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Ce qu'il se passe quand le 2nd ML fait grève

Chapitre 119

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Chapitre 119

Chapitre 119

Chapitre 119/19162%~14 min de lecture2 755 mots

Élise essuya vivement la unique larme sur son visage.

Je posai l'objet que j'avais sur les genoux sur la table afin de l'aider à se calmer.

C'était l'objet que j'avais personnellement choisi le jour où le Prince Impérial avait envoyé les trésors du coffre impérial.

« Cornelisse…… C'est un cadeau d'anniversaire pour elle. »

Je voulais aller au Centre Commercial pour lui acheter quelque chose mais je n'avais pas le choix à cause du confinement.

J'avais dû feuilleter pas mal de vieux numéros du Bihebdo Riester parce que je n'avais aucune idée de ce que la deuxième princesse aimait ou appréciait.

Mais je ne pouvais pas demander cette grâce d'anniversaire spéciale sans même offrir un seul cadeau à l'enfant.

Je regardai nerveusement l'Impératrice Frédérique.

« Peu importe. Tant que ce n'est pas céder ton titre de noblesse. »

Elle commenta brutalement avant d'entamer une bataille avec le pain dans sa soupe à l'oignon. Je souris.

« Merci beaucoup, Votre Majesté. »

« Est-ce que je peux l'ouvrir d'abord ? »

Demanda Élise. Je hochai la tête.

Elle lâcha ma main et défit mon emballage maladroit. C'était laid parce que je l'avais fait moi-même.

Quelque chose d'étincelant se révéla. La mâchoire de la princesse héritière tomba.

« C'est…… »

C'était une sculpture de cochon en diamant rose.

Elle avait été envoyée par un chef de guilde marchand de la région sud-ouest de l'Empire. Son nom était Émilie de Haas ou quelque chose comme ça.

Je me demandais ce qu'il voulait dire en offrant un cochon au prince, mais ce n'était pas si choquant puisqu'il y avait aussi un crapaud doré.

D'après un article que j'avais lu, la deuxième princesse semblait actuellement aimer les peluches de cochon.

C'était compréhensible car les enfants deviennent fréquemment obsédés par des animaux spécifiques.

Eunseo était complètement obsédée par les dinosaures quand elle était très jeune. Ça s'est transformé en oiseaux quand elle a un peu grandi et maintenant, elle aussi aime les cochons.

« Hahaha. »

J'étais anxieux d'avoir pu faire une erreur quand Élise se mit à rire.

Je ris en retour avec incertitude.

« Cornelisse sera heureuse. Le bois se sera changé en bijoux au retour. »

Je clignai des yeux, confus.

Élise fit un signe des yeux et Maartje sortit un objet enveloppé de soie.

Je le reconnus immédiatement.

C'était l'objet qu'elle avait essayé de toutes ses forces de remettre au Palais Juliette il y a quelques jours.

Maartje jeta un coup d'œil vers l'Impératrice.

« Vous êtes vraiment agaçants pendant que j'essaie de manger. Un mage devra le vérifier plus tard. Il faudra aussi vérifier s'il y a du poison. »

Elle grommela avant de répondre. Je manifestai ma gratitude à l'Impératrice avant de recevoir et d'ouvrir le paquet.

Une sculpture de cochon en bois couverte de peinture rouge tachetée se trouvait à l'intérieur.

J'ai failli pousser un cri et la laisser tomber. Je pouvais sentir les regards des protagonistes de chaque côté de moi.

Christelle commenta.

« C'est trop mignon. Son Altesse l'a sûrement peinte elle-même. »

« Tu aimes les poupées maudites ? »

« Elle a essayé de la peindre en rose au début. Mais tu sais comme cette gamine n'a absolument aucun talent artistique. »

Expliqua Élise.

« Je me demandais si c'était une sorte de psychologie inversée qu'elle utilisait en renvoyant un cadeau de toi comme ça, mais…… Elle savait probablement qu'elle recevrait une réponse aussi précieuse en retour. »

Elle caressa doucement le cochon en diamant. Son regard était plein d'affection.

Une prise de conscience électrique me traversa l'échine à cet instant.

La raison pour laquelle Cornelisse aimait les cochons, c'était parce que son grand frère, le Prince Jesse, lui avait offert une sculpture de cochon.

Tout comme je m'y attendais, les frères et sœurs avaient une relation proche.

Je ne pus m'empêcher de me sentir coupable envers la princesse, malgré le fait que c'était une personne que je n'avais jamais rencontrée auparavant.

