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Ce qu'il se passe quand le 2nd ML fait grève

Chapitre 134

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Chapitre 134

Chapitre 134

Chapitre 134/19170%~14 min de lecture2 697 mots

Deux jours plus tard… C'était une nuit où l'obscurité avait croqué environ un tiers de la pleine lune.

– Couiiiiik.

« Désolé, Rhea. Tu dois avoir sommeil. Rentrons vite et allons dormir. »

J'enlaçai le panda roux qui gémissait et chuchotai.

Ce n'était pas ma première fois à la porte arrière du palais Romero, mais l'endroit me semblait étranger et maladroit, sans doute parce qu'il était tard et que personne ne se promenait.

C'était complètement silencieux parce que la vice-capitaine Élisabeth avait fait dégager les gardes de ce côté pendant une trentaine de minutes.

Je levai la tête et comptai les fenêtres. « Un, deux, trois…… »

« Trouvé. Allez les amis, des lianes vers cette fenêtre-là, s'il vous plaît. »

– Couiiiiik.

Demy et Perry se mirent aussitôt à faire pousser des lianes à ma demande.

J'avais Rhea sur l'épaule, le cadeau sur le flanc, et deux pandas roux pendus dans mon dos et à ma jambe tandis que j'enjambais les lianes, une marche après l'autre.

Je me souvenais avoir vécu une expérience similaire pour secourir Demy, mais je ne cessais de me questionner, sans doute parce que l'objectif était totalement différent.

« Est-ce que j'ai vraiment besoin de faire ça ? »

« ……Mais quand même… Il vaut mieux que ce soit moi qui le dépose. »

– Grooo.

Perry piailla comme pour répondre.

J'avais appris les bases de la couture auprès du chef tailleur et avais réussi, tant bien que mal, à boucler le cadeau d'anniversaire du bâtard de prince héritier, mais la livraison posait problème.

Je ne pensais pas que les serviteurs ouvriraient la boîte en route, mais qui sait ?

Même si tout l'Empire a entendu parler de mon amitié avec le prince héritier, je restais le prince d'un royaume hostile et un otage diplomatique.

Je ne supporterais pas la honte si David, Geoffrey ou n'importe qui d'autre au palais Romero vérifiait le contenu.

« C'est dur d'être dans un monde sans gifticon. » (NDT : Gifticon est un nouveau service de cadeaux qui envoie un message échangeable contre un produit réel sur le téléphone de l'autre personne.)

Je marmonnai tout bas.

Il y a à peine cinq mois, je vivais dans un monde où, même si un ami ne disait pas ce qu'il voulait, je pouvais chercher et envoyer facilement un cadeau correct que j'avais trouvé.

Je n'étais pas du genre obsédé par mon téléphone, mais il me manquait par moments comme ça.

Bien sûr, tout ce qu'on peut acheter sur internet n'avait probablement aucune valeur pour le bâtard de prince héritier.

« Pouuousse. »

– Tap !

J'atterris en douceur sur le balcon. Bien que je sois nul en orientation, j'avais bel et bien compté les numéros.

C'était la pièce où le prince héritier m'avait envoyé le code.

La porte-fenêtre était entrouverte comme je l'avais vu de loin, et une lumière douce éclairait l'intérieur.

« J'ai l'impression de tourner un film d'espionnage chaque fois que je viens au palais Romero. »

– Grincement……

Je serrai les dents et tirai la porte. Les rideaux tremblaient légèrement sous la brise de fin d'été.

D'abord, je jetai un coup d'œil pour inspecter la pièce, puis Demy, Rhea et Perry firent de même à tour de rôle.

Heureusement, personne n'était là. « Merci beaucoup, author-nim ! »

« C'est bon. C'est déjà demi-réussi. »

Je me donnai du courage, relevai mes talons et me dirigeai vers une table voisine.

Les bêtes divines trottinèrent vers moi et m'entourèrent également.

L'endroit ne semblait pas être une chambre mais la pièce attenante à une chambre ou un salon.

C'était, comme prévu, bien plus luxueux et grand que le palais Juliette, mais je n'avais pas le temps de regarder autour.

J'ouvris la boîte une dernière fois et vérifiai l'intérieur avant de laisser le cadeau et de m'enfuir.

– Chuuuuuuuuuu……

Une vive lumière jaillit. Je plissai les yeux et saisis le collier.

