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Campfire Cooking in Another World

Chapitre 89

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Chapitre 89

Chapitre 89

Chapitre 89/12870%~7 min de lecture1 326 mots

Dans la cour intérieure de l'auberge, Fel, Sui et moi venions de finir le petit-déjeuner et nous soufflions un bon coup.

La patronne nous amena un garçon d'une douzaine ou treize ans qui vint vers nous.

« Un client de la compagnie Lambert est venu te voir. »

Sur ce mot de la patronne, je regardai mieux le visage du gamin : je l'avais déjà vu.

C'était le garçon qui était avec eux quand on a secouru Lambert et sa bande.

« Euh, le président veut te voir à la boutique tout de suite… »

Hmm, quoi encore ?

D'ailleurs, le gamin bave.

Il a dû repenser au festin qu'on lui a offert pendant qu'il nous regardait manger et qu'il rentrait en ville, non ?

À cet âge, on a une faim de loup.

Allez, ton grand frère va te régaler.

« C'est peut-être un peu lourd pour le matin, mais à ton âge, ça devrait passer. »

Je saisis vite fait le Général Orc mariné au miso, je le grillai et lui servis un bol de riz au Général Orc grillé au miso.

Le garçon alternait son regard entre mon visage et le bol, encore et encore.

« À ton âge, on n'a jamais assez à manger, non ? Allez, mange-le. »

« Euh, c-c'est vraiment bon ? »

« Je l'ai fait pour toi, après tout. »

« Ah, merci beaucoup ! »

Et le gamin se mit à dévorer son bol de riz au Général Orc grillé au miso avec entrain.

« C-c'est délicieux… »

Il mange avec une tête si heureuse.

Juste au moment où il finissait, je lui servis du thé hōjicha.

Je me disais que celui-là passerait mieux, et il se mit à le boire en soufflant dessus.

« C'était vraiment délicieux. Ce thé aussi est délicieux. Vraiment, merci beaucoup. »

Oui oui, pas mauvais comme gamin.

Travailler à douze-treize ans, quand même, l'autre monde c'est dur.

Courage, gamin, ne te laisse pas abattre.

« Euh, le président nous attend donc… »

Ah, c'est vrai.

On m'avait appelé chez Lambert.

Fel et Sui voulant venir aussi, je partis vers la boutique de Lambert en leur compagnie.

***

Sur les traces du garçon, j'entrai dans la boutique de Lambert, et ce dernier arriva illico.

« Mukouda-san, vous êtes enfin venu. Ça m'arrange… »

Derrière Lambert qui affichait un air soulagé, une femme apparut.

La trentaine légèrement passée, longs cheveux brun foncé, une silhouette en sablier parfaite, une beauté un brin autoritaire.

« Toi, tu m'avais promis de me le présenter, non ? »

« Ah, euh… Mukouda-san, voici mon épouse… »

Lambert se fit écarter par sa femme qui vint se planter devant moi.

« Je suis Marie, l'épouse de Lambert. Enchantée. »

Elle dit ça en pinçant l'ourlet de sa longue jupe pour le relever légèrement.

« Je suis redevable envers Lambert-san. Enchanté, moi aussi. »

« Au fait… » et Marie s'approcha de moi sans cérémonie.

« Q-quoi ? »

Une si belle femme mariée qui s'approche comme ça, ça fait battre le cœur.

« En fait, pour ces produits… »

Dans le panier que tenait Marie se trouvaient le savon et le shampooing 2-en-1 que j'avais donnés à Lambert en test hier.

D'après ce que me racontèrent Lambert et Marie, cette dernière avait cuisiné son mari au sortir du bain hier soir parce qu'il embaumait trop bon.

Lambert, qui comptait l'offrir pour leur anniversaire de mariage, avait d'abord fait le mort, mais Marie n'allait pas lâcher l'affaire pour autant…

« Voyez-vous, mon mari dégageait une odeur incroyable après son bain. Il disait que comme il n'y a pas de chauve dans sa famille, c'était bon, qu'il n'avait jamais fait attention à ses cheveux, et pourtant ses cheveux étaient devenus brillants et soyeux. Aucune femme ne pourrait rester indifférente à ça. »

Certes, si ça sent bon à la sortie du bain, on se pose des questions.

