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Campfire Cooking in Another World

Chapitre 459

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Chapitre 459

Chapitre 459

Chapitre 459/50591%~11 min de lecture2 123 mots

« — Hé, on s'arrête là pour aujourd'hui »

« — C'est vrai. Le jour commence à tomber, faisons comme ça. »

Après un court échange télépathique, les pas de Fel s'arrêtèrent.

Troisième jour depuis notre arrivée au quarante-cinquième étage, un monde d'argent à perte de vue.

Pour Dora-chan qui ne supporte pas le froid, nous avancions sans relâche afin de traverser cet étage glacial.

Je descends du dos de Fel et m'étire le dos en grognant.

« — Kû… »

Sui, qui était également sur le dos de Fel, m'imite en étirant et en cambrant son corps gélatineux verticalement.

Elle n'a ni os ni muscles, donc elle ne peut pas avoir mal au dos, et pourtant.

Je ris en la regardant faire.

Quant à Dora-chan qui s'accrochait à mon dos, elle a failli tomber après avoir presque perdu conscience à cause du froid, alors je l'ai échangée avec Sui et elle est maintenant dans mon sac.

Elle dort profondément dans le sac, enveloppée dans la veste en polaire achetée au Supermarché en ligne qui lui sert de couverture.

Cela dit, c'est un peu étroit pour Dora-chan.

« — Bon, alors, on se prépare. Fel, je compte sur toi pour la Barrière. »

« — Oui. »

À l'intérieur de la Barrière dressée par Fel, je m'attelle prestement à la préparation du campement.

D'abord, je dépose la bâche bleue achetée au Supermarché en ligne.

Puis, par-dessus, j'étale les peaux tombées des Lapins à grande corne des neiges, des monstres qu'on a trouvés à cet étage.

Les Lapins à grande corne des neiges sont des monstres lapins qui pullulent à cet étage.

Ils surgissaient sans cesse devant notre groupe qui voulait avancer vite, nous barrant la route.

Comme l'indique « neige », leur fourrure comme leurs cornes sont d'un blanc neige, et ils font la taille d'un gros chien.

Ce sont des monstres de rang B, pas bien forts pour Fel et les autres, mais leur corps blanc qui se fond dans le paysage enneigé et une compétence type furtivité font qu'on ne les remarque qu'au dernier moment, ce qui est embêtant.

Ils s'approchent en catimini et chargent en pointant leurs cornes acérées, c'est flippant.

Cela dit, ils ne faisaient pas le poids face à Fel et Sui.

Toujours est-il que cet étage doit être un paradis pour les Lapins à grande corne des neiges, vu le nombre qui y vit ; ils sont apparus maintes fois devant nous, et on a donc récupéré pas mal de leurs drops.

Parmi les drops — fourrure, cornes, viande, pierres magiques occasionnelles —, la fourrure avait le taux le plus élevé.

J'utilise une partie de ce stock en l'étalant sur la bâche pour gagner un peu de chaleur.

La fourrure de Lapin à grande corne des neiges résiste à l'humidité et isole bien, donc rien qu'en la posant, l'espace devient bien plus confortable, c'est très utile.

D'ailleurs, les peaux étalées sont nettoyées par les clones de Sui, donc elles sont propres et douces comme du duvet.

En posant les futons par-dessus ces peaux moelleuses, le lit est prêt.

Avec nos futons et couvertures, plus les couvertures supplémentaires achetées ici, si on se serre tous ensemble, on dort assez chaudement.

Une fois le lit prêt, je réveille doucement Dora-chan dans le sac et lui parle.

« — Dora-chan, le lit est prêt. »

« — … »

Dora-chan sort du sac en se traînant, toujours emmitouflée dans sa veste en polaire.

Elle se glisse illico dans les couvertures du lit fraîchement fait.

« — Pour Dora-chan aussi, j'aimerais qu'on sorte au plus vite de cet étage glacial. »

« — Demain, ou au plus tard après-demain, on devrait pouvoir quitter cet étage. Mais, au vu de ce qu'on a vu jusqu'ici… »

« — Tu veux dire que l'étage du bas a de grandes chances d'être tout aussi glacial ? »

« — Oui. »

Dans ce donjon, le même environnement se répète souvent sur deux étages d'affilée.

« — Bah, on verra bien le moment venu. »

« — C'est vrai. Dis-moi, le repas, c'est pour quand ? »

« — Je viens juste de finir le lit, donc je vais le faire maintenant. »

Bon sang, Fel est vraiment pressé.

