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Ce qu'il se passe quand le 2nd ML fait grève

Chapitre 6

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Chapitre 6

Chapitre 6

Chapitre 6/1614%~13 min de lecture2 544 mots

Je me redressai. Je distinguais deux enfants, immobiles dans l'obscurité.

« Hé les gars, qu'est-ce qui… »

« Mmph. »

J'eus soudain l'impression d'étouffer. Je saisis ma gorge à toute vitesse.

Il n'y avait rien. Et pourtant, malgré l'absence de tout obstacle…

« Urgh… »

Je ne pouvais pas respirer. Ni ma voix, ni même mon souffle ne sortaient correctement.

Je m'effondrai lentement, les yeux fixés sur les enfants dressés devant moi.

Les visages des jumeaux Bellang, éclairés par la lune, me parurent radicalement étrangers.

Ces visages qui m'avaient toujours souri étaient glacés comme des statues de glace.

« Qu'est-ce qui se passe ? »

« Synkie, prépare le sacrement. »

« Concentre-toi sur ce que tu fais, Pierre. (NT : Se traduit par Pierre, mais le Pierre français est Pierre, faut suivre la méthode de l'autrice même quand elle ne donne pas l'orthographe anglaise -.-) Il résiste. »

« Urgh, toux… »

« "Synkie" et "Pierre" ? »

Ce n'étaient pas les prénoms de ces enfants. En tout cas, pas ceux que je connaissais.

Je fis de mon mieux pour rester conscient, même mentre mon visage virait au violet par asphyxie.

« Ne compte pas sur ton mana. Essaie de puiser davantage de Puissance Divine. »

« D'accord. »

« Aah ! »

"Synkie" conseillait "Pierre". Ce qui resserra encore l'étau autour de ma gorge.

Ces enfants essayaient de me tuer. J'en étais au moins certain.

Je ne savais pas comment ils s'y prenaient, mais les jumeaux tentaient de commettre un meurtre sans poser la main sur moi.

« Urgh, ahh, mmph ! »

« Il est plus fort que prévu. »

« Votre Altesse, veuillez simplement accepter votre sort. C'est la volonté du Dieu Tout-Puissant et la décision de Sa Majesté. »

Ces gamins qui n'ont même pas atteint la puberté proféraient des horreurs pareilles.

Je sentis une veine battre sur mon front. Je serrai les dents et secouai la tête.

« Pas question que j'accepte. »

« Urgh, mm… »

« C'est presque fini. »

La tête me tournait. Tout devenait flou, faute d'oxygène.

Je ne pouvais m'empêcher de ressentir que ce monde était « réel ».

Il n'y avait aucune chance qu'une ombre de mort aussi lente soit factice.

« J'ai peur. »

Les visages d'Eunse, de mon frère et de ma mère défilèrent devant mes yeux.

« Urgh… »

« Bien, bien. »

Renault Bellang, non, Pierre, débitait des monstruosités avec un air angélique.

Je le fusillai du regard et m'efforçai désespérément de me rappeler ce que je venais de lire dans le .

Mon esprit était embrumé, je ne me souvenais pas bien. Je n'avais aucune confiance en mes chances de réussite.

Pourtant… il fallait essayer.

« Je vais commencer le sacrement. »

« D'accord. »

C'était cent, non, mille fois mieux de s'agripper à la paille et de tenter quelque chose plutôt que de mourir sans rien faire.

J'essayai de faire tout ce qui était en mon pouvoir pour reprendre mes esprits. Je devais me concentrer.

Un petit cercle doré apparut sous les pieds de Synkie au moment où je commençai à prier.

« Je prie le grand Dieu Tout-Puissant du continent. Je ne sais pas si tu accepteras ma prière, mais s'il te plaît. S'il te plaît, sauve-moi. »

« Attends, Pierre. Est-ce que tu viens de… »

« Je peux le faire. Dépêche-toi. »

« Espèce d'idiot, pas ça ! »

« Aide-moi. »

– Craaaaaaaaaaaaaaaack !

– Clang !

[Dégagez, vous tous !]

« Aaah ! »

Un cercle doré explosa depuis mon corps.

Les corps des deux garçons furent projetés comme des balles par mon « Oracle Divin ». Je pus enfin respirer à nouveau.