Surtout une femme sensible à ce genre de choses.

On se dit direct qu'il a utilisé un truc de ouf.

Du coup, Marie a insisté et Lambert a craqué.

« J'ai essayé sur les dires de mon mari, et j'ai été vraiment surprise. »

À partir de là, Marie s'emballa pour vanter les mérites du produit.

Elle avait testé le savon haut de gamme : mousse onctueuse, peau lisse, et surtout une odeur divine.

Quant au shampooing, mousse meilleure qu'avec du savon classique, saletés parties, sensation de propreté.

« Ce produit est vraiment merveilleux. »

En disant ça, Marie prit en main le flacon de masque capillaire.

« J'ai entendu de mon mari que Mukouda-sama avait dit que "peu importe la nature des cheveux, une seule utilisation les rend magiquement beaux". Comme vous aviez un savon si extraordinaire, je n'ai pas douté un instant. Et en l'utilisant réellement… »

Marie caressa ses longs cheveux avec extase.

« Mes cheveux, rêches et secs, qui étaient mon complexe depuis toujours, sont devenus ainsi brillants, lisses et hydratés. »

Marie, toute extase, ne cessait de se passer la main dans les cheveux.

… Marie, t'as à ce point kiffé tes propres cheveux ?

« Moi aussi, j'ai été surpris. Les cheveux de Marie ont changé du tout au tout, brillants, soyeux, et en plus ils sentent bon. Sa beauté s'en trouve sublimée. »

Aux mots de Lambert, Marie rougit légèrement en disant « encore, toi » tout en lui tapotant le bras.

………… Vraiment des gens comblés, eux.

« C'est pour ça que, en fait… »

Oui oui, tu vas me dire d'en vendre plein à ta femme, hein ?

« Mukouda-sama, ne pourrions-nous pas vendre ces produits chez nous ? »

………… Hein ?

Les mots « ne pourrions-nous pas vendre chez nous » de Lambert me laissèrent un instant hébété.

Parce que la boutique de Lambert, c'est un magasin d'articles en cuir.

Y fourguer du savon et du shampooing, c'est totalement hors sujet.

« Votre surprise est légitime. Moi aussi, j'ai été contre au début… »

Tout en disant ça, Lambert regarda sa femme Marie.

« Tu dis encore ça ? Tu n'as pas compris. Ces articles, ils se vendront à coup sûr. Laisser filer sciemment un produit qu'on sait vendable vers une autre boutique, ce n'est pas ça, un commerçant. »

C'est ce que martela Marie.

« Si on les met en vente, non seulement les dames de la noblesse, mais mes amies et les femmes du peuple viendront en masse. Aucune femme ne pourra résister en voyant mes cheveux. »

« C-c'est à ce point ? »

« Bien sûr. Notre boutique vend du cuir, mais ça, c'est ça, ceci, c'est ceci. Un petit coin suffit. Essayez de placer les produits de Mukouda-san. »

« E-éh bien… »

« Si tu refuses, je les vendrai moi-même. »

« N-non, c'est pas que je veuille pas, hein, oui. »

Lambert est complètement tétanisé par Marie.

« Bon, j'ai compris. Je fais confiance à Marie, je ferai comme tu dis. »

Dès que Lambert dit ça, Marie marmonna « hihihihi, comme ça mon stock est assuré ».

« Ma, Marie ? »

« Hem ! Mukouda-sama, voudriez-vous bien nous permettre de les vendre chez nous ? »

Marie, ta pensée profonde vient de fuiter.

Bon, peu importe, qu'ils les vendent dans leur boutique, c'est tout ce que je demande.

J'ai pas de boutique moi, et si je peux éviter le service client chiant, c'est tout benef.

« Bien sûr, pas de problème. Si la boutique de Lambert les vend, moi aussi ça m'arrange. »

« Merci beaucoup ! C'est trop bien, vraiment trop bien. »

Marie rayonnait en répétant « c'est trop bien ».

Si j'avais refusé, ça aurait fini comment… …… brrr, j'ai des frissons.

Faut jamais sous-estimer l'obsession des femmes pour la beauté.

« Allez, allons causer des détails dans la pièce du fond. »

Sur l'invitation de Marie, Lambert et moi, les mecs, les avons suivis en baissant la tête.

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