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Ce qu'il se passe quand le 2nd ML fait grève

Chapitre 47

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Chapitre 47

Chapitre 47

Chapitre 47/16129%~13 min de lecture2 596 mots

– Craaaackle !

« Qu'est-ce que… »

Claudine Green marmonna, hébétée.

L'auberge qu'elle chérissait comme un membre de sa famille et aimait comme son propre enfant brûlait de toutes parts.

Cela s'était produit si soudainement et était si incroyable qu'elle eut l'impression que son cerveau avait cessé de fonctionner.

« À l'intérieur, tu es sûr qu'il n'y a plus personne ? »

« Morris, calme-toi ! Tout le monde est sorti pour dire adieu à Son Altesse. Ça va ! »

Elle reprit ses esprits en entendant une voix familière. Claudine tourna vivement la tête.

Elle vit les villageois fixer le vide et les employés de l'auberge retenir Morris pour l'empêcher de se jeter dans le feu.

Elle aperçut aussi les enfants et leurs tuteurs qui s'étaient réfugiés de l'autre côté de la place.

Les émotions flamboyantes dans son cœur se mirent enfin à rugir.

« Qu'est-ce que vous foutez ?! Dépêchez-vous d'aller chercher de l'eau pour éteindre l'incendie ! »

Claudine hurla de toutes ses forces.

Quelques personnes tressaillirent et jetèrent des regards furtifs face à son cri de tonnerre.

Ce fut le chaos : certains reculaient tandis que d'autres avançaient de quelques pas.

« Vous voulez voir l'auberge disparaître ? Vous allez perdre tous ces cadeaux et pourboires impériaux ? Bougez-vous ! »

Les yeux écarquillés de la femme étaient pleins d'intentions meurtrières. Ce qu'elle avait dit avait du sens.

Pourtant, c'était bizarre que personne ne fasse rien.

Cela lui semblait étrangement différent de cet hiver, dix ans plus tôt.

Elle piétina de frustration.

« Morris ! Arrête de rester planté là comme un idiot et va chercher de l'eau ! »

« Tante… »

« Arrête d'embêter ton neveu. »

Quelqu'un s'interposa devant le jeune homme à cet instant. Claudine reconnut la personne.

C'était l'une de ces soi-disant représentantes du village.

« Marie. »

« Morris et le reste d'entre nous ne t'écouterons plus. On le pense vraiment. »

Bien que sa voix tremblât, le regard de Marie était ferme.

Claudine se mit à grincer des dents.

« Vous êtes tous fous ?! Le village Lucas est foutu si Le Siffre disparaît ! Foutu ! »

« Pas nous. Notre agriculture marche bien et nous avons du grain en réserve. »

Marie répondit calmement.

Claudine eut l'air de s'être pris un coup dans le dos en regardant Marie.

Elle était si en colère qu'un reflux acide lui brûlait le fond de la gorge.

C'étaient ces gens. Elle en était certaine : ces salauds étaient ceux qui avaient mis le feu à l'auberge.

« Vous, les idiots… Les imbéciles ! Vous ne savez pas qui vous a nourris et payé les vêtements que vous portez ! Vous n'êtes que des bêtes ! »

Elle hurlait. Puis elle piétina en direction du puits.

Les gens s'écartaient comme la mer Rouge à chacun de ses pas.

Du sang coulait de sa bouche où elle s'était mordu les lèvres. Ses yeux outragés semblaient presque fous.

« Vous êtes pires que des bêtes ! Même les chiens errants ont plus de conscience que vous tous ! »

Claudine continua de hurler en puisant de l'eau.

L'eau éclaboussa sa robe chic et ses chaussures se salirent, mais elle s'en moquait en transportant les seaux.

Les gens frissonnaient de peur face à Claudine et face à leur avenir.

Mais ils serraient les dents, fermaient les yeux bien fort et se retenaient.

Ils allaient bien puisqu'ils étaient là ensemble. Demain irait bien aussi.

« Voyez ce qui arrive si je sauve l'auberge ! Je prendrai 80 pour cent de tous les cadeaux… »

– Splash !

Claudine versa l'eau au rez-de-chaussée de l'auberge. Quelque chose d'incroyable se produisit à cet instant.

« Hein… ? »

L'eau qu'elle avait transportée se dispersa lentement avant même d'atteindre la flamme.

