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Daughter of the Emperor

Chapitre 308

Daughter of the EmperorDaughter of the Emperor
Chapitre 308

Chapitre 308

Chapitre 308/41075%~10 min de lecture1 870 mots

« Pourquoi diantre sommes-nous ici ? »

« Chut, tais-toi. »

La voix d'Elaine fut réduite au silence par Cerera. Cerera plongea son regard dans le mien. Dès que nos yeux se croisèrent, elle m'offrit un joli sourire. J'avais entendu qu'il était important d'établir un contact visuel avec son bébé pendant qu'on le nourrissait. Cerera était une mère d'une correction scrupuleuse qui se donnait corps et âme dans l'éducation de l'enfant.

'Je sais que c'est bizarre de se poser la question maintenant, mais je pense être déjà développée mentalement, donc est-ce que cela a vraiment une incidence sur mon développement à ce stade ? C'est vrai que ces petits détails peuvent aider le développement d'un enfant, mais je suis une réincarnée. Mon esprit est formé grâce aux vingt-cinq années que j'ai déjà vécues, alors est-ce que ces gestes changeront vraiment quelque chose dans ma vie ? Je ne peux pas dire que je ne suis pas curieuse.'

'Bon, c'est pas comme si je détestais ça.'

« A-t-elle fini de manger ? »

Avec l'apparition soudaine de Keitel, j'entendis un petit souffle dans la pièce. Le corps de Cerera se raidit légèrement et, bien sûr, je fus surprise moi aussi.

'Mon Dieu. Est-ce que son passe-temps, c'est de surgir pour faire peur aux gens ? Sérieusement.'

« Pourquoi pas de réponse ? »

Comme l'avait souligné Elaine tout à l'heure, cet endroit n'était pas ma chambre. C'était l'une des pièces de l'Empereur. Le cabinet de l'Empereur.

« Oui, elle a fini de manger, Votre Majesté. »

Cerera posa le biberon que j'avais vidé et baissa la tête. J'étais allongée, donc je ne pouvais pas baisser la tête même si j'avais voulu. De toute façon, je suis un bébé, donc je n'avais pas à le faire.

Cependant, à l'avenir, quand je commencerai à parler, à ramper et à marcher, je devrai suivre des leçons d'étiquette. Alors, il me faudra baisser la tête comme Cerera.

'C'était bizarre d'avoir soudainement envie de ne pas grandir alors que d'habitude les enfants veulent grandir le plus vite possible. Merde !'

« Donne-la-moi. »

'Je ne veux pas y aller. J'agrippai frénétiquement la manche de ma nourrice. Nounou, ne m'envoie pas !'

'J'ai dit de pas m'envoyer ! Pourquoi tu m'envoies ? N'envoie pas ! Tu ne peux pas m'envoyer comme ça ! Je ne veux pas qu'on se sépare comme ça !'

Pourtant, les mains de Cerera me remirent à Keitel. Et me voilà déjà dans ses bras ! Ce monde est de la merde !

« Euh, Votre Majesté. »

Keitel, qui m'avait enlevée, ne semblait pas avoir d'autre affaire, car il fit immédiatement demi-tour et tenta de quitter la pièce.

Ce fut à cet instant que Cerera l'arrêta avant qu'il ne parte.

Devant le courage soudain de ma nourrice, j'éprouvai une lueur d'espoir. Au son de la voix délicate de Cerera, Keitel se retourna.

Il voulait évidemment demander pourquoi elle l'avait interpellé, mais ce salaud arrogant se contenta de la toiser avec froideur. Cerera rit maladroitement.

« Au lieu de tenir un enfant comme ça... »

... . . Tu n'allais pas me réclamer ? Nounou ! Comment tu peux me faire ça ?! Comment ?! J'ai l'impression d'être une jeune fille trahie par son premier amour ! Comment tu as pu ?!

Pourtant, ma nounou au cœur sec était en train d'apprendre à ce fléau de père comment me tenir correctement.

'Ce monde est pourri !'

