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Ce qu'il se passe quand le 2nd ML fait grève

Chapitre 129

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Chapitre 129

Chapitre 129

Chapitre 129/19168%~15 min de lecture2 860 mots

Le ciel était désormais aussi noir que les grands fonds.

Une grosse pleine lune montrait son visage à l'est.

« Percy, tes capacités sont tellement bonnes. Tu es le meilleur objet divin. »

– Flap, flap !

L'Arche battit de l'aile comme si elle était heureuse de mon compliment.

Le battement fit défiler des dizaines de mètres en un swish ! En un instant, nous avions parcouru une très grande distance.

Je ne pus m'empêcher de rire tant c'était divertissant.

C'était une sensation complètement différente de l'apesanteur qu'on ressent dans une tour de chute.

Je sentis la brise fraîche et regardai en bas.

Nous avions survolé la haute montagne noire et la zone suivante qui paraissait verte même dans l'obscurité. Le Palais Impérial était maintenant sous nos pieds.

C'était totalement incroyable.

'Je n'arrive pas à croire qu'on était si proches d'ici.'

« Ce doit être votre première fois que vous voyez le Palais Impérial depuis le ciel, Votre Altesse. »

« …… »

Le Prince Impérial Cédric ne répondit pas, mais il ne semblait pas mal à l'aise pour autant.

Ses cheveux noirs flottaient doucement dans le vent.

Grâce à la puissance divine de l'Arche, il pendouillait à moi avec une résistance à l'air quasi nulle. On avait presque l'impression qu'il volait à moitié lui aussi.

Du coup, le corps du Prince Impérial, relié au mien par les vignes, donnait l'impression d'un petit haltère.

Çaurait été difficile de voler comme ça sur une longue durée, mais ça allait vu que c'était un court trajet.

« Là-bas ! Des lampes divines volent au-dessus, Votre Altesse. »

Ma voix monta d'un ton sous l'effet de l'excitation. J'ai dû l'imaginer, mais j'ai eu l'impression que le bâtard de Prince Impérial poussait un soupir.

Les lumières orange se rapprochèrent et tournèrent autour de nous comme pour dire bonjour avant de disparaître lentement derrière la montagne arrière.

Je regardai béatement avant de réaliser quelque chose de particulier.

« Il y a des trucs écrits sur les lampes. Vous le saviez, ça, Votre Altesse ? »

Le Prince Impérial m'ignora complètement.

Je m'en fichais de sa réponse et attrapai délicatement l'une des lampes.

Je vis que quelqu'un avait écrit sur l'extérieur de la lampe d'une écriture inégale.

« Ça dit qu'ils espèrent que vous serez toujours en bonne santé, Votre Altesse. Ils veulent aussi vous féliciter d'être devenu Prince Héritier Impérial. Mais ils ne savent pas trop c'est quoi parce qu'ils sont jeunes. »

Je se mis à sourire. On dirait qu'un enfant a écrit celui-là.

Je regardai le Prince Impérial en bas, mais ses yeux couleur coucher de soleil ne montraient pas grande joie.

Je relâchai la lampe dans ma main et attrapai délicatement la suivante.

Celle-là avait une écriture plutôt mature.

« Apparemment, le fait que vous ayez sorti l'Épée de Sagesse pendant la Grande Éradication des Bêtes Démoniaques a laissé une sacrée impression à cette personne. Elle devait être bien placée. Je n'ai pas pu voir ça, moi. »

Je marmonnai tout bas. Le Prince Impérial releva le menton pour m'envoyer un regard qui semblait dire que j'étais stupide.

'Qu'est-ce que tu veux, toi ? Tu sais à quel point j'étais crevé après vous avoir sauvés, toi et Christelle, ce jour-là ?'

« La suivante, »

Le vent qui effleurait mon front faisait du bien.

Je laissai Percy, le meilleur pilote qui soit, en mode auto avant de lire la lampe divine.

'Après avoir vu Son Altesse une fois de loin, j'ai arrêté de vendre du vin et je me suis mise à l'apiculture. Comment ne pas le faire quand il me tombe du miel des yeux ? C'est quoi ce bordel ? Pass.'

« J'ai vingt ans, je suis une noble, et toutes mes camarades ont mis leur vie entre les mains de Son Altesse. »

« ……Calmons-nous. »

Je fourrai la lampe divine plus loin.

Peut-être parce que les gens avaient écrit ces messages en pensant qu'ils ne les reverraient jamais, mais c'était un sacré spectacle en les lisant.

'Qui ne sait pas que le protagoniste masculin est un beau gosse ?'

« Y avait-il quelque chose d'offensant ? »

« Ce serait divertissant si c'était le cas, Votre Altesse. »

Je rétorquai. Le Prince Impérial renifla comme s'il était d'accord.