« — Qu'est-ce qu'on fait… Un nabé, quand même. Pour se réchauffer et faire vite, y'a rien de mieux qu'un nabé. »

On mange du nabé tous les jours depuis qu'on est à cet étage, mais pour se réchauffer, c'est ce qu'il y a de mieux.

Surtout, c'est bon et simple.

« — Un nabé, hein. Ça réchauffe et c'est bon, pourquoi pas. Si tu veux, on peut refaire le nabé à la viande de tortue comme hier. »

« — Moi aussi je veux un nabé~. Le nabé de viande de tortue, c'est bon~ »

« — Un nabé de tortue molle ? C'est bon, mais tous les jours… Et puis, c'est une viande délicieuse et rare, ce genre de chose est meilleur quand on en mange occasionnellement. »

« — Alors, c'est quoi comme nabé ? La viande, c'est non négociable. »

« — Je sais, je sais. »

Vous, la viande c'est votre aliment de base, après tout.

« — Cela dit, quel nabé faire… »

Je fouille dans ma Boîte à objets.

« — Hum. Je vais utiliser ça. »

Ce que je sors, c'est de la viande fraîchement droppée à cet étage.

C'est le drop du « Coccco des neiges », un monstre poule de la taille de ma taille qui pullule tout autant que les Lapins à grande corne des neiges à cet étage.

Ce Coccco des neiges aussi, jusqu'à sa crête, est d'un blanc pur et se fond dans le paysage enneigé, difficile à repérer.

« — Hé, cette viande, c'est celle de l'oiseau blanc d'ici, non ? Tu n'avais pas dit qu'on en ferait des yakitori ? »

« — Ah, bien sûr qu'on en fera des yakitori. Mais c'est pour quand on sera de retour en surface. Y'en a beaucoup, alors je me disais qu'on pourrait en utiliser pour le nabé d'aujourd'hui. En nabé, ce sera sûrement bon aussi. »

D'après le petit goût que j'en ai eu, c'est comme du poulet, une viande qui va à peu près avec tout.

« — Mmh, ça réduit la viande pour les yakitori. Bon, dès demain, on chasse l'oiseau blanc en priorité. Ça va, Sui ? »

« — Compris~ ! Demain, on va battre plein d'oiseaux blancs~ ! »

Apparemment, Fel attendait avec impatience les yakitori bien grillés, et la réduction de la viande pour ça ne lui plaît pas.

C'est une déclaration de chasse intensive au Coccco des neiges, avec Sui.

Pour les Coccco des neiges, c'est une sacrée nuisance, ceci dit.

« — Donc, c'est quoi comme nabé ? »

« — Je pensais faire un mizutaki avec cette viande. C'est léger, mais c'est bon comme nabé~ »

***

Une fois les ingrédients du mizutaki achetés au Supermarché en ligne, c'est parti pour la cuisine.

Cela dit, il n'y a qu'à couper et mijoter, donc c'est simple.

D'abord, je mets de l'eau et du kombu dans la marmite en terre et je laisse reposer une trentaine de minutes.

Pendant ce temps, je coupe la viande et les légumes.

Je coupe la cuisse de Coccco des neiges avec la peau en gros morceaux bouchée, le chou chinois en gros morceaux, la mizuna en tronçons de 5 cm, le poireau en biais.

Le tofu en dés de 3 cm, les shimeji et enoki débarrassés de leur pied et effilochés.

Une fois la viande et les légumes coupés, j'ajoute du bouillon de poulet en granules dans la marmite avec l'eau et le kombu, et je mets sur le feu.

Faire une soupe blanche trouble comme le mizutaki style Hakata de resto spécialisé prendrait trop de temps et d'efforts, donc j'ajoute le bouillon de poulet pour donner du corps.

Pour un repas maison, c'est amplement assez bon.

Je retire le kombu avant l'ébullition, et quand ça bout, j'ajoute la viande de Coccco des neiges.

Ensuite, j'écume pendant que la viande cuit, et une fois qu'elle est cuite, j'ajoute le reste des ingrédients ; quand tout est cuit, c'est prêt.

« — Yoshi, c'est prêt~ »

À cette voix, Fel, Dora-chan et Sui, qui étaient emmitouflés dans les futons, se rapprochent.