« Il faut veiller à ce que sa tête ne soit pas de travers, donc tenez-la comme ceci. »

'Bon, je suppose que grâce à toi mon cou est plus détendu aujourd'hui. Depuis mes trois mois, j'arrivais à bouger un peu la tête, mais ce qui est inconfortable reste inconfortable.'

'D'habitude, il ne me tenait jamais, mais après l'incident de la princesse, ce putain de père a dû découvrir soudain le plaisir de me porter.'

'Enfin, c'était pas comme s'il me trimballait n'importe quand n'importe comment.'

« Autre chose ? »

Keitel, qui avait écouté calmement les instructions de Cerera, demanda. Cerera réfléchit un moment, immobile, puis tendit soudain la main droite.

« Comme ça, il faut soutenir le cou du bébé... »

'Le savoir-faire d'une pro, ça change tout !'

La personne qui me tenait ayant changé, la sensation de la peau était différente, mais pas au point de me faire pleurer. En fait, je me sentais incroyablement bien dans ses bras.

Puis, je me sentis déprimer en croisant le regard de Cerera, submergée par un regret soudain de me trouver si bien dans ses bras. Elle sourit. À son sourire, je lui rendis gaiement le mien. Pour le regretter immédiatement.

« C'est correct ? »

« Oui, Votre Majesté. »

Dès qu'il obtint ce qu'il voulait, il pivota sur lui-même pour partir. Puis il baissa les yeux sur moi dans ses bras. Et alors ? Je lui dois de l'argent ?

Je le regardai juste avec bouderie quand nos yeux se croisèrent. Ses yeux cramoisis, d'un rouge éclatant, plongèrent dans les miens.

'... . . Traite pas de pathétique.'

J'essayai de le fixer avec bouderie, mais je me laissai submerger par son charisme écrasant et détournai le regard la première. Ensuite, j'essayai de changer cette atmosphère gênante en agitant mes deux bras en l'air et en gloussant mignonnement.

'Putain. Même moi je me trouve pathétique. Mais qu'est-ce que j'peux faire ? J'ai perdu le concours du regard en deux secondes chrono.'

'Certains utilisent le charisme comme une épée, mais j'avais l'impression qu'il y avait une vraie lame dans ses yeux. Sale cinglé !'

« Elle a pris du poids. »

'C'est une insulte pour une demoiselle ! Je fais seulement soixante-quatre centimètres et sept kilos. Lui, il pèse dans les cent kilos, alors comment ose-t-il chercher noise à quelqu'un de sept kilos ?!'

'Si je pouvais parler, je l'aurais remis à sa place avec des mots bien sentis, mais malheureusement, je suis encore muette. Pas le choix. Je dois manifester ma volonté pour prouver que l'être humain ne se résume pas aux mots.'

« Hummm ahhh~ »

'Putain, ce sont même pas des mots humains.'

'Je pleurais toutes les larmes de mon corps à l'intérieur. Parler, c'est juste un truc que j'arrive pas à faire.'

'Est-ce que ce son montre à quel point je suis mécontente ? J'ai juste l'air d'une gamine perdue entre son papa et sa maman. Ah. J'vais essuyer mes larmes. J'ai mal partout, comment je vais vivre à partir de maintenant ?'

« T'es moche. »

........'J'ferais mieux de crever ? Penser que mon père... J'ai plus aucun espoir dans la vie. C'est ça. Y a pas de rêves, pas d'espoir, pas de grandes émotions. Y a même pas d'avenir pour moi.'

'Hah ! Si je pouvais, j'aimerais bien attraper Dieu par le col et le secouer comme un prunier.'

'Espèce de salaud ! T'as une dent contre moi ou quoi ?!'

« Je ne t'ordonnerai pas de pleurer. »

'Père, tu songais sérieusement à m'ordonner de pleurer ? Ce connard est vraiment pas net. Y a vraiment un truc qui cloche chez lui. C'est terrifiant. Vou dire, c'est pas facile d'être à ce point timbré.'

'T'es sérieusement dingue ?'

« T'es encore plus moche quand tu pleures. »

'Ah merde ! Putain de merde ! J'le ferai pas ! J'le ferai pas ! J'vais pas le faire ! J'le ferai pas ! J'ai vraiment plus envie de vivre. Qu'est-ce qu'il a ?'

