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Death March kara Hajimaru Isekai Kyousoukyoku

Chapitre 32 : Interlude, Zena

Death March kara Hajimaru Isekai KyousoukyokuDeath March kara Hajimaru Isekai Kyousoukyoku
Chapitre 32

Chapitre 32 : Interlude, Zena

Chapitre 32/6053%~11 min de lecture2 076 mots

Le sort que j'ai lancé enveloppe mon corps.

C'est la sensation familière de toujours, et pourtant elle m'exaspère aujourd'hui.

J'avance d'un pas, comme pour vérifier l'effet.

C'est bon, il agit bien.

Je suis avec le vent.

Je me suis élancée.

***

C'est hier que j'ai rencontré cet homme. Il me semble que c'était bien avant, et pourtant il ne s'est pas même écoulé une journée entière.

Je croyais avoir dévié par magie l'onde de choc du démoniaque supérieur, et mon corps était en morceaux. Mes membres brûlaient et me lançaient, immobiles, comme si j'étais devenue une poupée.

Je fis tourner mon cou, seule partie qui bougeait encore un peu.

Par chance, avant de m'écraser au sol, j'avais été retenue par la branche d'un arbre d'alignement.

…Par chance ? Était-ce vraiment le mot ?

Avant que quelqu'un de l'armée territoriale n'ait battu ce démoniaque bien trop fort et ne me trouve, la flamme de ma vie se serait éteinte.

À cet instant encore, mon sang s'écoulait, goutte à goutte.

J'avais perdu conscience ; les pas de quelqu'un me réveillèrent. Rassemblant le peu de force qui me restait, je tournai les yeux.

Ce quelqu'un portait une robe d'un mauvais goût à faire mal aux yeux.

Pour qui erre entre la vie et la mort, ce vêtement respirait le quotidien de façon presque déplacée.

Moi aussi, je veux rentrer dans le quotidien !

Le relâchement que me procura cette robe criarde aidant, je l'interpellai avant qu'il ne s'éloigne. Il me semble que ma voix avait pris je ne sais quelle intonation insouciante.

***

Je cours.

J'évite les gens, j'évite les charrettes, je cours.

Un pas de plus vers l'avant.

Un instant plus tôt.

Je cours.

***

Avais-je perdu conscience ? Juste après l'avoir appelé, il était à côté de moi.

C'était un garçon à l'air posé, dont on n'aurait jamais cru qu'il portait cette robe voyante.

On ne pouvait certes pas le qualifier de beau garçon, mais il dégageait quelque chose d'agréable.

Après avoir vérifié l'état de mes blessures, il me souleva avec plus de délicatesse encore qu'on n'en met à manier un objet fragile ; oui, avec une immense douceur.

Sa robe, qui semblait toute neuve, se salit de mon sang et de ma poussière.

Mais il n'avait pas l'air d'y prêter la moindre attention.

Malgré sa silhouette frêle, il était étonnamment fort : il ne vacilla pas en me soulevant.

Comment allait-il me descendre au pied de l'arbre ?

Par magie ?

Contre toute attente, il ne lança aucun sort : il sauta de la branche.

***

Je cours dans les ruelles.

Aux angles, je prends appui du pied contre le mur pour tourner sans perdre de vitesse.

J'évite comme en dansant les gens que je surprends.

Sans avoir le loisir de me soucier de ma jupe qui vole.

Je cours de toutes mes forces.

***

Je fermai les yeux très fort pour encaisser le choc à venir.

J'en voulus à celle qui hurlait à mon oreille, avant de comprendre que c'était ma propre voix.

Mais le choc, quoi qu'il en soit, ne vint jamais.

Quand j'ouvris les yeux avec appréhension, il était là, inquiet, et me parlait avec douceur.

Il n'avait pas sauté vers le bas mais vers un toit qui touchait la branche.

Quelle agilité !

Désormais, je l'appellerai monsieur Agile.

Me tenant toujours dans ses bras, il franchit plusieurs toits, cherchant un endroit par où descendre.

Il bondit à plusieurs reprises, et ses sauts étaient légers comme la plume, sans qu'on sente son poids. Comme s'il avait des ailes.

Voler, cela doit être cette sensation-là ?

***

Je suis à bout de souffle.

Mais je ne peux pas m'arrêter maintenant.

Ne serait-ce que pour ne pas laisser mourir celui qui m'a fait confiance en me laissant aller chercher des renforts.

J'ignore les protestations de mon corps.

Je le laisserai se reposer tout mon soûl plus tard.

Pour l'instant, un pas plus vite.

