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Ce qu'il se passe quand le 2nd ML fait grève

Chapitre 124

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Chapitre 124

Chapitre 124

Chapitre 124/19165%~14 min de lecture2 720 mots

– Crackle, crackle……

Le feu de camp crépitait dans la forêt désormais plongée dans l'obscurité.

Le sanglier et la venaison que Sir Johann avait découpés proprement suintaient l'huile en cuisant.

Il avait l'air d'un pro, sans doute parce qu'il a été mercenaire longtemps.

« Ça a l'air délicieux. »

Eva, assise à côté de moi, fixait le vide en marmonnant. Je pouffai.

Elle avait poussé un souffle en regardant les bêtes que Christelle et le Prince Impérial Cédric avaient rapportées, mais elle semblait s'être adaptée à la situation rapidement.

C'était logique puisque la nappe qu'on avait posée sur une souche provenait de la robe d'Eva.

On s'en serait passé, mais Eva a dit que l'élégance comptait pour les nobles et a déchiré un pan de sa robe.

« C'est prêt. Ça va brûler si ça cuit plus longtemps. »

Sir Johann fit ce commentaire en se relevant. Christelle battit des mains.

Je tendis les grosses pommes de terre au four pendant qu'il distribuait la viande.

On avait de quoi manger parce que la brave petite Demy avait fait pousser plein de choses pour nous. On finit vite de dresser la table.

« Merci beaucoup pour le repas. »

Je commençai à manger et tous ceux autour de la souche en firent de même.

À ce moment, le protagoniste sortit de sa poche de petites bouteilles en verre. Ma mâchoire tomba.

« Jeune Lady Sarnez, serait-ce peut-être… »

« Celui-ci c'est du sel, celui-là du poivre, et celui-ci de la poudre de piment. »

Même Sir Johann, qui nous avait dit dormir souvent à la belle étoile, parut très choqué.

'Elle transporte normalement de la poudre de piment sur elle ? Vraiment ?'

« J'aime les goûts forts, donc…… je les garde toujours sur moi pour quand quelque chose me semble manquer. C'est embêtant d'avoir à appeler les gens à chaque fois où que j'aille. »

« Mon Dieu. Vous êtes trop cool, Jeune Lady Sarnez. »

Eva semblait vraiment impressionnée. Je ne pus rien dire et me contentai de hocher la tête.

Grâce à l'apport génial de Christelle, nous pûmes dîner bien assaisonné.

Je pensais que la viande aurait un fort goût de gibier vu que c'étaient des bêtes sauvages, mais le feu sacré du Prince Impérial y avait ajouté un puissant goût de feu, rendant même le parfum pur.

Je croquai d'abord dans la viande de sanglier rôti.

« Aïe, chaud…… »

Huuuu, huuuu. Je fis rouler la viande dans ma bouche et mordis doucement.

Le jus s'en écoula.

Je m'attendais à ce qu'elle soit dure, mais elle était surprenamment tendre.

Je me demandai si c'était aussi grâce aux flammes du Prince Impérial.

Avec du sel et du poivre, on avait l'impression que la viande ne pouvait pas avoir meilleur goût.

Mes yeux se plissèrent de plaisir devant le barbecue.

« Délicieux. »

– Squeeeee.

– Piruuuuu

Demy et Percy, sur mes genoux, poussèrent des cris de joie.

Je trouvai le silence bizarre et relevai la tête pour voir que tout le monde me fixait.

Mes oreilles devinrent instantanément brûlantes.

'J'ai trop mangé comme un goinfre ?'

« Quoi ? Pourquoi vous ne mangez pas ? »

« C'est agréable de vous voir si bien manger, Votre Altesse. »

Christelle commenta enfin. Je hochai juste la tête et m'attaquai à la venaison.

J'entendis aussi le rire clair de Gerrit. J'étais vraiment gêné.

Pendant l'heure qui suivit, nous nous concentrâmes tous sur le repas.

Une fois le gros sanglier et le cerf finis dans tous les estomacs, nous mangeâmes chacun deux pommes de terre et tomates avant de nous goinfrer de fruits pour le dessert. Ce n'est qu'alors que la conversation reprit.

« Wahou, je suis vraiment rassasiée. »

« J'ai l'impression d'avoir mangé plus que d'habitude à la Capitale Impériale. »

Sir Johann approuva l'avis de Christelle.

Eva et Gerrit, ceux qui m'inquiétaient le plus, avaient heureusement bien mangé eux aussi.

