Ce jour-là était le jour où Amiel, qui étudiait dans le pays voisin d'Helgner, devait revenir.
La tentative d'échange d'étudiants royaux entre les deux pays était considérée comme suffisamment importante pour avoir une signification équivalente à un mariage entre familles royales.
Il existe une cérémonie d'échange des membres des familles royales à la frontière commune. Orël, le frère cadet du roi, accompagnait la famille royale d'Helgner en attendant sa nièce.
Cependant, quel que soit le temps qu'ils attendaient, la voiture transportant Amiel n'arrivait pas.
« Que se passe-t-il ? »
Face à l'atmosphère inquiétante qui s'installait soudainement, les personnes autour pâlirent également.
La voiture transportant Amiel servait aussi d'accueil pour le pays d'Helgner. Le membre de la famille royale, Klaha, pâlit visiblement.
Si Amiel ne revenait pas ainsi, Klaha serait retenu en otage par le royaume de Tenbar.
Orël, regardant Klaha qui avait le même âge que sa nièce Amiel, dit avec un air navré :
« … Seigneur Klaha »
« H-hai ! »
« Je suis désolé, mais à ce rythme, nous n'avancerons pas. Retournons une fois à la capitale royale. »
« Ha… hai… »
« Je m'inquiète pour le sort de ma nièce, mais aussi pour celui de votre escorte. Contactons d'abord l'autre côté par la magie. Vous êtes un hôte officiel, alors tenez-vous avec assurance. »
En lui tapotant l'épaule pour le calmer, Klaha fit une figure surprise.
« Vous ne me… retenez pas ? »
« Mon pays n'est pas si terrible que ça. »
Orël sourit amèrement. Mais en Helgner, il serait sans doute retenu.
On savait que ces derniers temps, des mouvements suspects se produisaient en Helgner.
L'actuel frère cadet du roi, Klaha, était le dernier né d'une mère différente.
D'après les informations rassemblées, il n'était pas bien traité dans son pays natal, et Orël superposait son image à celle de sa nièce pitoyable.
Le roi d'Helgner était aussi une personnalité dont les rumeurs sombres ne tarissaient pas.
Orël s'inquiétait pour Klaha, ne supportant pas l'idée de le renvoyer dans un tel endroit.
« Ça va. Fais-moi confiance. »
« … Oui. »
Klaha tombait dans des sentiments complexes au fond de lui.
Les histoires qu'il avait entendues sur le royaume de Tenbar dans son pays et la réalité concrète étaient complètement différentes.
Cet échange était un moyen pour son frère de se débarrasser de lui. Il s'y était résolu, mais au moment venu, il ne put s'empêcher d'être déconcerté car le traitement différait de ce qu'il avait imaginé.
(La malédiction des esprits aussi… c'était pour protéger le peuple…)
Helgner est un pays où la foi en les esprits est très forte.
La famille royale de Tenbar était célèbre pour avoir encouru la colère des esprits et être maudite.
Estimant qu'un tel pays ne devrait pas exister, Helgner était très belliqueux, et des escarmouches éclataient souvent à leurs frontières respectives.
Mais cette situation était extrêmement défavorable pour son propre pays. Se demandant si son frère commettrait une telle bévue, Klaha tourna les yeux vers la direction de son pays, cherchant à comprendre ce qui se passait.
Au-delà des montagnes visibles au loin se trouve le pays. Dans cette direction, des nuages noirs s'amoncelaient. Seul un mauvais pressentiment assaillait Klaha.
Tournant le dos à ce paysage, Klaha revint vers la capitale royale avec Orël et les autres.
***
Lavisel, ayant reçu la nouvelle par estafette, ordonna en hâte à un chevalier de contacter Helgner et de vérifier la localisation d'Agiel.
« Ce n'est pas Amiel-sama, mais Agiel-sama ? C'est dans la direction opposée, cependant… »
« J'ai un mauvais pressentiment. Envoie un détachement. Dépêche-toi. »
« Ha, hai !! »
Lavisel, qui fixait le dos du chevalier s'en allant après s'être incliné, poussa un lourd soupir.
« … Amiel, tu as donc dévié du droit chemin. »
Il pensait à Amiel, qui avait grandi en ressemblant trait pour trait à sa mère.
Non seulement l'apparence, mais le sang aussi semblait avoir été transmis de manière prononcée.
À l'origine, il avait reçu des rapports de sa fille Ciel disant qu'il y avait des signes inquiétants.
Elle haïssait la maison Vanclift qui avait condamné sa mère et l'avait exilée aux confins, et harcelait sans relâche la fille de cette maison.
Amiel, dont les agissements de sa mère étaient devenus des rumeurs et qui était exposée aux regards d'autour, semblait mal à l'aise même dans ce château.
Pensant que cela pourrait être l'occasion d'élargir les horizons d'Amiel, il avait évoqué l'idée d'un échange, et c'est Amiel elle-même qui avait dit vouloir y aller, faisant avancer la chose.
Il avait cru l'avoir élevée en la séparant d'Agiel et en lui donnant la même éducation qu'à ses fils, mais cela n'avait peut-être pas résolu le problème à la racine.
Il n'avait prié que pour que le pire n'arrive pas, mais la réalité fut cruelle.
Quelques jours plus tard, un chevalier fit rapport que le corps décapité du père, l'ancien roi, avait été découvert dans une demeure aux confins.
Et la silhouette d'Agiel avait disparu, tout comme celle d'Amiel.