J'avais simplement préparé un cadeau basé sur ce que j'avais lu.

« Je ferai comme vous l'avez demandé. »

« …… »

Je relevai brusquement la tête. Les yeux bleus d'Élise étaient remplis d'une solennelle joie.

« Mon peuple et moi ferons de notre mieux pour que le fils de Johann Geens arrive sain et sauf au Vatican. »

« Ah…… »

« Alors, ne t'inquiète pas. »

J'eus l'impression d'étouffer. Je réussis à peine à laisser échapper un faible merci.

Maartje me regarda avec des yeux embués de larmes.

« Je devrai transmettre la nouvelle à Johann. »

La Cardinale Boutier, qui nous observait en silence, fit un commentaire.

Mes yeux s'élargirent vers elle.

« Ce serait bien, mais est-ce que ça ira, Votre Éminence ? »

« J'ai l'impression qu'il a le droit, en tant que père, de savoir que son enfant va franchir la frontière. N'est-ce pas, Frédérique ? »

« Arrête de me demander chaque petite chose. »

Répondit l'Impératrice avec agacement. Je souris brillamment et la regardai, elle et son fils.

Le jeune homme me regarda avec ses yeux orangés avant d'appeler un serviteur pour demander plus de viande.

*

La fête d'adieu de la princesse héritière se termina sans accroc.

J'expliquai tout à Benjamin et Ganaël à l'intérieur de la voiture.

C'était rare de voir l'homme d'âge mûr sourire si radieusement tandis que le jeune garçon ne pouvait s'empêcher de pleurer.

Mon confinement ne serait pas levé avant le départ d'Élise du Palais Impérial selon le plan initial, mais je m'en fichais désormais.

Après être revenu au Palais Juliette, j'enlaçai les pandas roux et Percy avec joie avant de regarder tout autour pour voir où placer la sculpture de cochon de Cornelisse.

Les trois bêtes divines et l'objet divin me suivirent partout dans le palais.

Je pensais qu'il serait préférable de le mettre quelque part où le Prince pourrait le voir facilement quand il récupérerait son corps à l'avenir.

Mais ça faisait un peu peur de le mettre dans la chambre.

Christelle le nomma Épice parce que c'était un cochon rouge. (Note : Le nom réel est Jeh-yook, qui est le porc épicé coréen, mais "Porc Épicé" ne semblait pas être un "prénom", donc j'ai choisi Épice.)

« Votre Altesse, Lord David du Palais Romero demande une audience avec vous. »

« David ? »

Je posai Épice sur la cheminée de la salle de réception et jouais avec son emplacement quand Benjamin entra pour me le dire.

Ça avait probablement à voir avec quelque chose que le Prince Impérial voulait, mais je n'avais aucune idée de ce que ce pouvait être.

David apparut alors et me salua respectueusement avant de m'expliquer la situation.

« Je vais vous escorter là où se trouve Sir Geens, Votre Altesse. »

« ……Est-ce que je peux y aller, attendez, pourquoi c'est toi qui es venu, David ? »

J'étais choqué que l'Impératrice m'autorise à rencontrer Sir Geens, mais le fait le plus surprenant était David.

« Ne devrait-elle pas avoir envoyé un serviteur du Palais de l'Impératrice ou un membre de la Garde Impériale ? »

« Sir Geens est au Palais Romero. Il y est depuis le début. »

L'homme d'âge mûr sourit douloureusement en répondant.

C'était une nouvelle choquante mais je ne pus rien dire et me contentai de hocher la tête.

*

« C'est pareil mais c'est différent. C'est exactement comme Benjamin l'a expliqué. »

« Oui, Votre Altesse. C'étaient deux palais construits en même temps donc il y a beaucoup d'aspects, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, qui sont les mêmes. Mais il y a quelques différences de taille, de décorations et de couleurs. »

J'écoutai attentivement David tout en prenant en compte l'intérieur du Palais Romero.

J'étais venu ici il n'y a pas si longtemps pendant "l'Opération Vérone" mais je ne me souvenais de rien car mon attention s'était portée sur la rencontre avec l'Impératrice.

Le Palais Romero était environ 1,7 fois plus grand que le Palais Juliette.

L'intérieur lui-même était le même mais tout était magnifique, digne du palais du Prince Impérial.

« Est-ce qu'ils ont donné une chambre à Sir Geens ? Pourquoi ici de tous les endroits ? »

« Tu m'as fait attendre. »

J'entendis une voix familière à cet instant. Je tournai la tête pour voir le Prince Impérial de l'autre côté du couloir.

