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Ce qu'il se passe quand le 2nd ML fait grève

Chapitre 96

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Chapitre 96

Chapitre 96

Chapitre 96/19150%~15 min de lecture2 833 mots

« En gros, ils se vantent d'être les protagonistes. Je ne suis qu'un second rôle qu'on informe après qu'ils ont pris leurs décisions tout seuls. »

Ma colère ne s'était pas apaisée le lendemain. Je n'avais même pas réussi à m'endormir avant tard dans la nuit.

« Ça va, Votre Altesse ? »

« Hein ? Oui. Ça va. »

Je relevai la tête en entendant la voix de la vice-capitaine Élisabeth.

Elle était assise en face de moi, un air inquiet sur le visage.

Pour être précis, elle semblait choquée parce que mon carnet avait noirci sous l'encre de ma plume.

Je ris pour dédramatiser et tourne la page.

L'espace pique-nique aménagé dans un coin du terrain d'entraînement extérieur du palais impérial était occupé par moi et quelques invités.

Le terrain était bruyant malgré la fin du cours de sir Geens.

— Rouuuuuuu !

« Demy, attends ! Tu tords la patte de ta grande sœur là ? Aaah ! »

— Scraaaatch !

C'est parce que nos protagonistes, Christelle et le prince impérial Cédric, font office de « baby-sitters » pour les pandas roux depuis deux heures.

Des lianes grosses comme des poteaux téléphoniques jaillissent du sol et s'enroulent autour eux deux.

Christelle est faible face à l'attribut terre parce qu'elle a l'attribut eau, et le prince impérial est sans défense face aux attaques d'affection de Rhea et Perry.

« Vous deux, il faut que vous réfléchissiez à vos actes. »

« Vous êtes très en colère, Votre Altesse ? »

« Je ne suis pas en colère. C'est juste… »

Je n'ai pas pu finir ma phrase face à la question de la jeune comtesse.

Si elle demandait si j'étais mis dans une position délicate à cause d'eux, ce n'était pas le cas.

La rusée et sage Christelle n'avait pas prononcé mon nom une seule fois lors de la Réunion de Prière Annuelle d'hier.

« Son Altesse Royale et moi ne ferons pas équipe avec l'un des évêques présents, mais avec cette personne estimée. »

C'est ça. Elle n'avait dit que « personne estimée ». Elle n'avait jamais précisé que c'était moi.

Elle avait simplement proclamé qu'ils avaient décidé d'un partenaire prêtre et qu'ils ne laisseraient plus personne s'immiscer dans leur décision.

Grâce à ça, les évêques étaient dans le chaos mais ne pouvaient plus argumenter à mon sujet.

Je trouvais ça un peu fort s'ils se contentaient de fermer les yeux et de faire semblant de ne pas savoir que c'était moi.

Cependant, ce que j'ai entendu de la Cardinale ce matin était différent.

« Le contrecoup de Christelle a été plutôt efficace. Même les évêques qui ont assisté au dîner n'ont pas réussi à le deviner. »

« … Ils n'ont pas réussi à le deviner ? »

« Oui, Christelle ne leur a pas dit le nom de leur partenaire ni son titre. Il y a des rumeurs que ce doit être vous, mais beaucoup pensent que ce pourrait être un prêtre sans nom. »

Ma mâchoire s'est décrochée toute seule. Je ne savais pas que les avis seraient aussi partagés.

J'imaginais qu'ils se taisaient tous tout en sachant que c'était moi.

« Les Chevaliers Saints sont naturellement enclins à protéger leur prêtre, donc ils soupçonnent qu'elle use d'anonymat pour protéger un partenaire de rang inférieur. C'était divertissant. »

« Protéger, oui. Tous les deux l'ont formulé comme ça pour me protéger. »

Leur intention était de faire en sorte que les autres ne parlent pas de moi, puis de régler les choses légalement après.

Ce qui me mettait en colère contre moi-même, c'était de comprendre leur logique malgré ma colère.

Ça aurait été une chose si je ne les comprenais pas du tout, mais c'était dur de les gronder quand je comprenais étrangement leur raisonnement.

Je fixais la carte que David m'avait tendue.

Une partie du vaste territoire de l'Empire était surlignée en rouge.

« Son Altesse Royale m'a dit d'envisager la naturalisation. Il m'a dit de choisir l'un de ces endroits. »

« Pffft, mon Dieu. »

La vice-capitaine Élisabeth, qui buvait du jus de kiwi, se couvrit la bouche avec une serviette en entendant mon commentaire.