Les gouttes flottaient dans l'air avant de dériver lentement vers le puits, comme si elles rentraient à la maison.

Les enfants poussèrent un cri en assistant à ce miracle.

« Q-quoi ? Qu'est-ce qui se passe ?! »

Un cri perça la place.

Claudine haletait en saisissant le seau et en courant à nouveau vers le puits.

« Claudine, arrête. »

Elle tourna vivement la tête vers la personne qui lui ordonnait d'arrêter.

L'une des épines dans ses yeux, Teddy, le représentant du village, se tenait devant les vieux et les faibles villageois sur la place, comme pour les protéger.

« Ferme-la. »

« Ton père et toi, vous avez beaucoup travaillé pendant longtemps. Cependant, celui dont vous vous êtes occupés, ton père et toi, ce n'était pas nous. »

« Je t'ai dit de fermer ta gueule ! »

« C'était l'auberge. Vous nous avez pris notre argent et chéri l'auberge. »

« Qu'est-ce que tu en sais, toi ?! »

Le visage de Claudine devint rouge tandis qu'elle continuait de hurler.

Elle remplit rapidement le second seau et courut vers l'auberge.

Elle le leva jusqu'à sa poitrine et versa l'eau à nouveau.

– Splash !

Flottement flottement…

De grosses gouttes d'eau flottaient dans l'air. Elles n'atteignaient toujours pas le feu.

Claudine avait un regard vide en trébuchant.

Elle ne savait pas ce que ces villageois agaçants et terribles avaient fait, mais ils semblaient avoir décidé de tuer l'auberge.

Elle ne pourrait pas éteindre l'incendie comme ça. Elle s'effondra devant l'auberge.

« Qui croyez-vous être pour ignorer les contributions de mon père comme ça ?! Qui vous croyez être, vous, les connards ?! »

Elle se lamenta avec colère. Des veines étaient visibles sur son cou et ses yeux étaient injectés de sang.

Son visage rouge semblait sur le point d'éclater à tout moment.

« Savez-vous combien mon père et moi avons fait pour agrandir cette auberge ?! »

« Un enfant qu'on élève en en harcelant un autre, ce n'est pas l'élever. C'est le gâcher. »

Elle entendit une voix claire et ferme à cet instant.

Claudine et les villageois se tournèrent tous vers la direction de la voix.

Christelle de Sarnez, la jeune dame en veste bleue, se tenait sur la place.

*

– Craaaackle !

« Wahou… »

J'avais été prévenu que cela allait se produire, mais c'est encore plus impressionnant en vrai.

Je serrai fort Demy contre moi en observant la scène devant moi.

Le panda roux étendit ses deux pattes avant et les tendit vers les flammes.

« Mon Dieu, comment… »

« C'est la volonté du Dieu Tout-Puissant, la volonté du Dieu Tout-Puissant… »

Les villageois marmonnaient sans cesse.

Le feu autour de l'auberge Le Siffre disparut instantanément au moment où Christelle apparut comme une véritable protagoniste et lança une réplique digne d'une protagoniste.

On aurait dit que le feu avait disparu plutôt qu'il n'avait été éteint.

Les flammes qui s'étaient évanouies comme un mirage…

« Mon Dieu ! »

« Ho ! »

… n'avaient pas endommagé le bâtiment du tout ! Les gens ne purent s'empêcher de pousser des exclamations.

L'auberge qui aurait dû être noircie par les flammes était intacte, à l'exception de quelques petites marques de brûlure.

Même les plantes en pot ne semblaient pas brûlées.

Je ne pus m'empêcher d'être choqué, moi aussi.

« Jeune dame Sarnez, pourquoi avez-vous acheté un tel outil magique ? »

Un outil magique qui explose sans bruit, passe encore, mais un outil magique pour de fausses flammes ?

Ça a l'air du genre de truc qu'on achète ou qu'on vend avec de mauvaises intentions.

Je débattis sérieusement de savoir s'il fallait laisser le Centre Commercial Central de Legault tel quel.

J'étais inquiet que Christelle essaie de déclencher une révolution ou quelque chose dans cette seconde vie.

« Ce goût rouge qui fond lentement quand on croque dedans… »

« Oh mon Dieu, j'ai la tête qui tourne après avoir utilisé l'éther si soudainement. »

Elle dit autre chose au lieu de répondre à ma question.