La Cardinale Boutier se tenait à côté de lui, son bras enroulé autour du sien. Je commençai immédiatement à marcher plus vite.

« Veuillez accepter mes plus profondes excuses, Votre Altesse Royale. Je ne m'attendais pas à être convoqué pour cette occasion. »

« Tu as tout planifié, mon petit prince. Je pensais qu'il était tout à fait approprié que tu annonces personnellement la nouvelle à Johann. »

Elle répondit chaleureusement avant d'enlacer mon bras également.

Le Prince Impérial et moi escortions maintenant la Cardinale de chaque côté.

« Seuls nous trois continuerons à partir d'ici. »

« David ne nous rejoindra pas ? »

« Ouais, pas aujourd'hui. »

C'était un choix de mots étrange. « Est-ce que ça veut dire qu'il les a accompagnés par le passé ? »

Je me retournai pour voir Benjamin, Ganaël, David et Natalie s'incliner silencieusement vers nous.

Ça signifiait qu'ils attendraient là.

Je commençai à descendre les escaliers avec eux deux.

Ça me rappela quand j'y allai avec le Prince Impérial et Christelle pour nettoyer le portail souterrain du Palais de l'Impératrice.

Les escaliers là-bas avaient été sombres et les membres de la Garde Impériale avaient allumé des torches pour nous, mais celui-ci était lumineux et luxueux.

Le sous-sol était le même que l'étage au-dessus. La seule différence était……

« Il n'y a pas de portes sur les murs. »

« Ouais, il n'y a qu'une seule pièce dans ce sous-sol. »

Commenta la Cardinale d'une voix sans émotion. Je pouvais voir une porte noire au loin au bout du couloir.

Le Prince Impérial, propriétaire de ce palais, était aussi silencieux qu'un serviteur. Je jetai un coup d'œil sur le côté de son visage.

Il semblait un peu pâle pour une raison quelconque. « Est-ce qu'il manque d'éther ? »

– Clic, clic.

Nous marchâmes sérieusement pendant quelques minutes.

L'ambiance était étrangement lourde, difficile de dire quoi que ce soit.

Je ne pouvais pas expliquer les frissons que me procurait la vue des murs complètement vides, sans un seul cadre.

Ce fut à ce moment-là.

« Nous sommes arrivés. »

Je regardai devant après avoir entendu la voix de ma professeure pour voir la lourde porte noire devant moi.

Le Prince Impérial sortit une clé et ouvrit la porte.

J'ai dû mal voir, mais je crus que le bout de ses gants tremblait légèrement.

– Clic

– Grincement……

La porte s'ouvrit avec un bruit douloureux. Je restai figé face à la vue irréaliste devant moi.

« Cela…… »

C'était une zone extrêmement sombre.

La seule source de lumière était la lumière qui entrait par la porte ouverte.

C'était si sombre que je ne pouvais pas dire où le mur finissait et où le sol commençait.

On aurait dit que toute cette zone était un morceau de ténèbres pures.

J'avais l'impression que je tomberais si je faisais un pas en avant.

« Pourquoi…… Pourquoi le Palais Romero a-t-il une chose pareille ? »

Demandai-je, presque en chuchotant.

Je n'avais aucune idée de pourquoi le Palais Romero, un palais construit pour les amants, avait une pièce aussi effrayante. Cela aurait plus de sens si une telle pièce se trouvait au Palais de l'Impératrice ou dans un autre palais.

« Quand Cédric était très jeune… »

Les yeux couleur beige de la Cardinale reflétaient le passé.

« Nous avons dû lui mettre des outils de contention et l'enfermer ici quand le flux de son éther devenait instable et qu'il surchargeait. »

Je pris une grande respiration.

« La lumière, les couleurs… La chaleur et le bruit… Ces choses n'aidaient pas à calmer son âme. »

Je me tournai urgemment vers le Prince Impérial.

C'était la raison pour laquelle il s'était montré si méfiant quand nous avions mis l'outil de contention au cou de Sir Geens.

Le jeune homme grogna d'une voix basse avec un regard flamboyant.

« Si tu me regardes avec une stupide compassion- »

« Et maintenant ? »

Il arrêta de parler après avoir entendu ma question.

« Est-ce que tu as encore ces problèmes ? Est-ce que tu dois venir ici secrètement sans que les autres le sachent ? »

« …… »

Les flammes s'éteignirent rapidement de son regard. Ce fut la Cardinale qui répondit.