***

Même en traversant l'intérieur exigu des maisons, il prit le plus grand soin d'éviter que mes membres fracturés ne heurtent les meubles.

Être traitée avec autant de délicatesse me donnait l'impression d'être devenue princesse.

Alors qu'un instant plus tôt je me préparais à mourir. Quelle inconstance.

À chaque meuble contourné, je me surprenais à goûter la sensation d'être serrée contre lui.

À l'entraînement, je fais des corps à corps avec mes collègues masculins ; lui, contrairement à eux, n'avait pas d'odeur animale. Il dégageait même un parfum discret et distingué.

Et ses cheveux sont si soyeux. J'aimerais bien y toucher un peu…

Sur la place, le combat était fini. Nous avions donc gagné.

Il me conduisit auprès des soigneurs.

Une fois mes soins terminés, il me confia au poste de secours et repartit aider d'autres personnes.

En s'éloignant, il se retourna une seule fois pour me faire signe de la main.

Je ne savais pas si c'était pour moi, mais cela m'a fait un peu plaisir.

***

Encore un peu et je débouche sur la grande avenue.

Un enfant a jailli d'une ruelle latérale.

Impossible de l'éviter comme ça. Je fais un saut périlleux avant pour retomber au-delà de lui.

C'est indécent en jupe, mais je n'ai pas le loisir d'y penser.

Je laisse l'enfant aux adultes qui sont là.

Et j'impose à mes jambes un dernier effort déraisonnable.

***

Le soir de ce jour-là, quand j'ai parlé de monsieur Agile à Lilio et aux autres, elles m'ont taquinée : « Alors le printemps arrive aussi pour Zena ? »

Qu'on me dise que c'est de l'amour, je ne sais pas bien ce que cela veut dire.

Quand je repense à lui, il me vient l'envie de courir.

Si c'est cela l'amour, je comprends très bien pourquoi Lilio, qui tombe amoureuse tout le temps, court si vite.

Le lendemain, si je suis sortie en jupe, c'était comme ça. Sans raison particulière.

Et si, avant d'aller me faire soigner au temple, je suis passée par la librairie où il aidait à ranger la veille, ce n'était pas en me disant que je pourrais le croiser… avoir un peu pensé à cela restera mon secret.

Quand je l'ai rencontré à la sortie de la librairie, il m'a semblé sentir le destin.

Est-ce exagéré ?

Lilio, elle, me taquinerait sûrement : « Les gamines adorent le destin. »

Il a qualifié ma pauvre robe du dimanche de « gracieuse ».

En rentrant, il faudra que je l'écrive dans mon journal !

***

J'ai débouché sur la grande avenue en roulant.

Un fiacre qui filait sur la chaussée m'est passé à un cheveu.

Je m'excuserai plus tard auprès du cocher qui m'invective.

Sans même prendre le temps de reprendre mon souffle, je récite le sort de magie du vent « Vent murmurant ».

La liaison avec les gardes de la porte de l'enceinte intérieure devrait être établie.

« Ici la soldate-mage Zena ! Quartier est, treizième place le long de la muraille extérieure : Pourpre. »

« De la magie ? Ici Mondo, de la garde. Pourpre, tu es certaine ? »

« Pourpre » est le mot codé de l'armée territoriale pour désigner un démoniaque.

On ne peut évidemment pas crier en plein jour qu'un démoniaque est apparu.

« Aucun doute, confirmation visuelle. Envoyez des renforts de toute urgence. Je retourne sur place pour guider l'évacuation des civils. »

« A-attends, pas seule… »

Sans écouter Mondo jusqu'au bout, je fais demi-tour vers la place où se trouve .

À mi-chemin, des hurlements et un fracas de bâtiments qui s'écroulent me parviennent de la place.

L'imagination du pire m'étreint le cœur.

Tout va bien ! Je me le répète.

Monsieur Nebinen, du temple de Garleon, est là ; c'est le meilleur manieur de magie sacrée de toute la cité de Seiryu. Même s'il ne peut pas battre un démoniaque supérieur, il devrait pouvoir gagner du temps.

Je relance mes « Pieds de vent », dont l'effet est retombé.

J'appuie sur mes jambes tremblantes.

Et je m'élance de nouveau.

Vers lui.

***

Il m'a offert une fleur.

Une petite fleur-de-miel d'hiver, au parfum doux.

Connaît-il le langage des fleurs ?

Nous avons fait le tour des boutiques que Lilio et les autres m'avaient indiquées. Même devant des choses fort peu rares, il s'émerveille de façon exagérée.