L'Arche battit une fois de l'aile et nos deux corps dépassèrent le groupe de lampes divines.

On avait l'impression de frayer un chemin à travers des ballons scintillants.

La dernière lampe que je vis portait une phrase soigneusement écrite.

'Je te souhaite sincèrement un joyeux anniversaire.'

« Mm. »

'……Qu'est-ce que je devrais lui offrir comme cadeau d'anniversaire ?'

Je n'y avais pas pensé dans la forêt ni au village d'Aightz parce que toute mon attention était focalisée sur le retour au Palais Impérial.

J'avais reçu un cadeau de sa part pour mon anniversaire, et je ne pouvais pas l'ignorer vu qu'on était maintenant amis. Je jetai un coup d'œil vers le Prince Impérial.

À cet instant…

– Swooooooosh !

« Urgh ! »

Percy piqua soudain du nez. J'avais le dos trempé de sueur froide après cette chute vertigineuse.

'Excusez-moi, conducteur, y a-t-il de la turbulence ?'

« Percy, haaaa. »

Je poussai un halètement. Je pouvais maintenant voir les rues de la Capitale Impériale au sol.

C'était pas comparable à la vue de Séoul la nuit, mais des torches et des lumières magiques étaient allumées partout, rendant l'endroit brillant et beau.

Je regardai béatement le paysage au-delà des lampes qui flottaient ça et là. 'C'est trop bô……'

« Attendez. »

Ma voix s'assombrit.

« Quoi ? »

« C'est tout des gens, ça ? »

Je sentis ma poitrine se serrer en posant la question au Prince Impérial.

La zone sombre ressemblait à une route, mais c'était en fait juste des rues bondées de monde.

Des milliers de mouchoirs et de bouquets étaient agités, me donnant le tournis pour une raison bien différente d'avant.

'Moi, je pensais juste que ce serait le niveau de foule de la Grande Éradication des Bêtes Démoniaques. Ça……'

« Le fait que ce soit la veille de la cérémonie de confirmation de succession a fait venir plus de monde que d'habitude. »

Le Prince Impérial commenta ça avec nonchalance, comme s'il parlait d'avoir des œufs cocotte au petit-déjeuner.

Je sentis Percy descendre lentement. Je fronçai les sourcils et pris de grandes inspirations.

Je ne pouvais plus me retirer à ce stade et ma détermination à livrer le Prince Impérial restait ferme.

Mes tripes se nouaient — pas à cause du vol — mais à cause du trac.

J'entendis peu à peu les acclamations tonitruantes de la foule.

« Waaaaaaaaaaaaaaaaaaa ! »

'Ça me rend dingue. Je vais livrer ce bâtard et rentrer illico au Palais Juliette.'

Cette pensée occupa tout mon esprit.

─────

« Huut ! »

– Clack, clack !

Élisabeth éperonna son cheval pour le faire avancer. Elle apercevait les lumières du village devant elle.

Elle se mit à sourire. Elle était certaine de pouvoir retrouver ses amis cette fois.

Bien qu'elle n'eût vécu que vingt-quatre ans, une personne comme elle, qui avait sillonné tout l'Empire à soigner des bêtes démoniaques et s'entraîner à l'épée, possédait une intuition bien à elle.

La Jeune Comtesse mena la Garde Impériale et franchit l'entrée sombre du village.

C'était Aightz, le village le plus proche de la destination de ce putain de portail de guerre.

– Neeeeeeigh !

« Woah, woah ! »

Le destrier s'arrêta net et cabra.

Élisabeth et ses subordonnés se tournèrent tous vers le même endroit.

Ils purent sentir l'odeur épaisse de porc rôti.

La cour d'une petite maison à l'entrée du village était pleine de visages familiers.

Elle était convaincue qu'elle les trouverait ici, mais c'était chocquant parce que ça s'était produit si vite.

Ses yeux gris se remplirent à la fois de chaos et de joie.

« ……Jeune Dame Christelle ? »

« Vice-Capitaine Élisabeth ! »

« C'est la Vice-Capitaine Élisabeth ! »

Christelle, qui avait les deux joues bourrées de laitue et de viande, ainsi qu'Eva, bondit et courut vers elle.

Ses joues hautes étaient pleines de joie. Élisabeth sourit largement et mit pied à terre.

Tous trois devinrent un gros paquet en s'enlaçant.

Les membres de la Garde Impériale, qui avaient tant bossé ces derniers jours, applaudirent depuis l'arrière.

Élisabeth pouffa parce qu'elle trouvait ça drôle.

'C'est rien.'

« Vice-Capitaine Élisabeth, vous avez bien bossé. Je savais que vous arriveriez à nous trouver. »

Christelle mâchouillait la viande en commentant avec admiration.

