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Ce qu'il se passe quand le 2nd ML fait grève

Chapitre 57

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Chapitre 57

Chapitre 57

Chapitre 57/17133%~14 min de lecture2 629 mots

« Quand a lieu la célébration de la victoire ? »

« Elle commence dans deux jours à 19 heures. Nous aurons tout préparé pour que vous puissiez vous rendre au palais de l'Impératrice à 18 heures, Votre Altesse. »

'Deux jours…'

Je n'avais aucune justification pour refuser l'offre, puisqu'elle n'était pas pour aujourd'hui et que l'Impératrice avait même envoyé le chef de cabinet pour m'inviter.

Il faut être malin quant au moment d'utiliser l'excuse de la maladie et la fourguer à la personne qui contrôle ma vie et me nourrisse ne ferait que la rendre haineuse.

Ne pas assister au dîner mensuel d'équipe n'avait rien à voir avec ne pas assister à la sortie annuelle où le PDG de l'entreprise serait présent.

Je me calmposai calmement.

Il suffisait d'y aller, de manger tranquillement, et de rentrer.

Elle dit vouloir me reconnaître, mais le centre de la célébration est naturellement le prince impérial.

Je devrais pouvoir rentrer rapidement au palais Juliette si je ferme les yeux et gère quelques moments gênants.

« Je comprends. »

Je lui répondis.

La chef de cabinet Laura Mendy avait l'air calme, comme si elle avait entendu la réponse qu'elle attendait.

J'allais la laisser partir avant de me souvenir, fort à propos, de poser la question la plus importante.

« Ces gens viennent-ils par hasard ? »

« Par ces gens…… »

« Les gens pour ma tenue et ma préparation. Il faudra que je me prépare aussi s'ils arrivent le matin. »

Benjamin et Ganaël hochèrent la tête avec des airs qui semblaient me féliciter d'avoir posé la question.

Il me fallait préparer mon cœur si l'Impératrice envoyait les deux chefs et leurs équipes le matin.

Je ne voulais absolument pas qu'ils reparlent de m'avoir lavé personnellement ou tressé mes cheveux courts.

« Ils ne passeront pas. C'est une petite célébration, seulement avec sa Majesté et ses proches. Veuillez venir le cœur léger et en tenue confortable. »

Laura parla sur un ton légèrement amusé. Je ne pus que hocher la tête, hagard.

Ma fatigue et ma somnolence s'envolèrent face à cette invitation inattendue de l'Impératrice et ma tête se mit à tourner à toute vitesse.

'Qu'est-ce que je vais mettre ?'

*

« Sérieusement, qu'est-ce que je vais mettre ? »

Malheureusement, ce fut la question qui me tarauda jusqu'au jour de la célébration.

Benjamin, Ganaël et les autres serviteurs qui m'aidaient d'ordinaire étaient réunis dans le salon de réception pour en discuter.

Les quelques candidats finalistes et leurs chaussures assorties trônaient sur un grand canapé, en attente de notre décision.

Il restait deux heures avant mon départ.

J'avais toutes les envies de mettre n'importe quoi, mais je ne pensais pas pouvoir me le permettre quand ce n'était pas le prince impérial mais l'Impératrice qui présidait personnellement la célébration.

C'était un peu comme le terme "business casual" qui a l'air simple pour un entretien d'embauche bas de gamme, mais dont on questionne la définition et les déclinaisons pour un poste de cadre.

Je n'avais jamais rêvé de revivre la sensation que j'avais ressentie quelques années plus tôt, en débarquant sur le marché du travail fresh out of college, en transmigrant dans ce romfan.

« Votre Altesse, pourquoi ne pas simplement rester sur le violet ? Je suis le prince de Venetiaan. Jouez le "Je suis la Lune du Royaume Saint". »

L'un des serviteurs qui me sert le thé de temps en pointa la tenue de cérémonie violette avec assurance.

Cependant, les autres serviteurs poussèrent des exclamations et se mirent à parler.

« Pierre, tu sais que Son Altesse n'aime pas se faire remarquer. »

« C'est ça, il est si beau même sans ça…… Ça pourrait aussi paraître trop politique. »

Benjamin hocha la tête, l'air inquiet, en entendant le mot "politique".

