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Death March kara Hajimaru Isekai Kyousoukyoku

Chapitre 23 : Le labyrinthe du démon (5e partie)

Death March kara Hajimaru Isekai KyousoukyokuDeath March kara Hajimaru Isekai Kyousoukyoku
Chapitre 23

Chapitre 23 : Le labyrinthe du démon (5e partie)

Chapitre 23/5046%~8 min de lecture1 565 mots

Je m'appelle . Faire croire aux autres ce qu'on ne croit pas soi-même, c'est un exercice difficile.

Encore un effort jusqu'à la sortie.

J'aimerais retrouver vite le quotidien.

***

« La sortie est sans doute droit devant. Deux raisons : d'abord la présence d'un démoniaque, ce que nous n'avions jamais vu jusqu'ici. Ensuite, un nombre d'ennemis manifestement différent de tout ce que nous avons rencontré. »

Comme argument péremptoire, c'est faible…

« …Je ne comprends pas en quoi cela permet d'affirmer que la sortie est devant nous ? » « Ne devrait-on pas chercher un détour, comme le disait ce demi-humain ? »

C'est très juste… Mais quand même ! C'est mon tour de jouer !

« Monsieur le vicomte, l'auriez-vous oublié ? Ce labyrinthe a été créé par un démoniaque. Là où il ne veut pas nous laisser passer, il place les siens, n'est-ce pas ? »

Zut, j'aurais dû donner cette raison-là en premier.

« Reste que nous sommes en infériorité numérique. Je ne crois pas que nous puissions vaincre une telle horde à nous seuls. »

C'est bien vrai, ça…

« J'ai bien évidemment une chance de victoire en tête… Et elle repose sur votre magie, monsieur le vicomte. »

Je ne l'avais jamais vue à l'œuvre, mais la tempête de flammes lancée contre le démon devant le château avait fait grand effet. Comme écran, cela devait amplement suffire.

Attention, je n'étais pas censé connaître ses compétences magiques.

« Comme vous le savez, les morts-vivants sont vulnérables au feu. Et l'on m'a rapporté que vous êtes l'un des meilleurs manieurs de magie des flammes du comté. »

« Hum, je suis tout de même lieutenant-commandant du corps des soldats-mages. »

Le vicomte n'a pas l'air mécontent. Le supérieur de Zena, alors ?

« Monsieur le vicomte, pour établir notre plan, je me permets de vous demander : combien de fois pouvez-vous lancer la tempête de flammes ? »

« Une seule, c'est la limite. Après la tempête, mieux vaudra boucher l'entrée avec une colonne de feu et attendre que les os brûlent. »

Hum, un sort peu économe, donc.

Que la discussion se soit orientée vers le combat sans que je m'en aperçoive me convient parfaitement.

Pendant que la tempête du vicomte remplira le champ de vision, j'anéantirai le reste à coups de menue monnaie.

[Compétence « Stratégie » acquise.]

***

La tempête de flammes du vicomte Belton se déchaîna.

Au loin, le globe oculaire ailé disait quelque chose ; personne ne l'écouta et le combat s'engagea.

L'attaque surprise, c'est la base.

« Pochi, Tama, lancez des pierres sur tout ce qui approche ! Liza, embroche ce qui franchit le tir de pierres ! »

J'ordonnai aux filles-bêtes.

Bon, écrasons les grosses pièces avant que les flammes ne retombent.

J'envoyai ma dernière pierre sainte droit dans l'œil du globe ailé. Exposer un point faible aussi gros, franchement, je m'interroge. La pierre transperça le démoniaque, pulvérisa plusieurs squelettes derrière lui et alla frapper le mur. Le fracas se noya dans le bruit de la tempête.

Par salves de quelques pièces de cuivre, je détruisis les trois squelettes de haut niveau. Une sorte de fusil à pompe à monnaie.

Quand les flammes s'éteignirent, il ne restait plus qu'une petite dizaine de squelettes de base, à moitié entamés.

Laissons-leur le mérite pour l'instant.

« Magnifique, monsieur le vicomte. Les os fragilisés par votre tempête tombent l'un après l'autre sous nos jets de pierres. »

« Hum. Ces immondes créatures mortes-vivantes seront purifiées par mes flammes. »

« Tout à fait ! C'est la première fois que je vois une magie d'une telle ampleur, quelle puissance formidable ! »

Le marchand d'esclaves Nidoren renchérissait de louanges devant le vicomte qui prenait des airs. Je lui laissai le soin d'entretenir la bonne humeur du noble et allai épauler les filles-bêtes qui achevaient les squelettes restants.

Liza abattait sa lance pour rompre l'équilibre d'un squelette, et Pochi et Tama frappaient tour à tour ses jambes pour les briser. Ceux qui roulaient au sol et se cachaient dans l'ombre des flammes, je les abattais à la petite monnaie. Grâce à la compétence « Lancer », sans doute, une pièce de cuivre chassée d'une pichenette suffisait à vider les points de vie d'un squelette de base. …Il n'existe pas de compétence « Tir au doigt » ? Elle aurait eu de l'allure.

[Titre « Tueur de morts-vivants » acquis.]

[Titre « Tueur de démoniaques » acquis.]