Cette pierre sacrée, finement ouvragée pour ressembler à un diamant, était l'œuvre de Frank, le forgeron impérial.

L'éther que j'avais passé deux jours à insuffler dans la pierre sacrée vide, sans laisser le moindre espace non rempli, brillait d'un or blanc.

Je m'assurai minutieusement qu'il n'y avait aucun interstice dans l'éther avant d'inspecter le cordon.

« Mince. »

« Est-ce que je l'enlève ? »

J'avais tiré les fils du cordon décoratif du confessionnal que ce punk de Sadie avait coupé et les avais cousus en collier pour qu'il puisse porter cette pierre, mais……

Tout le monde voyait clairement à quel point c'était bâclé. Même Percy avait battu des ailes plus tôt dans la journée comme pour se moquer de moi.

Je regardai les fils qui se défaisaient lentement et soupirai. « Ce n'est pas une partie d'enfants, non plus.

J'aurais dû prendre l'un des colliers que les nobles m'avaient offerts et y mettre les pierres à la place. »

– Pouiiiik !

Demy, qui avait grimpé le long de mon bras, lécha mon doigt.

Pour être exact, c'était la partie que Ganaël avait enveloppée de tissu blanc.

Je souris amèrement et caressai le dos de la bête divine.

« Il me dit de le donner au prince héritier puisque j'ai même versé mon sang à faire de l'aiguille ? »

– Clic.

« Fils de… »

La porte s'ouvrit à cet instant.

Je refermai la boîte d'un coup, attrapai les gamins et sautai sur le balcon.

Je ne me souviens même plus de mon état d'esprit quand j'enjambai la rambarde.

C'était l'une des très rares fois où j'avais bougé aussi vite depuis ma transmigration dans ce monde.

– Pas… pas…

J'entendis quelqu'un marcher sur le tapis. Je retins mon souffle en silence et baissai la tête sous les lianes.

Les trois mousquetaires pandas roux restaient sages et ne me quittaient pas des yeux.

« …… »

Les pas s'arrêtèrent une fois près du balcon.

Mon cœur battait à tout rompre comme si j'avais commis un crime horrible.

Ce serait le pire si le prince héritier lui-même me trouvait, mais ce serait aussi grave si David ou l'un des autres serviteurs me découvrait.

Je ne voulais pas provoquer de scandale alors que la vice-capitaine Élisabeth m'avait aidé.

Je fermai les yeux de toutes mes forces.

– Grincement, clic.

Flash. J'ouvris les yeux et relâchai la respiration que je retenais inconsciemment.

Je ne savais pas qui c'était, mais cette personne avait dû s'approcher du balcon pour verrouiller la porte.

Je sortis la tête pour voir que la porte, maintenant verrouillée, était masquée par les rideaux.

Je ne pus m'empêcher de sourire de soulagement.

« J'ai réussi. »

– Grincement !

« Chut, chut. »

Je fis taire les pandas roux amusés et regagnai vite le sol.

Je n'oubliai pas non plus de leur faire sécher les lianes en poussière pour effacer nos traces.

C'était la méthode qu'avait imaginée le prince héritier pendant « l'opération Vérone ».

Il s'était demandé s'ils pouvaient faire faner les plantes aussi, puisqu'ils pouvaient les faire pousser avec leurs pouvoirs d'attribut terre.

Comme prévu, le protagoniste savait user de sa tête.

« ……Je ne lui ai pas écrit de carte. Ça va, non ? »

– Pouiii ?

Je chuchotai en marchant vite vers le palais Juliette et Demy ouvrit grand la bouche.

Je rigolai et acquiesçai. « Ouais, c'est trop gênant d'échanger des cartes aussi. »

*

La semaine qui suivit fut d'un calme absolu. Je profitai à nouveau de l'emploi du temps relaxant du palais impérial.

J'assistai fidèlement à tous mes cours avec la cardinale Boutier et mon Domaine Sacré d'archevêque fut inspecté à chaque fois.

Bien que nous ayons déjà confirmé le mois dernier que mon Domaine Sacré était bien plus vaste que la moyenne, ma maîtresse semblait ravie à chaque fois qu'elle voyait mon cercle.

Me faire complimenter me donnait l'impression d'avoir retrouvé mes années d'étudiant et c'était agréable.

« Tu deviendras un grand cardinal, mon petit prince. »

« Mm…… »

Je n'oubliai pas non plus d'accompagner Christelle à son entraînement de chevalier saint avec sir Johann.