Un autre serviteur souleva la tenue de cérémonie dorée à côté de lui.

Je le connaissais bien, c'était celui qui changeait souvent mes draps et mes rideaux.

« Et l'or, Votre Altesse ? C'est un or discret, ça ne devrait pas trop attirer l'attention. »

Il la présenta ensuite prudemment contre mon corps.

Je restai là, tranquille, sous les regards des serviteurs. 'Celui-ci a l'air pas mal, non ?'

« Aïgoo, définitivement pas. »

« Non, non. »

J'entendis beaucoup de grognements.

Je me sentis gêné et regardai Ganaël, qui affichait une expression passablement complexe.

« Ça va si bien avec vos cheveux et vos yeux, Votre Altesse…… Ça vous donne l'air du protagoniste. »

'Ouah, c'est un non définitif alors.' Je m'écartai vivement.

Un autre serviteur souleva une tenue de cérémonie noire comme s'il avait attendu ce moment.

Elle comportait aussi des décorations dorées et rouges.

« Le noir, c'est la voie royale pour une tenue de cérémonie. C'est le standard où que vous alliez, Votre Altesse. C'est l'option la plus sûre. »

« Il a raison, Votre Altesse. Je suis sûr que certains nobles porteront aussi du noir, ce qui vous permettra de vous fondre dans la foule. »

Le serviteur à côté de moi ajouta son grain de sel.

Aucun d'eux ne semblait trouver de problème à cette tenue noire.

Je répondis, un peu confus.

« Ça a définitivement l'air du style de Son Altesse Royale. »

« Ah…… »

Les serviteurs poussèrent des exclamations comme s'ils venaient d'avoir une révélation.

Porter du noir à une célébration avec le prince impérial, c'était comme un invité de mariage qui porte du blanc.

En tout cas, c'est ce que je ressentis. Certains serviteurs se frottaient le visage, embarrassés.

Une tenue confortable est-elle censée être si difficile à choisir qu'elle me met dans l'embarras ?

Le seul contact que j'ai eu avec l'impératrice Frédérique, c'était de la voir de loin le mois dernier au Bal du Printemps, depuis le balcon du palais Strauder.

Elle ne m'avait jamais convoqué personnellement depuis mon entrée au palais et je n'avais même pas reçu le plus simple des bonjours.

Le fait qu'il y a deux jours était la première fois que le chef de cabinet venait au palais Juliette en disait long.

J'avais beaucoup entendu parler d'elle, mais je n'avais aucun moyen de savoir quel genre de personne était l'impératrice, ce qu'elle aimait ou détestait.

Les seuls trucs dont je me souvenais que Jung Eunse avait commentés sur l'impératrice, c'était : « Prends-moi, grande sœur » et « trop cool ! Elle est belle ! »

Elle n'aidait pas du tout.

……C'est pour ça que c'était si difficile, au point de me mettre dans l'embarras.

Il ne fallait pas me la mettre à dos si je voulais continuer à vivre, mais je ne devais pas non plus trop me faire remarquer.

J'aurais dû simplement demander à ces gentils chefs de venir.

« Pourquoi ne pas ressortir le blanc et le rouge ? »

« Votre Altesse, vous aurez trop l'air d'un Saint si vous portez du blanc ! »

« Du rouge avec des cheveux blonds ? On dirait le troisième prince d'un royaume destiné à écarter le prince héritier et devenir roi. »

'Mais pourquoi ils ont une histoire aussi précise à raconter ?'

– Toc toc.

Quelqu'un frappa à la porte du salon de réception à ce moment-là.

Je pensai que c'était le serviteur parti chercher la tenue bleue.

« Entrez. »

« Salut, notre petit prince. »

J'entendis une voix extrêmement familière et accueillante.

Je me retournai, choqué.

« Ton beau visage a perdu la moitié de sa taille. »

« Votre Éminence. »

C'était la cardinrale Aurélie Boutier.

Tous les serviteurs se turent dès son apparition, firent un pas en arrière et s'inclinèrent profondément.

Cela faisait environ une quinzaine de jours que je n'avais pas vu la cardinrale, mais entendre sa voix chaleureuse me frappa en plein cœur.

