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Daughter of the Emperor

Chapitre 10 : Elle est ma fille

Daughter of the EmperorDaughter of the Emperor
Chapitre 10

Chapitre 10 : Elle est ma fille

Chapitre 10/2205%~14 min de lecture2 777 mots

« Cerera, vous êtes extraordinaire ! Où avez-vous trouvé le courage de parler à l'Empereur sur ce ton ? »

Elaine s'est mise à couvrir Cerera de compliments dès notre retour dans la chambre. Je me suis jointe aux louanges.

Je lui avais offert mes applaudissements en même temps qu'Elaine.

Clap. Clap.

'Vous étiez tellement classe !'

'Comment peut-on déclarer à l'Empereur, en pleine figure, que ses cheveux sont cracra ?'

'Enfin, vous n'avez pas tort. Pour moi, c'est cracra. Tout ce qui n'est pas de la nourriture est cracra !'

« Hein ? Quoi ? »

Il semblerait pourtant que Cerera n'ait pas eu la moindre idée de ce qui lui valait ces compliments.

En me déposant dans le berceau, elle a penché la tête d'un air interrogateur.

'Hein ?'

« Ce que vous avez dit... »

« Quoi donc ? »

« Cela, cela... »

Elaine s'efforçait consciencieusement de se faire comprendre. Par malheur, Cerera n'avait aucune idée de ce dont elle parlait et a froncé les sourcils.

'Nourrice, ce qu'elle essaie de dire, c'est cette histoire de tout à l'heure ! Ah ! Pourquoi est-ce que vous ne comprenez pas ?'

'Tout à l'heure, cela, cela.'

« Cracra. Quand vous avez dit cracra. »

Elaine était si exaspérée qu'elle s'est frappé la poitrine. C'est seulement à ce moment-là que Cerera a paru comprendre de quoi il retournait. Son visage s'est illuminé, puis il s'est renfrogné.

« Et alors ? C'était cracra. »

'Hein ? Qu'est-ce que c'est que ça ?' Je lui ai lancé un regard un peu surpris.

'Cerera, vous...'

'Je savais que vous étiez extraordinaire, mais vous avez aussi du caractère ? L'Empereur riait, et tout son visage s'est figé quand vous avez dit que ses cheveux étaient cracra. Vous n'avez pas vu ça ?'

J'ai vraiment cru que sa tête allait voler à cet instant précis. Elle m'avait aussi arrachée à ses bras sans demander la permission, puis elle m'avait essuyé la bouche. Après quoi elle avait inspecté l'intérieur de ma bouche au cas où un cheveu y serait resté coincé, et cela juste devant Keitel.

'Ah. Vous n'avez donc pas vu son expression ?'

« Princesse, on ne mange pas les cheveux. C'est cracra. Cracra. »

J'ai plongé mon regard dans les yeux verts qui fixaient les miens et j'ai ri de bon cœur.

'Non. Je n'essayais pas de les manger, mais de les mâchouiller.'

« Madame Cerera, vous ne manquez pas d'estomac. »

En entendant Elaine marmonner dans sa barbe, je me suis rangée à son avis. Je l'ignorais, mais ma nourrice était vraiment Superman. J'avais toujours supposé que Cerera tremblerait et se recroquevillerait devant Keitel ; il s'avère que je m'étais trompée sur son compte. À moins que son souci pour moi ait été si grand qu'il ait vaincu sa peur ?

Je me suis sentie un peu étrange. Il est vrai qu'elle est ma nourrice, mais je ne suis pas son enfant. Comment peut-on déverser tant d'amour sur l'enfant d'une autre ?

J'ai senti une boule se former dans ma gorge.

« Qu'est-ce que vous racontez ? Cessez de dire des bêtises et apportez-moi une serviette chaude. »

Elaine a fait la moue et a quitté la pièce. Son expression débordait de reproches, mais j'y étais désormais si habituée que je l'ai trouvée mignonne, ce qui m'a rendue grave.

'Dire que cette créature me paraît mignonne, j'ai vraiment perdu la tête.'

Dès qu'Elaine est sortie, Cerera a pris une chaise et s'est assise près de mon berceau. Puis elle s'est mise à me tapoter la poitrine tandis que j'étais couchée. Quand nos yeux se sont croisés, les siens se sont doucement changés en demi-lunes et elle m'a offert un sourire pareil à une journée de printemps ensoleillée. C'était le genre de sourire accueillant, comme des fleurs qui se balancent dans la brise légère, constellées de gouttes de rosée. Son sourire était paisible à ce point.