Le prince héritier n'avait pu assister à aucun cours depuis sa cérémonie de confirmation de succession, mais elle semblait plutôt contente de cela.

Je ne l'avais vu de loin qu'une ou deux fois, mais il ne semblait ni manquer d'éther ni être fatigué.

Il avait juste l'air extrêmement occupé. « Je me demande s'il a reçu le collier ? »

« Puisqu'il ne s'intéresse pas à ses cours, j'espère qu'il ira se marier aussi. Comme ça, il n'aurait plus aucune raison de nous voir, non ? »

Le protagoniste dit quelque chose de terrifiant.

« On ne peut pas casser le setting ! Qu'est-ce que j'ai fait d'autre ? Ah oui. Je suis allé avec Sand et Gerrit voir le match de polo du marquis François Duhem. »

J'avais demandé à la vice-capitaine Élisabeth le mois dernier et elle avait réussi à nous dégoter des billets à nouveau.

Tous les deux disaient que c'était leur première fois qu'ils regardaient du polo, mais ils semblaient complètement obsédés à la fin du match.

Le visage de Gerrit était rouge quand il réussit à obtenir la signature du marquis. « Ça pourrait être un peu dangereux. »

« Ah ah, tu es tombé pour François Duhem, le symbole de la victoire. C'est prévisible ! »

Les yeux rose clair du bel homme pétillaient de joie. « Je suis content que tu aies un nouveau fan numéro un. »

Retour au présent… J'étais vêtu d'une tenue impériale luxueuse alors que je descendais maladroitement le couloir du palais de l'Impératrice.

Aujourd'hui était le jour de porter cette nouvelle tenue que la boutique m'avait préparée pour recevoir mon titre de marquis.

Je comptais partir pour mon territoire immédiatement après la cérémonie.

Les tenues du Venetiaan avaient beaucoup de courbes et la couche extérieure descendait presque jusqu'au sol, tandis que les nobles de Riester s'habillaient comme des personnages de fantasy typiques.

Bien que j'aie emprunté les vêtements du serviteur Pierre pour infiltrer le palais Romero et porté des habits de roturier au village d'Aightz……

J'étais gêné parce que je ne m'étais jamais habillé correctement comme ça auparavant.

« Votre Altesse, je parie 500 francs sur Angélique. »

« Ganaël, je crois que tu paries trop. »

Je réprimandai calmement le jeune garçon.

Ma famille au palais Juliette avait une cagnotte sur le nom que la famille impériale désignerait pour mon territoire.

Les gens du palais impérial travaillaient généralement en silence et avaient l'air plutôt cools, mais chaque fois qu'un truc comme ça arrivait, ça finissait toujours en paris.

La famille impériale semblait fermer les yeux là-dessus comme sur un simple sport.

Les yeux dorés de Ganaël brillèrent quand il répondit.

« Mais le seigneur Benjamin participe aussi, Votre Altesse ! »

« Hmm ? »

« J'ai parié 1000 francs sur Lunaire, Votre Altesse. J'ai entendu dire qu'Éminence avait suggéré celui-là. »

« Tu es censé être le chef des serviteurs du palais Juliette, mister, pourquoi tu en es si fier ? »

Ma bouche s'ouvrit et se referma sans un mot, incrédule.

Intérieurement, je faisais de mon mieux pour comprendre ce que Lunaire voulait dire.

« Puisque les mythologies romaines appellent la déesse de la lune Luna, ça veut probablement dire lune. »

C'était cent mille fois mieux qu'Angel, mais je ne savais pas trop……

« Je vais vous aider pour votre entrée, Votre Altesse. »

Un serviteur du palais de l'Impératrice, posté devant la salle d'audience, s'inclina vers moi à ce moment-là.

Je restai raide en m'inclinaisant en silence en retour.

Ce n'était pas ma première fois dans la salle d'audience ni que je voyais l'impératrice Frédérique, pourtant tout me semblait neuf en pensant que j'allais devenir noble de l'Empire.

Je serrai la main en poing avant de l'ouvrir à nouveau.

« Nous attendrons dehors, Votre Altesse. »

« À plus tard en tant que marquis, Votre Altesse ! »

« Premier prince du Royaume Saint de Venetiaan, Jesse Venetiaan, entre maintenant ! »

Un bruit retentit alors que la haute porte s'ouvrait.

