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Ce qu'il se passe quand le 2nd ML fait grève

Chapitre 43

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Chapitre 43

Chapitre 43

Chapitre 43/17125%~14 min de lecture2 614 mots

« Le palais impérial semble si vide sans les enfants. »

Aurélie Boutier commenta avec nonchalance.

Elle savourait l'arôme du café qu'elle tenait en main.

L'impératrice Frédérique ricana face à la remarque de la cardinale tout en examinant les affaires de l'Empire, assise face à elle.

« Vous vous sentez vide parce qu'ils sont partis tous les deux pour un moment ? »

« Nous ne pourrons pas les voir pendant plus de dix jours. »

« Ce serait pareil si c'était nous qui allions à la Grande Éradication des Bêtes Démoniaques. »

« Hum, je suppose que c'est vrai. »

La cardinale sourit doucement et porta la tasse à ses lèvres.

Le silence paisible revint dans le bureau de l'impératrice.

L'impératrice claquait la langue et jurait tout bas en parcourant les documents, tandis que la cardinale lui répondait de temps à autre en feuilletant son livre.

Un coucher de soleil, semblable aux yeux de leur enfant bien-aimé, était visible par la grande fenêtre.

C'était un mois de mai paisible.

En cette période de l'année, elles étaient d'ordinaire débordées, empruntant des portails pour se rendre à la Marche de Duhem, mais c'était une joie d'avoir un printemps aussi tranquille pour la première fois depuis longtemps.

« Ils devraient être arrivés dans ce petit village à présent. »

Ce fut la cardinale qui reprit la parole la première.

L'impératrice répondit un instant plus tard, sans quitter des yeux le papier qu'elle tenait.

« Quel village ? »

« Celui avec des villageois sympathiques et l'aubergiste qui aime les jeux d'argent. »

Frédérique fronça légèrement les sourcils.

C'était le même froncement qui faisait penser au prince impérial Cédric.

Bien sûr, il serait plus exact de dire que c'était Cédric qui ressemblait à sa mère.

« Y a-t-il un seul ou deux villages comme celui-là ? »

« Rappelez-vous cette fois où nous avons voyagé plusieurs jours en carrosse parce qu'une faille s'était ouverte dans l'un des portails ? C'est l'endroit où nous avons séjourné pendant cette tempête. »

La cardinale ajouta sur un ton souriant.

L'impératrice releva enfin ses yeux couleur cerise et regarda sa contractante.

Elle grimaçait comme si elle revivait un souvenir du passé.

« Si c'est l'endroit auquel je pense, je me souviens que le propriétaire de l'auberge a été emmené à la prison du château du Seigneur. »

« Ah, c'est vrai. Je l'avais oublié tant c'est ancien. »

« Cela fait déjà dix ans ? »

Aurélie Boutier eut cette pensée en sirotant à nouveau son café.

Ce n'était pas un sujet grave, alors Frédérique baissa à nouveau les yeux sur le document qu'elle tenait.

Le silence remplit à nouveau la pièce.

Un moment, les seuls bruits entre elles furent le froissement des vêtements et des papiers.

« Je compte ouvrir un nouveau vin pour le dîner. »

« Alors qui tient l'auberge en ce moment ? »

Elles parlèrent toutes les deux en même temps.

Frédérique, qui pensait appeler le chef de cabinet pour lui demander une carte des vins et des notes de dégustation, regarda Aurélie avec un air extrêmement mécontent.

Les yeux couleur beige de la cardinale se plissèrent et elle continua, comme pour consoler l'impératrice.

« C'est là que les enfants vont loger. Je m'inquiète. »

« C'est probablement un membre de la famille de la personne qui a été emprisonnée. Je doute qu'il y ait des problèmes puisqu'on n'en a pas entendu parler jusqu'ici. »

« C'est vrai. »

« Sadie et Élisabeth vont bientôt devenir maîtresses d'épée. Le prince est un prêtre de niveau évêque, et cette petite fille de Sarnez est une novice chevalier sainte. Vous vous inquiétez pour rien. »

« D'accord. J'ai envie d'un plat de poisson aujourd'hui. »

L'impératrice acquiesça et appela le chef de cabinet.

On l'informa qu'un bon vin blanc du sud avait été offert à l'impératrice.