« Ah oui, il y a ce truc. »

« Donnez-moi votre bras. »

Christelle sourit et tendit rapidement son bras droit.

Elle avait utilisé son éther à distance, discrètement, pour empêcher Claudine de verser de l'eau sur l'auberge.

J'attrapai son coude d'un bras et commençai à lui transmettre de l'éther par notre point de contact.

« Cela ne semble pas si grave vu son teint. Est-elle du genre à ne pas montrer sa fatigue ? »

« Bien joué, jeune dame Sarnez. Hein ?! »

Je sentis soudain le sol sous mes pieds disparaître.

Je trébuchai en ressentissant la sensation étrangement familière d'une grande quantité d'éther quittant mon corps.

Quelqu'un m'attrapa par la nuque au même moment.

« Non, c'est l'éther qui est parti après qu'il m'ait attrapé par la nuque ? »

Je me retournai anxieusement.

« Votre Altesse. »

« … »

« Mais pourquoi ce bâtard est-il si pâle ? Il a eu peur que Christelle détruise vraiment l'auberge ? »

« Lâchez-moi. Pourquoi vous agrippez-vous au cou des gens dès qu'ils trébuchent ? »

Le Prince Impérial relâcha ma nuque comme s'il la repoussait. Christelle s'excusa rapidement aussi.

« Je suis désolée, Votre Altesse. J'ai dû absorber trop d'éther parce que j'étais fatiguée. »

« Ce n'est rien, faites attention la prochaine fois. »

Je répondis doucement.

Nous avions convenu que je lui fournirais de l'éther par contact physique car le temps pressait.

Ce n'a pas dû être facile pour Christelle de se contrôler, puisqu'elle n'avait jamais utilisé cette méthode auparavant.

« Attendez, est-ce que je viens d'accepter une prochaine fois ?! »

« Non ! Jeune Comtesse-nim ! »

Nous entendîmes quelqu'un crier. Nous tournâmes la tête pour voir le propriétaire de la voix.

Les villageois regardaient déjà dans cette direction.

« Claudine Green. Vous serez prisonnière de Sa Majesté, l'Impératrice Frédérique, pour insulte à la famille impériale et vol des cadeaux offerts aux villageois de Lucas. »

« Ce n'est pas vrai, Jeune Comtesse-nim ! Je suis innocente ! »

Claudine avait une apparence misérable tandis que des soldats la maintenaient.

Le Prince Impérial avait contacté le Château du Seigneur après le déjeuner d'hier pour demander du renfort.

Les soldats qui étaient cachés en périphérie du village depuis l'aube amenèrent le fourgon et ligotèrent Claudine.

« Preuve, il n'y a pas de preuve ! »

« Nous avons des preuves. Voici, c'est le registre des paiements que ton neveu Morris avait sur lui. »

« … Qu'est-ce que tu dis ? »

Les yeux de Claudine s'écarquillèrent.

La vice-capitaine Élisabeth sortit une pile de vieux papiers de sa poche, sans le moindre sourire.

Ses yeux gris étaient aussi froids que la pointe de son épée.

« Ceci est le relevé des dix dernières années. Nous devrons faire expertiser l'écriture pour en être sûrs, mais je suppose qu'elle est de toi. »

« Cela, pourquoi est-ce que… »

Les lèvres de Claudine tremblaient.

Le sourire qu'elle arborait disparut instantanément. C'était effrayant.

« Morris ! Je t'ai dit de les brûler immédiatement ! »

« Tante, ce que tu as fait n'était pas bien. Tu le sais… »

« Sale profiteur ! Tu vas m'entraîner jusqu'au bout ?! Comment peux-tu même t'appeler famille ?! »

Claudine cracha sur Morris. Cependant, avant que le crachat n'atteigne le visage de Morris…

– Splash !

Une grosse goutte d'eau éclaboussa le visage de Claudine.

Claudine regarda fixement devant elle après avoir été aspergée par l'eau froide et son propre crachat.

« Mademoiselle Claudine, pourquoi essayez-vous de vivre comme votre père ? »

Christelle, qui s'était interposée entre eux, commenta sur un ton compatissant.