« C'est une chance que l'Empereur vous chérisse tant. »

'Mais qu'est-ce que...'

'En réalité, nourrice, il ne me chérit pas du tout. Il joue avec moi, tout simplement. Et par-dessus le marché, ce salaud me traite comme une chose. Il dit que je lui appartiens. C'est un sacré numéro ! Enfin, je préfère largement les numéros gagnants.'

'Non, attendez une minute, la question n'est pas là.'

« Princesse, vous n'avez que votre père de votre côté. »

'Hein ? Qu'est-ce que vous dites ?'

J'ai lentement levé les yeux vers Cerera. Elle me regardait avec une expression affligée, et ses yeux étaient voilés de larmes.

'Pourquoi pleurez-vous tout à coup ?'

« Il est vrai que l'Empereur se fait montrer du doigt comme un tyran, et que d'autres empires et royaumes l'ont condamné comme un massacreur et un envahisseur, mais ce n'est pas seulement son problème à lui. »

Je me suis contentée de contempler les yeux de Cerera en silence.

Cette dame frêle et délicate s'expliquait tranquillement devant moi, qui ne pouvais pas comprendre un mot de ce qu'elle disait. C'était comme si elle confessait ses péchés à Dieu. Cela m'a semblé être une prière. J'ai retenu mon souffle et je l'ai regardée.

Son visage s'est assombri.

Il n'exprimait ni la colère ni la crainte, mais plutôt le chagrin.

« Je souhaite que la Princesse grandisse en étant chérie, et qu'elle puisse montrer à l'Empereur ce qu'est le vrai bonheur en lui faisant élever et protéger ce qui est à lui, plutôt qu'en volant le bien des autres et en le piétinant. Voilà ce que j'espère. »

Tout ce qu'elle disait là était hors de ma portée. C'étaient autant de choses que je ne savais pas faire moi-même. 'Qu'est-ce que cela fait, de vouloir protéger quelqu'un, de l'élever et d'apprendre à le connaître ?' J'ai regardé au loin, perdue dans mes pensées.

L'espace d'une seconde, Cerera a ri avec un tel éclat, comme le soleil qui chasse les ténèbres.

Devant cette chaleur, j'ai perdu tous les mots que je voulais dire. Je fondais simplement sous cette douceur.

« Princesse, vous en êtes capable, n'est-ce pas ? »

'Pourquoi attendez-vous cela de moi ?'

Je me suis mise à geindre devant cette situation impossible où je ne pouvais pas dire oui, mais où je sentais que je ne devais pas dire non non plus. C'était plus difficile pour moi que les sept merveilles du monde.

'Vous ne pouvez pas me poser une question du genre : "Qui aimes-tu le plus, papa ou maman ?" Demandez-moi plutôt cela !'

« Madame Cerera. »

Pour la première fois depuis que je la connais, Elaine a fait une bonne action. Dès qu'elle est entrée, Cerera s'est levée et lui a pris la serviette des mains. Puis elle m'a soigneusement nettoyé le visage et les joues. Ses gestes étaient doux et pleins d'attention.

« Je le sens tout le temps, mais j'ai l'impression que Madame Cerera traite Ariadna comme si elle était sa propre fille. »

Je suppose qu'Elaine a éprouvé la même chose que moi en observant Cerera.

Cerera a ri devant l'admiration d'Elaine et a continué de s'occuper de moi avec des doigts délicats.

« Elle est ma fille. »

Sa voix était ferme et forte en disant cela.

'Ah, je ne devrais pas m'émouvoir de la moindre chose.'

Même en me le disant, je savais qu'il était trop tard et que mon cœur était profondément remué.

J'ai essayé de cacher mes larmes en me forçant à rire.

Cerera a remarqué mes larmes et en a conclu que j'avais sommeil.

Il est vrai que j'ai plutôt sommeil.

« Et Monsieur Graecito, qui vit chez vos parents ? »

Elaine est sortie de son personnage et a dit quelque chose de grave.

Je suppose que voir Cerera s'occuper de moi lui avait alourdi le cœur.

'Au fait, Graecito ?'

'Ce doit être le nom du fils qu'elle a laissé à sa famille.'

À l'évocation du nom de son fils, qu'elle n'avait pas entendu depuis longtemps, le visage de Cerera s'est alourdi.

'Hein ?'

Puis ses joues se sont mises à rougir, et son visage soudain animé m'a surprise.

« À vrai dire, je vais le voir demain. »

« Oh, vraiment ? »

'"Oh, vraiment ?", tu parles. Moi aussi, j'aimerais bien le lui demander.'

