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Ce qu'il se passe quand le 2nd ML fait grève

Chapitre 187

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Chapitre 187

Chapitre 187

Chapitre 187/20492%~14 min de lecture2 681 mots

Nous avons ensuite établi un plan général, listé les points de vigilance et défini nos codes secrets.

Christelle semblait assez rompue à l'exercice, sans doute parce qu'elle avait déjà monté « l'opération Vérone » par le passé.

Il était l'heure du déjeuner quand nous avons fini, alors nous avons tous mangé ensemble.

Ce serait été plus agréable de pouvoir se détendre en mangeant dans la salle à manger, mais le prince héritier impérial ne pouvait pas repousser toutes ses tâches administratives et la vice-capitaine Élisabeth avait aussi du travail à la Garde impériale.

Le chef Laurence a préparé en urgence des tartines et les a fait monter au salon……

« Waouh. »

C'était extrêmement bon. « C'est vraiment du niveau chef étoilé. »

« Je réfléchis sérieusement à demander une mutation. Pour être honnête, c'est mon entêtement qui m'a poussée à entrer dans la Garde impériale. Mes parents étaient contre aussi. Mais les gens du palais Juliette ont le droit de manger des trucs aussi bons tous les jours ? »

La vice-capitaine de la Garde impériale avait l'air mignonne en finissant son sandwich et en disant ça. J'ai répondu avec un sourire.

« Elle doit trouver ça encore plus bon parce qu'elle mange avec des amis.

« Ceci dit, notre chef est vraiment incroyable aussi. »

« Votre Altesse, la Garde impériale est entrée dans Juliette avec la troupe de cirque. Je les ferai préparer pour qu'ils puissent être interrogés dès que vous les appellerez. »

« Merci beaucoup, Benjamin. »

J'ai répondu vite et j'ai croqué la dernière tranche.

Une grosse baguette tranchée en deux, tartinée de tapenade fraîchement faite, surmontée de saucisson sec qui embaumait le fromage, et finie avec des concombres et des tomates croquants. Ce sandwich frôlait la perfection.

Pendant que j'essuyais ma bouche avec une serviette……

« Tithé, c'est ton hochet, ça ? »

— Ouaf !

« Gasp, il a disparu ! Où est passé l'hochet de Tithé ? »

— Ouaf……

« Il est par laaaà ? Waouh, trop fort ! »

Christelle, qui avait fini de manger, tenait Tithé et jouait avec lui.

Elle avait créé un petit hochet mignon avec de l'eau et avait choqué le phoque veau-marin en cachant le jouet dans ses cheveux avant de le ressortir.

Ses yeux noirs s'étaient élargis comme la pleine lune avant de se recourber en croissant. Les commissures de mes lèvres se sont relevées aussi.

Tithé était si sage qu'il écoutait tout le monde, moi y compris, mais il aimait surtout Christelle.

Il devait ressentir une paix instinctuelle avec elle parce qu'ils avaient tous les deux l'attribut eau.

En revanche, il avait un peu peur d'être près du prince héritier Cédric.

« …… »

— Scrriitch

Le prince héritier allait se lever mais s'est arrêté net quand Demy a attrapé sa cheville.

Perry et Rhea ont dévalé ses jambes comme si elles attendaient ça.

Le jeune homme a poussé un soupir discret avant de se renfoncer dans sa chaise.

« Même toi tu sais que résister aux Trois Mousquetaires Pandas Rouxs mène à la défaite. »

« Ganael, on commencera les interrogatoires dès que la table sera débarrassée. Préparez la pièce d'à côté. »

« Oui, Votre Altesse. »

« …… Dites aux autres domestiques de bien se tenir aussi. »

J'ai donné l'ordre maladroitement. C'était pour instaurer la discipline comme l'avait dit mon prof.

Mon ton a dû sonner bizarre mais les yeux dorés du jeune garçon ont brillé en hochant la tête.

David a profité de ce temps mort pour tendre des documents administratifs au prince héritier.

Je l'ai jeté un coup d'œil et j'ai fait de mon mieux pour dégager une vibe solennelle.

