Sei sorti de la pièce, je me levai et me lançai à sa poursuite.
« Milady ? » [Ryle, Tanya]
Alors que je tentais de partir, Ryle et Tanya m'appelèrent inquiet d'une seule voix.
« Ne vous inquiétez pas… Je vais simplement observer de loin. » (Iris)
« Vous ne devriez pas. C'est dangereux. » (Ryle)
Ryle me fit la morale. En tant qu'escorte, il est tout à fait normal qu'il trouve scandaleux mon désir d'approcher l'œil du cyclone.
Je lui lançai un regard solennel, mais son expression reflétait la mienne. Il semble que nous soyons dans une impasse.
« … Il y a des employés qui travaillent sous mes ordres, y compris Sei et Dida, sur les lieux du trouble. » (Iris)
J'évitai le regard de Ryle tout en lui expliquant mon raisonnement.
« Cette entreprise est ma responsabilité. La personne en charge devrait être celle qui affronte le problème elle-même… Et cette personne se trouve être moi, responsable d'assurer la sécurité de ses employés pour qu'ils puissent vaquer à leurs tâches sereinement et en toute sécurité. Je vous en prie, Ryle, ne m'empêchez pas d'assumer ce rôle. » (Iris)
« Mais, Lady Iris… » (Ryle)
« D'ailleurs, dois-je vous « protéger » en m'empêchant d'accomplir mes devoirs… ? Ryle… ma confiance en cette démarche naît de ma confiance en vous. » (Iris)
« Mais… Non, très bien, je respecterai votre décision. Essayez de ne pas révéler votre présence à la partie adverse. » (Ryle)
D'un signe de tête, je quittai la pièce, Ryle me suivant et approuvant à contrecœur ma résolution.
Je me hâtai vers les cris provenant de l'avant de la boutique.
« … Cela fait un moment, M. Damme. » (Sei)
La voix de Sei ressortait du vacarme montant de la foule.
Mon regard balaya l'ensemble du magasin jusqu'à apercevoir Sei et Dida.
Un homme se faisait arrêter, privé de liberté par Dida.
« À votre demande, je me suis présenté à vous… Pourriez-vous maintenant m'expliquer pourquoi un « ancien employé » est la cause de ce pandémonium ? » (Sei)
Après que la voix de Sei eut traversé la pièce, un silence de mort s'installa ; on aurait dit que le tumulte précédent n'avait été qu'une illusion dispersée.
Même si le contenu de ses mots ne s'imposait pas, la menace était indubitablement implicite.
Un Sei en colère est une expérience terrifiante pour quiconque le contemple.
» …… «
L'homme était visiblement submergé par Sei. Discernant cette réaction, Sei poussa intentionnellement un soupir.
« Garder le silence, hein… En tant que superviseur, j'ai la responsabilité de surveiller cet établissement pour que les clients puissent examiner nos marchandises à leur aise. Dans des circonstances normales, nous vous aurions déjà remis aux autorités compétentes et l'affaire aurait été close. Mais… puisque j'ai eu la courtoisie de vous donner cette opportunité de vous expliquer, il serait dans votre intérêt de la saisir. » (Sei)
» … J-Je ne suis pas en tort ici ! » (Damme)
« Jouer les innocents à ce stade de la partie, hein… » (Sei)
Sei poussa un deuxième soupir. Bon, provoquer un tel esclandre pour ensuite clamer son innocence, c'est un peu…
« Je ne joue pas les innocents ! Ce n'est pas de ma faute ! J'ai travaillé pour cette firme et produit des résultats. Et j'ai obtenu ces résultats en travaillant jusqu'à l'épuisement. Pourtant… quand j'ai demandé ma réintégration, on m'a si facilement éconduit… » (Damme)
« … Si ma mémoire est bonne, n'êtes-vous pas celui qui a démissionné après avoir été débauché par une autre entreprise ? Dans ce cas, pourquoi ne pouvez-vous pas simplement produire les mêmes résultats là-bas ? » (Sei)
Je fus pleinement convaincue par le raisonnement de Sei. En gros, cet homme… Damme, c'était ça ? C'était lui qui avait fait défection vers la firme sous le contrôle du Prince Edward.
« Qu-… Eh bien… C'est peut-être vrai… Mais j'ai compris que je pourrais mieux utiliser mes capacités dans cette entreprise. C'est pourquoi j'ai soumis une demande de réintégration… Alors pour être mis de côté comme ça… » (Damme)
« En tout cas, vous suggérez que nous vous réintégrions… Vous, un homme qui a volontiers rejoint une autre firme, et qui a ensuite soumis nonchalamment une demande de réintégration… ? » (Sei)
« M-Mais… N'est-il pas tout à fait naturel d'accepter avec plaisir des gens de mon calibre ?! J'étais autrefois responsable de la cuisine de ce magasin ! Si vous me réembauchiez, vous verriez des résultats immédiats ! » (Damme)
« Vous avez certainement fourni d'excellentes performances tant que vous étiez dans notre firme… » (Sei)
» … Alors…. » (Damme)
« Mais si je puis me permettre d'être franc, nous avons déjà une multitude d'employés à votre niveau de compétence », déclara Sei froidement.
« Certes, vous possédez peut-être ces compétences dès le départ. Mais maintenant, même ceux qui n'en avaient aucune au départ s'efforcent de les acquérir et, sur le long terme, accomplissent bien plus que des gens comme vous, figés dans leurs habitudes par orgueil… Croyez-vous vraiment que je ne regarderais pas l'éthique de travail ? Bien sûr, la compétence est importante, mais ce n'est pas tout. Supposons qu'il y ait quelqu'un avec votre niveau de capacité : entre vous, satisfait de vos compétences et enclin à changer de camp en cas de crise, ou un travailleur acharné qui resterait loyal face à l'adversité… Je n'ai pas besoin de dire lequel je choisirais, n'est-ce pas… ? » (Sei)
Sei transperça l'homme de son regard. Cet homme, celui qu'on appelait Damme, ne put faire autre chose que trembler de peur en réponse.
…. Vraiment, l'intensité de Sei est quelque chose d'autre…