Les murs étaient fissurés, et toutes les fenêtres de ma chambre avaient volé en éclats.

Le lustre tremblait violemment, de même que le sol.

Les livres que j'avais éparpillés dans la pièce battaient des pages comme des roseaux au vent.

Le cercle doré sous mes pieds était la seule chose qui brillât encore dans l'obscurité.

[Toux, toux, n'approchez pas !]

Ma voix chevrotante résonna à travers l'Oracle Divin.

Les pieds des deux garçons semblaient collés au sol tandis qu'ils se relevaient, comme si quelqu'un les y avait scotchés à la super-glue.

« C, comment peut-il avoir autant de… »

« Huff, huff… Huuuuuuuuu… »

J'inspirai et expirai en urgence, encore et encore. Ma toux ne s'arrêtait pas.

Mes yeux brûlaient des larmes accumulées pendant l'étouffement.

« Incroyable… Impossible que tu aies autant de Puissance Divine ! »

« Tu as vraiment volé un objet divin ou quoi ?! [Ne fermerez-vous pas vos gueules ?] »

Ces deux bâtards hurlaient bien trop.

Je l'ai dit parce que j'étais agacé, mais l'Oracle Divin s'appliqua une fois de plus et la bouche des garçons se referma hermétiquement.

Je repris mon souffle et regardai sous le lit.

C'était exactement comme je l'avais lu dans le livre. Ce cercle parfait, rayonnant d'or…

C'était le « Domaine Sacré », la forme la plus simple d'un cercle d'éther qui protège le prêtre de toutes les forces extérieures.

C'était la chose qui était apparue quand j'avais fait ce vœu à Benjamin.

Tant que le cercle reste ouvert, tout ce que je dis peut s'activer comme un « Oracle Divin ».

La force d'un Oracle Divin varie selon la Puissance Divine du prêtre qui a activé le cercle.

L'Oracle Divin ne fonctionne pas si l'adversaire possède une Puissance Divine supérieure à celle du lanceur.

En gros, le fait que ces cons ne puissent rien faire à cause de mon Oracle Divin signifiait que leur Puissance Divine était bien inférieure à la mienne.

[Ne vous mordez pas la langue. Ne pensez pas à vous suicider.]

« Mmph… »

Quelles que soient leurs identités et la raison pour laquelle ils voulaient me tuer, je devais les garder en vie pour l'instant.

Il me fallait comprendre les détails de cette affaire et élaborer un plan pour empêcher ce genre de danger de se reproduire.

Ils m'appelaient encore « Votre Altesse » respectueusement et disaient que c'était la « décision de Sa Majesté » de me tuer.

Est-ce que le Royaume Saint…

– Bang !

« Prince Jesse ! »

« Nous sommes la Garde Impériale ! Lâchez vos armes ! »

La porte, affaiblie par la libération de mon cercle, tomba aisément.

La vice-capitaine Élisabeth était en tête du groupe de chevaliers qui déboulèrent l'épée au poing.

La chambre déjà sens-dessus-dessous se transforma instantanément en foire à la brocante bruyante.

Quelques Gardes qui avaient l'air d'appartenir à l'élite se placèrent devant moi comme pour me protéger.

Benjamin arriva avec eux et me soutint vivement tandis que je titubais.

Je vis distinctement que son visage était blême.

« À genoux ! Tout de suite ! »

« Mmph ! Mmph ! »

Les autres membres de la Garde Impériale ligotèrent les deux criminels.

Les deux garçons, la bouche close de force, fronçaient les sourcils en se débattant.

Le chevalier qui tentait d'entraîner Étienne Bellang, non, Synkie hors de la pièce, resta coi.

Les pieds des garçons restaient collés au sol et ne bougeaient pas.

« Prince Jesse, veuillez relâcher votre Oracle Divin. Il sera difficile de les arrêter comme ça. »

La vice-capitaine Élisabeth comprit la situation et m'interpella vivement.

Mais il m'était déjà pénible d'ouvrir la bouche.

Je ne savais pas si l'adrénaline était retombée ou si je commençais enfin à ressentir les séquelles de la peur, mais je ne pouvais mettre aucune force dans mon corps.

