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Death March kara Hajimaru Isekai Kyousoukyoku

Chapitre 104 : Interlude 3, les domestiques du château de Mûno

Death March kara Hajimaru Isekai KyousoukyokuDeath March kara Hajimaru Isekai Kyousoukyoku
Chapitre 104

Chapitre 104 : Interlude 3, les domestiques du château de Mûno

Chapitre 104/10698%~10 min de lecture1 817 mots

« Puisqu'il n'y a pas d'opposition, l'uniforme des servantes sera remplacé au printemps par cette tenue que dame Arisa nous a proposée. »

À cette déclaration de la première servante, la vingtaine de servantes présentes ont poussé un cri de joie d'un seul élan.

Mais c'est bien normal, je trouve. Cette tenue est incomparablement plus élégante et plus jolie que la triste blouse de travail gris souris que nous portions jusqu'ici.

« Euh, madame la première servante. »

En voyant qui parlait, moi comme tout le monde, nous avons fait la grimace.

C'était Mêda, celle qui dit toujours ce qu'il ne faut pas au moment où il ne faut pas.

« Avons-nous un budget pour équiper tout le monde d'une tenue qui a l'air aussi coûteuse ? S'il y a du budget en trop, j'aimerais mieux une prime, moi. »

Bien sûr qu'on veut de l'argent, mais une prime, il n'y a aucune chance.

La première servante a toisé Mêda d'un regard de glace, puis a répondu d'un ton lourd.

« Il n'y a pas de budget. »

Comment ça ?

« Les frais de fabrication des tenues, y compris une tenue de rechange et les tabliers assortis, sont pris en charge par monsieur le chevalier Satou. »

Ouh là, pour en faire vingt, il faut combien de pièces d'or ?

À voir le pelage et l'équipement de Pochi et des autres, on s'en doutait, mais il est vraiment riche. Qu'est-ce qui lui a pris d'entrer au service de nobles aussi pauvres ?

Ce serait quand même la poitrine de dame Karina qu'il vise ?

Que les amateurs de gros seins disparaissent de la surface du monde.

***

« Qu'est-ce qu'on mange à midi ? »

« Aah, j'ai faim… »

J'entre au réfectoire avec Taruna, ma collègue. Le travail du matin s'est prolongé, alors nous sommes très en retard sur l'heure du repas.

Avant, il n'y avait que des pommes de terre bouillies et une soupe salée, mais depuis une semaine, j'attends les repas avec impatience.

Pochi et les autres nous rapportent des oiseaux et des bêtes en disant « C'est du gibier, voilà ». Elles font honte aux chasseurs de métier ; les gens-bêtes sont-ils tous aussi remarquables ?

« Oh, Taruna et Erina. Vous arrivez au bon moment. »

C'est la mère Gerte, maîtresse des cuisines, qui nous a interpellées.

Oh ! Si elle est ici, ça voudrait dire… !

« Ne me dites pas que monsieur le chevalier occupe les cuisines ? »

« Eh oui. Il tâtonne autour d'un plat qui s'appelle le karaage, à ce qu'il paraît. »

Youpi !

J'échange un regard avec Taruna et je savoure ma joie.

Il ne manquerait plus qu'on nous chasse du réfectoire pour avoir fait du bruit.

« Dites, dites, madame Gerte. »

« Je sais, je sais. Encore un peu de patience. »

La mère Gerte aussi s'en réjouit d'avance, visiblement.

La porte s'est ouverte, et la petite esclave de monsieur le chevalier a apporté un grand plat sur lequel étaient posées de petites masses brunes. Comment s'appelle-t-elle déjà ? Lulu, je crois. Elle a le visage ingrat, mais c'est une bonne fille, sans aucune aigreur.