La cardinale savait que l'impératrice réagissait ainsi non pas parce qu'elle se fichait des enfants, mais parce qu'elle leur faisait confiance.

Elle essayait de penser de la même manière.

Elle était sûre que les deux enfants, non, les quatre enfants avec Élisabeth et Christelle incluses, iraient bien et rentreraient sains et saufs.

Ils sauraient gérer proprement toute situation sur la route.

Le prince Jesse, l'aîné du groupe, n'était plus tout jeune.

Elle se sentait coupable, comme une noble parente laissant de turbulents garnements avec un seul précepteur personnel, en finissant son café.

*

« Waouh, c'était délicieux. »

« Oui, c'était délicieux, Votre Altesse ! »

« Ce n'était pas mal non plus pour moi, Votre Altesse. »

– Couic !

Je commentai le premier, suivi par Ganaël, Benjamin et Demy pour manifester notre satisfaction face au dîner.

Honnêtement, Demy ne mangeait que les fleurs du bouquet que le prince impérial m'avait fourré entre les mains, mais je fus soulagé qu'il trouve cela délicieux.

Commander le room service fut probablement l'une des meilleures décisions que j'ai prises aujourd'hui.

Mon esprit était en paix malgré l'éloignement du palais impérial, car je mangeais entouré de gens auprès de qui je pouvais être détendu.

– Toc toc.

« Entrez. »

Benjamin répondit aux coups.

Je vis un employé costaud de l'auberge entrer pour débarrasser la table.

L'homme semblait avoir la vingtaine et paraissait aimable.

C'était aussi celui qui avait porté mes bagages au troisième étage et apporté notre nourriture.

Il y avait des membres de la Garde impériale aux regards sérieux derrière lui. Ils étaient là pour nous protéger.

« Merci beaucoup pour le repas. »

« C, c'est un honneur, Votre Altesse. »

Je le remerciai pour le repas car il m'aurais paru bizarre de rester assis sans rien dire, mais l'employé tressaillit et s'inclina.

La façon dont il débarrassait la table rapidement et efficacement malgré son trouble le faisait paraître assez expérimenté.

Les desserts furent alors posés sur la table.

C'étaient des Crêpes Suzette qui exhalaient le parfum sucré de l'orange.

« Je peux les goûter rien qu'en les regardant. »

Ganaël rit à mon commentaire.

« Nous avons mangé des Crêpes Suzette ici quand nous sommes venus il y a dix ans également. Je suis sûr que vous les aimerez aussi, Votre Altesse. »

Benjamin répondit d'une voix bienveillante.

Il dit être venu auparavant en accompagnant l'impératrice et la cardinale.

Je saisis un nouveau couteau en l'écoutant attentivement.

« Je me souviens qu'il s'est passé quelque chose de légèrement désagréable à cette époque. »

– Clang !

Tout le monde tressaillit et tourna la tête vers le bruit.

L'employé avait cassé une grande assiette et restait là, ne sachant quoi faire.

Les membres de la Garde impériale firent quelques pas en avant et le type trembla comme s'il avait pris un choc électrique avant de s'effondrer au sol.

Il semblait décidé à ramasser les morceaux de verre à mains nues.

« Ça va ? »

« O, oui, ça va. Je m'excuse sincèrement pour cela, Votre Altesse. »

« Vous risquez de vous blesser, alors pourquoi ne pas prendre un balai... »

« Ah ! »

Du sang rouge goutta sur le sol. Je me tus et m'approchai de lui.

Benjamin et Ganaël se levèrent et me suivirent.

Les membres de la Garde impériale repoussèrent les morceaux de verre du pied.

Ils semblaient se préparer au cas où quelque chose de grave arriverait.

Il y avait une large entaille sur la main droite de l'homme.

« La blessure semble profonde. Dois-je appeler un autre employé pour vous ? »

« Non, c'est bon, Votre Altesse. Je peux arrêter le saignement moi-même. »

« Alors demandons-leur d'apporter un peu de médicament. »

« J, c'est bon, Votre Altesse. Le médicament est cher... »

Je penchai la tête, confus.

« Je paierai pour le médicament. »

« C... »

L'homme semblait hésiter. Il paraissait débattre avec lui-même pour savoir s'il pouvait dire quelque chose.