Le spectacle que j'avais vu le jour de l'arrivée d'Elise réapparut.

Je pouvais voir l'impératrice et la cardinale à l'autre bout, au sommet des marches.

Aujourd'hui, j'avais le droit de marcher sur le tapis rouge.

J'avalai ma salive avant de commencer à avancer.

J'entendais les Pairs de Riester et les chevaliers à droite et à gauche chuchoter en me regardant.

« Oui, Son Altesse Royale personnellement……

« Duc de Sarnez ? Mon Dieu. »

La plupart des chuchotements semblaient concerner le prince héritier et la maison de Sarnez.

Je ne me laissai pas perturber et arrivai au plus près de la famille impériale.

Je ne réalisai que le prince héritier était à la gauche de l'impératrice après m'être agenouillé sur un genau au bas des marches.

Je sentais ses yeux orange posés sur mon visage. « J'ai des miettes de pain ou quoi ? »

« Je salue le soleil descendu sur terre et Votre noble Éminence, qui a reçu la bénédiction du Dieu Tout-Puissant. »

« Bienvenue. Aujourd'hui est un jour spécial pour toi. »

L'impératrice, digne sur son trône, répondit. J'entendis alors des serviteurs aller et venir rapidement.

Je jetai un coup d'œil et vis quelqu'un avec un coussin rouge foncé et un rouleau doré entrer par la porte latérale.

Quelqu'un avec un grand et épais drapeau le suivait. « Ils ont l'air d'avoir un morceau de tissu aussi. Une cape ? »

« Le bruit de tes yeux qui bougent dans tous les sens est assourdissant. Sois patient, tout sera à toi. »

Tressailli. Les nobles pouffèrent discrètement tandis que l'impératrice me taquinait. Mes oreilles devinrent aussi chaudes que des gaufres brûlantes.

Je baissai encore plus la tête et fermai la bouche.

– Clang !

J'entendis le son net d'une lame. Cette fois, je dus relever la tête, choqué.

L'épéiste aux cheveux argentés, qui s'était levée de son siège, avait tiré son épée sacrée, Durandal, et me regardait de haut.

Ce ne fut qu'un instant, mais j'eus l'impression que la pointe de son épée portait l'aura d'un maître d'armes.

Je savais que c'était un rituel essentiel, mais j'eus quand même peur.

La cardinale essaya de me consoler tandis que j'étais figé.

« C'est bon, mon petit prince. Ferme juste les yeux. »

« C'est pas bon du tout ! » Sa façon de parler me donnait l'impression que je devais laisser mes dernières volontés ou quelque chose.

Je pensai au menu du déjeuner avec les bêtes divines et réussis à peine à garder mon poker face.

Pour tous ceux qui reçoivent un titre dans l'Empire, devoir tendre le cou sous la lame d'un maître d'épée… n'était-ce pas un procès trop cruel ?

« Prince Jesse Venetiaan. Tu as soutenu le prince héritier impérial du grand Riester pour mener à bien la Grande Éradication des bêtes démoniaques et as reçu les louanges du peuple après avoir réveillé l'objet divin de l'Empire qui dormait depuis longtemps. »

L'impératrice commença à parler d'un ton solennel.

Des images défilèrent dans mon esprit sur ces moments.

« De plus, tu as joué un grand rôle en apaisant les âmes du prince héritier et de la jeune lady Christelle de Sarnez, les seuls chevaliers saints de l'histoire de l'Empire. Tu as joué un rôle significatif dans la défaite d'une bête démoniaque apparue au centre de la capitale impériale et le sauvetage de nombreuses personnes dans le processus. Enfin, tu as aidé le chevalier saint Johann Geens à obtenir l'asile et à augmenter significativement la force militaire de l'Empire. Cela devrait aussi être hautement considéré. »

Mon instinct me disait quelque chose. Il me disait que la dernière déclaration était improvisée.

Je clignai des yeux et relevai lentement la tête.

L'impératrice me souriait élégamment. Mes joues rougirent.

« Pour tous tes mérites, cette impératrice te confère légitimement un titre de noblesse dans l'Empire et te promet sa bénédiction éternelle. »

Elle tapota mes deux épaules avec le plat de sa lame.

Je souris largement tandis que l'émotion me submergeait quand je croisa le regard brûlant du prince héritier.

Les mots suivants de l'impératrice me percèrent les oreilles.

« Tu es maintenant l'un des miens. Marquis de Sérénité. »

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