« — On mange ça avec ce ponzu. Attendez un peu que je serve. »

De la marmite en terre qui bout en lançant de la vapeur, je sers le mizutaki dans chaque bol.

Et je verse le ponzu…

« — Voilà. »

Je pose les bols devant eux, et ils se jettent dessus illico.

Fel et Dora-chan font « atchi » et soufflent « fuu fuu » pour refroidir, ceci dit.

« — C'est bon~ Cette viande d'oiseau et cette sauce un peu acide vont super bien ensemble~ »

Sui, à qui le chaud ne fait rien, goûte le mizutaki en premier.

« — Ouais, c'est vrai. On pourrait en manger indéfiniment. »

Fel, une fois le mizutaki à température mangeable, se met à dévorer la viande goulûment.

« — Aaah, c'est vrai, le nabé, ça réchauffe le corps~ »

Dit Dora-chan avec émotion en savourant le mizutaki.

Moi aussi, je mange le mizutaki au ponzu.

« — Atchi… Mais c'est bon. Par ce froid, y'a vraiment rien de mieux qu'un nabé… »

Je savoure le chou chinois tout mou en soufflant « hofu hofu », et à mes mots qui m'échappent, Fel, Dora-chan et Sui acquiescent tous.

« — Bon, on mange à fond. Je reprends. Cette fois, juste la viande suffit. »

« — Moi aussi je reprends. Moi, je prends aussi les légumes. Manger des légumes plein de jus, ça réchauffe le corps. »

« — Moi aussi je reprends~ Je mange les légumes, mais aussi plein de viande~ »

« — Oui, oui. »

Je sers les secondes portions selon les demandes de chacun.

Fel, Dora-chan et Sui se remettent à dévorer le mizutaki illico.

« — Bon, moi aussi je mange plus. Ah oui, ensuite y'a ça… »

Je sors un petit pot de la Boîte à objets.

« — Du yuzukoshô. Si on en met un peu, ça resserre le goût et c'est encore meilleur. »

Je souffle « fuu fuu » pour refroidir un morceau de viande de Coccco des neiges avec un peu de yuzukoshô, puis je croque dedans.

« — Mm, bon. Le ponzu c'est bien, mais le yuzukoshô avec son parfum frais de yuzu et son piquant, c'est bon aussi. »

Pendant que je mange le mizutaki au yuzukoshô, je sens un regard fixé sur moi.

« — Hé, c'est quoi ça ? »

Comme on s'y attend de Fel, sa capacité à flairer les bonnes choses est au top.

« — C'est un condiment épicé qui s'appelle yuzukoshô. Mais c'est pas que de l'épicé, y'a aussi la fraîcheur du yuzu. »

« — Hou, c'est bon si on trempe dedans ? »

À ma réponse « ouais », Fel pousse son bol de mizutaki vers moi avec son nez pour me dire d'en mettre.

Je lui en mets comme il veut, mais…

« — Plus. »

« — Plus, genre c'est assez ? »

Comme Fel le dit, j'augmente la dose de yuzukoshô.

« — Plus. »

« — Hé hé hé, c'est épicé, ça. Ça va ? »

« — C'est bon, mets-en plus. »

Poussé par Fel, j'en mets à contrecœur.

Fel fourre dans sa gueule le morceau de viande de Coccco des neiges chargé en yuzukoshô.

« — Ooh, ça pique et c'est bon ! »

« — Non non, t'en as mis trop… »

Je râle ça, mais la piqûre a dû devenir addictive pour Fel, au final il a bouffé tout le reste du yuzukoshô.

Pour ma part et celle de Dora-chan qui disait « moi aussi je veux goûter », j'ai racheté du yuzukoshô en douce au Supermarché en ligne.

Bien sûr, moi et Dora-chan on en a mis modérément et on a délicieusement mangé le mizutaki.

Sui qui n'aime pas l'épicé mangeait son mizutaki au ponzu par grandes bouchées.

Comme ça, on a bien profité du mizutaki jusqu'à la bouillie de riz finale, et le dîner s'est achevé.

J'ai hésité à faire des udon pour la fin, mais la bouillie était le bon choix.

La bouillie faite avec la soupe où avaient fondu l'umami de la viande de Coccco des neiges et des légumes était exquise, une saveur qui imprègne jusqu'au fond du corps.

Après le dîner, moi, Fel, Dora-chan et Sui, nos corps réchauffés par le mizutaki, nous nous sommes serrés les uns contre les autres et nous sommes endormis.

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