« Est-ce que je devrais faire le hautain comme lui plus tard ? Me cambrer en fronçant les sourcils en permanence ? »

« Haha. »

Sir Johann a pouffé discrètement en voyant ça. « J'ai tellement honte que j'aimerais me terrer dans un trou et crever. J'arrive pas à croire qu'il m'ait vu faire ça. »

─────

Le prince héritier et la vice-capitaine Élisabeth ont fini par devoir partir un moment.

La cérémonie d'ouverture de l'École des Candidats Officiers de la Garnison de la Capitale Impériale, prévue pour novembre, avait été repoussée à décembre. Y'avait beaucoup de boulot à cause de ça.

« C'était pas censé être en octobre à la base ? » Bref……

« Votre Altesse, je vais faire entrer en premier le membre le plus ancien de la troupe, Serge le Malin. »

Ganael a commenté avec entrain. J'ai noté « 1. Serge le Malin » sur mon papier.

J'étais assis au centre d'une grande table, Sir Johann à ma gauche.

Christelle à ma droite, marmonnait des trucs bizarres. « M. Serge, on se revoit au prochain tour. »

« C'est pas l'émission de survie des acrobates ! »

— Clic.

« Placez-vous au centre, là-bas. »

La porte s'est ouverte et Benjamin a donné l'ordre.

Un homme visiblement terrorisé est entré dans la pièce.

Il avait la fin de la vingtaine et ses yeux déjà grands ressortaient encore plus à cause de ses cernes.

C'était difficile de le reconnaître parce qu'il avait un beau maquillage sur le visage quand ils étaient venus jouer au palais Juliette.

Son corps fin comme des baguettes tremblait, ce qui le rendait pitoyable.

Cependant, c'était un interrogatoire pour trouver un voleur en série et une tentative d'enlèvement, donc je ne pouvais pas faire preuve de compassion ou de sympathie.

Il était possible qu'il soit de mèche avec le voleur. Je me suis raidie et j'ai ouvert la bouche.

« M. Serge, je vais poser la première question. »

« Ahhh, Votre Altesse ! »

Serge a bondi et s'est prosterné, le front au sol.

Il avait l'air complètement terrifié. C'était compréhensible.

Ils avaient été arrêtés pendant la parade, n'avaient reçu que des quantités minimales d'eau et de nourriture, avaient été interrogés par la Garnison et la Garde impériale, avant d'être traînés au palais impérial et de se retrouver face à moi, un prince et un marquis.

Moi-même j'avais l'impression que j'allais faire de la phantasmagorie.

« P, pitié, ne me tuez pas, Votre Altesse ! Nous, nous, absolument…… Nous ne savons absolument rien de cette Madame Victoire. Je le jure par le Dieu Tout-Puissant, Votre Altesse ! »

Serge a supplié désespérément. J'ai demandé le plus calmement possible pour l'apaiser.

« J'ai entendu dire que vous étiez le membre le plus ancien de la troupe. Mais quand la troupe est venue jouer à Juliette, j'ai vu une vieille dame. Qu'est-elle devenue ? »

« Euh, heu, ça…… Mes excuses, Votre Altesse. La vieille dame Pomme est décédée…… Oui, Votre Altesse. E, elle est décédée. » Serge a répondu avant de baisser la tête.

J'ai été choquée et j'ai échangé un regard avec Christelle. Elle a demandé sèchement :

« Quand est-elle décédée ? »

« Ça, euh. Elle a été percutée par un carrosse le lendemain de notre venue jouer pour Son Altesse…… Nous n'avons pas vu l'accident, Votre Altesse. Celle qui était avec elle, sa petite-fille, Henriette…… E, elle a géré le corps. Elle ne nous a même pas appelés…… »

C'était une info inattendue. La voix de Serge a commencé à s'étrangler.

J'ai prié pour elle au fond de moi. Si c'était juste après leur spectacle pour moi, ça devait être mi-octobre.

Je ne les avais vus que pendant les deux heures du spectacle, mais je pouvais dire facilement que les membres de la troupe étaient extrêmement soudés.

La vieille dame Pomme avait un maquillage de clown mais ne participait pas au spectacle et restait assise au loin.

C'est pour ça que j'avais été curieuse de son rôle au début du show.

« Bon travail, Serge. Notre petit malin. »

« Merci, mamie. »

J'ai pu comprendre vite sans demander.

Elle surveillait les affaires des jeunes artistes et leur donnait de l'eau, les encourageant sans cesse et leur chuchotant ce qu'ils avaient bien fait et ce qu'il fallait améliorer.