Son visage montrait à la fois l'étonnement et la conviction après avoir regardé la carte.

« Je savais que ce serait comme ça. »

« Certainement… C'est le meilleur moyen de vous protéger, Votre Altesse. »

« C'est vrai. »

« Si vous abandonnez votre identité de personne du Royaume Saint de Venetiaan pour devenir un noble de Riester, non seulement Son Altesse Royale et son Éminence vous protégeraient, mais Sa Majesté vous protégerait activement aussi. »

Commenta la vice-capitaine Élisabeth. J'acquiesçai.

Ce n'était pas une mauvaise décision si je ne considérais que ma survie.

Non, il n'y avait peut-être pas de meilleure décision dans ce cas.

Je pourrais rester entier et vivre paisiblement même pendant la guerre si je choisissais un territoire rural loin de la frontière.

Cependant, il y avait beaucoup de choses à considérer.

Je bus une gorgée de tisane de camomille fraîche et revins au début du carnet.

? Éviter vs S'impliquer

– Avantages de s'impliquer : Facile de rassembler des informations.

– Avantages d'éviter : Peut survivre jusqu'à la guerre.

Ce sont les notes que j'ai prises quand nous sommes allés au Palais d'Été. La deuxième ligne était la importante.

J'avais pensé que la guerre commencerait comme prévu si j'évitais les deux protagonistes et n'interférais pas beaucoup avec l'intrigue originale.

Cependant, j'avais toutes sortes de pensées maintenant que la situation était comme ça.

Est-ce que la guerre allait commencer à cause de moi ?

Il était trop tard pour me retirer maintenant, mais et si la guerre commençait à cause de ma naturalisation ?

« … C'est eva. » (NT : Argot coréen pour « too much », trop.)

« Hein ? Vous parlez de la jeune lady Eva ? »

« Non, c'est rien. »

Je fis signe de la main et souri.

La vice-capitaine Élisabeth me sourit en retour avant de se tourner pour regarder la lutte de Christelle et du prince impérial.

J'entendais le cri excité de Demy par-dessus le son de deux personnes qui semblaient proches de la mort.

— Scuiiiiiii !

« Grande sœur est tellement fatiguée, Demy… On peut faire une pause de cinq minutes ? »

— Guin, kiiiiii !

« Ah bon, voilà l'arroseur ! »

— Chaaaaaaaaa !

« La guerre arrive à cause de moi ? »

C'était extrêmement égocentrique et en contradiction avec ce que j'avais entendu d'Eunseo.

D'après ce que je savais, le prince impérial et le prince Jesse étaient les rivaux typiques.

« C'est bien si les beaux mecs s'entendent, mais c'est tout aussi bien de les voir se battre. C'est pour ça que je n'ai pas de plainte. »

La voix de ma petite sœur résonna dans ma tête.

Je ne savais pas ce qu'elle voulait dire par « tout aussi bien de les voir se battre », mais c'était probablement similaire à comme je me sentais fier en regardant Christelle et le prince impérial.

Dans tous les cas, les deux hommes de QNW étaient maintenant assez proches pour proposer ou envisager la naturalisation.

C'est pourquoi il était extrêmement improbable que la guerre ait commencé à l'origine pour cette raison.

« Il doit y avoir eu des raisons politiques. »

? Naturalisation

– Est-ce la cause de la guerre ? : n'a pas l'air d'être le cas, en tout cas pas dans l'original

– Alors est-ce que devenir naturalisé va bien ?

« Cela… »

Je tapotai le papier avec ma plume.

Je ne pouvais même pas mentir en disant que la famille du prince Jesse était harmonieuse.

C'était une famille où le consort prince fou était même prêt à envoyer des assassins dans un autre pays pour tuer son fils adoptif.

La princesse héritière Elise semblait être une personne décente puisqu'elle avait engagé un garde pour son petit frère et envoyé une lettre en secret.

Cependant, tout le Royaume Saint était un territoire dangereux pour moi tant que le consort prince était dans les parages.

J'étais déjà en sécurité en résidant au palais impérial en ce moment, mais j'aurais un sentiment de sécurité complètement différent si je devenais naturalisé.

Le prince serait en paix ici même quand je rentrerai chez moi dans le futur.

« Mm. »

« Mais changer de nationalité semble être un trop grand changement. »

Je m'inquiétais que le prince ne puisse plus jamais revoir sa grande sœur.

