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Cannon Fire Arc

Chapitre 812

Cannon Fire ArcCannon Fire Arc
Chapitre 812

Chapitre 812

Chapitre 812/85096%~4 min de lecture728 mots

Grâce à la lumière des bombes incendiaires tirées par l'ennemi, dès que l'infanterie progresse, les deux camps se valent, ramenés à un corps-à-corps classique.

De même, à cause de la lueur émanant des positions ennemies, le tireur du véhicule de Kaning a coupé son équipement de vision nocturne, ne comptant plus que sur la lunette de visée d'origine pour repérer les cibles.

Et les électromécaniciens, qui n'étaient pas dotés de vision nocturne à la base, utilisent à présent eux aussi la lumière adverse pour acquérir des objectifs et tirer par rafales.

Alors à quoi bon du matériel de combat nocturne ?

Le lieutenant-colonel Kaning, se fiant à son instinct, entrevoit l'emploi le plus pertinent de ces équipements : des troupes d'élite infiltrées en raid.

Dans ce genre d'assaut frontal, à moins de s'abstenir totalement de tirer ou de s'illuminer soi-même, posséder ou non du matériel de nuit ne change rien.

Le lieutenant-colonel soupira. En tant qu'unité expérimentale technique, ses hommes avaient déjà testé plusieurs armes prototypes, qui restaient pour la plupart en suspens.

Peut-être qu'à l'avenir ces équipements évolueraient en quelque chose capable de changer la nature de la guerre, mais pour l'heure, à l'état « juvénile », ils sont aussi inutiles à l'effort de guerre que des os de poulet.

Pour vérifier son intuition, le lieutenant-colonel Kaning reprit une fois encore le dispositif de vision nocturne qui lui avait été attribué et braqua le regard vers le champ de bataille.

Cette fois, l'appareil servit ! Il vit les grenadiers blindés qui venaient de s'engager au corps-à-corps battre en retraite.

Comme prévu, les troupes ne peuvent pas tenir tête aux Antéens au contact–

Non, le lieutenant-colonel Kaning comprit qu'il avait fait une fausse hypothèse sur l'infanterie.

Au loin, sous « l'éclairage » des projecteurs infrarouges des Léopards, un grand nombre de soldats antéens investissaient les tranchées à pied : manifestement, des renforts ennemis étaient arrivés.

Maudit soit, on est bien face à la Garde impériale capée, leurs renforts sont rapides et le talent tactique du commandant, redoutable.

« L'attaque a échoué, tous les Léopards, marche arrière, repli sur les positions de départ ! »

Le véhicule du lieutenant-colonel Kaning démarra le premier, reculant, suivi par la mise en route des autres Léopards de l'escadron expérimental.

Tous, sauf un.

« Véhicule 303, qu'est-ce qui se passe ? » exigea Kaning.

Le 303 répondit promptement : « Rapport ! La boîte de vitesses est HS ! Plus de marche arrière ! »

« Alors foncez en avant, faites demi-tour ! »

« Oui ! »

Le moteur du véhicule 303 rugit encore quelques fois.

Même le lieutenant-colonel Kaning percevait qu'il y avait un problème au bruit de la boîte.

Le 303 signala avec anxiété : « La marche avant est aussi HS, nous sommes immobilisés ! »

« Merde ! » ordonna le lieutenant-colonel Kaning. « On ne peut pas laisser l'ennemi capturer le char, posez immédiatement les explosifs sur le matériel infrarouge, préparez-vous à faire sauter le char. »

« Oui ! »

À cet instant, le tireur s'écria : « L'ennemi a jailli des tranchées, il poursuit nos forces en repli ! »

Le lieutenant-colonel Kaning trancha net : « 303, faites sauter le char vite, les autres véhicules arrêtent-vous et couvrez le 303 ! »

« Inutile, on a posé les explosifs ! »

Le lieutenant-colonel Kaning se tourna vers le véhicule 303 et vit le chef de char entraîner l'équipage en courant vers l'arrière, abandonnant le tank en feu sur place.

Puis l'explosion se produisit, et le véhicule 303 devint une torche ardente.

Une torche ardente ?

Le cuir chevelu du lieutenant-colonel Kaning picota.

À cet instant précis, les canons antichars des positions antéennes ouvrirent le feu.

Avec un « maudit » fracas, l'obus siffla, frappant l'un des Léopards illuminé par l'incendie du 303.

À cette courte distance, à peine huit cents mètres, le Léopard fut perforé et immobilisé sur le coup, les deux opérateurs de char restants bondirent hors du véhicule avec une aisance stupéfiante et sprintèrent en arrière.

« C'est un Tourbillon ! Déployez la fumée ! » hurla le lieutenant-colonel. « Vite, déployez la fumée, on a été éclairés par l'incendie du 303 ! Déployez la fumée maintenant ! »

Au milieu des détonations des lance-pots fumigènes, le premier combat nocturne de l'histoire doté d'équipements de vision nocturne s'acheva dans la pitoyable indifférence.

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