Des pas résonnaient dans tout le bâtiment.
« Quelle magnifique prison. » (Rudy)
Rudy fit un commentaire sarcastique et rit.
« Eh bien, puisque le Pape est emprisonné ici, ce ne peut pas être la même chose que l'endroit où seraient détenus de simples citoyens. » (Alfred)
« Altesse… C'est ce mode de pensée qui a créé ce genre de situation en premier lieu. » (Rudy)
J'indiquai aux gardes à l'entrée de me laisser passer. Le Pape, sous prétexte d'être en résidence surveillée, vit dans cette prison spéciale.
« Qui – qui êtes -!! Ah ! Vous êtes… » (Pape)
Le visage du Pape se tordit de choc tandis qu'il me fixait. C'était si amusant que je ne pus m'empêcher de sentir les commissures de mes lèvres se relever.
« Cela fait trop longtemps, Pape Wilmotz Lutasha… Ah, je devrais corriger cela : »
ancien
Pape Wilmotz Lutasha. »
Je dois admettre que j'ai esquissé un sourire en disant cela. Cependant, puisque je suis heureux d'avoir enfin extirpé l'un des parasites qui s'accrochaient à ce pays, cela devrait être permis.
« … Toi — tu es le premier prince, Alfred ! Pourquoi es-tu ici ?! » (Pape)
« Pourquoi, demandes-tu ? Étrange… Je pensais que toutes ces machinations et ces sottes intrigues avaient pour but d'attirer mon attention. J'en ai été plutôt flatté, alors j'ai voulu répondre à ton appel. » (Alfred)
Wilmotz avala sa salive en essayant de contenir sa panique.
« Lady Ellia et le Marquis Maeria ont tous deux coopéré avec toi et l'affaire devenait vraiment incontrôlable, je ne pouvais donc plus rester dans l'ombre. Leurs forces et les miennes sont deux puissances rivales dans ce royaume. Bien qu'ils aient un léger avantage, ce n'est rien qui ne puisse être géré facilement. Cependant, dès que tu as rejoint leur alliance, je n'ai pas pu continuer à rester les bras croisés et j'ai attendu avec impatience leur prochain coup, qui, il s'avère, visait à diminuer le pouvoir de la maison Armélia. Grâce à leurs plans idiots qui tentaient de faire la guerre à l'une des personnes les plus influentes de ce royaume, je n'ai pas eu à monter sur le devant de la scène moi-même ; la fille de la maison Armélia a déjoué leur plan avec aisance. Ce fut un résultat qui a vraiment surpassé mes attentes. » (Alfred)
« P… pitié… Altesse… Je n'ai été qu'utilisé par Lady Ellia… Dire que j'étais un complice est faux… Pitié… Ayez pitié… » (Pape)
J'ai éclaté de rire en entendant la voix pitoyable de Wilmotz. Je trouvais comique que le Pape implore la clémence d'un simple mortel. Quel vieil homme pathétique.
« Je suis “un adversaire facile”… N'est-ce pas ce que tu as dit de moi ? » (Alfred)
« Je — !! Je n'ai jamais dit rien de tel ! C'est entièrement Lady Ellia… » (Pape)
« Faux. » (Alfred)
Ma voix était froide. Il semblait en être fortement impressionné.
« Hein ? » (Pape)
« Ce marchand… Oh, comment s'appelait-il déjà ? Ah oui. Divian. » (Alfred)
Le sang quitta le visage de Wilmotz, le rendant d'une pâleur mortelle… Je suis vraiment surpris que cette chose ait pu se maintenir si longtemps à un poste de si haute responsabilité. Je comprends que l'Église fonctionne différemment dans ses luttes de pouvoir que nous au Château Royal, mais même ainsi… Une créature si faible…
« … Pourquoi… ? » (Pape)
« Donc tu as été utilisé par Lady Ellia et le Marquis Maeria… C'est certainement plausible, mais si c'était le cas, tu t serais retiré après avoir utilisé ton pouvoir pour accomplir les actions nécessaires. Au lieu de cela, tu as maintenu ton rôle, je dois donc conclure que tu avais un autre mobile. » (Alfred)
« … » (Pape)
La bouche de Wilmotz s'ouvrait et se fermait répétitivement comme un poisson hors de l'eau… Sa réplique ne semble pas venir.
« Dès le début, ton but n'a jamais été de salir Iris… Eh bien, cela n'aurait pas exigé de telles mesures extrêmes si c'était ton unique but, donc le but de tout cela doit être plus grand qu'elle seule. Ton but était d'arrêter temporairement le Premier ministre, Louis, et de faire en sorte que toute l'attention politique se porte sur lui. Cela permettrait alors à Divian et à sa faction de se mouvoir plus aisément. En ralentissant les approvisionnements de la maison Armélia et leur influence, Divian aiderait à étendre ton influence vers d'autres pays, et tu espérais gagner plus de pouvoir par ces canaux. Oh, tu n'as pas besoin de répondre, d'ailleurs ; tes mots n'ont aucune influence. » (Alfred)
« Si tu as déjà tout compris… pourquoi… ? » (Pape)
« Pourquoi ? Veux-tu demander pourquoi je suis ici ? Eh bien, c'était simplement pour profiter de la situation et te remercier de t'être auto-détruit. Grâce à tes actions, j'ai pu débarrasser le pays de beaucoup de nos sangsues résidentes. » (Alfred)
Le visage du Pape se déforma en une autre expression intéressante.
« Eh bien. J'ai d'autres affaires à traiter. J'espère que tu trouveras cette pièce relaxante et confortable. » (Alfred)
Je me retournai et quittai la pièce avec Rudy. Wilmotz rampa derrière moi en hurlant quelque chose d'inintelligible, ce qui était assez agaçant. Je crois que j'ai quitté la pièce avec un timing parfait.
« Vous avez travaillé très dur, Altesse. » (Rudy)
Rudy me fit un large sourire.
« C'était simplement l'occasion parfaite pour nettoyer la corruption qui était protégée par la foi. Je ne pouvais pas gâcher une telle opportunité. » (Alfred)
« Non. Je voulais dire aider Iris. » (Rudy)
… Mince. Il adorait vraiment soulever ce point.
« Eh bien, je l'ai bien laissée subir le plus gros des épreuves, donc j'ai l'obligation de l'aider en retour. » (Alfred)
« Non, tu n'avais aucune vraie raison de le faire. En fait, c'aurait été l'occasion parfaite pour toi de réduire le pouvoir de la maison Armélia, mais, au final, tu l'as quand même aidée ; en fait, tu l'as aidée à gagner encore plus d'influence. » (Rudy)
« … As-tu un problème avec mes méthodes ? » (Alfred)
« Non, non ! Haha… Je crois que maintenant tu peux considérer la maison Armélia et toutes les autres factions neutres qui lui sont associées comme étant de ton côté. » (Rudy)
En effet. J'ai appris par les rapports que beaucoup des factions auparavant neutres essayaient d'entrer en contact avec moi.
« Évidemment, ma raison de dire cela était de te remercier d'avoir prêté main-forte à mon cousin. J'apprécie vraiment ce que tu as fait, Altesse. » (Rudy)
« … Je ne l'ai pas fait pour toi. » (Alfred)