***

Les squelettes furent bientôt liquidés et nous prîmes la direction de la sortie. Comme des renforts risquaient d'affluer, je laissai les noyaux magiques sur place.

Le couloir menant à la dernière salle différait des précédents : il était pavé de dalles, comme l'intérieur des salles. Il était aussi plus large, quatre mètres environ, et haut de trois. Grâce à cela, il était clair. Il courait un moment tout droit, puis coudait comme un manche de louche juste avant la dernière salle.

« Ça sent le dehors, nanodesu. »

Pochi tournait joyeusement autour de moi en faisant son rapport.

Comparé au début, elle s'est bien apprivoisée.

« Une fois dehors, on mangera quelque chose de bon. »

« De la viande… »

« De la viande, de la viande… »

Liza fermait la marche et ne se mêlait pas à la conversation, mais Pochi et Tama rayonnaient.

Sur le radar, des points lumineux apparurent l'un après l'autre dans la dernière salle.

Non pas des points rouges d'ennemis, mais des points blancs, neutres.

Un comité d'accueil de l'armée territoriale, sans doute.

Le groupe du beau prêtre d'âge mûr était lui aussi arrivé, je ne sais comment, jusqu'à la salle aux os. Quelle astuce avaient-ils employée ?

Peu importe.

Pour l'heure, j'ai envie d'une douche et d'une bière fraîche. Ça n'arrivera pas, je sais.

« On entend des voix, nanodesu. »

Pochi pointait le doigt devant elle.

Le coude était en vue. Trois virages encore et c'était la sortie.

« Le mur devant… bizarre ? »

Tama fit son rapport. J'avais vu sur la carte que le départ d'un puits vertical se trouvait derrière ce mur. Peut-être un mécanisme de raccourci, comme il en existe souvent dans les labyrinthes de jeu.

« Ici aussi, on dirait une porte dissimulée. Ne la touchez pas. »

« Aye ! »

« Oui ! Nanodesu. »

Nous passions devant la porte dissimulée…

Un bras de fauve creva la porte et jaillit !

Un corps énorme surgit en dispersant les éclats du battant fracassé !

Je poussai Pochi et Tama, de chaque côté, contre les parois du couloir.

J'aurais voulu bondir aussi, mais mal esquiver, c'était garantir que les trois derrière moi encaisseraient. J'encaissai la bête sans casser son élan et poussai sur mes jambes. Sa force de saut fut plus grande que prévu : nous frôlâmes la tête des trois personnes derrière et je fus renversé dans l'espace au-delà.

Enfin, les gens autour comprirent ce qui se passait.

Des cris. Des gémissements. Le rugissement de la bête les recouvrit.

La bête morte, que je croyais liquidée, était de retour.

Non, elle a deux cornes : un autre individu.

Et surtout, que faire ?

Puisqu'elle est remontée par le puits, la méthode d'élimination précédente est inutilisable.

L'écart de niveau est trop grand : en coordination avec les filles-bêtes, je les enverrais à la mort.

Utiliser la magie du vicomte comme dans la salle aux os est impossible, il n'a plus assez d'énergie magique…

Cloué au sol, esquivant les morsures de la bête, mes pensées tournaient à vide.

« ■■■■ ■■ ■■■ ■■■■ Marteau d'air »

Une masse d'air comprimé invisible, venue du couloir côté entrée, fit reculer la bête morte.

Je roulai avec elle.

Pour amortir la puissance du sort, la bête avait dû bondir d'elle-même en arrière : elle avait reculé jusqu'aux abords de la salle précédente.

La porte derrière elle s'ouvrit, et le beau prêtre d'âge mûr apparut.

Quel affreux hasard.

« Retournez dans la salle, c'est une bête morte ! »

Avec l'appoint de la compétence « Amplification vocale » et l'écho du couloir, ma voix porta plus fort que prévu.

Sans se troubler, le prêtre entama une incantation.

Idiot !

Il va être tué net avant d'avoir fini.

La bête morte entendit la mélopée et se retourna.

Tant pis : j'attirai son attention et me concentrai sur l'esquive. Ensuite, au moment de l'impact du sort, je l'achèverais d'une frappe courte dans la confusion.

« ■■ Purification ! »

Si court que ça. C'est quoi, ce truc.

La bête morte s'immobilisa et redevint un simple animal empaillé.

La menace fut abattue avant même que j'aie eu le temps de me relever.

Beau travail, monsieur le beau prêtre.

« Satouuuu… »

Avant même que j'aie pu me retourner vers la voix, on me tomba dessus. C'était Zena, en cuirasse de cuir.

« Vous êtes sain et saufff… J'ai eu si peuuur… »

Elle frottait sa tête contre ma poitrine, heureuse de nos retrouvailles.

Le sort de tout à l'heure était donc de Zena. D'autres soldats surgirent de derrière le coude et se mirent à aider les nobles.

Les filles-bêtes étaient venues près de nous, mais attendaient un peu à l'écart. Liza retenait Pochi et Tama, qui voulaient approcher.

« Me voilà de retour, Zena. »

Zena s'essuya vigoureusement les yeux et releva la tête.

« Bon retour, . »

Son sourire mouillé de larmes me parut singulièrement charmant.

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