Mes jambes flageolaient, et j'avais un mal de tête atroce.

« Votre Altesse ! »

J'eus l'impression que mon corps s'effondrait.

J'eus la sensation que mon âme et mon corps s'étaient séparés, comme si je regardais encore devant moi, mais que mon corps tombait vers le sol.

« Appelez le Médecin Impérial immédiatement ! »

« Merde. Hé toi, va escorter Son Éminence, le Cardinal ! »

Ce fut la dernière chose que j'entendis avant de m'évanouir.

─────

« A-t-il vraiment l'intention de vivre tranquillement ? »

J'entendis une voix d'homme que je ne connaissais pas. Une voix grave qui me réveilla net.

C'était une voix apaisante, comme si un doubleur était en train de jouer.

J'aurais voulu ouvrir les yeux pour voir qui était ce type.

Malheureusement, bien que mon esprit fût éveillé, mon corps ne m'obéissait pas.

« Le flux de son éther s'est stabilisé. »

« Ça veut dire qu'il va bientôt se réveiller, non ? »

Je reconnus la voix qui posait la question : c'était celle de la vice-capitaine Élisabeth. L'homme ne répondit pas.

J'entendis seulement une chaise qu'on repoussait en silence.

« Cédie, tu reviendras ? »

Elle semblait s'adresser à l'autre personne. Pourtant, tout ce que j'entendis furent les pas de l'homme qui s'éloignait.

Je finis par me dire que je devais rêver.

Je ne ressentais ni frustration ni étouffement, mais le fait que mon esprit fût éveillé alors que je ne pouvais pas bouger mon corps me donnait l'impression de faire un cauchemar.

La somnolence me reprit dès que j'eus cette pensée. Je ne la combattis pas et replongeai dans le sommeil.

─────

« Ah, vous êtes enfin réveillé. »

Quand j'ouvris les yeux, je… ne vis pas un plafond inconnu. C'était le même papier peint que je voyais depuis une semaine.

« Je suppose que je suis toujours Jesse Venetiaan. Je ne suis pas redevenu Jung Jesse. »

Je fus déçu de ne pas m'être réveillé chez moi avec Eunse et mon frère, avant de tourner lentement la tête vers la personne qui m'avait parlé.

« Bonjour. »

Une femme d'âge mûr me souriait chaleureusement.

Ses cheveux magenta étaient attachés en queue de cheval sur le côté et retombaient sur une épaule.

Ses yeux beige me regardaient avec bienveillance.

J'étais intrigué car c'était la première fois que je voyais un monocle.

« Vous vous êtes évanoui à cause d'une surcharge d'éther. Je suis ravie que vous ayez récupéré plus vite que prévu. »

« Qui, toux. Puis-je demander qui vous êtes… »

Je demandai d'une voix rauque, et elle me tendit une tasse posée sur la table de chevet.

J'eus un déjà-vu en buvant l'eau.

Le papier peint du plafond me était familier, mais ce n'était pas ma chambre. Juste une pièce avec le même papier peint.

Ma chambre, elle, était probablement inutilisable après tout ce qui s'était passé.

Je pensai à ma « chambre de dortoir » avec ses murs fissurés et toutes ses fenêtres brisées.

« Mon Dieu, j'ai détruit une chambre à peine une semaine après cette possession de corps. »

« Je m'appelle Aurélie Boutier. Avez-vous déjà entendu mon nom ? »

« Ah… »

Ma mâchoire tomba toute seule.

Aurélie Boutier. Bien sûr que je connaissais son nom. Comment aurais-je pu ne pas la connaître ?

C'était une personnalité célèbre qui apparaissait dans tous les livres que je lisais.

La marraine du Prince Impérial. Quelqu'un qui avait refusé le titre de Duchesse à deux reprises. Elle était l'amie proche de l'Impératrice et sa « Partenaire Religieuse ».

« C'est un honneur de vous rencontrer, Votre Éminence, Madame le Cardinal. »

« Ravi de vous rencontrer aussi, petit prince. Inutile de vous lever. »

L'unique Cardinal de l'Empire ricana doucement en me saluant.

Elle me fit signe de me rallonger alors que je commençais à me redresser.