'Quelqu'un, sauvez-moi. Si je reste avec lui plus longtemps, mon bon sens va être détruit.'

'Bien sûr, mon esprit sera détruit aussi. La société sera détruite par-dessus le marché. Puis ce pays sera détruit. Et comme ça, le monde prendra fin.'

Je pensais qu'il irait ailleurs avec moi dans les bras, mais il s'assit immédiatement. C'était un endroit clos, mais cet endroit était putain de grand pour un cabinet.

Il y avait un espace distinct pour classer la paperasse et un autre pour travailler. L'endroit où je me trouvais était le fond du cabinet, qui servait de salon séparé.

Je pouvais sentir la texture moelleuse du canapé à travers Keitel.

'Ce canapé est luxueux. Mec, j'te jalouse d'étaler ton fric comme ça.'

Keitel attrapa des dossiers tout en me tenant d'un bras. Je suppose qu'il était vraiment occupé. Je jetai un coup d'œil à son écriture monotone puis détournai la tête. L'idée de devoir apprendre de nouveaux caractères me donna mal à la tête.

'Quand est-ce que je trouverai le temps d'apprendre tout ça ? Je parle trois langues — coréen, anglais et japonais — mais pour être honnête, j'étais pas douée dans aucune des trois. Merde alors.'

« Tu t'ennuies ? »

Il me regarda puisque l'enfant gémissait.

J'avais envie de secouer la tête, mais j'avais la flemme, donc je restai immobile.

'C'est saoulant, depuis que tu m'as prise, j'ai senti toute l'énergie en moi se faner. Comme il n'y avait pas de réponse, Keitel baissa ses papiers.'

Sur la pile, on aurait dit qu'il en avait déjà lu une dizaine.

'T'es un salaud de rapide. Je sais pas ce qu'il avait en tête, mais il posa ses mains sur mes flancs et me redressa debout. Quand il me mit debout, évidemment, ça demandait de l'énergie dans les jambes. Du coup, j'arrivais pas à tenir. Il me soutint alors pour que j'aie l'air de tenir debout. Plantée là, les deux bras ballants, je regardai le visage riant de Keitel, et l'estomac me tourna.'

'Ce fils de pute !'

'Je savais déjà à peu près qu'il me traitait comme un jouet, mais la conversation de la nuit dernière m'avait un peu choquée à sa façon. Dire que je suis pas sa fille mais que je suis à lui, je ne suis qu'une possession ?'

'Quel raisonnement de merde est-ce que c'est ?! Quelle logique de merde est-ce que c'est ?!'

Je soupiai. Puis, spontanément, j'attrapai des mèches de ses cheveux. Ses cheveux argentés, qui avaient une lueur rousse, se retrouvèrent dans mes mains.

'Je n'ai pu en attraper qu'un peu avec mes mains de bébé, mais c'était d'une douceur... Tu utilises un traitement pour tes cheveux ou quoi ?'

Ah~

Dès que j'eus attrapé ses cheveux, j'essayai de les porter à ma bouche. Je vais les mordre. J'avais pas de dents donc je pouvais pas lui mordre les bras, par contre, je voulais mâchouiller ses cheveux.

Malgré mon élan plein d'ambition, quand j'essayai de mâcher ses cheveux, je sentis le regard de Keitel sur moi, et ce n'était pas son regard habituel.

... . 'Est-ce que je fais un truc dingue là ?' Je pensai ça un instant, puis Keitel se mit à pouffer. Ah ? Ah, c'est un peu flippant.

Il se mit à rire tout seul, ce qui me choqua, alors j'arrêtai d'essayer de mâcher ses cheveux et je restai là. Merci mon Dieu, à ce moment-là, mon super-héros me sauva.

« Princesse, vous ne devez pas faire ça. Ce n'est pas quelque chose à manger. »

Cerera ! Ma nounou accourut vers moi et retira les mèches argentées de ma bouche. Puis, d'une voix sévère, elle dit :

« C'est sale. Ne mange pas ça. C'est pas bon. »

'Y a que toi pour moi.'

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