« Et sa petite sœur aussi… Je me demande s'ils avaient une bonne relation. »

C'était difficile. Il y avait eu beaucoup de difficultés depuis ma transmigration ici, grandes et petites, mais celle-ci était vraiment difficile.

« Demy, Rhea, Perry. »

J'appelai les enfants.

Les pandas roux, qui jouaient avec les deux protagonistes comme s'ils étaient des poupées, trottinèrent vers moi sans relâcher les lianes.

Ils traînèrent Christelle, maintenant pâle, et le prince impérial, aux cheveux en bataille, avec eux.

« C'était amusant de jouer comme ça pour la première fois depuis longtemps ? Vous êtes contents ? »

— Cruuuuuuuu !

J'utilisai une lingette humide pour leur essuyer les pattes.

Les bêtes divines étaient très intelligentes et savaient que mon corps ne pouvait pas supporter leur force.

C'est pourquoi elles ne faisaient pousser que des fleurs ou utilisaient de fines lianes avec moi.

Cela devait faire un bon moment qu'elles n'avaient pas pu libérer ouvertement leurs pouvoirs et jouer comme ça.

Je regardai Christelle qui haletait. Elle tressaillit.

« Je suis désolée, Votre Altesse. Pardonnez-moi. »

« Regarde comme cette réaction est automatique. »

« Savez-vous ce que vous avez fait de mal ? »

« J'étais si heureuse quand vous avez dit que vous nous aimiez et nous considériez assez qualifiés pour être vos partenaires que nous l'avons signalé comme si nous avions déjà un partenaire, sans même en discuter avec vous d'abord. De plus, quelque chose comme ça s'est déjà produit dans le passé. C'était quand nous avons causé l'incendie à l'auberge Le Siffre. Vous avez été blessé quand vous l'avez découvert plus tard parce que Son Altesse Royale et moi avions planifié sans vous inclure. Je suis désolée de vous avoir fait sentir que vos pensées n'étaient pas respectées, encore. »

« Wow… »

Je restai stupéfait par les excuses claires.

Même moi je ne savais pas pourquoi j'étais si en colère, Christelle le pointant comme ça rendit mon esprit clair comme de l'eau pure.

Notre conversation coulait sans aucune difficulté dans ce genre de situations.

Je m'essuyai le visage et retins un ricanement.

« Quelqu'un qui se connaît si bien a agi comme ça ? »

J'étais un peu agacé aussi.

« Je ne le referai plus. Je le pense vraiment. »

Christelle ajouta en urgence. Elle donna alors un léger coup de pied dans la liane de Rhea enroulée autour du prince impérial.

Elle lui disait de s'excuser vite. Le bâtard de prince impérial fronça les sourcils.

« … Il me manque de l'éther. »

« Ah ! »

Christelle leva les yeux au ciel, furieuse. Je mords ma lèvre.

C'était tellement drôle que je crus éclater de rire.

C'est pourquoi je baissai rapidement le corps et enlaçai chacun des pandas roux.

Je n'oubliai pas non plus de remercier Percy pour la branche aléatoire qu'il apporta.

« Je suis sûr qu'il manque d'éther. Ils ont dû gérer les trois bêtes divines énergiques pendant deux heures. »

« Il n'y aura pas d'éther aujourd'hui. Le partenariat est temporaire aussi. »

« Hein ? Mais… »

« Je n'ai jamais confirmé que je serais votre partenaire. Je suis sûr que vous suivrez ma décision si vous me respectez. »

Christelle ferma la bouche en entendant ma voix ferme.

Les yeux orange du prince impérial se plissèrent de mécontentement.

« Je réfléchirai aussi plus à la question de la naturalisation et vous le ferai savoir, Votre Altesse Royale. Ce n'est pas quelque chose que je peux décider tout de suite. »

« Pourquo— »

— Thud !

Christelle donna un autre coup de pied dans la liane autour du prince impérial alors qu'il essayait de répliquer.

Je me mordis la langue pour ne pas faire de bruit.

Je vis la vice-capitaine Élisabeth, affalée sur la table, en train de pleurer de rire.

« Demy, va rejouer avec tes amis. Vous deux, amusez-vous bien. »

« Je suis dans Pororo ou quoi… »

Christelle marmonna dans le vide.

Les pandas roux coururent vers le centre du terrain d'entraînement dès que je dis ça.

Les deux protagonistes furent entraînés et disparurent devant moi au gré des lianes.