« Grâce aux conseils de madame Gerte, il paraît que c'est réussi. Euh, il y a aussi des essais mêlés au reste, mais si vous voulez bien. »

« Oh, les servantes affamées que voilà s'en chargeront, ne t'inquiète pas. »

« Oui, oui, la cuisine de monsieur le chevalier, j'en mangerais des tonnes. »

« C'est ça. Vous qui pouvez en manger tous les jours, je vous envie sincèrement. »

Je pique un karaage à la fourchette et je le porte à ma bouche. C'est un plat que je vois pour la première fois, il faut du courage, mais la cuisine de monsieur le chevalier est forcément bonne.

Je le mets en bouche et je mords. Aïe, c'est chaud. Mais c'est bon. Ce n'est ni de la viande grillée ni de la viande cuite à la vapeur. Comment dire, à l'intérieur je crois que c'est du poulet, mais cette croûte croustillante à l'extérieur, je n'y comprends rien. En tout cas, c'est bon.

J'approche ma fourchette du plat pour en prendre un autre, mais il n'y en avait plus.

« Erina, tu manges bien, en silence, dis-moi. »

« Enfin, Erina, moi aussi j'en voulais encore un peu. »

Zut, je croyais n'en avoir mangé qu'un et il semblerait que j'en aie avalé plus de la moitié à moi seule.

Lulu pouffe. Cette manière de rire, ce doit être qu'il y a eu d'autres personnes pour manger de la même façon. C'est décidé, c'est ça.

***

« Je te dis que le raccourci pour augmenter les recettes, c'est de concentrer la population ! »

« Tu as beau dire, comment assures-tu l'approvisionnement en vivres ? »

« C'est là qu'on revient à ce que je disais. On réaménage les quartiers de cette ville inutilement vaste et on fait des champs de gabo, comme à Serîyu. D'après les relevés de Maître, les sept dixièmes de la ville peuvent devenir des champs sans difficulté. »

Je pose le thé et les biscuits qui l'accompagnent à un endroit qui ne dérangera pas l'intendante Nina et mademoiselle Arisa, en plein débat.

Franchement, cette petite n'a vraiment pas l'air d'avoir dix ans.

Discuter politique d'égale à égale avec dame Nina, c'est sûrement un génie. Bien qu'elle soit l'esclave de monsieur le chevalier, dame Nina et même monsieur le baron ne l'appellent pas tout court : ils lui donnent du « dame ». Et par-dessus le marché, c'est elle qui aurait fait le prototype des nouvelles tenues de servante. Les gens remarquables le sont en tout. Les dieux sont injustes.

« Quand cet homme dort-il, au juste ? Dame Arisa, ne faites-vous pas trop travailler votre maître ? »

« Allons donc, aujourd'hui encore, nous avons dormi ensemble. »

Danger : j'ai failli faire du bruit en posant la tasse.

Quoi ? Cet homme partage la couche d'une enfant pareille ? Non seulement il a une belle épouse blonde à la forte poitrine, mais une si petite fille entre aussi dans son champ d'action. Voilà qui est inattendu.

***

« Erina, tu recules ! Taruna, n'aie pas d'égards pour ton adversaire ! »

Aujourd'hui, nous nous entraînons avec les nouvelles recrues, tout juste levées en ville. À l'origine, Taruna et moi étions soldates, mais comme la qualité de l'armée baronniale était tombée au niveau des brigands, nous nous sommes reconverties en servantes et gardes du corps des demoiselles.

C'est sans doute pour cela qu'en apprenant que l'armée baronniale avait été presque entièrement anéantie lors des récents troubles, je n'ai pas été très triste. Sans cette reconversion, je serais devenue zombie moi aussi et j'aurais fini aplatie sous la plante du pied d'un géant.

« Toaa ! Voilà. »

« Nyuu… c'est mou ? »

Un peu plus loin, Pochi et Tama s'exercent à l'épée de bois.

La vitesse de charge de Pochi est impressionnante, mais que Tama l'esquive l'est encore plus. En un contre un, le seigneur Zotol reste évidemment plus fort, mais à deux contre un, on dirait qu'elles font jeu égal. Elles sont si mignonnes, et pourtant, ce sont bien des gens-bêtes.