Je me rappelais avoir pensé qu'elle était comme une « manager » chaleureuse en la regardant.

Son dos était voûté et elle avait l'air d'avoir du mal à bouger, mais la vieille dame Pomme n'avait pas chômé du spectacle.

« Vous dites que sa petite-fille, Henriette, a géré les funérailles de sa grand-mère toute seule et est revenue ? »

Sir Johann a demandé. Ses yeux couleur menthe semblaient aussi froids que l'aurore boréale au pôle Nord.

Serge a peiné à respirer avant de répondre.

« N, non monsieur. Elle a dû recevoir un gros choc. » Sanglot. « Elle nous a juste dit un court au revoir et est repartie vers sa ville natale…… Elle est partie au sud. On ne l'a pas revue depuis qu'elle a quitté la troupe, monsieur. Elle n'a pas répondu à nos lettres non plus…… »

L'homme a reniflé. J'ai échangé un regard significatif avec Sir Johann.

« Une dernière question. En comparant les déplacements de Victoire à la route de la troupe de cirque, elles ne correspondent pas complètement mais il y a beaucoup de points suspects. Il semble que chaque fois qu'elle vole un territoire, votre troupe jouait dans le territoire d'à côté. C'est ce qui est écrit dans le rapport de la Garde impériale. Bien sûr, c'est la première fois que Victoire est repérée à une si courte distance. »

« Ah, ah ! Je jure qu'on n'a rien à voir là-dedans, Votre Altesse ! On n'a vraiment aucune idée ! »

Serge était presque frénétique maintenant. J'avais peur qu'il finisse par s'évanouir ou quelque chose.

Le jeune artiste a relevé la tête d'un coup et a proclamé les yeux larmoyants :

« V, Votre Altesse…… Nous sommes p, pitoyablement pauvres et on ne connaît même pas nos origines. Nous sommes des êtres humbles qui avons grandi en ne comptant que les uns sur les autres. S'introduire dans les demeures de personnes éminentes et leur voler leurs biens…… Nous n'avons même jamais envisagé de faire un truc pareil. Si on se fait prendre à faire un truc pareil, n, nous serions exécutés sur-le-champ. Le fait que notre route ait croisé celle du voleur, c, c'est juste- U, un ha, hasard, Votre Altesse…… »

Il a fini en pleurant.

Sa force mentale avait dû atteindre ses limites, son visage pâle suait comme s'il pleuvait sur lui.

Je n'ai pas pu.

J'ai appelé Ganael pour qu'il apporte une couverture et du thé à Serge. Sir Johann a souri amèrement comme si j'étais un cas désespéré. « Désolé, Sir Johann. »

« Détendez-vous, M. Serge. Je peux déterminer si vous mentez ou pas, donc tout ce que vous avez à faire c'est avouer la vérité. Je ferai comme d'habitude aussi. »

Ai-je commenté. Faire le hautain contrairement à d'habitude était aussi inconfortable que de m'obliger à porter des vêtements trop petits.

Une épaisse couverture recouvrait les épaules de Serge aussi.

Il tenait une tasse de tisane de passiflore chaude dans ses mains et on avait apporté une chaise avec dossier.

Il m'a regardée avec un air confus avant de baisser vite la tête quand nos regards se sont croisés.

Au moins, il avait l'air bien mieux qu'avant.

« Ça me soulage. »

« Alors on continue ? »

Christelle m'a demandé d'une voix claire. J'ai souri et hoché la tête.

─────

Le deux décembre……

J'étais dehors, face au palais Juliette, face à une rafale de vent bien frais.

Les domestiques étaient alignés pour me saluer.

Un truc similaire se passait au palais Romero de l'autre côté.

Je pouvais voir le prince héritier et la vice-capitaine Élisabeth monter à cheval.

« Vos protège-pouces aussi, Votre Altesse. »

« Merci Ganael. »

J'ai reçu et mis les protège-pouces.

« Je suis quasi sûr d'avoir entendu que le temps était plutôt calme à part la saison de canicule. C'est ce que j'ai entendu, mais…… »

J'imagine que tout devient exceptionnel quand le protagoniste d'un roman apparaît ou qu'un héros se lève sur le continent.