Je donnai de l'eau et plein de fleurs sauvages à Demy avant de me lever.

J'allais tout nettoyer et préparer un coin pour dormir afin de digérer.

« C'est incroyable comme vous semblez bien vous adapter, Votre Altesse. »

Je fis aider Demy pour créer une grande feuille que je posais comme un tapis quand Christelle s'approcha.

Je tressaillis, coupable.

« C'est ça ? »

« Oui, Votre Altesse. Je pensais que vous auriez du mal à manger un animal sauvage mais vous avez bien mangé et vous vous êtes occupé des enfants comme d'habitude. »

……

« Je suppose que je pensais que vous aviez grandi dans le prim et le convenable parce que vous êtes un prince, Votre Altesse. Bien que je suis sûre que vous avez beaucoup lutté aussi… »

« Vous et tout le monde, vous essayez si fort. Je ne pouvais pas rester à ne rien faire. »

Christelle sourit à ma réponse.

Elle avait probablement raison pour le vrai Prince Jesse, mais je n'ai vécu que comme une personne normale donc je ne sais pas comment me comporter en prince ici.

Je pensai soudain à quelqu'un en réfléchissant à ça.

Le Prince Impérial brûlait élégamment les restes du sanglier et du cerf.

Maintenant que j'y pensais, ce gamin semblait s'adapter mieux que prévu lui aussi.

─────

– Crackle, crackle

Les six personnes et les deux bêtes s'assirent de nouveau autour du feu.

Cette fois, nous étions tous lavés et prêts à dormir.

Nous avions des couvertures de feuilles taille adulte ainsi que des oreillers faits des épaisses vignes de Demy.

Heureusement, il ne faisait pas trop froid pour dormir dehors car c'était août.

Il n'y avait aucun signe de danger dans la zone où nous étions arrivés.

« Gerrit dort déjà. »

Je tournai la tête vivement au commentaire de Christelle.

L'enfant qui avait pris son médicament et s'était allongé à côté de Sir Johann respirait doucement, déjà au pays des rêves.

J'eus pitié de l'enfant.

Ce n'aurait pas suffi à effacer sa fatigue de voyage même sur un lit confortable, mais il devait dormir en pleine nature.

« Je suis désolé, Sir Johann. Tous les autres aussi…… On n'en serait pas là sans moi. »

Je m'excusai. En y repensant, la raison pour laquelle nous en étions là, c'était parce que je m'étais porté volontaire pour soigner le faon de chevrotain.

Les yeux de Sir Johann se plissèrent.

« Vous aidiez à sauver une vie. C'était quelque chose que vous seul pouviez faire, Votre Altesse. Je pense que c'était une bonne leçon pour Gerrit. »

……

« Ce n'est pas grave car je respecte votre décision, Votre Altesse. Je suis sûr que vous feriez la même chose même si on pouvait revenir en arrière. »

C'était vrai. Je souris amèrement et le remerciai.

Christelle me regarda et hocha la tête comme si elle ressentait la même chose.

Eva boude au point que sa bouche ressemblait au bec de Percy, mais elle ne dit rien.

'Elle me prend encore pour une bonne poire ?'

……

Le Prince Impérial, assis à ma gauche, avait lui aussi un regard calme.

Il avait beaucoup à gérer pour la cérémonie de confirmation de succession et une répétition était prévue dans deux jours. C'était surprenant qu'il ne soit pas en colère.

J'en étais reconnaissant.

« Votre Altesse Royale, vous pourrez rentrer sain et sauf avant la cérémonie de confirmation de succession. »

Christelle fit un commentaire taquin pendant que je le rassurais.

« Je trouve que Son Altesse Royale profite bizarrement de ça. L'éther ne ment pas. Est-ce que par hasard vous ne voulez pas devenir Prince Héritier Impérial, Votre Altesse Royale ? »

Le Prince Impérial lança immédiatement un regard noir. Sir Johann releva la tête, amusé.

Le regard d'Eva alla vite d'un côté à l'autre comme une balle de ping-pong.

Je ne voulais pas voir l'eau et le feu se battre en pleine forêt donc j'intervins tout de suite pour calmer le jeu.

« La jeune lady plaisante, Votre Altesse Royale. C'est parce qu'elle pense que vous pourriez ressentir un certain fardeau à devenir Prince Héritier Impérial…… »

Je réalisai soudain quelque chose en disant ça. Je clignai des yeux.