Enfin, ces deux-là, ça va encore.

« Alors, j'y vais. »

« Bien, viens quand tu veux. »

Dans un cri à déchirer l'air, la femme du peuple des écailles enfonce sa lance en traînant une lueur rouge. Le seigneur Zotol la dévie de son bouclier et se glisse dans sa garde.

La femme du peuple des écailles l'avait apparemment prévu et vise le bras du seigneur Zotol avec le talon de sa lance, mais il l'écarte de son épée.

Le combat de ces deux-là se joue à un niveau si différent qu'il ne nous sert à rien. D'ailleurs, employer des armes magiques à l'entraînement, est-ce bien raisonnable ?

« Je vous ai trouvé ! Aujourd'hui, vous allez vous mesurer à moi ! »

Aah, encore.

Vraiment, mademoiselle Karina exprime son affection comme une enfant.

Elle provoque en duel monsieur le chevalier, qui encourageait Pochi et les autres.

Enfin, cette poitrine qui ballotte dans tous les sens fait la joie des soldats… vraiment, qu'elle lui tombe, tiens.

Les mouvements de dame Karina, avant même d'être d'un autre niveau, n'ont rien d'humain. Ce serait grâce à un objet magique extraordinaire qu'on appelle un artefact.

Mais si c'est le cas, monsieur le chevalier, qui esquive ces attaques indéfiniment, ne serait-il pas en réalité extraordinaire lui aussi ?

***

Bercée par un air de flûte d'herbe qui vient de je ne sais où, je rentre le linge. J'ignore qui en joue, mais c'est joli.

Avec la mélodie me parvient une bonne odeur sucrée.

Aïe, cette odeur quand on a faim, arrêtez.

Je me retourne vivement : il y a là une jeune elfe, une flûte d'herbe dans une main. C'est l'une des maîtresses de monsieur le chevalier, si je me souviens bien. Avec son air parfaitement inoffensif, cet homme entretient sept femmes, épouses et maîtresses confondues.

La bonne odeur semble venir de ce qui ressemble à du pain, qu'elle tient de l'autre main.

« Bave. »

Sur cette remarque de la jeune elfe, j'essuie ma bave en catastrophe.

Pardon, mais ça sent si bon.

« Hm », fait la jeune elfe en me tendant cette sorte de pain plat. Elle parle si peu que je ne comprends pas.

Si elle n'avait pas ajouté « une bouchée », je crois que je n'aurais jamais compris ce qu'elle voulait me dire.

En faisant attention à ne pas ouvrir trop grand la bouche, je croque un petit bout au bord.

C'est booon !

Qu'est-ce que c'est ? C'est trop bon. Le karaage de l'autre jour était bon aussi, mais là je ne sais même pas comment le dire. C'est moelleux et c'est sucré, ah, il me faudrait plus de vocabulaire. Ça s'appellerait une crêpe.

« Merci, c'était vraiment délicieux. C'est monsieur le chevalier qui l'a faite, comme d'habitude ? »

« Hm. »

Je vois, c'est encore lui.

Est-ce que je devrais sérieusement viser le beau mariage ? La huitième place me conviendrait.

***

« Erina, tu es libre ? »

« Oui, il ne me reste que ce linge à plier. »

« Alors je m'en occupe, tu veux bien sortir la voiture ? »

« Oui, bien sûr. C'est un des officiers civils qui sort ? »

« Il paraît que monsieur le chevalier a affaire en ville. »

Oh, le ciel serait-il de mon côté ?

« Laisse-moi faire, j'amène la voiture devant l'entrée tout de suite. »

« Je compte sur toi. »

J'ai été naïve.

Évidemment, s'il sort, son épouse l'accompagne. Il n'y avait pas que monsieur Satou : dame Nana, son épouse, était là aussi.

Dommage. L'accomplissement du plan « beau mariage » n'est pas pour tout de suite.

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