La boutique était si bondée que la file pour entrer débordait sur le trottoir et serpentait en une véritable foule.
Bien que j'aie lu les rapports, voir la scène de mes propres yeux est une expérience totalement différente.
Je savais que c'était l'affluence grâce au flux de ventes, aux stocks qui fondaient à vue d'œil, au volume considérable de commandes d'équipement et aux autres registres de la boutique. Je savais aussi que je devrais finir par traiter ces rapports.
Pourtant, en voyant la scène moi-même… j'ai été, une fois de plus, stupéfaite.
« … Je trouve la boutique bien plus animée que la dernière fois. » (Mimoza)
Mimoza me lança un regard en coin en donnant son avis.
« Apparemment… Mais ce niveau d'activité est l'idéal, je suppose. » (Iris)
La boutique est si pleine qu'il n'y a pratiquement aucun espace vacant aussi loin que porte le regard…
Même la file pour les services comptables est réjouissante de longueur.
Pour n'importe quel propriétaire d'entreprise, un tel spectacle suffit à danser de joie.
Nous sommes entrés par l'arrière de la boutique, par l'entrée réservée au personnel, qui menait directement à l'intérieur du magasin.
« Ah, Lady Iris, Monsieur Sei, bienvenue. » (Le Gérant)
Le Gérant nous a repérés et s'est empressé de venir s'incliner.
« Relevez la tête. Nous ne sommes là que pour livrer quelque chose. » (Ryle)
Ryle arbrait un sourire en coin en tendant une boîte au Gérant.
« …. Une livraison ? » (Le Gérant)
Le Gérant semblait ne pas en croire ses yeux et répéta le mot.
Il voulait visiblement connaître le sens de cette démarche, mais il n'insista pas. Cependant, le Gérant ne voulait probablement pas paraître impoli.
Face à cela, j'affichai moi aussi un sourire en coin.
« Oui. Les affaires prospèrent abondamment ces temps-ci, et je me dis que tous les employés doivent être épuisés après une énième dure journée de travail ; j'ai donc décidé d'apporter des jus pour que tout le monde puisse en profiter. » (Iris)
« Oh, merci beaucoup. » (Le Gérant)
Le Gérant réceptionna la boîte des mains de Ryle.
« Y a-t-il assez de jus pour tous les employés ? Ou est-ce insuffisant ? » (Iris)
« Non, c'est suffisant. Les choses ont été relativement calmes par rapport à la semaine dernière… » (Le Gérant)
Soudain, au moment précis où ces mots quittèrent ses lèvres.
Crac ! Un bruit sec de rupture retentit, suivi d'un cri.
Sans hésiter, Ryle et Dida se ruèrent pour me protéger de leurs corps.
Mon corps se retrouva coincé entre un mur et Ryle.
Le Gérant quitta immédiatement les lieux pour se rendre à l'avant de la boutique.
« Dida », l'appelai-je, « nous allons bien, alors va rejoindre le Gérant et évalue la situation. » (Iris)
Dida fronça les sourcils en entendant mes mots.
« Princesse, mon devoir est votre sécurité, vous le savez bien ? » (Dida)
Il dit cela d'un ton grave.
« Mais vous devez aussi cerner le danger, non ? » (Iris)
Dida soupira. Je ne savais pas si c'était parce qu'il cédait à ma suggestion, ou s'il était réellement d'accord pour dire qu'évaluer la situation en premier est une nécessité.
« …. Argh. Je comprends. Ryle, je te confie la Princesse. » (Dida)
« Bien sûr. » (Ryle)
Et Dida s'élança vers l'avant de la boutique à son tour.
Le suivant à bouger fut Ryle. Il connaissait déjà parfaitement la structure du bâtiment grâce à ses innombrables inspections passées.
« Par ici. » (Ryle)
Il nous guida jusqu'au bureau, qui servait aussi de salle de réception.
De nombreux bureaux y étaient alignés en espace de travail. Et au fond de la pièce se trouvait un comptoir d'accueil avec des chaises, séparé par un paravent.
Je m'assis sur l'une de ces chaises.
À cet instant, un homme qui semblait être un employé entra et frappa du côté de la porte.
« …… E, excusez-moi. Monsieur Sei est-il là ? » (Employé)
Ryle, dont le nom avait été appelé, se leva de sa place et s'avança vers lui.
« Oui. Y a-t-il un problème ? » (Ryle)
« Monsieur Dida a appréhendé le responsable du tumulte et m'a dit qu'il voulait rencontrer Monsieur Sei en urgence… »
Ha~ Je poussai un soupir de soulagement en entendant ces mots. Si c'est Dida, il n'aura aucun mal à maîtriser le coupable.
….. Même cela dit, pour quelle raison Dida a-t-il appelé Ryle ?
« Moi, c'est ça… ? Êtes-vous sûr que c'est bien pour lui qu'il a demandé ? » (Ryle)
Ryle demanda confirmation. Il semblait avoir la même question en tête que moi.
« O, oui… Monsieur Dida a dit qu'il valait mieux en parler dans la boutique plutôt qu'à huis clos ; le coupable ne cesse de crier : « Faites sortir le patron de cet endroit ! » » (Employé)
« Compris. Dans ce cas, nous y allons. » (Iris)