J'ai essayé d'attirer son attention en agitant la main et le pied vers elle.

Je suppose que Cerera était intimidée, car elle s'est contentée de baisser la tête et de hocher le menton à plusieurs reprises.

« Six heures tout au plus... »

« Je suis si heureuse pour vous ! »

Elaine a serré les mains de Cerera dans les siennes.

Moi aussi, je voulais lui prendre les mains.

'C'est formidable ! C'est vraiment formidable !'

J'ai toujours été reconnaissante à Cerera de prendre si bien soin de moi, mais dès que j'ai appris qu'elle avait dû laisser son propre enfant à la maison pour s'occuper de moi, j'ai senti un sentiment inconnu grandir dans un coin de mon cœur. Et voilà qu'il venait soudain de se dissiper.

Le poids sur mon cœur s'était allégé.

'Cerera, il faudra bien qu'un jour vous soyez heureuse.'

C'est une pensée qui m'est venue naturellement, et que j'ai portée en moi sans interruption.

'C'est cela, il faut que cette femme soit heureuse.'

« Mon Dieu, la Princesse est heureuse pour vous, elle aussi. »

Comme Elaine me regardait, Cerera s'est retournée pour me regarder à son tour.

En voyant ma joie, Cerera a paru sur le point de fondre en larmes d'une seconde à l'autre.

« Notre gentille Princesse. »

Cerera m'a soulevée. Dès qu'elle m'a serrée contre elle, je l'ai embrassée sur la joue.

C'était une chose dont je n'aurais pas dû être capable à mon âge, mais je voulais le faire pour elle.

Cela les a évidemment beaucoup surprises.

« Mon Dieu ! La Princesse a embrassé Madame Cerera ! »

Cerera me fixait, le visage stupéfait.

Je lui ai souri de toutes mes forces en retour.

'Cerera !'

Elaine devenait folle à ses côtés.

Elle a fait tout un cirque en criant « Notre Princesse est adorable ! », en répétant qu'elle l'aimait « à en mourir » et que c'était « un ange » ; malgré tous ces compliments, je n'ai regardé que Cerera.

'Ma jolie nourrice, Cerera. Je vous aime vraiment beaucoup.'

« Notre princesse... »

Sa voix tremblait, et son visage a subi un grand changement.

Elle retenait ses larmes à grand-peine.

J'ai attrapé les cheveux qui me tombaient dans les mains.

'Ne souffrez pas. Ne pleurez pas. Et soyez heureuse, d'accord ?'

Je suppose qu'elle a dû m'entendre, car elle n'a pas versé une seule larme. Elle a seulement ri.

« Tss. »

J'ai entendu la voix d'Elaine à mes côtés.

Nous avons toutes les deux dévisagé Elaine, dont le visage débordait de jalousie.

« Vous êtes jalouse ? »

« Non, non. Pas du tout. »

'Celle-là...'

J'ai ri.

'Oh, Elaine, vous êtes une idiote.'

'Cette idiote d'Elaine.'

Mais comme je ne déteste pas cette gourde, je lui ai tendu la main.

« Oh, oh, oh ? ! »

C'était la première fois que je lui tendais la main, et Elaine a été prise au dépourvu.

Elle ne savait plus quoi faire et s'est mise à bredouiller, les yeux écarquillés.

'Oui, vous trouvez cela bizarre, n'est-ce pas ?'

'Moi aussi, je trouve cela bizarre.'

« Ma... Ma... »

« Ah, ah, est-ce qu'elle m'appelle maman ? »

'Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ?' Je pousse des cris au hasard, et voilà Elaine bouleversée.

'Hé ! Je ne vous appelais pas maman !'

« Heu, aaah~ »

Après un nouveau couinement de ma part, l'expression d'Elaine a changé.

'Bien. Elle a compris, maintenant.'

« Alors elle ne disait pas maman. »

Cerera a ri devant la crise d'Elaine.

Elle m'a caressé la tête une fois de plus et a souri largement à Elaine.

« Elle a l'air heureuse. »

Elaine s'est approchée de nous. Puis elle a pris mes mains, qui flottaient sans but en l'air. En voyant combien mes mains étaient petites dans les siennes, j'ai trouvé moi-même mes menottes de bébé bien trop mignonnes. Elaine a ri sans raison en me voyant faire la moue.

« Notre Princesse est vraiment trop mignonne ! »

s'est exclamée Elaine en se précipitant vers moi.

Cerera était d'accord avec elle.