La propriétaire de l'auberge la regarda tandis que l'eau ruisselait de ses cheveux.

« Je comprends que le monde grande comme une paume que votre père a créé est important pour vous. Je comprends aussi que vous y êtes habituée, mais c'est un peu triste que vous ne puissiez pas échapper à son emprise. Vous avez trente-deux ans, tout de même. »

« Moi, je… »

La voix de Claudine tremblait.

C'était probablement la première fois de sa vie qu'elle entendait quelque chose comme ça.

« Je n'ai pu m'empêcher de rire en entendant ce que vous avez fait à ces gens au marché de nuit il y a deux soirs. Les gens sont les mêmes partout. Cela a aussi à voir avec l'héritage. Pourquoi utilisez-vous votre seule et unique vie comme ça ? »

« Mon père… »

« J'espère que vous pourrez considérer cela comme une seconde chance, Mademoiselle Green. C'est une chance d'être une nouvelle personne quand vous sortirez de prison. »

« … »

Christelle se retourna alors sans la moindre hésitation.

La vice-capitaine Élisabeth reprit rapidement ses esprits et fit signe aux soldats du menton.

Les soldats placèrent Claudine dans le fourgon et se préparèrent à partir pour le Château du Seigneur.

Le visage de la femme qui avait été la propriétaire de l'auberge était complètement pâle. C'était le visage de quelqu'un qui avait tout perdu.

La Garde Impériale demanda aux spectateurs de reculer et se posta à nouveau près de la voiture impériale.

Christelle marcha vers nous.

Elle sourit brillamment au Prince Impérial et à moi qui restions plantés là, hébétés.

*

« Tu veux que j'aille voir Son Altesse avec toi ? »

« Eh bien, si tu veux que je le dise comme ça… Oui, Votre Altesse. S'il te plaît. »

Je clignai des yeux plusieurs fois.

Christelle, qui se tenait devant la voiture où j'étais assis, disait quelque chose d'incroyable.

Claudine avait été emmenée et les villageois s'inclinaient vers nous en pleurant.

Il restait le problème de la gestion de l'auberge et quelques questions politiques, mais je n pouvais rien y faire.

Nous avions réglé le gros problème sans encombre, alors je pensais qu'il suffisait de partir pour la Marche de Duhem, mais la protagoniste avait apparemment quelque chose à dire au Prince Impérial Cédric.

« … Je comprends. »

Je fis signe à Benjamin et Ganaël que tout allait bien avant de descendre de la voiture avec Demy autour du cou.

J'aurais normalement refusé sa demande et lui aurais dit d'y aller seule, mais Christelle et le Prince Impérial s'étaient beaucoup rapprochés depuis notre arrivée au village de Lucas.

Ce n'était pas mal pour moi puisque les aider un peu pourrait les pousser au-delà de cette limite pour devenir un couple.

Ils avaient discuté du plan d'aujourd'hui en se promenant dans le jardin arrière hier. Les voir faire quelque chose sans moi avait l'air si bien.

Je lui donnais une note de cinq étoiles.

– Toc toc.

« Votre Altesse, le Prince Jesse et la jeune dame Christelle demandent une audience. »

Nous n'avions pas loin à aller puisque la voiture du Prince Impérial était juste devant la mienne.

Dès que la porte s'ouvrit, ses yeux orange me fixèrent comme s'il m'avait attendu.

« Calme-toi, c'est pas moi. »

« Votre Altesse. »

Christelle s'inclina élégamment. Le Prince Impérial se tourna enfin vers elle.

« Votre requête ? »

« Cela, hem. Ma suggestion… »

Christelle peinait à parler. Je la regardai avec anxiété.

Je me demandais si un entremetteur ressentait ça en présentant deux personnes.

« Merci beaucoup d'avoir écouté ma suggestion. Vous auriez pu envoyer immédiatement l'aubergiste en prison, mais vous avez donné une chance aux villageois comme je l'avais demandé. »

« C'est mon devoir de veiller sur les sujets de Sa Majesté. »

Il répondit d'une voix basse et stoïque.

« Et aujourd'hui… Merci d'avoir travaillé dur à bien des égards. »

Christelle insista sur le « travaillé dur ».

Le Prince Impérial se tourna alors vers moi pour me fusiller du regard.

« Mais pourquoi tu fais ça, toi ? »

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