« Oui, Monsieur François a bien fait. Vous avez tous été géniaux de dormir à la belle étoile alors que c'était pas prévu au programme. »

Eva ricana à la réponse de la Jeune Comtesse.

La Jeune Duchesse et Christelle portaient toutes deux de simples vêtements de roturières.

Elle vérifiait qu'elles n'étaient pas blessées quand elle entendit une voix joyeuse.

« Bienvenue, Vice-Commandante Moutet. Vous avez un peu de retard. »

Elle leva la tête pour voir les coins des yeux couleur menthe de la personne se plisser légèrement. Elle aperçut aussi le petit Geens caché derrière lui.

Élisabeth répondit au duo par une question.

« Qu'est-ce que vous voulez dire, Sir Geens ? »

« Les deux Altesses sont déjà parties vers la Place Claire. Elles ont reçu l'aide d'un objet divin. »

« Quand vous dites objet divin…… »

Les yeux de la Jeune Comtesse s'écarquillèrent. Eva, encore dans ses bras, marmonna vers elle.

« C'est l'Arche de la Divinité du Vent. Percy ! »

Elle se rappela l'objet divin violet clair, celui qu'elles avaient vu dans la Tour de l'Horloge d'Yvelines et qui avait protégé le Prince Jesse de Sir Geens.

Elle se souvint qu'il avait accompagné le Prince Jesse sous la forme d'un oiseau de cheminée. Il l'avait sans doute aidé à nouveau.

Élisabeth pouffa. Un sentiment de choc et de soulagement se libéra du fond de ses entrailles.

« Nous prévoyons de partir tôt demain matin. Reposez-vous un peu et on y ira ensemble. Vous devez toutes être crevées. »

Christelle frotta le dos d'Élisabeth en commentant.

Puisque c'était la cérémonie de confirmation de succession du Prince Héritier Impérial demain, même une nuit blanche ne suffirait pas si elles allaient chercher autre chose à faire.

Pourtant, Élisabeth se contenta d'acquiescer.

On avait l'impression qu'elle retrouvait ses amies après des années d'absence. La tension dans son corps s'était relâchée et elle n'avait qu'une envie : s'allonger.

Son fiancé pourrait bientôt rencontrer le Prince Jesse lui aussi puisque tout était résolu maintenant.

Elle regarda les subordonnés qui l'avaient suivie ici et fit un signe de menton.

Ces crétins sans réflexion se contentèrent d'acclamer.

« Bien sûr, l'alcool est interdit. Et n'oubliez pas de faire tourner les tours de garde. »

« Ah…… »

Leurs épaules s'affaissèrent sous ses ordres fermes. Christelle sourit largement et fit signe vers la cour.

« Les anciens, on a de nouveaux invités ! Ne vous inquiétez pas, ils ne font pas peur du tout. Vous pourriez juste aller chercher un peu plus de viande ? »

« Ce sont nos amis ! »

Eva tira Gerrit avec elle en disant ça.

Une femme, qui était restée complètement raide comme le groupe de villageois âgés inconnus, s'inclina vers Élisabeth à cet instant.

Élisabeth regarda de plus près et reconnut que la femme tenant les pinces pour la viande était la garde forestière du Palais Impérial, Agnès.

Élisabeth laissa échapper un souffle d'incrédulité.

'Mais comment tout le monde a fini par se retrouver ici ?'

« Vice-Commandante Moutet. Il y a quelque chose que je dois vous dire. »

Le Chevalier Saint, qui n'avait pas quitté son côté, commenta d'une voix décontractée.

Élisabeth caressa l'encolure du cheval en le regardant.

Sir Geens lui montra des cailloux transparents.

« Ce sont- »

« Ce sont des pierres sacrées. La Jeune Dame Blanquer et mon fils les ont trouvées par ici. »

Élisabeth fronça légèrement les sourcils.

Les pierres sacrées qu'elle avait apprises étaient des objets qui apparaissaient dans les livres d'histoire. Elles n'avaient aussi jamais été découvertes dans l'Empire auparavant.

Elle le regarda pour voir s'il y avait un autre sens à ses mots et la réponse qu'elle obtint fut simple.

« Oui, c'est exactement ce que vous pensez. »

─────

'Toutes les pierres tombales de Riester porteront le second prénom de la personne.'

Palais Romero Claire Riester.

C'était le père de l'ancienne Impératrice, Céline Riester, le tueur d'amants tragique, et le Seigneur de Guerre qui avait fait ériger sa statue sur la place centrale.

Sarah Belliard était assise seule dans sa calèche, notant ses pensées dans son carnet au fur et à mesure qu'elles venaient.

Bien sûr, elle était invitée à la cérémonie de confirmation de succession de demain aussi, mais il y avait une raison pour qu'elle vienne personnellement à la Place Claire au lieu d'envoyer un autre journaliste du .