Elle s'avança avec de nombreux serviteurs et me prit doucement les joues.

Elle fit ensuite des bruits de bisous en posant ses joues sur les miennes.

Je fus un peu décontenancé par cette accolade à la française que je n'avais vue que dans les films, mais j'étais content de la voir aussi.

« Ça a dû être dur pour vous. Comment va votre corps ? »

« Je vais bien, Votre Éminence. Je prie pour que vous alliez bien aussi ? »

« C'était vide sans vous tous ici. »

Ses yeux couleur beige se plissèrent doucement.

« Je n'ai pas pu venir vous voir parce que j'étais occupée à préparer l'annonce officielle et le festin. Mais…… »

Elle promena son regard sur les serviteurs, moi, et les tenues étalées tout autour du canapé du salon de réception.

« On dirait que j'ai bien choisi mon moment pour me pointer. »

J'éludai la réponse en souriant.

Je devais être au palais de l'Impératrice à 18 heures, mais je galérais avec ma tenue alors qu'il était déjà passé 16 heures. J'avais définitivement l'air perdu.

« Je suis la chaperon de notre petit prince aujourd'hui, alors je suppose que je devrais aider. »

La cardinrale commenta et fit un geste simple en direction de ses serviteurs.

'Chap…… Excusez-moi ?'

*

« Est-ce que quelque chose comme ça va vraiment aller ? »

« Frédérique ne dit pas des choses qu'elle ne pense pas. Elle a dit une tenue confortable, donc vous pouvez porter quelque chose de confortable. »

La cardinrale sourit chaleureusement et se tenait devant le palais Juliette.

Je portais une tenue décontractée jaune clair qu'elle avait choisie au lieu d'une tenue de cérémonie, avec des boutons de manchette plus sophistiqués que d'habitude et de nouvelles bottes.

Je portais par-dessus un collier que la cardinrale avait choisi, avec une fine chaîne en argent et un diamant couleur citrouille.

Les quelques accessoires étaient extravagants comparés à la tenue décontractée.

'C'est ça qu'on appelle "habillé mais pas trop" ? C'est ça ?'

« Demy, reste ici et joue avec tes copains. Grand frère va juste manger et rentre vite. »

– Crrrriii

La bête divine poussa un cri en guise de réponse avant de sauter hors de mes bras.

Les autres pandas roux qui couraient dans le jardin arrivèrent et se blottirent contre Demy.

Je fis un signe de la main aux trois pandas roux roulés en boule géante et montai dans la calèche de la cardinrale.

Benjamin, Ganaël et les autres serviteurs montèrent dans la calèche juste derrière.

Les roues se mirent lentement en mouvement.

« On a ramené ces gamins, mais…… Ne faudrait-il pas les envoyer dans un meilleur endroit ? »

Demandai-je en regardant Demy et sa famille s'éloigner lentement par la fenêtre.

Les deux pandas roux qui étaient à la Marche Duhem avaient perdu un endroit où aller après que l'objet divin qu'ils protégeaient, l'Épée de Sagesse de l'Étoile Flamboyante, eut trouvé un maître.

Je ne me sentais pas de les laisser errer dans les plaines et je les avais ramenés avec moi.

J'ai fait l'expérience directe lors de la Grande Éradication que les bêtes divines et les bêtes démoniaques étaient des existences complètement différentes.

Les bêtes démoniaques passaient à l'offensive en détectant l'éther d'un objet divin, quelle que soit sa forme.

Cependant, les bêtes divines perdent leur vocation et finissent par errer si un objet divin choisit un maître ou disparaît.

C'est pour ça qu'elles n'ont pas pu détecter la « Bénédiction de la Mer Bleue » absorbée dans le corps de Christelle et ont semblé perdre tout intérêt instantanément après que l'Épée de Sagesse soit tombée entre les mains du prince impérial.

On les appelle les messagers des dieux et elles ressemblent plus à des Élémentaux qu'à des bêtes.

« Il y a des objets divins au nord et à l'est de l'Empire aussi. Ce serait bien de les y envoyer si on en a l'occasion. »

La cardinrale semblait essayer de me consoler.