J'attendis calmement son explication.

« Je dois rembourser personnellement l'auberge pour le prix de tout médicament que j'utilise. C'est la règle ici, au "Le Siffre". »

« ... L'employé doit payer pour le médicament malgré s'être blessé en travaillant ? »

« C, c'est le cas, Votre Altesse. »

Je me tournai vers Benjamin et Ganaël, incrédule.

Tous deux secouèrent la tête face à mon regard qui demandait si c'était la norme dans l'Empire Riester.

Cela signifiait que le propriétaire de l'auberge était une personne bizarre.

« Alors je suppose que ce sera bon si ça guérit sans médicament. »

« E, excusez-moi ? »

« Veuillez ouvrir votre paume. J'utiliserai mon pouvoir de guérison sur vous. »

L'homme bondit en entendant ma proposition.

« C, comment quelqu'un comme moi pourrait oser... »

« Je sais comment faire mais c'est ma première fois que je l'utilise. Considérez-vous simplement comme mon cobaye et soyez tranquille. »

Je le consolai calmement. C'était la vérité.

Les prêtres doivent déployer un cercle de guérison spécial quand ils utilisent leurs pouvoirs de guérison, qui ne peut être ouvert que si l'on mémorise la forme du cercle.

C'était complètement différent du Domaine Sacré qui créait son propre motif basé sur le caractère du prêtre et sa Puissance Divine.

C'était la raison pour laquelle il y avait des prêtres guérisseurs spécifiques sur le continent.

Devenir médecin était vraiment difficile dans les deux mondes.

J'avais suivi la suggestion de la cardinale Boutier, dessinant le cercle sur papier et le mémorisant.

Il y avait beaucoup de types différents de cercles de guérison, mais celui que j'avais mémorisé était l'un des cercles de base utilisés pour les blessures légères et les petites coupures.

« Ne vous sentez pas trop obligé. Vous m'aidez en me laissant faire. »

J'ajoutai rapidement.

L'homme releva la tête et regarda Ganaël, Benjamin et les membres de la Garde impériale avant de hocher lentement la tête.

Il ouvrit alors prudemment sa paume ensanglantée.

« Alors je commence. »

Je fermai les yeux.

Je m'agenouillai, pris une grande inspiration, canalisai mon éther de la tête aux pieds, avant de tracer avec précision le cercle de guérison sans la moindre faille dans ma tête.

Je n'oubliai pas de réciter l'incantation non plus.

[ Les larmes du Dieu Tout-Puissant rassembleront ton sang. ]

Alors que je disais cela et ouvrais les yeux...

– Ooooooong......

Un cercle bleu ciel apparut doucement au sol et entoura l'employé et moi.

Il était aussi net que je l'avais lu dans le livre.

Le cercle de guérison tourna lentement dans le sens des aiguilles d'une montre et sembla chercher quelque chose jusqu'à ce que...

– Chaaaaaaaaaaaa......

Il créa un petit miracle au-dessus de la paume blessée de l'homme.

Voir les graviers d'éther bleu s'infiltrer dans la longue entaille me fit penser à une publicité à la télé.

Le sang qui coulait s'arrêta instantanément et l'entaille se referma lentement.

Moi-même, malgré être celui qui avait utilisé le pouvoir de guérison, je ne pus m'empêcher de rester bouche bée de choc.

« Ah... »

L'employé cligna des yeux plusieurs fois.

Il serra le poing plusieurs fois comme s'il ne pouvait croire ce qui venait de se passer dans sa main, avant de s'incliner rapidement jusqu'au sol.

« M, merci beaucoup, Votre Altesse ! Vous avez accordé une telle bénédiction à un roturier comme moi... Merci beaucoup. »

« Non, c'est moi qui devrais vous remercier d'avoir coopéré. »

Je souris amèrement.

Il avait un sourire radieux pour la première fois depuis son entrée dans la pièce, et dit qu'il allait apporter de nouvelles Crêpes Suzette.

*

Demy et moi fûmes les seuls restés dans la pièce maintenant qu'il était 21 heures.

Ganaël et Benjamin partageaient une chambre à côté.

– Grincement...

« C'était une longue journée, n'est-ce pas ? C'est comme ça quand on voyage. »

Demy s'étala sur mon ventre et soupira. En tout cas, cela me parut ainsi.