D'après Benjamin, il avait fait exceptionnellement froid depuis l'automne cette année.

De fortes rafales avaient commencé maintenant qu'on était en décembre.

« Bien sûr, bien sûr. » Ça faisait un moment que je ne m'étais pas lamenté sur mon rôle de second couteau comme ça. J'étais déjà anxieux.

Comment le corps du prince Jesse, qui ne supportait pas du tout la chaleur, allait-il réagir au froid ?

« Vos oreilles vont avoir froid en montant, Votre Altesse. »

Le gentil Benjamin m'a mis la capuche.

L'objectif du jour était clair.

On avait fini sereinement les interrogatoires des artistes hier et on avait fixé le cap pour notre enquête.

C'est pour ça qu'on ne pouvait plus repousser.

Il était temps de mettre le plan « appât » en action en partant à cheval sans carrosse.

On chevauchait pour capturer Madame Victoire.

« Salut, enchanté. »

— Hiiiiii

J'ai salué le cheval que je monterais aujourd'hui.

J'ai caressé son encolure et le brave petit gars a accepté mon contact sans souci.

Le p'tit gars était un cheval blanc de deux ans que Benjamin avait préparé l'été dernier comme cadeau d'anniversaire pour moi.

Ils avaient escorté ce cheval précieux depuis le territoire de sa famille, le comté Girardin, réputé pour ses bons chevaux.

En d'autres termes, c'était ma première fois que je rencontrais ce cheval. Je n'avais même pas encore de nom pour lui.

« Grand frère sera pas si lourd. Je suis pas débutant, mais, heu. Prends bien soin de moi, p'tit gars. »

« C'est une jument, Votre Altesse. »

« Eek, pardon. J'avais oublié. S'il te plaît, ne fais pas tomber ce vieux de ton dos. »

— Hnnnn……

J'ai vite rectifié mais elle avait l'air un peu bougonne.

C'était clair que j'avais perdu des points dès la première rencontre.

J'ai fait un câlin à chacun de nos p'tits trouble-fêtes, dit au revoir à Gerrit, et je suis montée en silence sur le cheval.

Je n'emmenais pas les bêtes divines au cas où j'aurais besoin de me déguiser pendant le voyage. Seulement Percy, qui était facile à cacher, venait avec moi.

Il était dans mes vêtements et sortait juste la tête en gazouillant. « T'es une vraie pipelette, toi. »

« Je reviens vite. Ne vous inquiétez pas pour moi et reposez-vous bien. Demy, écoutez bien Benjamin et Ganael. Tithé, pas trop de natation nocturne. »

— Ouîn

— Ouaf

En tout cas, les deux avaient l'air de dire oui. J'ai pouffé et j'ai donné des coups d'éperons.

Sir Johann, qui me gardait, est resté collé derrière moi.

« Houp ! »

On n'est pas censé faire galoper un cheval dans le palais impérial, mais j'étais excitée parce que c'était ma première fois que je faisais un truc comme ça.

La brise fraîche a frôlé mes joues et mes cheveux.

J'ai quasi instantanément débarqué devant le palais Romero, pour trouver le prince héritier, perché sur un élégant cheval noir, qui me regardait comme si j'étais immature.

« D'accord, délégué de classe. Je courrai plus dans les couloirs. »

« Bienvenue, Prince Jesse. Ton cheval est magnifique. »

« C'est ta première fois à cheval ? »

« Votre Altesse ! »

La jeune comtesse, le cochon, et Christelle ont chacune fait un commentaire.

Je me suis tournée vers la plus bruyante des trois, notre protagoniste.

Une poupée sur un cheval s'approchait de nous.

Ses cheveux roses étaient soigneusement tressés sous un chapeau genre macaron. Elle avait une cape qui lui descendait aux hanches, et il y avait un tuyau qui relâchait de la fumée bleue dans sa main……

« Attends. »

« Dame Sarnez ? »

« On va capturer Henriette, Watson ? »

Elle a fait un claquement de langue. Puis elle m'a fait un clin d'œil.

Je n'ai pas pu répondre tout de suite et j'ai juste ouvert et fermé la bouche quelques fois.

« C'est le concept que je crois ? Y'a pas trop de décalage temporel avec ce monde ?

« Non…… Est-ce qu'il est trop tard pour avoir ce genre de pensées ? »

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