleversé qu'il s'appuya contre un mur en s'exclamant : « Je peux mourir sans regrets maintenant. »
Mais bref…
La robe était taillée sur mesure pour la silhouette de Kou, et elle comprit vite qu'on n'avait pas pu la préparer dans un si court délai.
« Maman… Tu as encore tout planifié dans mon dos ? » « Oui, parce que je savais que tu insisterais pour quelque chose de plus simple si je te le disais ! » « C'est exactement ce que je n'aime pas chez toi ! »
Kou rétorqua, frustrée par les manigances secrètes de sa mère. Mais elle sentit aussi que c'était la façon d'Amari d'essayer de partager un moment spécial, alors elle passa l'éponge.
« J'arrive pas à croire que tu continues à décider des choses pour moi sans même m'en parler… » « Ahaha… C'est bon, t'es adorable dedans, Kou ! »
Une voix intervint par-derrière, puis une main lui tapota doucement la tête. En se retournant, elle vit Hijiri qui se tenait là, tenant deux verres de boissons sans alcool.
« Tu t'es bien débrouillée pour les salutations. Tiens, un truc à boire. Le ginger ale te va ? » « Oh, merci. Et désolée de t'avoir embarquée dans tout ça. » « T'inquiète. En fait, je suis contente de porter une jolie robe comme ça ! »
Hijiri grinça, baissant les yeux sur sa propre robe. Amari en avait aussi arrangé une pour Hijiri, soi-disant en geste de reconnaissance pour Kaname. La robe d'Hijiri était une longue robe noire avec de la dentelle blanche délicate aux bras et un châle, lui donnant un air mature qui contrastait magnifiquement avec sa peau claire et ses cheveux bruns.
Quand Kaname vit sa fille habillée ainsi, il réagit à peu près comme Sora, s'appuyant contre le même mur alors qu'il peinait à contenir son émotion. D'une façon ou d'une, les deux pères semblaient ravis de voir leurs filles si élégamment vêtues.
« Bon, considérez juste ça comme une marque de reconnaissance pour votre papa, d'accord ? » « Ouais, voyez ça comme ça ! »
Hijiri et Amari pouffèrent en essayant de rassurer Kou, leur légèreté apaisant sa frustration.