Cela m'amuse un peu.

C'est dommage que le bon coup de Lilio ait fait long feu, mais à un moment nous marchions main dans la main sans que je sache comment.

La foule, dont je me plains d'ordinaire en mon for intérieur, mérite ma gratitude, pour ce jour-là seulement.

Serait-ce, par hasard, ce qu'on appelle un rendez-vous amoureux ?

Le langage de cette fleur, c'est « un sentiment amoureux qui commence à bourgeonner » ; si seulement il le savait et me l'avait offerte pour cela.

***

J'arrive sur la place plus vite que prévu.

Je n'eus pas le temps de m'en étonner.

Car là ne s'étendait plus qu'un terrain vague…

Le désespoir me fit m'effondrer au sol.

Au centre du terrain vague se dresse un rocher noir hérissé d'épines, à l'atmosphère maléfique. Une voix vient de la direction de ce rocher noir.

Je m'y traîne, tirant des jambes trop malmenées qui ne m'obéissent plus.

Je n'ai pas bien entendu, mais elle disait bien « labyrinthe ».

Je ne comprenais pas le lien entre un démoniaque et un labyrinthe, mais s'il s'agit d'un labyrinthe, alors et les autres sont peut-être à l'intérieur.

J'avais l'intention de m'y jeter, seule s'il le fallait.

Mais on m'a arrêtée avant que j'entre dans le rocher noir. C'était le chef de compagnie et sa troupe, à cheval. Ils se trouvaient justement à la porte intérieure quand j'ai transmis mon message.

Le chef de compagnie m'a nommée agent de liaison temporaire, et j'ai été affectée à la sécurisation de la place et à l'aide au montage du campement.

Étant auprès de lui, beaucoup d'informations me parvenaient. La place et les maisons alentour avaient été aspirées dans le sol comme si elles fondaient. Avec les gens autour, aussi.

est si agile qu'il doit s'être réfugié en lieu sûr. Croyons-le, pour l'instant.

Après le montage du campement, l'intendant arrivé sur place parlait avec une excitation inhabituelle de je ne sais quel noyau de labyrinthe, mais je n'y comprenais rien.

***

L'autorisation de pénétrer dans le labyrinthe ne nous fut donnée qu'après plus d'une journée entière.

Je me suis évidemment portée volontaire pour la première vague.

À peine entrée, j'ai voulu m'élancer, mais Lilio ne m'a pas lâché le bras. Je n'avais pourtant aucune intention de céder la tête.

Nous avons d'abord sécurisé la première grande salle, juste après l'entrée.

De là, il était prévu de faire progresser le corps principal à chaque nouvelle salle sécurisée. C'est d'une prudence excessive, mais il paraît que c'est la règle d'or quand une armée pénètre dans un labyrinthe.

Talonnée par l'angoisse, j'avançais lentement dans les couloirs sinueux.

Des pas, devant.

Prudemment, à l'aide d'un miroir, je vérifie ce qu'il y a après l'angle.

Ce n'est pas vrai ! C'est !

Devant une chance aussi incroyable, j'hésite, croyant à une hallucination.

Je n'aurais jamais dû hésiter.

Ce que j'ai vu en tournant l'angle, c'était attaqué par une bête surgie du mur.

J'arrache mon bras à Lilio, qui me retenait.

Je m'élance en bondissant, comme sous l'effet d'un sort.

Je me pose contre le mur, à l'angle du couloir.

La bête mord .

Tout va bien.

a esquivé.

Ma tête menace de se vider, mais ce n'est pas le moment.

D'un Marteau d'air, je repousse la bête. Ça n'a pas la puissance de l'abattre, mais il faut d'abord l'écarter de !

J'ai emporté avec elle, mais j'ai réussi à les séparer.

Avant même que je puisse m'interposer entre eux, monsieur Nebinen l'avait abattue. Il est vraiment remarquable.

Quant à moi, rassurée en voyant le visage de , il paraît que je me suis jetée dans ses bras en pleurant sans vouloir le lâcher.

Si j'en parle comme si c'était une autre, c'est parce que Lilio m'a taquinée avec ça après.

Alors qu'il venait à peine de s'échapper d'un endroit aussi dangereux qu'un labyrinthe, était le de toujours.

Mais il se force peut-être, pour ne pas nous inquiéter.

Demain matin je suis de repos : je pense aller lui rendre visite avec quelque chose de bon en cadeau.

Lilio me taquinera sûrement.

De temps en temps, un quotidien comme celui-là, ce n'est pas si mal.

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