Je ne m'attendais pas à croiser un tel colosse aussi directement.

Le Cardinal Boutier était un personnage important de QNW qu'Eunse mentionnait souvent.

« Madame Au protégeait Crapdric devant Christelle, et wow… Même moi j'ai failli tomber dans le panneau. Quelle langue de pute. »

Madame Au.

Elle jouait le rôle de l'entremetteuse qui reliait la MC Christelle au male lead.

Bien que j'aie pu calmer mes nerfs après avoir rencontré la vice-capitaine Élisabeth, j'eus l'impression que j'allais vomir en rencontrant le Cardinal.

« Tout d'abord, je souhaite vous présenter mes excuses au nom de la famille impériale. L'Empire porte une part de responsabilité dans cet incident. Sa Majesté n'a pas pu venir car elle est actuellement occupée, mais elle a exprimé ses profonds regrets. Elle a promis d'accéder à tout ce que vous désirerez. »

Le Cardinal Boutier fronça les sourcils. Je serrai fort la tasse vide.

Cette personne jouait un rôle extrêmement important dans le roman et était extrêmement proche de la famille impériale.

Je n'avais aucun intérêt à m'impliquer avec elle sur le long terme.

Mais pour cette même raison, les informations que je pouvais en obtenir seraient d'une qualité exceptionnelle.

J'avais failli mourir juste avant de m'évanouir. J'avais réussi à sauver ma vie parce que j'avais étudié comme un fou, mais…

Si j'avais eu des connaissances fraîches apprises auprès d'une personne en plus de ce que j'avais lu dans les livres, j'aurais peut-être eu une meilleure maîtrise de mes pouvoirs et été dans une bien meilleure situation.

Je ne pouvais pas laisser la même chose se reproduire. Je pris la décision de rentrer chez moi sain et sauf.

Pour cela, je devais tirer le maximum de l'opportunité qui m'était offerte.

« Votre Éminence, je souhaite une explication. Pourriez-vous tout m'expliquer ? »

« Bien sûr. Je vous dirai tout. »

Elle prit délicatement la tasse de ma main, y versa un peu plus d'eau et me la rendit.

Elle remplit ensuite une tasse pour elle aussi.

« Qui étaient ces types ? Où sont-ils maintenant ? »

« Si vous parlez des frère et sœur, Synkie et Pierre, Synkie est un prêtre tandis que Pierre est un Chevalier Saint. Ce sont des enfants que le Royaume Saint a envoyés pour vous assassiner. »

Je m'y attendais, mais c'était tout de même d'une cruauté glaciale. Ces gamins étaient bien trop jeunes pour une telle mission.

« Comment est-ce possible ? J'ai cru comprendre que chaque serviteur devait subir une vérification rigoureuse pour entrer au palais. »

« Vous avez raison, mais ils ont réussi à mettre la main sur le processus de vérification lui-même. »

Elle but une gorgée d'eau. Son expression laissait deviner que la situation avait été horrible.

« Le Baron Bellang est un noble d'un petit territoire rural à l'extrémité sud de l'Empire, et sa foi est extrêmement profonde. Le couple Baron a décidé d'envoyer un enfant pour vous servir après avoir appris que vous alliez venir à l'Empire. Leur premier enfant était déjà devenu le jeune patriarche et hériterait de la charge, alors ils ont décidé d'envoyer les jumeaux, leur deuxième et troisième enfants, passer le test de sélection des serviteurs. Les parents comme les enfants étaient ravis de le faire. »

« Je me suis rendu au domaine du Baron Bellang quand j'étais plus jeune. Le couple Baron étaient des gens extrêmement gentils. »

Je me rappelai ce qu'avait dit la vice-capitaine Élisabeth.

« Après avoir passé l'examen des dossiers, les deux enfants sont montés dans une calèche pour venir passer leurs entretiens. Ils ne pouvaient même pas envisager d'utiliser des portails, c'est bien trop cher. Ils ont perdu la vie face à des bandits en traversant l'une des forêts dangereuses du sud. Le cocher y a laissé la vie aussi. »

Je devinais la suite sans même l'entendre.

« Ces bandits se sont ensuite déguisés en jumeaux Bellang. »

Le Cardinal hocha la tête.

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