« … Il leur faut probablement un notaire pour se marier ici aussi. »

« Est-ce que je devrais faire imprimer un certificat de mariage et cacher le texte pour piéger tous les deux pour qu'ils le signent et se retrouvent mariés ? »

Je ricannai doucement en pensant à une vengeance qui n'arriverait jamais.

« Hem, hem. Merci beaucoup pour le cadeau de pendaison de crémaillère, Votre Altesse. »

La vice-capitaine Élisabeth, qui venait à peine de contenir son rire, changea de sujet.

« Je suis content que ça t'ait plu. »

« L'uniforme que je porte en ce moment est celui que vous m'avez acheté, Votre Altesse. Je l'ai reçu hier et je le montre aujourd'hui. »

Elle tendit les bras en disant qu'elle l'avait testé dans sa cuisine et qu'il ne prenait vraiment pas feu.

Il y avait déjà neuf jours depuis que j'avais commandé cet équipement spécial résistant au feu pour elle au Centre Commercial.

Je devins excité en la voyant si heureuse que je lui en ai donné deux pour qu'elle puisse les alterner.

La jeune comtesse continua.

« Mon père a été choqué de voir comment l'arroseur à pierre magique bougeait. Il n'est pas au courant des nouvelles inventions comme ça parce qu'il prend de l'âge. J'ai failli m'évanouir en voyant que c'était Monsieur François qui l'avait fait. »

« Qui ? »

« Vous ne le saviez pas non plus, Votre Altesse ? »

Les yeux gris de la vice-capitaine Élisabeth clignotèrent quelques fois avant qu'elle ne sourie.

« Je parle du marquis Duhem. Il s'intéresse beaucoup à la recherche sur les portails et aux inventions parce que sa spécialité est la téléportation. J'ai entendu dire qu'il créait récemment ces objets du quotidien aussi. Il ne rate certainement aucun moyen de gagner de l'argent, c'est sûr. »

Elle continua d'expliquer.

L'arroseur à pierre magique que le marquis avait inventé était comme un petit portail aussi.

Mettre une partie dans le réservoir d'eau et installer l'autre partie dans la serre ferait déplacer l'eau du réservoir vers la serre à chaque activation de la formation magique.

Ils me l'avaient brièvement expliqué au Centre Commercial mais je n'avais jamais imaginé que ce soit une création du marquis.

« C'est un génie ? »

« Le marquis vraiment… Est actif dans beaucoup de domaines. »

« Ne me lancez même pas, Votre Altesse. Il apparaît soudainement à l'est puis à l'ouest. Je l'ai rencontré à la Capitale Impériale il y a quelques jours et il est apparemment en train de créer une sorte de tableau en cristal. »

« Un tableau en cristal ? »

« Oui, monsieur. Apparemment c'est un set avec une orbe créée en taillant une pierre magique… En tout cas, il dit qu'il va faire apparaître les visages des gens sur un grand tableau en cristal. Je n'ai aucune idée où une telle chose pourrait être utilisée, par contre. »

Mes yeux s'écarquillèrent. J'avalai ma salive.

« Cela doit être ce dont Eunseo a parlé… Le kiss time. Non, le kiss cam. C'est ça ? »

*

Un invité non invité fit irruption dans ma chambre cette nuit-là.

Je cachai en urgence le carnet avec mes « détails de l'opération » dans mon pyjama.

« Tu vas bouder jusqu'à quand ? »

« … »

Je fusillai du regard l'enfant qui entra par le balcon sans la moindre hésitation.

« Tu crois que je vais céder parce que tu viens me voir comme ça ? »

« Il me manque de l'éther. »

Le gamin, Sadie, me regarda droit dans les yeux en disant ça. C'était la même chose que ce qu'il avait dit plus tôt dans la journée.

Son front entier était couvert de sueur. Ses joues et son cou étaient si pâles qu'ils n'avaient plus aucune couleur.

Comme je ne répondais pas, le gamin baissa la tête comme s'il était en colère.

Son petit corps chancela.

« Toi. »

Je m'assis vite et l'attrapai.

« Aïe ! Sérieux ? Ce… »

« Putain de renard de feu. »

Je grommelai. Il faisait le renard, mais il utilisait le feu, donc c'était un renard de feu.

J'attrapai le bras de l'enfant et commençai lentement à libérer de l'éther.

Je soupirai parce que je n'avais pas d'autre choix vu que la respiration du gamin était instable.

On aurait dit qu'il ricanait.

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