« Cela fait douze ans que nous n'avons plus utilisé cet endroit. »

Je réussis enfin à respirer. Elle lâcha mon bras et posa sa main sur ma joue.

« C'est bon, vas-y. Johann t'attendra. »

– Paaaat !

Le Domaine Sacré rayonnant de la Cardinale dissipa les ténèbres dès qu'elle eut dit cela.

Je fus revitalisé par la lueur dorée et fis lentement un pas en avant.

Le cercle qui se reflétait sur le plafond noir fluctuait comme la surface de l'eau. J'avais l'impression d'être submergé dans les profondeurs marines.

« ……Sir Geens. »

L'homme aux cheveux blancs était allongé au centre de la zone.

Son visage endormi semblait paisible malgré les outils de contention noir de jais sur lui.

Je ne pouvais pas voir la tristesse ou la douleur qu'il montrait en m'attaquant.

Mes jambes tremblaient de la peur encore ancrée dans mon corps, mais je serrai les dents et m'approchai de lui.

[Lève-toi.]

La Cardinale donna un Oracle Divin depuis derrière moi. Je baissai les yeux et eu l'impression que le visage blanc commençait à se fissurer.

Ses paupières tremblèrent légèrement avant de s'ouvrir lentement pour révéler ses yeux couleur menthe.

Il ne montra aucune réaction en me regardant. Il a dû penser que c'était un rêve.

« J'espère que ce n'est pas un cauchemar. »

« Bonjour, Sir Johann. »

« …… »

Ses yeux s'ouvrirent lentement en grand après mon salut. « Par où commencer…… »

« Vous avez dit que vous aviez un fils malade au Royaume Saint. Il a dix ans. »

« ……Votre Altesse ? »

« Oui, c'est moi. »

Il se redressa soudain. Je reculai choqué et…

– Clang !

Le Prince Impérial s'approcha instantanément et sortit l'Épée de Sagesse en se tenant devant moi. Je l'arrêtai doucement.

La Cardinale pouvait l'endormir à tout moment et son éther était bloqué, faisant de Sir Johann la personne la plus faible de cette pièce en ce moment.

« Je…… Pourquoi suis-je ici ? Il n'y avait aucune raison de me laisser en vie- »

« Il y en a une. Tu ne peux pas partir le premier et laisser ton fils seul dans ce monde. »

Il eut un air douloureux, presque comme s'il étouffait, après avoir entendu mon commentaire.

Je savais qu'il avait essayé d'abandonner tout dans cette forêt.

Cependant, j'espérais qu'il n'aurait pas à faire quelque chose de semblable à l'avenir.

« Nous allons obtenir une grâce spéciale pour ton fils au Royaume Saint, le faire sortir de là comme serviteur du Vatican, avant de le placer sous la juridiction du prêtre Sand. La princesse héritière s'assurera qu'il reçoive ses médicaments jusqu'à ce moment. »

« …… »

« Je ne mens pas. »

Je souris amèrement.

« C'est la vérité. Son Altesse Royale et Son Éminence ont aidé, ainsi que Sa Majesté, la jeune Lady Sarnez, la Vice-Capitaine Élisabeth, la jeune Lady Blanquer, Benjamin, Ganaël, David, Demy, »

« Pourquoi. »

Des larmes coulèrent sur ses joues maintenant couvertes d'une barbe. Je restai silencieux.

L'homme plissa les yeux comme s'il observait quelque chose d'incroyable en me regardant vers le haut.

Tout son corps et sa voix tremblaient.

« Pourquoi, pourquoi feriez-vous tout ça…… Gerrit- »

« Ira bien. »

Il ouvrit et ferma la bouche un moment comme si ses lèvres ne bougeaient pas comme il le voulait. « Le nom de son fils est Gerrit. »

« J, j'ai péché. Votre Altesse, ceci est…… »

« Je ne dis pas que vous êtes innocent, Sir Geens. »

Je finis par baisser mon corps vers lui.

Je n'avais aucun talent pour faire un beau discours ou dire quelque chose pour consoler quelqu'un. C'était décevant.

« Je veux juste…… J'espère que tu pourras faire beaucoup de bonnes choses en vivant ensemble avec Gerrit, Sir Geens. C'est tout. »

Sir Johann, qui me regardait avec un regard perçant, s'inclina lentement vers moi comme un vieil arbre.

J'entendis son sanglot étouffé. Son front toucha le bout de mes bottes.

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