– Knock knock.

Un valet de la Maison de Baronnet Belliard frappa à la portière de la calèche.

La portière s'ouvrit immédiatement quand Sarah frappa en retour.

Le bruit des 20 000 personnes sur la place explosa dans la calèche.

Elle regarda son valet à travers ses lunettes.

« Toujours rien ? »

« Oui, Lady Belliard ! Le cortège de la Famille Impériale est silencieux aussi. Il ne semble pas que Son Altesse sera là cette année ! »

Le valet répondit presque en hurlant. Elle agita la main au lieu de répondre. La portière se referma vite.

« ……Est-ce un problème de santé ? »

La vieille femme marmonna pour elle-même.

Le fait que le Prince Impérial n'ait pas participé à la répétition du matin s'était lentement répandu hors du Palais Impérial et la plupart des Pairs de Riester en étaient déjà au courant.

Il était facile de former une hypothèse en ajoutant les connaissances de base qu'elle avait déjà.

Il avait été pas mal malade depuis petit.

Il y eut un moment où il tomba dans la « Nuit du Prince Impérial » et ne put rester éveillé que quelques heures par jour.

Son état aurait soi-disant beaucoup guéri depuis la mort du Prince Consort, mais l'intuition de journaliste de Sarah lui disait que ce n'était pas vrai.

Peut-être que le Prince Impérial souffrait encore de la malédiction-

'Ça peut paraître arrogant, mais j'espère que vous ne le considérerez pas comme une malédiction.'

Elle se rappela soudain les mots d'un certain Prince. Ses lèvres se tordirent en un sourire amer.

Ce fut à ce moment-là.

« Waaaaaaaaaaaaaah ! »

Sarah tressaillit et tourna la tête. Les acclamations étaient si fortes qu'elles lui faisaient mal aux oreilles.

La place, qui rassemblait actuellement un mélange de nobles et de roturiers, semblait si pleine d'énergie qu'on aurait dit qu'elle allait s'envoler.

Elle poussa la portière de la calèche par réflexe. Tout le monde regardait le ciel.

Les milliers de chapeaux que les spectateurs lançaient en l'air masquèrent sa vue.

« Waaaaaaaaaaaaaaaaaaa ! »

« Riester ! Riester ! Riester ! »

C'était l'aile du Dieu Tout-Puissant.

– Flap, flap !

Deux silhouettes apparurent à travers la lumière de la pleine lune.

Les cheveux blonds qui scintillaient au clair de lune et les yeux violets clairs qui semblaient venir d'un autre monde.

Le Prince Jesse Venetiaan, qui avait une grande aile violet clair dans le dos, descendait vers la Place Claire en guidant le Prince Impérial avec une vigne luxuriante.

Sarah reconnut les fleurs sur la vigne même de loin. C'étaient des tulipes.

« Prince Impérial ! Prince Impérial ! Prince Impérial ! »

« Bénédiction ! Bénédiction ! Bénédiction ! »

Il y avait une aura de folie dans les acclamations de la foule.

Le prince souriait doucement malgré son teint pâle, mais cette journaliste expérimentée savait que ce n'était qu'un masque cachant sa gêne.

Ses yeux couleur améthyste scrutaient les alentours comme pour trouver un endroit où atterrir avant de se diriger vers un lieu en menant le Prince Impérial beau comme une sculpture.

Sarah retira ses lunettes et les balança sur le côté.

« Mon dieu…… »

« Hourra pour Son Altesse ! Hourra ! »

Le Prince avait déposé le Prince Impérial au pied de la statue du défunt Empereur Romero, un endroit entouré de membres de la Garde Impériale.

Les vignes de tulipes se relâchèrent lentement avant de venir décorer les chevilles du Prince Impérial.

Ses cheveux d'ébène et ses yeux de flamme dégageaient une lueur magnifique alors qu'il atterrissait à côté de son arrière-grand-père.

Le corps de Sarah trembla sous un picotement foudroyant.

– Flap !

Le Prince battit alors de l'aile et s'éloigna du Prince Impérial. On avait l'impression qu'il lui disait quelque chose.

Le Prince Impérial le regarda comme s'il voulait l'abattre au sol mais ne le fit pas.

Le Prince lui sourit radieusement avant de s'envoler instantanément dans le ciel nocturne.

La foule se mit à scander son nom à présent.

« Jesse ! Jesse ! Jesse ! »

Les mains de Sarah Belliard tremblaient alors qu'elle saisissait fébrilement son carnet.

Elle se mit alors à écrire frénétiquement, sans se soucier que la plume puisse casser. Un regard bienveillant et une seule aile……

'Ange Déchu dans la foule.'

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