« La perspective de devenir Prince Héritier Impérial est-elle un fardeau, Votre Altesse Royale ? »

« C'est ma responsabilité. »

Le jeune homme répondit d'une voix basse. Ça sonnait pitoyable malgré sa voix habituelle.

Le fait que ce soit une responsabilité qui lui incombait depuis sa naissance, le fait qu'il s'y soit préparé toute sa vie, ne signifiait pas que ce poste était facile et anodin.

Je compris enfin pourquoi il avait accepté de sortir du Palais Impérial si facilement.

Je compris aussi pourquoi il avait l'air si calme dans un endroit pareil.

« Je pense qu'il est normal de se sentir accablé, Votre Altesse Royale. »

Commentai-je prudemment. Ses yeux orangés s'élargirent un peu.

Le côté de son visage éclairé par le feu de camp le fit paraître son véritable âge pour la première fois depuis longtemps. Il allait bientôt avoir vingt-cinq ans.

« Ce serait bizarre si vous pouviez tout gérer calmement, Votre Altesse Royale. Vous allez accéder à la position qui vous rendra responsable de tout l'Empire à l'avenir. Il est évident que vous ayez peur et soyez nerveux. »

Je souris. Ça me fit penser à quand j'ai sauté le poste de superviseur pour être promu directement chef d'équipe au boulot.

C'était rien comparé à la situation du Prince Impérial, mais……

J'avais été content de mes accomplissements et de l'augmentation de salaire, mais mes épaules s'étaient alourdies avec les nouvelles responsabilités.

Je pensai au Prince Impérial accédant au poste de Prince Héritier Impérial, une position où il doit être officiellement impliqué dans les Affaires Impériales et gérer tant de vies.

J'étais sûr que la pression était quelque chose que quelqu'un comme moi ne pourrait même pas imaginer.

« Mais ce ne sera pas que difficile car vous aurez des gens à vos côtés pour vous aider, Votre Altesse Royale. Vous avez David, votre famille au Palais Romero, Sa Majesté, et Son Éminence. »

……

« Il y a la Vice-Capitaine Élisabeth, Jeune Lady Sarnez, Sir Johann, et Jeune Lady Eva aussi. Ah, le Marquis Duhem aussi. »

Les sourcils du Prince Impérial restèrent calmes malgré mon bavardage.

Je fus envahi d'anticipation en voyant qu'il ne montrait aucune répulsion à l'évocation du nom de Christelle.

'Elle rentre vraiment dans ses frontières maintenant. »

« Et ? »

Christelle demanda. Elle semblait amusée et excitée.

'Hey, toi aussi ?'

« Il y a M. Sand aussi. »

« C'est vrai. Ah, je veux voir M. Sand. C'est un prêtre si important pour nous. Qui d'autre ? »

Je répondis vite et elle rétorqua d'une voix charmante avant de regarder le Prince Impérial.

'Plus ?'

Je dus réfléchir. Je devais appuyer là-dessus tant que l'ambiance était bonne.

« Il y a plein de gens formidables. Benjamin et Ganaël respectent aussi Son Altesse Royale. Les Pairs de Riester loyaux à Sa Majesté aideront aussi Son Altesse Royale, et…… Demy, Rhea, Perry et Percy sont là aussi. »

Je regardai Demy allongé sur mes genoux, et le petit garnement se cacha le visage avec ses pattes avant.

Percy fourra sa tête sur le ventre de Demy. Tous deux semblaient fatigués.

« Et quand vous prendrez une personne fabuleuse comme âme sœur à l'avenir, cette personne sera aussi une grande source de réconfort sur qui vous pourrez compter. Comme Jeune Lady Sarnez. »

Le Prince Impérial serra son Épée de Sagesse et bondit sur ses pieds. Nous tous levâmes la tête.

– Crackle !

Le feu de camp jaillit énergiquement un instant avant de se calmer. Ça faisait un vrai feu de camp !

'Non, ce n'est pas ce qui est important maintenant.'

« Votre Altesse Royale, où allez-vous ? »

Il se mit à marcher sans rien dire.

Je me sentais coupable, pensant avoir fait une erreur ou avoir trop poussé Christelle vers lui, quand Sir Johann expliqua calmement.

« Je pense qu'il va faire un tour. Il pourrait y avoir des bêtes démoniaques nocturnes dans le coin. Je monterai la garde. »

'Il est si méticuleux.'