J'étais allongé en travers sur le lit, consolant le petit garnement tout en dessinant des cercles de guérison sur une feuille de papier.

En soignant la blessure de Morris, l'employé de l'auberge, pendant le dîner, j'avais eu l'idée qu'il serait bien de mémoriser beaucoup de cercles de guérison.

« Comme ce serait bien si je pouvais avoir des capacités comme celle-ci quand je rentrerai. »

Le panda roux dressa la queue en entendant mon marmonnement.

Je ne pus m'empêcher de pouffer face à son action. Je savais que c'était du n'importe quoi.

Même si je pouvais utiliser des pouvoirs de guérison dans le monde réel, il était fort probable que je sois incapable de mémoriser ces cercles compliqués pour les activer.

Plus les maux qu'ils soignent sont graves, plus les cercles sont difficiles à mémoriser.

Construire lentement ; en commençant par les cercles les plus simples est la voie royale sur cette Route Royale.

« On se lave et on va se coucher tôt ? »

– Toc toc.

Quelqu'un frappa à la porte à ce moment-là.

Il y avait des membres de la Garde impériale postés au troisième étage où je logeais, ainsi que dans tous les couloirs du Le Siffre.

Je n'avais aucune raison de me méfier d'un visiteur même à cette heure tardive.

Je posai la serviette mouillée que j'allais utiliser pour laver Demy, et me levai pour ouvrir la porte.

« Bonsoir, Votre Altesse. »

« ... Jeune Lady Sarnez. »

J'eus besoin d'un défibrillateur. Mon cœur s'affaissa.

C'était ma première fois que je rencontrais Christelle seule depuis notre rencontre initiale au Confessionnal du palais impérial.

Il y avait au moins une fenêtre en bois entre nous à ce moment-là, mais là, je portais une chemise dont au moins deux boutons étaient défaits.

« Avez-vous mangé, Votre Altesse ? »

« Bien sûr. Et vous, Jeune Lady Sarnez ? »

J'avançai ma main droite le plus naturellement possible et couvris le côté gauche de mon cou.

Je pensai que cela pourrait m'aider à me couvrir un peu plus.

Je savais que j'étais excessivement autocentré, mais c'était définitivement effrayant d'être seul avec le protagoniste en tenue décontractée à cette heure.

« Oui, je pensais aller me promener car j'étais rassasiée. J'ai entendu dire que le marché nocturne du village de Lucas est ouvert aujourd'hui. »

Christelle sourit radieusement. Je sentis mon cœur s'assombrir en regardant ce sourire qui semblait illuminer le monde entier.

« Elle veut ressortir ? C'est l'endurance d'un chevalier saint... »

« Pourquoi n'y allez-vous pas avec la vice-capitaine Élisabeth ? Je suis un peu fatigué. »

Je refusai vite, sans faire un seul pas hors de la porte.

J'eus l'impression que le coin de mes lèvres allait commencer à tressaillir.

« J'ai demandé à la vice-capitaine Élisabeth en premier mais elle ne peut pas quitter l'auberge à cause du travail. Apparemment ce serait difficile à moins que Son Altesse Royale ou vous ne partiez. »

« La vice-capitaine Élisabeth ! »

« Alors je suppose que vous pouvez y aller avec Son Altesse Royale. »

Je souris. Les yeux de Christelle se plissèrent avec suspicion.

« Vous savez que Son Altesse Royale et moi ne sommes pas à l'aise l'un avec l'autre. Essayez-vous de m'empêcher de m'amuser ? »

« Non, bien sûr pas. J'irai si Son Altesse Royale y va. »

« Hmm. »

« Ai-je fait une erreur ? »

Les yeux bleu-gris de Christelle brillèrent dangereusement.

Elle porta une main à son menton et sembla réfléchir un instant avant de s'incliner extrêmement respectueusement vers moi et de sourire.

Elle se retourna ensuite et s'éloigna vers l'escalier.

Je fermai vite la porte et serrai Demy contre moi.

« Ah, ça m'a fait peur... »

« Il n'y a aucun moyen qu'elle aille vraiment chercher ce bâtard de prince impérial, non ?

Il n'y a aucun moyen que ce bâtard vienne.

Pas possible, hein ?

Hein ? »

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