« Oui, vous avez raison. »

Le temps file vite pour les enfants. Bien assez tôt, j'étais devenue un bébé de six mois. Il n'y avait rien de particulièrement différent à avoir six mois, mais j'avais une bonne nouvelle. Je pouvais m'asseoir ! 'Applaudissez-moi, maintenant !'

Clap. Clap.

'Hé hé, ça me plaît.'

Vers cinq mois, j'ai senti moi aussi la différence dans mon développement. Ma croissance a commencé à ralentir, ce qui m'a fait croire que c'était mauvais signe, mais comme Cerera restait sereine, je suppose que c'était normal à ce stade. Je pouvais mettre plus de force dans mes jambes et dans mes mains, et j'ai donc cru que j'allais pouvoir ramper. Manque de chance ! Mes espoirs ont été balayés. J'ai fini par pousser sur mon ventre et par échouer un nombre incalculable de fois. Un nombre incalculable de fois, j'ai hurlé en mon for intérieur et j'ai cherché Cerera pour lui demander quand je pourrais enfin ramper.

'Cerera, je n'arrive pas à ramper !'

« Oh, ma Princesse, vous vous êtes encore assise ? »

'Oui, je l'ai vraiment voulu.'

Je lui ai répondu sans réfléchir, puis j'ai soudain compris.

'Quand êtes-vous arrivée ?' Pendant que je jouais avec mes jouets, Cerera avait surgi de nulle part et me regardait d'en haut.

'Vraiment, encore assise ? N'est-ce pas évident ? Vous ne devriez pas le dire sur ce ton.'

J'ai gloussé, et Cerera a ri avec moi.

Cerera pouvait désormais voir son enfant une fois par mois, parce que je jouais bien avec les autres servantes ; elle pouvait donc se détendre et rendre visite à son fils l'esprit tranquille. Je suppose que c'est pour cela qu'elle avait l'air plus heureuse ces temps-ci. On aurait dit qu'elle embellissait de jour en jour.

'Ah, pour être honnête, je n'aime pas les autres servantes, mais pour Cerera, je fais de mon mieux pour jouer le jeu avec elles.'

« Princesse, mangez ceci, je vous prie. »

J'ai penché la tête tandis qu'elle poussait un bol devant moi.

'Ce ne sont pas des aliments solides ? Ce sont des aliments solides ! Miam.'

'Je vais en manger, mais n'est-ce pas un peu tôt pour passer au solide ?'

Je me suis alors souvenue du temps que ma nourrice passait à inspecter ma bouche après mon bain. Je crois qu'elle vérifiait si j'avais des dents... 'J'ai des dents !'

'Ah, est-ce pour cela que je passe au solide ? Oh, est-ce que je peux commencer à parler ?'

« Heuwaaah... »

Je reconnais moi-même que ce n'était pas un son compréhensible par un être humain, mais ces temps-ci je me sens si légère que je laisse échapper des couinements au hasard, sans m'en rendre compte. 'Zut.'

Snif. Snif.

'Je ne suis pas un monstre.'

« Tenez, faites "aah". »

Dès qu'une cuillère s'est approchée de moi, j'ai ouvert la bouche automatiquement. Ce que ma nourrice me donne d'habitude, ce sont des fruits. Aujourd'hui, encore des fruits. Seulement, je n'ai aucune idée du fruit dont il s'agit, tant il est écrasé au-delà de toute reconnaissance. Et puis mes papilles sont émoussées, vu que je n'ai bu que du lait pendant plusieurs mois.

'Quoi qu'il en soit, c'est délicieux !'

« Mangez lentement. C'est bien. »

'De quel fruit s'agit-il ?' Je le lui ai demandé sans réfléchir, mais par malheur, aucun mot humain n'est sorti. Cerera s'est donc contentée de me tapoter la tête, et l'affaire en est restée là.

Zut, il faut vraiment que je sorte de cette phase de bébé pour pouvoir faire quelque chose.

« C'était si bon que cela ? C'est bien. Reprenez-en. »

'Oui, c'est cela.'

'Pour l'instant, passez-moi ce bol. C'est plutôt bon.'

'J'ai l'impression d'être Colomb découvrant un nouveau continent. Est-ce donc un tout nouveau monde ?'

C'était du solide, mais plutôt que de le mâcher, il serait plus juste de dire que j'avalais la purée tout rond. Autrement dit, c'était comme boire un jus de fruits. Au début, j'ai pensé que le solide était trop pour moi, sans dents, mais Cerera était une maîtresse en matière de développement du tout-petit.

'Cerera, vous êtes la patronne ! Je crois en vos compétences !'

Quand j'ai eu fini ce petit en-cas, Cerera a souri et a quitté la pièce.

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