C'était suspect qu'on n'ait pas vu de bêtes démoniaques malgré Christelle, le Prince Impérial, Percy et moi, quatre porteurs ou objets divins, rassemblés au même endroit.

Ces bêtes montrent un désir instinctif d'attaquer les objets divins, donc mieux vaut ne jamais baisser la garde.

Je commençai à m'allonger avant de remarquer Christelle à côté de moi, déjà couchée sous une couverture de feuilles, qui me souriait.

Eva me regardait avec un regard vide.

'……Ça devrait aller puisque le protagoniste de ce Romfan a l'air d'apprécier, non ?'

« Je monterai la garde ensuite. Bonne nuit, tout le monde. »

« Oui, Votre Altesse Royale. Reposez-vous bien. »

Je dis bonne nuit à tout le monde et posai ma tête sur l'oreiller.

Le ciel nocturne plein d'étoiles semblait vraiment proche et beau.

Un carrosse de la Famille Impériale devrait arriver le matin.

'Faites que ce soit le cas.'

J'entendis Christelle marmonner par intermittence des trucs comme « amitié brisée » et « c'est trop drôle » jusqu'à ce que je m'endorme.

─────

Il pleuvait à nouveau sur le lieu du portail de guerre problématique.

– Shaaaaaaaaaaa……

François Duhem n'avait jamais ressenti de malice pour le mauvais temps de sa vie.

Sa beauté et son intelligence restaient intactes que le ciel soit nuageux ou clair.

Il ne se souciait même pas quand les routes se transformaient en boue et que les carrosses avançaient plus lentement que des tortues à cause de la pluie battante.

Il avait toujours plusieurs tenues et paires de chaussures prêtes. C'était aussi un gentleman qui arrivait toujours au moins trente minutes en avance à tout rendez-vous comme un vrai gentleman.

« Hé mister, pourquoi vous avez l'air que c'est la fin du monde ? »

……

C'est pour ça qu'il n'avait jamais vécu un truc pareil, où la formation magique pour la moitié du portail, qu'il avait délicatement excavée, se retrouva enterrée sous la boue à cause de la pluie imprévue.

Des soldats couraient partout pour mettre des tentes au-dessus du portail.

Élisabeth et François se croisèrent du regard dans la voiture à portière ouverte.

Les yeux rose clair du Marquis tremblaient tandis qu'il posait dramatiquement une main sur son front.

« Élisabeth, j'ai réfléchi à quelque chose. »

« Tu sais que tu finis toujours par des résultats funestes quand tu es en pleine réflexion. »

« Écoute-moi. Est-ce qu'ils n'ont pas dit que Son Altesse, le Prince Consort Alexandre, béni soit son nom à jamais, a quitté sa maison la veille de devenir le Jeune Duc pour devenir le partenaire de Sa Majesté ? »

« Oui, monsieur. »

« Et si Son Altesse Royale était parti chercher son âme sœur avant d'accéder à la position de Prince Héritier Impérial aussi… »

– Clap !

Élisabeth claqua le dos de sa main. François gémit de douleur.

« Tu vas dire que me frapper avec la main qui porte ta bague de fiançailles n'était pas intentionnel ? »

« Dis quelque chose qui a du sens. Tu fais toujours le faible comme ça au moins une fois. »

Les yeux gris de la Jeune Comtesse le fixèrent.

Elle avait l'air assez perspicace en inspectant sa rapière et sa main-gauche.

On dirait que la pluie allait finir, donc elle devait ressortir garder le Marquis avant de faire son rapport au Palais Impériel.

« Tu ne veux pas que la Maison Ducale de Sarnez ou la Maison Blanquer trouvent Son Altesse Royale avant toi, hein ? Sa Majesté t'a confié cette tâche. »

« Ah, ah, Élisabeth ! »

« Oui monsieur. Cette pluie n'est rien. Je penserai à mon fiancé pour me donner du courage pendant que tu penseras à Sa Majesté et à tes jeunes frères et sœurs pour tenir le coup. »

C'étaient les trucs qu'elle disait d'habitude pour consoler les soldats pendant le déneigement ou les entraînements intensifs.

François, qui n'avait pas moyen de le savoir, parut assez touché.

Cet homme, qui pouvait être un incompétent ou un génie, était occupé à remonter son propre moral pendant qu'Élisabeth levait nonchalamment les yeux vers le ciel.

Elle avait un drôle de pressentiment.

'……Sadie, tu n'as pas fini dans un coin de campagne, dis ?'

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