« Élisabeth remonte vers le nord chaque juin pour fuir la chaleur, ce sera parfait pour les y envoyer avec elle. »

J'avais entendu parler de sa fuite de la chaleur au marché de nuit du village de Lucas.

Je pensai que je devais bien m'en occuper jusqu'à leur départ et accompagnai la cardinrale.

Je me plaignais de tout ce qui m'avait frustré au moment où nous descendîmes de la calèche et gravîmes les marches du palais de l'Impératrice.

« Je ne comprends pas du tout, Votre Éminence. Le Domaine Sacré est censé annuler tous les pouvoirs, alors pourquoi n'a-t-il pas pu arrêter le brouillard à illusions ? »

« Parce que le Dieu Tout-Puissant est capricieux ? »

« Votre Éminence. »

Je grommelai en retour et la cardinrale éclata de rire avant de me guider vers la salle de banquet du premier étage.

Les serviteurs du palais de l'Impératrice, plus habillés que d'habitude, nous saluaient partout où nous passions.

Un long tapis rouge recouvrait le sol en marbre depuis l'extérieur.

Le lustre avait été nettoyé et brillait plus que d'habitude.

« C'est probablement parce que ce brouillard n'avait pas l'intention de vous tuer tous. »

« Que voulez-vous…… »

« Si ce brouillard avait été venimeux, le Domaine Sacré l'aurait définitivement bloqué. Le poison est fait pour tuer. Cependant, les illusions ne causent que du chaos et peuvent même apporter de la joie à certains. Alors il n'y a pas de raison de les bloquer. Le jugement du Domaine Sacré est arbitraire comme ça. »

« …… »

« Le Domaine Sacré ne bloquera pas les grosses grêles qui tombent du ciel. C'est juste un temps terrible, pas quelque chose qui essaie de tuer le prêtre. »

Je marchai lentement dans le couloir illuminé par le coucher de soleil, comme si de la peinture y avait été éparpillée.

C'était difficile à comprendre mais compréhensible en même temps.

La raison pour laquelle la dague du gamin avait pu m'effleurer malgré mon Domaine Sacré ouvert le premier jour où j'ai rencontré Sadie, c'était……

Parce que le morveux visait non pas moi mais la corde décorative derrière moi.

La raison pour laquelle le contrecoup de l'Épée de Sagesse du prince impérial m'avait atteint il y a une semaine, c'était parce que ce n'était pas une « attaque » contre moi.

'Hmm.'

« C'est confus. Je pense qu'il me faudra du temps pour m'y habituer. »

« C'est ce que je voulais dire par le Dieu Tout-Puissant qui est capricieux. »

Elle parlait presque comme si elle chantait. Nous tournions maintenant le dernier coin.

Plus de dix serviteurs nous suivaient silencieusement.

« Nos Oracles Divins semblent omnipotents mais ils ne peuvent pas ôter la vie. »

« Oui, madame. »

C'était les bases des bases écrites au chapitre 1 du .

Les prêtres ne peuvent pas emprunter les paroles du Dieu Tout-Puissant pour ordonner la mort.

C'est une décision basée uniquement sur la volonté du Dieu Tout-Puissant.

« C'est pareil pour le Domaine Sacré. Il vous protège de tous les pouvoirs mais ce n'est pas à vous de décider ce qui peut vous atteindre. C'est au Dieu Tout-Puissant. »

'Pourquoi c'est si compliqué ?'

Les mages et les Chevaliers Saints étaient à peu près des gens avec des super-pouvoirs dans le monde de QNW, mais il semblait que seuls les prêtres avaient beaucoup de restrictions.

Il y avait beaucoup de choses à savoir faire et beaucoup de choses à mémoriser.

Je me demandais même si l'auteur n'avait pas tué le prince Jesse parce que les paramètres du second male lead étaient trop compliqués.

« Ah, mon jeune Chevalier Saint est déjà là. »

La cardinrale parla d'une voix joyeuse à ce moment-là.

Ça me fit détourner le regard d'elle pour regarder devant.

Un homme et son serviteur étaient là, nous regardant, devant la grande salle de banquet qui montait jusqu'au plafond.

Son visage avait l'air parfait, comme s'il n'était même pas un tout petit peu fatigué.

'Vraiment, c'était bien que je n'aie pas mis le noir.'

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